• C'est dingue. Franchement, c'est dingue. Il y a un livre dont le titre plus ou moins complet totalise plus de 4 millions de pages sur Google. Ce livre, publié par un éditeur belge, a défié toutes les instances nationales et internationales pour avoir le droit d'exister alors même que l'éditeur Jean Robin se serait volontiers proposé de le faire imprimer si l'auteur, qu'il connaît bien, l'avait sollicité. Ce livre, brulôt révélant enfin une vérité longtemps cachée aux yeux d'un monde saisi de stupeur, en est à sa troisième édition et se vend sur Amazon, parce que, apparemment, les concurrents n'en voulaient pas, ce qui est odieux et constitue la preuve qu'il y a baleines sous gravillons.

    Ce livre, Mesdames, Messieurs, ose enfin critiquer Nicolas Sarkozy ! Nooooon ? Si ! Il a osé ? Ouiiiii ! Quelle vaillance ! Quel scoop !

    Un long combat semble avoir présidé aux accords classiques entre éditeur et distributeur, qu'un courageux avocat salue pour ce qu'il est : la liberté d'expression baîllonnée enfin recouvrée. Mais baîllonnée par qui, bon sang ? Not'président ? Mais non. Ni par le lobby juif, l'auteur n'est pas un bleu. Ni par le lobby sioniste, c'est risquer l'amalgame. Par le lobby pro-israélien auquel seule la Libre Belgique échappe, semble-t-il.

    Oui, publié, vendu, défendu, discuté sur 4 millions de pages, réédité, ce livre, Mesdames, Messieurs, est rien moins que le symbole de la censure d'un lobby nouvellement désigné. Quelle force, quel courage il aura fallu pour qu'Alain Gresh le défende, tout comme Michel Collomb et Charles Enderlin. Ecrit par un ancien professeur d'histoire, pardon, un "historien", se dressant tel David devant Goliath, il a eu la décence de ne pas connaître le sort bénin, ridicule, la fausse censure subie par l’ouvrage de l’écrivain Sarah Vajda consacré à Claire Chazal et TF1, qui, lui, a été suspendu par décision judiciaire et livré au pilon.

    Ce livre, c'est Sarkozy, Israël et les Juifs. Quoi, c'est vendeur ?


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  • Madame, Monsieur, bonjour

    Un article du Figaro vient de m'alerter, signifiant que le CSA, par la voix de son président, juge "honteux pour la France" la représentation insuffisante de la Diversité.

    Je me permets donc de postuler relativement à mes diversitudes ignoblement sous-représentées.

    Etant une personne de petite taille, je souffre de discrimation à chaque défilé de mode. Il est temps, j'en suis persuadée, de remonter les bretelles aux stylistes qui, par ailleurs, devraient faire la part belle aux représentants de l'Obésité, lesquels seraient, selon les chiffres, de plus en plus nombreux au sein de la population française.

    Originaire du Sud-Ouest de la France, je dispose d'un accent fort peu représenté, que ce soit dans les séries policières ou les informations nationales. Il est assez humiliant de ne devoir la reconnaissance de ma spécificité régionale qu'à la cuisine de Maïté (qui n'est pas de petite taille).

    Ma religion est discriminée. En effet, je suis cathare et les massacres qui frappèrent mes ancêtres devraient, sinon être commémorés, du moins respectés par une embauche exemplaire qui serait des plus rassurantes pour notre communauté.

    Le rapport souligne que la parité n'est pas établie entre hommes et femmes non plus. Je tiens à vous signaler que ma sensibilité hermaphrodite (et bisexuelle) s'en trouve terriblement blessée.

    De surcroît, je suis un peu blanche, un peu marron, un peu jaune et un peu noire, mes ancêtres ayant probablement fauté. Mon taux de mélanine ne correspond à aucune représentation actuelle dans le PAF.

    Forte de ces particularismes, je n'ai pas terminé mes études mais je ne doute pas que mon patronyme soit accueilli comme il se doit par vos services. Je me nomme en effet France, de prénom et de nom. France France.

    Il me semble que cela suffit.

    Espérant, Madame, Monsieur, que ma candidature aura retenu votre égalitariste attention, je vous prie d'agréer la présente.


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  • Les arcanes de la justice étant ce qu'elles sont, c'est dix minutes avant l'audience que mon avocat nous avait conviés - Maître Mimi, son jeune associé et moi-même, pénible plaignante - à une surprise party dans les salons d'un hôtel chic. Conciliant, il se proposait de m'offrir un café.

    Mais à chaque geste son revers. Me tendant une lettre dactylographiée, pâle comme une icône de cador des prétoires et visiblement amaigri (je m'en inquiète en silence, on ne retient pas la bonté), il s'explique :
    - Chère Madame, certes, vous m'avez déjà versé la somme de deux mille euros correspondant à notre accord initial, lequel prévoyait en outre que me reviendraient vingt pour cents des gains.
    - Tout à fait, Maître. J'imagine que cette petite lettre fraîchement imprimée et que vos doigts malingres me présentent n'est pas là pour me le rappeler.
    - Vous êtes très perspicace.
    - Je suis assez rôdée.
    - Nous avons énormément travaillé sur votre dossier.
    - Certes. J'y ai passé quelques heures innombrables ces dernières années.
    - Vous n'allez tout de même pas me demander des honoraires !
    - Si je pouvais, la question se poserait.
    - Cessez de plaisanter. Vous nous avez fait réécrire les conclusions.
    - En effet, elles correspondaient à un copier-coller. Qui plus est sans tenir compte de ma demande initiale. Je les ai donc conçues, argumentées et dictées.
    - Oui, enfin, il ne faut pas rêver ! Donc je monte à 30 pour cents hors taxe des gains, et un forfait de deux mille encore.
    - Donc je constate que, étant donné ce que vous facturez, si j'ajoute la tévéha correspondante, nous partageons les gains à 50-50.
    - Plaignez-vous ! Dans certaines contrées, j'en aurais récolté 75 pour cents !
    - Ai-je d'autre choix que de signer ?
    - A vous de voir, c'est l'heure de l'audience.
    - Bien. Et ce petit alinéa concernant l'article 700 qui est censé revenir au cabinet d'avocat ?
    - C'est souvent le cas.
    - Si je peux me permettre, Maître, je suis la seule à m'être déplacée.
    - Je concède. Je raye.
    - Jolie règle. Quelle valeur juridique, ce petit trait ?
    - Vous êtes vraiment procédurière, je vais parapher.
    - Je vous en sais gré. Et pour le recouvrement des sommes ? Combien devrai-je encore payer ?
    - Nous ne sommes pas des huissiers, ma chère. Je n'augmenterai pas mes honoraires. Mais il faudra sûrement payer.


    Je sens que j'ai envie d'un petit retour de bâtonnier.


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  • Sur tes avisés conseils, j'ai expérimenté la terrasse chic.

    Le soleil descendant s'improvisait telle une caresse, me souvenant de tous les printemps - délicatesse de nos contrées et nostalgie sous les Tropiques. Les garçons m'y ont accueillie comme seuls ceux d'ici savent le faire, l'œil brillant et la bouche en cerise. J'aime tant les cafés de quartier. Ce vent connu comme une promesse, apéritive posée sur dalles, plante silencieuse dans l'air du temps, je constate que je n'ai rien oublié, ni porte-monnaie ni briquet, comme à l'accoutumée en fait - bien que toute mémoire est un supplice.
    Le roman de Sarah Vajda, le verre de bordeaux à côté, et ce goût des soirées de province dont le charme sur moi est certitude.
    Je serais restée assise longtemps, plante silencieuse parmi les dalles, si ces professeurs de Culture n'avaient réveillé mes démons. "Le dernier Tavernier pêche par le scénario et les personnages secondaires, mais les acteurs principaux sont formidââââbles." Mais le pire était à venir lorsque, s'amusant du français trop pauvre de l'étudiante américaine dont ils commentaient les appâts cachés sous un manteau de laine avec ce que la bière consentait à laisser de langue à leur talent de ventriloque, s'étant à gorge déployée plaints du silence des journalistes sur leurs lumières de 68, ils informèrent la cantonnade, tract à la main : "We are ancient France".

    Je t'assure que j'aurais pu m'abstraire si je n'avais vu, dans le défilé du 1er Mai, le rang PS chanter l'Internationale.

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  • - Bonjour, Madame la cliente.
    - Bonjour, Monsieur l'assistant.
    - Cet appel pour m'assurer que vous serez présente demain à la réunion de conciliation.
    - Demain ?
    - Demain sans faute.
    - A deux cents kilomètres d'ici ?
    - Deux cent trente, si vous permettez.
    - Merci et félicitations, la précision est une qualité essentielle chez les juristes. Où dois-je me rendre ?
    - Au tribunal des Prudhommes, quelle question ! Vous ne fréquentez pas les pages jaunes ?
    - Je n'ai reçu aucune convocation.
    - Bien sûr, notre cabinet ne vous a rien envoyé !
    - Vous me rassurez. Je n'ai pas non plus eu connaissance de la requête relative à mon cas.
    - Rien de plus normal, ce qui vous concerne ne vous regarde pas !
    - Suis-je bête. Mon avocat sera-t-il à mes côtés ?
    - Vous n'y songez pas, il est occupé !
    - C'est donc vous qui allez me représenter ?
    - J'ai ce devoir, en effet, comme vous celui de vous présenter à l'heure dite à l'adresse que vous dénicherez.
    - Je suis malheureusement retenue par quelques occupations ici même, rien de bien essentiel, quelques contraintes de salariée.
    - Débrouillez-vous. Ou faxez-moi une bonne excuse pour indisponibilité.
    - Sans quoi ?
    - L'absence du plaignant est mal vue.
    - Evidemment. Puis-je accéder à mon dossier ? Vous savez, celui que j'ai moi-même préparé ?
    - Je crains que ce ne soit impossible, la secrétaire l'a archivé.
    - Celle qui a égaré des pièces ?
    - Je ne sais pas, je vais l'interroger. Je vous tiendrai éventuellement informée.
    - Cette conciliation m'étonne. En toute logique, cette affaire devait passer en jugement direct.
    - Il est vrai, mais que voulez-vous, tout le monde peut se tromper ! Chez les greffiers comme les clients, nul n'est parfait ! Soyez un peu compréhensive.
    - Mea culpa, je suis odieuse. Donc, si j'ai bien compris votre absence de conseil, demain nous constaterons l'inanité de cette réunion et ma présence est cependant obligatoire ?
    - Vous êtes stupide ou vous provoquez ? Absence de conseil ? Mais, je viens de vous appeler ! Et sur votre présence, je vous l'ai déjà dit : c'est obli-ga-toire. Ah, ces clients, faut toujours tout leur expliquer !
    - Pour constater cet infondé, exclusivement ?
    - Naturellement ! Quoi d'autre ? La procédure est fautive ! En cinq minutes, l'erreur sera consignée et vous pourrez rentrer chez vous comme si de rien n'avait été !
    - Chic. Et la procédure non fautive ?
    - Dans moins d'un mois, selon toute probabilité.
    - Cette fois-ci, je serai convoquée ?
    - Si l'on y pense. A cœur vaillant, rien d'impossible !
    - J'aime votre tendance chevalier. Nous ferons connaissance à l'audience, donc.
    - Si j'ai le temps d'étudier ce dossier.

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