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Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice - Stèle avec des soubresauts

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Ma tenue pour faire de l'humanitaire | 13 juillet 2008


Je n'ai jamais fait de politique
Je suis un papillon sur la fleur
De la blogosphère fantastique
Où mes tenues font un malheur

Aussi c'est en baissant les yeux
Le sourire modeste, la voix glamour
Qu'aujourd'hui je m'adresse à ceux
Qui croient encore que dans ma tour
D'amoureuse lalalala
Mon génie se reconnaîtra

Je suis une artiste que voulez-vous
Tout le monde ne peut être poète
Mais quelle tenue conseillez-vous
Pour que les droits de l'homme soient à la fête

La question est fondamentale
Surtout que j'ai fait l'effort flagrant
De rentrer les pieds en dedans
Et que ça me rapportera que dalle

Publié par Cosmic Dancer à 11:22:45 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (12) |

Vivement la retraite | 21 mai 2008


- Comment se fait-il que l'humanité courre ainsi à sa perte sans réagir que localement, individuellement, au mieux.
- On est foutus.
- Manifestement.
- Personne, même dans les pays les plus riches, ne vivra jamais comme avant.
- Sans doute quelques privilégiés, un temps. Une réalité qui ne semble pas encore affecter vraiment nos territoires. La politique hexagonale cela dit va dans le sens du désastre.
- En privilégiant le modèle économique à l'origine des déséquilibres globaux, c'est certain. Mais c'est pas une raison pour ne pas aller manifester demain.
- Economique, politique et moral. Mea culpa, je déteste crier, j'aime pas les slogans et je suis agoraphobe, mais il se peut que je fasse un effort pour le comptage.
- Ça te prend souvent ?
- Quoi ?
- De penser au chaos mondial qui s'annonce.
- Il ne s'annonce pas, il s'étend, accélère. Oui, sans doute j'y pense constamment.
- Autant se tirer une balle.
- Non, plutôt relire certains romans.
- Tu n'es pas très aimable.
- Ai-je prétendu le contraire.

Il m'est devenu impossible de croiser le regard d'un enfant ou d'un adolescent sans éprouver un chagrin coupable. Impossible de me réjouir d'une naissance ou de la simple idée de donner vie qui rend baudruches les jeunes amants. Je ne veux qu'embrasser les fronts diaphanes de ceux que j'aime où dorment autant de ruses, de rêves et d'appétits que de tourmentes, protégés de la faim, des maladies et des bombes.

Oui oui, j'ai bien conscience de l'extrême platitude d'un tel constat qui aurait pu s'apparenter à un "cultivons notre jardin" avant que n'ait été adoptée la loi sur les cultures gm dont on m'a appris aujourd'hui que des paysans russes (?) auraient abandonné les leurs après les avoir testées pour nous. (On pourra toujours objecter que la patrie du tsar, de Staline et de Poutine n'a aucune leçon à donner.) Qui pourrait aussi s'apparenter à un "chacun chez soi à s'occuper des siens, c'est déjà bien", voire à un "je travaille à m'aimer pour mieux aimer autrui ensuite, ça occupe déjà mes journées".

La question qui se pose donc est la suivante : cette dichotomie extrême entre la réalité du monde tel qu'il s'éteint (car rassurons-nous, notre espèce en entraîne tant d'autres dans sa perte qu'on ne s'accusera pas d'égoïsme) et la légèreté charmante des saisons jolies, des marches du Festival, conjuguée à ces petits bonheurs quotidiens tels qu'un vol d'hirondelles - une vieille chanson ? -, un voisin serviable, une bonne bouteille et autres plaisirs terrestres ("on n'a qu'une vie et il nous a été donné d'en choyer la qualité") conduit-elle nécessairement à 1) Perdre tout sens de l'humour ? 2) Devenir gauchiste ? 3) Se vautrer dans la débâcle sexuelle ? 4) Réciter des mantras ? 5) Parler ? 6) Se taire ?

Publié par Cosmic Dancer à 20:25:09 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (6) |

Le Crépuscule des pensées | 05 mai 2008

C'est étrange et bénéfique, je n'ai jamais lu ce livre de Cioran, me nourrissant au hasard de relectures aussi avides qu'amnésiques de Précis de décomposition et surtout De l'Inconvénient d'être né.
Etrange et volubile de partager des verres entre silencieux dans la vie, éruptifs dans la vie mais ailleurs - "Voler, rêver, oui." Pourquoi décider de lui céder deux cigarettes et non trois, à cet homme à l'accent québécois qui a de suite occulté nos visages et dont la présence en triangle avec le serveur charmant en outre et orné d'un fil de téléphone dans l'oreille sur le pan de trottoir déclenchait en moi au départ l'alarme du claustrophobe. Nous avons changé de table comme on danse en habit noir, invisibles, sans un mot, ou peut-être Richard Strauss et System of a Down. Je ne saurais être plus précise.
Etrange et émouvant ton visage exactement deux fois moins âgé que le mien sous le cri des mouettes qui nous enchante. Vois comme il est improbable et pourtant possible de faire silence en toute quiétude.
Douce vie qu'une rencontre entre voyageurs incertains.
Ces méandres de la pensée, frêles galères, une claque de vain sonore comme une Vesta rugissante rouge carmin verni, des visages insensés juchés sur des corps torves qui se déplacent comme on rumine, inconsciemment, des corps heurtés que le médecin diagnostique sans faillir quelques heures auparavant, heurtés d'absurde.

"L'ennui : être prisonnier du temps inexpressif, émancipé de la vie, qu'il évacue même, pour créer une rencontre autonome. Que reste-t-il alors ? Le vide de l'homme et celui du temps ; on souhaiterait plonger dans l'immédiat et l'on ne peut que se dessécher dans l'air épuré d'un devenir abstrait. Que faire contre l'ennui ? Quel est l'ennemi à abattre, ou du moins à oublier ? Certainement le temps - et lui seulement."

C'est un extrait de l'extrait que tu avais choisi dans le tram.

"La vie : prétexte suprême pour qui est plus près de l'éloignement de Dieu que de sa proximité."

C'est celui que j'avais extrait de ton livre.

Emil, Pierre, William, Sarah, Milan, à la rescousse, vite ! Un courant d'air dans les moustaches m'alerte que j'me gavaldanise.

Publié par Cosmic Dancer à 22:18:55 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (1) |

Mêle tes larmes à la mer | 29 avril 2008


Publié par Cosmic Dancer à 20:14:35 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (2) |

Se réveiller demain, tout à l'heure | 28 avril 2008


Il nous faut partir pendant qu'il fait grand jour.

Serons-nous en sécurité ?

Cette réplique de peu suivie de "Je veux te toucher, pourquoi tu ne veux pas me toucher, tu ne m'aimes pas ?" fait écho à un soir de naufrage - pardon, Correspondant ; pardon Jeanflipe ; pardon JC-HL, je suis encore un peu muette - à une vie qui ne m'appartient pas et dans laquelle je pose des pieds en sandales rouges en été, en docks et chaussures de cuir noir à talon en hiver, parce que je suis issue d'un monde où l'on achète des chaussures selon son goût et qui me rappelle toujours Magda, née en 1976, avant la chute du Mur - qui allait dans les magasins de Pologne enfant se trouver chaussure à sa taille si possible et partager pour les soirs de fête une banane pour six - ou de Jelel se prostituant avec les touristes italiens pour nourrir sa mère et ses sœurs en 1999 dans une Tunisie dont des reportages m'assurent que c'est trop cool ou de José Pacifico en 1995 bâtissant de bric et broc sa baraque au Bélize pour y accueillir les junkies d'Amérique centrale ou d'elle en 1997 à New York au Village, Black Magic Woman romancière n'ayant plus d'argent que pour pleurer, qu'est-ce que tu veux que je te dise, minimaliste empatouillé dans l'adoration de soi, avant ce plaidoyer pour la mondialisation heureuse que des économistes fous, ardents défenseurs d'un bonheur dont j'ignore encore aujourd'hui d'où ils extraient la source malgré les maigres études que j'en fis, où ces économistes tandis que je braille en masse et en aveugle, seule comme une mite alimentaire perdue dans le rayon frais de nos supermarchés, pris dans le bonheur de leurs chiffres, assurent à celui des féals des temps modernes, ce monde de la concurrence dont je ne suis ni ne fus qu'elle soit socialétale ou sexuelle, que le bonheur, cette prétention sanitaire, demeure à portée de main alors que je ne vois devant moi et malgré toute ma volonté et ma colère qu'apocalypse, quelle qu'en soit la révélation.


- Tu peux aller partout avec tes jambes et le reste.
- Penses-tu sincèrement qu'une paire de pompes toujours abolirait le cauchemard.

Publié par Cosmic Dancer à 22:49:21 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (4) |

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