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Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice - Stèle avec des soubresauts

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Cette solitude où ça lancine | 28 mars 2008

Arrivée là le silence ressemble à une prière comme petite où je faisais semblant pour jouir des sourires de ma tante surtout en la cathédrale où je me souviens le jour du baptême à l'âge de deux ans alpaguer le curé à propos de mes chaussures vernies sous le regard compatissant de l'assemblée tellement humaine emplie d'amour pour cette blondinette que je fus, et surtout en la cathédrale car en sortant elle prenait sa guitare pour qu'on chante en anglais.

Tout déplacement géographique en un temps donné est initiatique, le patron me racontant que depuis l'explosion d'AZF la configuration, la figure de la vie en ville a changé là où j'ai dégusté des tapas avec des crevettes roses cuites au citron et saupoudrées d'ail et de persil frais. Quelle importance.

Le dénommé déjà oublié me raconte que nous pourrions dormir en frère et sœur et je le déçois en persiflant que sa proposition est inepte et qu'à son désir de jouissance le mien ne correspond pas, pas plus qu'à une fraternité sensuelle immédiate ni non plus qu'à une amitié dont les contours sont impossibles et pourtant je pose ma tête sur son épaule comme si j'allais y cesser mes complications, y reposer dans une paix effleurée un jour qui me rendrait une intelligence à vivre.

Elle. Insiste pour mon numéro de téléphone et que je reste demain soir. Je me dis alors que le fantasme a bien des visages et ce n'est pas une nouveauté. Le chat sur le toit en pente douce avec son pelage blanc et poussiéreux s'en fiche, patte de velours et coquet avec ça en vision anthropomorphique pianote. Comme je rêve d'être un chat et de copuler en silence avec Aldo mon amour à quatre pattes mort écrasé d'avoir voulu nous rejoindre sur la route de Sens. Depuis, je ne peux plus jamais adopter un félin.

Quand tu regardes les visages qui s'émeuvent sous la douce tentation de l'alcool la question qui se pose est de savoir rien, de conflit de génération à mouvement de société, je ne suis qu'éponge en phase autiste. Tant de souvenirs s'opposent au présent.

Publié par Cosmic Dancer à 00:48:08 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (2) |

Memento Mori | 13 mars 2008

Rappelons à toutes fins utiles que not'président a été élu à 53 % non des voix des Français inscrits ni de celles qui ont voté mais des bulletins de vote considérés viables, ce qui selon certains calculs correspond à un peu moins de 51 % des votants, que l'on me corrige si ma mémoire défaille.

- Ce que je veux te dire, c'est que not'président n'est qu'un symptôme.
- Un symptôme agissant !
- Non. Un symptôme d'agitation. La quintessence géographiquement circonscrite d'un symptôme de confusion absolue.
- Les Français sont quand même des veaux, De Gaulle y voyait clair.
- Les mots d'esprits me fatiguent inutilement. Et cette forme de racisme nationalisant m'arrache un son qui grince.
- Un symptôme de quoi ?
- Un pur produit de l'époque, l'éloge du vide dépassé par l'absurde, une tragédie en action.
- Explique-toi.
- Plus tard, je n'ai pas le temps, peut-être.

René s'est engouffré dans le métro sans se retourner tandis que le vent nous fouettait les mèches. Je rêvais d'une main qui s'étend comme un baume et une promesse d'ascension de pic enneigé sur celui qui mourra dans deux ou trois ans au plus sans possibilité de négocier un rab, sous le soleil de tes yeux de 85 voilés du dégoût de l'injustice. Tu étais pâle et belle sous ta frange rousse avec ton nez à la retroussette, on t'aurait bien peinte si on s'était appelées Manet avec une jolie petite nappe délicatement posée sur un brin de pelouse hypothétique avec l'odeur de l'herbe fraîchement coupée comme une violence vitale dans les narines. Le temps. Il faisait froid ce soir encore pendant qu'on fumait improbables en contemplant ces solitudes sur le trottoir. Tu as toujours ce regard de gosse émerveillé, ceci réconfortant cela. J'ignorais que tu vivais du côté du Gardon, j'aime Générargues en particulier. Strasbourg est une ville accueillante. Tu sais, avec les filles je n'ai le temps de rien, je ne fais rien, je ne vis rien, je tiens, je m'accroche. Pour le serrurier, je te rappelle. Ton visage est celui de celui que j'aime, je ne le répéterai plus ou bien. Ton professeur a entièrement raison pour ce qui concerne l'emploi du point-virgule. Il pratique l'art de vivre d'Aristote. Ce temps. Elle a l'air d'aller bien, elle écrit. Ce bracelet rouge est le premier qu'on m'offre depuis jamais, tu ne le sais pas. Tu es si bouleversante, je n'arrive pas à t'écrire. Vcheprochem, demain. Appelle dès que tu as une minute. Le mail fonctionne. J'arrête, je n'ai plus la possibilité d'y écrire comme je veux, je monte mon propre magazine ou tant pis. Je t'ai rapporté le ticket de la vendeuse qui appelle tout le monde chérie. Attends que je récupère une connexion et tu vas voir. Mes propos sont plus pragmatiques en trois points que les tiens. Le 21 ce serait parfait. Je t'aime, quoi, toi. Je t'ai parlé en allemand ? Après ce sera impossible, je monte le stand. Vous devriez vous abonner. Hop hop hop. On a des airs de provinciales, sans doute. Je t'appelle parce que je suis sur la lunette des chiottes avec la petite sur les bras, tout va trop vite sinon. J'ai perdu cette femme qui m'aimait, c'est dur de retrouver la perle, je ne sais pas si c'est possible. Quel temps. Si tu veux je passe t'aider entre midi et deux. C'est une politique nazi ! Mesure tes termes. Il doit être parti pour une de ces retraites dont il a le secret. Certains comptent leurs amis sur le doigt d'une main, moi c'est sur mes phalanges. Il est de ceux qui s'engagent et s'épuisent. Ça ne se produira pas. Pas le temps. Nous avions tous les deux cinq ans, j'ai réparé la chaîne de son vélo. Evidemment je préfère la moutarde au ketchup sucré. Tu ne m'aimes plus, habibi ? C'est si sérieux, détendu, intelligent, cultivé, équilibré, élégant, chiant. Je comprends bien l'histoire que tu me racontes. Si ça continue, je vais passer par le bon vieux courrier, je ne veux pas la déranger. J'ai oublié de te dire que que c'est beau, ce que tu fais sur tes petits carrés de tissu. René, notre temps est toujours trop court. L'avocat de mes glaouïes veut un chèque supplémentaire, eh oui. Je raconte toujours n'importe quoi et je ris sans raison, le vent me giffle je me sens idiote. Tes tableaux, tu sais de quelle solitude intime ils me parlent. Les vacances au Maroc, va et rêve tant que tu t'aveugles. A demain, alors. Je vais regarder, maintenant, je vis par procuration sauf le dimanche à partir de quinze heures. Embrasse-moi au lieu de dire des bêtises. Hors de question que tu rentres seule à pied dans la nuit froide. On signe samedi. Je les appelle de ta part, d'accord. Le futon tiendra le temps qu'il faut, je m'en balance. Ça y est j'ai rencontré un mec. Déjà ? Je ne suis pas bavard, tu sais. Je sais, AA. Plutôt dimanche ? Le 21 ce serait parfait. Si c'est possible. Demain, sans doute.

Publié par Cosmic Dancer à 02:06:56 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (4) |

Ces scories qui nous peuplent | 26 février 2008

Je n'avais jamais vu tes larmes et je ne pense pas que quinconque te connaissant un peu les soupçonnerait jamais. Pendant que tu parlais vive comme à ton habitude, elles ont forcé tes yeux. T'étais encore plus belle.

Arrachons ces scories qui nous peuplent comme autant de métastases.

Publié par Cosmic Dancer à 08:29:50 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (2) |

L'année est bisextile | 25 février 2008


Alors au lieu de penser aux J.O. de Pékin, à la déclaration d'indépendance du Kosovo, aux corps déchiquetés en Irak et au Pakistan, aux simagrées de la majorité et de l'opposition, à ce brouhaha des vanités, à ces mots que tu voudrais écrire, à tous ceux que tu voudrais dire, et au coup de fil désobligeant au défenseur des droits de personne, tu prends ta veste, tu descends les premières grosses poubelles, celles qui préparent la suite, évacuations légères, les premiers renoncements indignes d'être transportés, la vieillerie administrative, les projets moribonds, les bouts de souvenirs de rien, les collections de journaux à porter à une association qui en a l'utilité, tu enfiles ton bonnet, qu'il couvre tes oreilles parce qu'il fait bien frisquet dehors malgré le soleil splendide et tu te cales ça dans les oreilles, ma fille. Ouste !

L'année est bisextile, so what.

Publié par Cosmic Dancer à 16:27:11 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (4) |

La vie devant soi | 16 février 2008


Penser à déménager dans les plus brefs délais.
Penser qu'il y a un port, là-bas.
Penser à prendre un billet au hasard juste avant, ça fait longtemps.
Penser qu'il est inutile de penser, l'hiver se termine.
Penser à oublier.
Il faudra quand même penser à leur dire que les plantes aussi.

Publié par Cosmic Dancer à 15:00:01 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (12) |

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