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Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice - Stèle avec des soubresauts

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Jésus était un neutrino | 26 octobre 2007

On me raconte que le neutrino, c'est "rien, quasiment rien, la quantité de réel la plus ténue jamais imaginée par un être humain".

On me dit qu'il a trois visages et qu'il n'est soumis qu'à l'interaction faible, une qualité qui l'autorise à traverser le globe terrestre dans toutes ses subtiles profondeurs et à se prélasser de l'autre côté à peine décoiffé, présentable, les stewards peuvent se rhabiller. Toujours se méfier de l'interaction prétendue faible d'un bout à l'autre, sans différé.

Sa masse est nulle. Sa charge est nulle. Il est léger, c'est un aérien invisible, mec discret.

J'ai beau me creuser, je n'ai toujours pas compris ce que signifie un spin de valeur 1 sur 2, ni la chiralite ni l'hélicite. Apparemment, il ne projette aucune image ou diffère de sa projection dans le miroir. Ce n'est pas sa gueule qui l'intéresse.

Tourne-t-il sur lui-même comme un vaillant tire-bouchon dans le sens inverse du temps dont on ne se demande jamais pourquoi on le représente en rotation de gauche à droite, et non l'inverse, c'est-à-dire dans le sens de la lecture pour notre perception livresque.

Je rigole bien en lisant que les acides aminés à l'origine de la vie sont de chiralite gauche tandis que l'ADN n'emploie de sucres que de chiralite droite. N'y voyons rien en relation avec l'actualité en France. Droite et gauche, dans mes capacités de compréhension à moi, ça a souvent moins de sens qu'espaces d'espace et croûtes terrestres, et c'est pas ceux qui ont à subir les petits marasmes des masters d'une dynastie péèsse vengeresse ou de révolutionnaires haineux en mal d'eux-mêmes qui viendront me contredire sur ce point.

Manoli va encore râler, c'était plus clair dans un jardin à griller ses cheveux sous le soleil, mais là vraiment c'est compliqué.

Donc si Lazare était un accélérateur de particule remis en état par son sujet d'étude et que le Jésus a traversé la pierre, toujours est-il que mon verre de vin n'a pas pu traverser le bar, bloqué partout par des corps gras en interaction lourdissime. J'ai fui comme un acide, l'hélice nerveuse.

Et j'ai lu cette merveille quelque part :

"L'amour c' est plus fort que tout, plus fort que le corps et le vide contemporains, l'amour c'est la vie, la vraie, pas celle d'Auchan, non, la plus forte attraction, avant celle de l'attraction terrestre, l'attraction universelle."

Publié par Cosmic Dancer à 23:23:47 dans Laser Jets | Commentaires (1) |

C'était parti d'un manteau vert | 31 juillet 2007

Ce crâne malléable dont l'ossature te coule entre les doigts, poisseux et sanglant, c'est le tien. Le manteau de velours vert tréfonds qui couvrait tes chevilles et que tu décidas de revêtir jusqu'à ce qu'il ombre ton aine, c'est le même. Souviens-toi du regard des mourants et observe : tu y vas, de ton pas chantant, portée par le goût du silence, dédaignant cette enfance en toi dont tu accouches de jour en jour, terrorisée. Ce crâne en voie de calcification se dérobe au regard chaque jour que tu te tais, ce faisant avouant avec obstination ta grande froideur et cette lâcheté particulière qui consiste à tourner le dos à l'épuisante question morale - l'ombre même de ton âme gémit dès lors qu'en la nommant tu participes au crime, parfois maligne, parfois bêlant. Plains-toi ! Observe. Ce miracle de déchirure hoquète : manège infernal, l'Enfer de Bosch en boucle haletante, plastinations, lissage, péroraisons en vagues tuantes, vomis ce siècle et considère que les précédents exécraient et que ces précédents aimaient - on n'aime jamais que ce qui agace les veines, ces écarts électriques, dit-on. Que dire encore, ces simulacres adoptés dans le rejet même, tu leur ris nerveusement au nez, indifféremment morte, bavardant indifféremment. "Je suis sortie pas repassée, ce matin, pas eu le temps de défroisser mon âme" Aucun problème, l'invisible ne se voit pas, c'est sa force tautologique.

L'autre jour à la cantine, par exemple, le carré de dinde était invisible. Quand il a rebondi sur la cuisse du voisin de table parce que le pic à brochette le coinçait, l'homme a tout juste frémi sans oser tourner le regard. Faut dire, les probabilités étaient minables qu'il raconte le soir au dîner avoir été victime d'un attentat culinaire, encore que, à sa place, j'en aurais fait le fait divers de la journée, après tout, la terreur étant ce qu'elle est, autant la tenir à bout de langue.

Publié par Cosmic Dancer à 21:44:14 dans Laser Jets | Commentaires (0) |

Quand ça bouchonne (et moi avec) | 06 octobre 2006

J'habiterais une ville le matin et la nuit, et je fuirais les clameurs du jour où se disperse la lumière affolée goûlument réfractée et perdant sa clarté première à mesure de ces réfractions. A l'abri dans le creux d'un silence, je n'entendrais que le roulis des vagues lointaines et un clapotis tropical obsédant de douceur, caresse de ponton.

Dans les rues vides qui fleurent bon le renouvellement quotidien des activités d'une cité de taille moyenne, juste après le passage des éboueurs aux paupières gonflées, je marcherais et interpellée par une pensée quelconque resterais immobile à côté du passage piétonnier et sortirais de ma torpeur à cause du cri élaboré et répétitif d'un oiseau égaré sur une place où personne ne laisserait tomber de miette et moi non plus puisque je n'aurais pas encore acheté de croissant, rageant que ceux en forme de crabe soient en voie de disparition, cédant la place à de molles formes trop beurrées.

Mais furtive, chat découvert par la première automobile, je disparaîtrais sur une terrasse de café où la patronne aurait les yeux boursouflés de sommeil et, aimable comme je suis, irais chercher moi-même un café au comptoir pour observer en le buvant le mouvement convulsif des passants, le nez écrasé sur le volant avec l'impression d'aller plus vite, comme je le fais quand je suis très pressée, toujours plus vite, avec ce ridicule de ceux qui ne pratiqueraient l'art du retard que pour mieux le regretter. Je m'abrutirais de visages et de silhouettes actives et matinales, et me demanderais ce que j'ai bien pu faire de l'habituelle fascination que j'éprouve à contempler les hommes.

Plus tard je regagnerais mon antre et trouverais mon bonheur dans le monde livresque, le seul qui vaille en dehors de l'amour, ou simplement par manque d'envie, voire par paresse, m'enroulerais dans un bon burnous et redescendrais capter pour moi seule en été la chaleur de saison. Je me rappellerais alors les nuits glaciales du désert et les masses laineuses des hommes se dirigeant vers leur maison d'un pas vif, le visage crispé par le froid.

Invisible. Personne ne me distinguerait car noire je ferais pour les yeux non accoutumés partie du ciel et de la lumière, anticipant la condition ultime avec la reconnaissance du prisonnier qui goûte l'eau fraîche. Ce ciel précieux auprès duquel mes disparus expient les jours, les semaines, les années, et bientôt les siècles et les millénaires, sans plus avoir conscience de l'absolu de la recherche des astrophysiciens. Et j'aimerais la conscience de la vie dans l'amplification de la fièvre, honorant mon père et ma mère pour me l'avoir donnée. Le film fantasque du jeu de toutes les ascendances se déroulerait bizarrement entre synapses et neurones, et je jetterais aux orties imaginaires toute question politique susceptible de venir troubler ma petite transe.

Habituée à me déplacer en dansant je ne verrais personne et je n'entendrais plus les lamentations de la terre. Et j'aurais tort.

Mais quoi, vous êtes toujours philantropes ?

- Chère amie, je te trouve l'air un petit peu blasé, ces temps-ci.
- Chère amie, les emmerdes glissent comme la pluie. Je suis parfaitement imperméable. On va danser ?

Publié par Cosmic Dancer à 07:24:23 dans Laser Jets | Commentaires (10) |

Mon chat est un nombre primaire | 11 juin 2006

Mon chat est un nombre primaire. La preuve : il a sept vies. Comme tous les nombres primaires, mon chat n’est divisible que par lui-même. La preuve : personne ne s’est jamais risqué à essayer de le couper en quatre. Comme tous les nombres primaires, il est impair : il n’a que trois pattes, ayant perdu la quatrième au cours d’un raid entre la boulangerie de la rue Saint-Jacques et la place de la Laiterie. Il est le résultat d’une addition de nombres primaires : évidemment! Un chat est un chat et les chats font des chats. Enfin, lorsque mon chat se reproduit, comme il est gris, comme tous les chats et comme ces jours neigeux dans leur étoffe d’hiver, il devient impossible de connaître le nombre exact de sa descendance sans émettre des hypothèses improbables nécessitant des super-calculateurs.
Mon chat s’en fout. En bon nombre primaire, il rend impossible toute tentative de formuler une règle qui permettrait de le situer dans l’espace-temps puisqu’il est le produit de la suite immémoriale des nombres primaires depuis l’origine des chats.
Nombreux sont les savants qui, penchés sur le cas de mon chat, ont mal fini, les pauvres. L’utilité de mon chat est cependant fondamentale : c’est un grand cryptographe, un cryptographe comme on en fait rarement étant donné là où on est rendus dans les calculs de suites de nombres primaires qui ont rendu les savants fous.
C’est Manoli qui me l’a dit, et en bon mathématicien il estime que mon chat n’est cependant pas tout à fait premier. Mon chat s’en fout, il n’a rien de concurrentiel et pour vivre heureux, vit caché. Quant à moi, je ne suis pas une reine du calcul. Manoli ne m’en tient pas rigueur, c’est l’essentiel.

Publié par Cosmic Dancer à 19:45:50 dans Laser Jets | Commentaires (10) |

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