L'objet en question, oblong et de couleur ébène, affiche une longueur sans arrogance d'à peine 10 centimètres, et préfère taire son diamètre pour des raisons qui n'échapperont à personne, et surtout pas à deux aimables psychologues amateurs de pâtes fraîches et pour qui la suavité d'un fume-cigarette dans une main féminine, voire bien calé entre des dents comme serres, n'a plus de secret depuis que les raisons de l'attrait jadis mystérieux, voire mythique, qu'il exerce sur le genre humain depuis son invention et sa démocratisation, notamment entre les doigts de Marlene Dietrich, en furent discutées sur un bout de trottoir avant le 1er février 2008.
De facture classique, on le trouve à 15 euros chez le tabagiste du coin, muni d'un filtre à boules de je-ne-sais-quoi que l'on peut s'empresser de retirer, ou changer à convenance. La partie supérieure se désolidarise de l'inférieure grâce à un ingénieux système à vis orné d'une bague qui-fait-semblant-d'être-en-argent et qui permet de nettoyer l'ensemble avec une mine dégoûtée tellement c'est sale, ces trucs marron qu'on aurait mieux fait de planquer dans nos alvéoles pulmonaires. L'intérêt, c'est que ça empeste le tabac froid et que l'on retrouve donc le plaisir de l'odeur répugnante en mâchonnant le bout pincé qui marque très vite, s'ornant de petites traces de mordillement dès la première semaine. Sachant que ce filtre de plastique est livré sans protection, contrairement aux cigarettes nues serrées les unes contre les autres dans leur étui, et connaissant la facilité avec laquelle la poussière et autres invisibles ennemis de l'hygiène publique se livrent au phénomène électrostatique, allant se coller partout à la première occasion, la question se pose systématiquement de savoir où le ranger puis éventuellement où le poser. Qui, en effet, frémirait d'envie à l'idée d'emboucher un matériel dépositaire des signes d'humanité que tout bon chimiste traque dans les bols de cacahuètes des bars populo qui se respectent ? D'où mon interlocation face aux réactions vibrantes de désir charnel qu'éprouvent ceux qui le voient pendant que je fume, satisfaite de mon achat du trimestre parce que le noir, ça va avec tout, quand le blanc, c'est plus salissant.
Ma question concernant Majesté et Pascal est la suivante : quel rapport avec la théorie des cordes ?
Oui ?