Certaines questions de lecteurs réguliers et/ou amis croisés ici ou dans une vie qui est réelle m'interrogent avec une violence que je n'aurais jamais soupçonnée et font écho à toutes celles que je me pose sur ce qu'est un blog et plus largement, ce qu'est la vanité et que peut être l'horreur de la "Toile" mondiale dont une étude récente affirme que la majorité des addicts ne pourraient vivre quinze jours sans se connecter au "réseau". Addicts dont je suis manifestement, ne sachant me taire et ayant pour un tas de raisons plus ou moins louables acquis le toc du clavier qui s'expose.
L'article de Stalker sur le sujet de l'écriture, de la littérature et du retrait m'a également interpellée. Et puis quelqu'un, surtout.
Je n'ignore pas à vrai dire ce que je commets ici ni non plus les raisons qui m'y ont poussée au tout début et celles, différentes, qui m'y attachent encore. Je reviens à l'instant d'une lecture chez mes amis de "la bande verte", à gauche, dans le noir, hors texte. Leur positionnement n'est pas le même et je n'ai aucune envie de parler pour eux, mais envie de les remercier d'être et d'écrire. Deux d'entre eux vivent au Liban et racontent ce pays en proie à des conflits que bien souvent nous ne comprenons que comme de lointaines folies, sans prendre la mesure de ce qui se joue là-bas, sans répit, et je peux dire que lorsqu'ils en parlent, leur amour de ce territoire complexe, et tellement vu d'ici, leurs colères et leurs espoirs me donnent des leçons de vie.
Je me souviens toujours de l'interlocation amicale de J., son visage en mouvement bouleversé, je sais que certains d'entre nous, d'entre vous, réguliers ou non de ce malaise, participent de cette question qui est pour moi, aujourd'hui, malgré tout, encore irrésolue.
Parfois, certains mots des Nourritures terrestres me giflent. Non pas ceux du jeune Gide dont les pas initiatiques l'ont conduit à se défaire de l'essentiel pour aller au plus essentiel encore, et qui fut selon sa dernière post-face incompris. Non, ceux du vieil homme qui jetait sur sa jeunesse un regard franc et lucide, arpentons, nous sommes des arpenteurs.
Et dans ce voyage immobile, nous le demeurons, je pense.
Oui ?