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Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice

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Ne me demande pas pourquoi | 27 décembre 2007


Parfois, comme une lame déchirant l'espace, l'envie de silence sera la plus forte
D'un coup, il n'y aura plus rien.

Publié par Cosmic Dancer à 22:27:02 dans Infos à peine pratiques | Commentaires (1) |

Corps nu | 14 décembre 2007

Ceci de la nudité, là-bas, où le corps des femmes s'enracine dans l'image de la matrice et dans celle de la cible. Notre maman et notre putain, cette tentative d'existence toujours fracturée sur deux pôles, cri permanent, "je suis entière, entièrement corps, âme entièrement".

La fascination de mes compagnons de causerie pour "l'élégance" dont ils louent les attraits en désignant des femmes, certaines subtilement cachées, jouant de battements de cils pour dire "modeste", pour dire "timide", pour dire "obéissante et respectable", d'autres chaussées de talons fétichistes sur lesquels elles butent, lèvres rouges et humides, bravant de leurs épaules nues l'excommunication, se trouve démunie face au corps dévoilé, ne serait-ce qu'à son évocation, les regards frémissent de crainte et d'envie, les lèvres aspirent plus violemment la fumée insupportable du chicha que l'on goûte entre hommes, entre experts, se fourrant le poumon de carbones, dissertant sur le "sexe opposé", la prose toujours plus poétique à mesure que meurt le jour. La nuit tombe, lourde et suave, chaude, flattant l'instinct d'ancienne terreur, de confidence.

Certes, dans ce Sud traditionnaliste, il y a les questions d'esthétique - le vêtement comme arrangement général censé répondre aux normes de jouissance visuelle en cours, rien de très original. Mais le plus important, il semble, c'est ça : une femme vêtue et parée indique d'où elle vient, où elle vit, si elle est mariée ou non, si elle est riche ou pauvre. Le châle, la coiffe, les fibules et bracelets, la finesse et le choix des tatouages au henné, là où la peau est autorisée à vibrer sous le regard : sur la main, seulement sur la main.

Qu'elle se déshabille, qu'elle soit nue, et tout sens disparaît dans l'angoisse de la désocialisation, cette angoisse de l'intime à laquelle répondent toutes les ruses de la monstration, ce gouffre dont on sait encore aujourd'hui à quel point L'Origine du monde de Courbet dérange nos représentations. Parce qu'il est désir, donc profane, tout autant que sacré, incompréhensible.

Nue, c'est l'inconnu, c'est la terreur et le vertige.

Ce qui peut être renseigné lorsqu'elle est habillée étant de l'ordre social, sa nudité heurte l'imaginaire des hommes qui me parlent, sous la voûte étoilée du ciel brouillée par les volutes grasses et sombres du tabac brûlant au cœur du narguilé et dont l'odeur se mêle à celle du jasmin frais que tissent en colliers les vendeurs à la sauvette, pesant leurs mots, je ne suis qu'une femme, et "Occidentale", qui plus est. Elle est terrorisante, nue, un abîme à appréhender, où l'absurde fait loi, l'obscur d'une perte à consentir, sans nom.

Lorsqu'elle quitte ses effets, imagine-t-il, il éprouve un choc symbolique. Le sens et la beauté pourront être reconstitués dans l'amour, dans la relation, et la route est plus longue.

Eh bien en Europe c'est la même chose, moins ostensiblement.

Le nu comme surface silencieuse.

La source du plaisir dans ce rien qui n'est dit.

Corps comme vague : nul ne sait où elle commence et se termine. Nul ne sait si elle est la même.

Publié par Cosmic Dancer à 20:11:59 dans Infos à peine pratiques | Commentaires (2) |

Spiderman, c'est plus ça | 03 décembre 2007


Il était fort, il était beau, il sentait bon le filin chaud...

Et pendant que le Petit Père des Peuples vénézuélien se fait ramasser par ses ouailles - ah ! ce bon peuple, jamais content... v'là où ça mène, d'être démocrate -, le drame de ma journée à moi, c'est Spiderman chez les Araignées Anonymes. Merci à Domaine d'extension de la bibine.

Publié par Cosmic Dancer à 11:11:34 dans Infos à peine pratiques | Commentaires (5) |

Ouvrir l'oeil | 15 novembre 2007


Mais qu'a fait l'artiste britannique Jonathan Yeo pour que la famille Bush, qui lui avait passé commande d'un portrait de GW, refuse finalement de l'acquérir ?

Publié par Cosmic Dancer à 13:14:58 dans Infos à peine pratiques | Commentaires (13) |

Prends, ceci est un blog | 11 novembre 2007

Certaines questions de lecteurs réguliers et/ou amis croisés ici ou dans une vie qui est réelle m'interrogent avec une violence que je n'aurais jamais soupçonnée et font écho à toutes celles que je me pose sur ce qu'est un blog et plus largement, ce qu'est  la vanité et que peut être l'horreur de la "Toile" mondiale dont une étude récente affirme que la majorité des addicts ne pourraient vivre quinze jours sans se connecter au "réseau". Addicts dont je suis manifestement, ne sachant me taire et ayant pour un tas de raisons plus ou moins louables acquis le toc du clavier qui s'expose.

L'article de Stalker sur le sujet de l'écriture, de la littérature et du retrait m'a également interpellée. Et puis quelqu'un, surtout.

Je n'ignore pas à vrai dire ce que je commets ici ni non plus les raisons qui m'y ont poussée au tout début et celles, différentes, qui m'y attachent encore. Je reviens à l'instant d'une lecture chez mes amis de "la bande verte", à gauche, dans le noir, hors texte. Leur positionnement n'est pas le même et je n'ai aucune envie de parler pour eux, mais envie de les remercier d'être et d'écrire. Deux d'entre eux vivent au Liban et racontent ce pays en proie à des conflits que bien souvent nous ne comprenons que comme de lointaines folies, sans prendre la mesure de ce qui se joue là-bas, sans répit, et je peux dire que lorsqu'ils en parlent, leur amour de ce territoire complexe, et tellement vu d'ici, leurs colères et leurs espoirs me donnent des leçons de vie.

Je me souviens toujours de l'interlocation amicale de J., son visage en mouvement bouleversé, je sais que certains d'entre nous, d'entre vous, réguliers ou non de ce malaise, participent de cette question qui est pour moi, aujourd'hui, malgré tout, encore irrésolue.

Parfois, certains mots des Nourritures terrestres me giflent. Non pas ceux du jeune Gide dont les pas initiatiques l'ont conduit à se défaire de l'essentiel pour aller au plus essentiel encore, et qui fut selon sa dernière post-face incompris. Non, ceux du vieil homme qui jetait sur sa jeunesse un regard franc et lucide, arpentons, nous sommes des arpenteurs.

Et dans ce voyage immobile, nous le demeurons, je pense.

Publié par Cosmic Dancer à 21:44:11 dans Infos à peine pratiques | Commentaires (4) |

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