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Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice - Stèle avec des soubresauts

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Comment durer (et le faire savoir) | 20 septembre 2006

Devenir indigne a toujours été votre rêve secret ? Vous vous êtes souvent demandé comment faire ? C'est très simple. Responsabilisez-vous et expirez à fond. Exprimez-vous. Chaque preuve de votre incapacité à vous résoudre au pire vous vaudra un ulcère ou une cervicalgie de moins, voire vous épargnera tous les cancers auxquels les gens bien n'échappent pas, à prendre sur eux leur vraie misère. Insistez, donc ! Faites part de vos émotions sans retenue, de préférence quand personne n'en fait la demande.

Vous assurerez ainsi votre survivance dans le temps. Le prix à payer étant celui du spectacle de votre faiblesse et de l'infamie de votre bêtise, il ne vous restera qu'à vieillir ignoblement. Mais longtemps.


"Si je m'appelle Achille, j'ai le talon haut placé."

Publié par Cosmic Dancer à 19:39:18 dans Inaimables humeurs | Commentaires (8) |

Bienveillance anonyme | 15 septembre 2006

C'est dingue, la vie. En ouvrant ma boîte aux lettres, je découvre un opuscule déposé là par la main même de la grâce, à n'en pas douter. Laquelle a eu l'attention délicate de ne pas se présenter. De format 15 x 8 cm, le Chemin du bonheur est bleu comme le jour, vert comme l'espoir et jaune comme le saint pipi. Un sentier se projette vers l'infini de la perspective, sous un soleil hypnotique. Les mentions « Pour » et « De la part de » ont été soigneusement laissées vierges. Comme pour me dire « tu n'es pas encore nommée, mais je m'en occupe ». Du moins ai-je l'heur d'opter pour cette interprétation car je dois souffrir de problèmes identitaires, comme tout le monde en cette époque bénie.

Tremblant de béatricetude, je vise l'introduction - ah, non, ce mot-là est proscrit, il est sexuel -, je décrypte ce qui s'étale en première page. Et là, je découvre la véritable intention de l'humble générosité : - Pourquoi je vous ai offert ce livre ? - Votre survie (1) est importante à mes yeux. Sachant que j'ai perdu l'usage de la parole, la bienveillance masquée précise : « Survie : l'action de rester en vie, de continuer d'exister, d'être vivant ». C'est bon, d'être aimé à ce point-là. Assurer la rééducation de mon ramage, c'est sûrement nécessaire. S'ensuivent 21 consignes, dont :
- Prenez soin de vous (et lavez-vous les dents) : sans blague !
- Aimez et aidez les enfants : quoi ? ces sales gosses ?
- Donnez le bon exemple : je suis exemplaire à tous points de vue...
- Cherchez à vivre avec la vérité : elle doit être sous les fringues d'hiver, au fond du placard à droite.
- Ne commettez pas de meurtre : et si je veux tuer le temps ?
- Etc.

Parmi les inepties qui se suivent et se ressemblent, je relève qu'il faut regarder avec les yeux (c'est vrai, d'habitude c'est avec mon cul que je regarde), et qu'« au lieu de (me) lancer dans de vaines discussions avec les gens », mieux vaut « tout bonnement leur demander de regarder ». La vérité est immanence, comme chacun sait.

Plus loin, tout en fustigeant Hitler, on m'affirme que « le malade mental est incapable d'apprendre », que « mû par des intentions malveillantes et incapable de la moindre pensée rationnelle, il ne conçoit pas les faits, la vérité et la réalité ». Donc, si je ne veux pas appartenir à cette sous-catégorie de l'humanité, j'ai intérêt à me grouiller les fesses et à apprendre l'opuscule en long, en large et en travers.

Sapience suprême, les problèmes majeurs de notre temps, c'est la faute à Voltaire et à ceux qui l'ont précédé, car ces salauds de philosophes ont toujours emmerdé ces merveilles de religions qu'il faut apprendre à tolérer. Et sans jamais offrir de solution ! Quelques préceptes christiques (« Ne faites pas aux autres, etc. ») et bibliques (« Epanouissez-vous et prospérez ») clôturent ce Livre de Sagesse. Mais que je sois rassurée si on me contredit, « certaines personnes » qui veulent m'« inciter à mener une vie immorale » agissent de la sorte « pour parvenir à des fins personnelles » et si je les écoute, je connaîtrai « bien des tragédies et des chagrins ». Je sens que je vais reconsidérer mon carnet d'adresses, car je doute que mes fréquentations ne se rebiffent. Et sur le chemin du bonheur, je ne veux voir personne !

Profondément troublée par tant d'intelligence et de bonté, je referme le Livret Sacré. Si je souhaite m'en procurer d'autres exemplaires, je peux m'adresser à l'Association spirituelle de l'Eglise de Scientologie, tout près de chez moi. Elle est pas belle, la lutte contre les organisations sectaires ?

Publié par Cosmic Dancer à 15:11:05 dans Inaimables humeurs | Commentaires (19) |

Croître ou conduire | 05 août 2006

Moi je viens seulement de couper le contact après avoir brillamment opéré un créneau à gauche dans l'espace très limité qui se tient là comme un miracle entre deux véhicules, jouant du compas dans l'œil des meilleurs jours, j'ai des témoins. De bonne humeur, je m'énerve même pas après la ceinture qui coince. Je l'aime, la ceinture, aujourd'hui. Aujourd'hui, j'aime jusqu'aux petits défauts de tous les objets qui m'horripilent, c'est dire si je suis en phase d'ascension vers ce qu'il ne faudrait pas non plus prendre pour une sainte et universelle empathie, faut pas exagérer.

Mais j'ai l'air tellement sympa quand je souris.  Lorsque le mec toque à ma vitre, je constate immédiatement quand même que c'est pas pour me faire la cour. Ca m'étonne. Un jour de zénitude comme celui-ci. J'ouvre tranquillement la portière et je dis rien, j'ai le temps de rien dire, même pas bonjour ! ou oui ? Le type a un vocabulaire obsessionnel répétitif qui se limite apparemment à ça : Ma voiture !

Telle saint Glinglin éternellement ravie sur son nuage hydrophile, j'en suis encore à sourire gentiment, ce qui me vaut d'être prise pour une parfaite idiote, je le déduis abruptement au fait qu'il renouvelle sa litanie avec une expression toujours plus courroucée.

Bon. J'arrive. Je redescends sur terre. - Oui, votre voiture ? - Vous avez failli toucher ma voiture !

Ouh la. Il tend un bras accusateur vers la Ford rutilante qui me coince à l'arrière. - Je me suis garée, oui.

C'est un fait objectif, je ne vais pas contester. L'aveu lui donne des ailes aptes à soulever sans mal sa surcharge pondérale. Et à m'agonir d'insultes plus pitoyables les unes que les autres. Ca y est, je m'énerve. Pour le surprendre, je bondis littéralement hors de mon habitacle, dont je claque la portière avec assurance tout en me dirigeant sur lui pendant qu'il recule vers le sien, d'habitacle. J'y suis. J'observe le pare-choc avant. - Où est le problème ? J'ai failli ?

Nullement impressionné par mon gabarit, il s'approche de moi à son tour, presque à me toucher, je sens que je risque d'en prendre une si je continue. Le mec est mal luné, et il a décidé que j'étais son déversoir. Un type arrive, indifférent. Je l'alpague : - Monsieur a un problème avec sa voiture : j'ai failli la toucher. Voulez-vous bien constater avec moi que j'ai failli ?

L'autre se bidonne, se penche, constate, rien à signaler, se retourne vers l'énervé dont la disgracieuse logorrhée commence à me poisser les tympans. Ce qui finit par agacer mon allié, dont le hasard a bien voulu que la masse corporelle intimide l'inélégant personnage et lui fasse remballer sa mauvaise gouaille. - Merci, Monsieur, dis-je à ce chevalier improvisé. Puis, me tournant vers l'autre, quand même, et choisissant pour l'occasion le tutoiement, après tout ce qu'il m'a balancé, on est intimes, non ? - Si j'avais pas été seule au volant, tu m'aurais pas fait chier comme ça, hein ? T'es un courageux, toi !

J'ai un peu une petite gueule de frappe qui se moque du monde entier, dans ces cas-là, et c'est horripilant, je le sais. Le sombre individu se ramasse tel un élastique distendu sous le regard impérieux de mon sauveur, mort de rire, qui acquiesce et s'éloigne. Et je m'éloigne aussi. L'autre fait des trucs sexuels dans le langage des signes, à l'abri dans sa caisse, et à moi destinés. Pas téméraire non plus, je tourne les talons, en marmonnant distinctement, l'espace d'une seule seconde, le temps qu'il comprenne bien avant que la foule me happe, cette vérité toute bête qui consiste à énoncer en deux mots que le taux d'agressivité infondée du conducteur est inversement proportionnel à la taille intime de son véhicule.

Publié par Cosmic Dancer à 17:14:34 dans Inaimables humeurs | Commentaires (2) |

L'art du rateau | 05 août 2006

Ne croyez pas ce que vous racontent les magazines au sujet de la libération des femmes, il n'en est rien. J'en tiens pour preuve une anecdote supplémentaire digne d'illustrer clairement mon court et inintéressant propos. Je le dis et je le répète : il est impossible de rouler une pelle au premier venu, quelle que soit votre dose d'alcool dans le sang, nonobstant la sienne, et peu importe le niveau de votre température interne en fin de soirée, et même avant d'y aller.

Ainsi, accompagnée d'un homme de goût légendaire qui fut témoin de la scène et se tient prêt, en cachette, à lever la main droite et jurer qu'elle advint, je me rends à une surprise partie total ambiance dans une maison dont les us hospitaliers sont célèbres au-delà des frontières du quartier qui la ceint. Je tiens à relater ici brièvement que, la semaine précédente, accompagnée d'un aventurier sagace, je dus constater avec effroi que le danseur préfère rentrer avec ses potes plutôt que finir la soirée avec nous, tranquille Mimile à la maison, avec une excellente bouteille.

La fête bat son plein, donc, et après avoir distillé d'affreux conseils existentiels à un cénacle de jeunes et adorables futures bachelières aux yeux tout aussi illuminés que les miens, à défaut d'être lumineux, je retrouve sur la piste aux étoiles mon accompagnateur qui m'a fait la promesse suivante avant que les festivités ne commencent : choisis ta cible, j'assure. Un bref debriefing, et nous tombons d'accord sur l'affligeante réalité : les représentants du genre masculin, pourtant en abondance ce soir-là et ici même, n'ont pas vraiment l'air accortes.

Mon sens du renoncement en poche, je décide quand même que c'est trop triste et qu'il est temps de passer aux choses sérieuses. Lesquelles se déroulent en trois minutes, environ, et à peu près de la manière suivante. Débordant de mansuétude, je vise le solitaire assis sur un rebord de fenêtre et me contemplant depuis quelque temps. Il est tout à fait repoussant, mais il présente la qualité de ne sembler ni plus ni moins idiot que les autres, d'avoir l'air hétérosexuel, et, surtout, morose. Quand je m'approche pour me présenter succinctement en le saluant érotiquement, cet affreux imbroglio poilu comme un yéti, dépourvu de toute grâce et manifestement sans vie intérieure hormis quelques légitimes remugles, ce chef-d'œuvre de vacuité  qui n'avait pas la moindre chance de se faire embrasser, ce haut-lieu du désespoir amoureux, ce cagibi d'aisance dont on se demande ce que fait la nature qui a horreur du vide manque me coller une baffe. Voilà où mène la générosité. Si ça continue, je reprends ma cornette.

Publié par Cosmic Dancer à 17:12:34 dans Inaimables humeurs | Commentaires (0) |

Je préfère le train | 05 août 2006

- Bonjour, Monsieur l'agent !
- Bonjour, Madame l'usagère !

A ce stade de civilités, de bonne humeur, je me dis que tout va bien, la vie est belle, le monde est simple. Je suis rentrée hier soir de Bordeaux, suis passée par Paris, et là j'aimerais rentrer chez moi. Un de ces désirs de chez soi qui te prennent à l'âme, comme une urgence sans nom. Tu ne sais même pas pourquoi, tout à coup, faut que tu te sentes chez toi, dans ton odeur, dans tes habitudes, bonnes ou moins bonnes, c'est imparable, c'est dit.
Alors moi je sors mon ticket comme quoi, je suis une usagère usageante, pas forcément usagée, mais qui use. Fréquence, ça s'appelle. Mais comme je pense à chez moi, je ne retrouve pas le billet que j'avais pris, pour plus tard dans la journée. Bon. Des précisions d'imposent. Donc, j'arrive de Bordeaux mercredi soir, après être partie à Bordeaux mercredi matin, depuis Paris, et en arrivant d'ailleurs que chez moi. Mais en voulant au final rentrer chez moi, et là on est jeudi midi. Vous y êtes ?
Or j'ai déjà un billet retour Paris-chez moi, pour le train de 17 heures environ. Il est midi moins dix. J'ai un train à midi. Je suis pressée. Or ce retour est inscrit sur mon ticket retour de la veille au soir Bordeaux-Paris. Et je le trouve pas, au fond de mon sac.
- Bonjour, Monsieur l'agent !
- Bonjour, Madame l'usagère !
- Voilà. Je me trouve actuellement, et vous en conviendrez, à Paris.
- J'en conviens.
- J'ai un train dans dix minutes pour aller chez moi.
- Il est vrai.
- Or j'avais un billet, mais étant stressée je ne le retrouve pas, pour partir de Paris en milieu d'après-midi.
- Pas d'importance. Vous me rachetez un billet, et vous voyez ça plus tard.
- Parfait.

Rassurée, je rachète un billet, et je m'installe.
- Bonjour, Monsieur le contrôleur !
- Bonjour, Madame l'usagère !
- Voilà : j'ai ici un billet tout frais Paris-chez moi.
- Je vois, c'est bien, vous êtes civique.
- Merci pour le compliment. Toujours est-il que voilà : ce billet fait doublon avec celui que je viens de retrouver dans mon sac et sur lequel se trouve un retour Bordeaux-Paris et un retour Paris-chez moi, sur le même ticket, cela dit, pour des raisons que j'ignore, sans doute écologiques. Vous conviendrez que je dispose de deux billets pour rentrer chez moi, mon étourderie en étant responsable, je l'admets.
- Certes, chère usagère de la bonne clientèle qui est estampillée Fréquence. Donc pas de problème. Une fois chez vous, filez au guichet, et on vous rembourse ce billet de l'après-midi dont vous n'aurez manifestement pas besoin, puisque vous êtes déjà dans le train avec un autre billet, tout neuf.
- Merveilleux ! Comme c'est pratique ! Merci, Monsieur le contrôleur !

J'arrive à la gare de chez moi.
- Bonjour, Monsieur le guichetier !
- Bonjour, Madame l'usagère !
- Alors voilà. Comme vous pouvez le constater, à l'heure qu'il est j'aurais pu être à Paris mais je suis là, c'est notifié sur ce billet. Et à défaut, vous me voyez ici même, en face de vous.
- Il est vrai.
- Or j'ai ici un autre billet, pour le même trajet le même jour. Mais plus tard, donc non usité.
- Je vois, en effet.
- Donc je souhaite que vous me délivriez de la contrainte de ce billet inutile, le tout pour le revendre à qui de droit en aurait l'utilité éventuelle.
- Ah non non non, brigande !
- Pardon ?
- Votre premier ticket est double : il mentionne un retour Bordeaux-Paris et un retour Paris-chez vous. Vous voulez m'arnaquer ?
- Il est vrai que j'ai ce billet, mais j'ai payé deux fois, je ne pense pas vous truander.
- Selon le règlement, vous avez utilisé ce retour.
- Lequel ??
- Paris-chez vous.
- M'enfin, Monsieur, c'est encore l'heure du déjeuner et je suis censée être à Paris mais j'ai acheté un billet pour ne pas y être ! Le voici, et moi avec !
- Il est vrai, mais votre ticket est composté Bordeaux-Paris.
- Oui, mais pas Bordeaux-chez moi.
- Non, mais c'est le même ticket.
- ??
- Donc c'est un ticket entamé.
- Mais... J'ai pas demandé le même ticket, moi !
- Vous l'auriez fait si vous aviez su que c'est moins cher à mesure qu'on fait des kilomètres !
- Ah...
- Et si on ne vous l'avait pas proposé, vous auriez gueulé !
- Ah ? ... Mais alors pourquoi on ne m'a pas fait un ticket Paris-Bordeaux et retour avant de repartir chez moi ?
- Parce que vous ne l'avez pas demandé !
- Ben non, j'ai rien demandé, c'est vrai.
- On s'en fout. Fallait demander. Et si on ne vous l'avait pas proposé, vous n'auriez pas apprécié !
- Mais on ne m'a pas prévenue de ce que je pouvais ou non apprécier !
- Faut pas vous plaindre. Vous avez gagné sur votre trajet !
- Ben je le paie double. Et le guichetier de Paris et le contrôleur m'ont dit que...
- Connaissent pas leur job. Savent pas que c'est mieux, deux billets sur un ticket.
- Mais alors pourquoi on me l'a pas fait sur le chez-moi-Paris-chez moi, ce billet sur un seul ticket, ou sur le Paris-Bordeaux-Paris ?
- Parce que vous ne l'avez pas demandé ! Fallait demander qu'on vous fasse un billet pour deux, mais différent !
- Euh... Excusez-moi, là, mais j'ai rien demandé, en gros, que de changer mon horaire de train sans payer double !
- Fallait le dire !
- Mais j'ignorais qu'il fallait demander des billets séparés ou ensemble d'une certaine manière ! Quant à l'échange, c'est prévu dans les clauses d'abonnés !
- Pas quand on tire un ticket pour deux billets ! On vous a fait une fleur sur le Paris-chez vous avec l'autre de Bordeaux-Paris !
- Mais j'en ai pris deux, du coup !
- Fallait dire que vous vouliez pas qu'on vous fasse une fleur !
- Mais je pouvais pas savoir ! Je l'utilise pas, ce billet, puisque je suis là avec un autre !
- C'est votre problème ! Fallait demander qu'on vous le fasse pas !
- Qu'on me fasse pas deux billets sur un ticket ? (Et moi qui pensais que c'était pour économiser les arbres...)
- Voilà !
- Mais comment savoir ce que je ne veux pas que vous fassiez, puisque je ne sais pas ce que vous pensez faire, vous, en imprimant un ticket pour deux billets à la fois, qui plus est insécables alors que je l'ignore ?
- C'est le règlement !
- Mais dans ce cas, pourquoi ne m'avoir pas proposé la fleur sur le Paris-Bordeaux de la veille ?
- Parce que vous ne l'avez pas demandé !
- Mais cette place que je n'ai pas utilisée, puisque comme vous le constatez, je suis là avant l'heure tout en ayant racheté une place, vous allez la revendre, dites-moi !
- Ah non ! Elle est sur votre ticket ! Fallait pas demander qu'on vous le fasse !
- Mais je ne l'ai pas utilisée ! Et j'ignorais ce que vous vouliez faire ! J'ai rien demandé de spécial, moi ! Et il me fallait bien un billet Paris-chez moi !
- Dites donc, ma petite dame, quand vous achetez une baguette chez le boulanger et que vous en mangez la moitié, on ne vous la rembourse pas !
- Certes, mais là je la paie double, la baguette, pas moitié !
- Fallait demander qu'on vous le fasse pas !
- D'accord. En gros, fallait que je ne demande pas ce que je ne savais pas que vous alliez me proposer, et que je demande ce que je ne savais pas que vous alliez faire !
- Voilà !
- Mais j'étais loin de soupçonner que vous alliez faire un seul ticket, et que, en conséquence, je devrais racheter le même billet !
- Il faut se renseigner, dans la vie !
- Merci du peu. Et donc ?
- Bah donc, Madame l'usagère abonnée, vous pouvez toujours essayer de faire une réclamation, mais il faut que ce soit l'heure d'avant de prendre le train prévu !
- D'accord, là c'est quatre heures avant !
- Non, non !
- Bah, enfin ! A l'heure qu'il est, je devrais être à Paris !
- Peut-être, mais c'est Bordeaux qui compte ! C'est sur le même ticket ! Et vous avez quitté Bordeaux puisque vous êtes chez vous ! Enfin, soyez raisonnable !
- J'ai le tort du billet que j'ai pas demandé sur le même ticket ? J'ai quitté Bordeaux hier, mais j'ai là deux billets, et d'ailleurs deux tickets, pour chez moi !
- Eh oui, trop tard, Bordeaux, ça fait déjà trop tard ! Et ne vous plaignez pas ! Z'auriez gueulé, si on vous avait fait deux tickets au lieu d'un, la veille ! Z'auriez pas eu la ristourne de trois euros !
- En l'occurrence, j'en paie trente multiplié par deux !
- Ah, ces usagers ! Ca gueule tout le temps !

Publié par Cosmic Dancer à 17:05:30 dans Inaimables humeurs | Commentaires (0) |

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