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Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice

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Les jeunes, faut les comprendre | 09 septembre 2007

Faut les comprendre, les jeunes. La société brise leurs rêves de portable dernier cri, tongues en or et caisses en platine. Scandaleux, quoi. Pas s'étonner qu'ils foncent dans le tas de ces sales riches qui se délitent au bureau pour les mensualités. En plus, à la cité de la Forestière, on les oblige à prendre un bus pour s'entasser avec les nazes dans le RER. Et neuf euros, qu'il coûte, le ticket.

Alors puisqu'on ne peut pas aller traîner ses guêtres à Paname tous les jours, et puisqu'il n'est nulle vie au-delà du périmètre délimité par les piliers de la tour Eiffel, on a l'énervement facile.

Faut les comprendre, les jeunes. La société brise leur rêve de permis de conduire pour foncer bille en tête sur le périphérique. La dignité du conducteur solo, quoi, on la leur refuse. Certes, c'est pas neuf euros par jour que ça coûte, une tire pour enfumer l'ozone, mais ça classe mieux que les trains de banlieue.

Alors on s'entraide "pour ne pas payer les vêtements au prix fort", parce qu'au prix où sont les baggies et qu'il en faut des masses pour pas avoir l'air schnok, on serait idiot de pas développer des ressources politiques solidaires.

Publié par Cosmic Dancer à 16:38:54 dans Inaimables humeurs | Commentaires (44) |

Vingt mille lieues de vacance | 07 juillet 2007



Odieux tourisme. Tandis que l'on se réjouissait, il y a encore vingt ans, de la démocratisation des voyages qui offrait au plus grand nombre de partir à la découverte de la Terre, sa géographie, ses peuples, et que nous considérions tous qu'il s'agissait là d'un formidable progrès, vecteur d'amour, de compréhension, d'empathie, force est de s'interroger aujourd'hui sur les dégâts considérables occasionnés par cette industrie du "j'ai vu, j'ai fait". Cette formule insupportable qu'ont les vacants glorieux de qualifier leur séjour tout-compris, bien-entendu et sans-supplément au creux d'un exotisme que la tendance la plus chic organise "vertement", loin des goûts rustres du péquin par nature dissemblable.

Les vacances portent bien leur nom, qui célèbrent non l'acte gratuit, la beauté du temps que l'on prétend perdu, l'exquise procrastination, mais la vacuité mise en boîte, traçable et certifiée conforme, vue et approuvée par ceux qui en témoignent pour faire état de la leur. Encapsulée dans une pellicule quelconque ou, plus tendance, sur les pages d'un carnet "de voyage", mémoire immédiate d'un espace éprouvé par le temps et ses passagers improbables rendus à la poussière sitôt la valse achevée, prédestinée à l'écran futur d'une "projection" ou d'un feuilletage entre amis, quand ce n'est pas au grand tirage en format à l'italienne, l'aventure se termine à l'instant où elle prétend naître.

S'il n'était que cette prétention absurde à la jouissance visuelle excitée toute l'année dans l'attente de l'orgasme estival, le mal ne serait au fond pénible que pour les grincheux dans mon genre.

Seulement voilà, les îles Galapagos se meurent, que j'avais longtemps crues protégées de nos fringales.

Publié par Cosmic Dancer à 18:52:46 dans Inaimables humeurs | Commentaires (0) |

Roulez, jeunesse... | 25 mai 2007

Je n'avais pas pris mon appareil photo et je n'ai aucune envie de chercher une illustration sur Google. Je me promets souvent que, la prochaine fois, j'y penserai, et que j'éterniserai dans ce temps relatif qui est le nôtre cette image aliénante des dizaines de valises à roulettes sur les quais de gare.

Je n'aime pas les valises à roulettes. Adepte des trajets en train, fidèle à la seuneuceufeu, amoureuse du mouvement qui déplace les lignes visibles ou invisibles, je me retrouve assez fréquemment dans cette situation exaspérante de désespérément jouer de jeux de jambes comme de chorégraphies de claquettes ou de savants entrechats entre les valises à roulettes.

Au-delà de l'inconvénient qu'elles représentent pour ma progression spirituelle, elles m'intriguent en ce sens que, me déplaçant pour une semaine ou un mois, j'emporte un sac de sport, au pire un sac à dos, de bonne taille, et si je ne dois me charger que pour une semaine, le format du sac est réduit à sa simple expression, soit celle d'un déplacement de trois jours. N'allez pas vous imaginer que je ne change pas de vêtements, je suis très à cheval sur le confort de mes tenues, voire sur leur agrément. Ni ne trimballe une trousse de toilette, qui en plus de la vitale brosse à dent et du dentifrice qui l'accompagne contient un peigne de corne et quelques menues babioles de coquette raisonnable. Quelques livres c'est incontournable, quelques disques parfois, des magazines souvent, voire un message à transmettre constituent ma charge et je ne saurais me contraindre à plus.

Aussi suis-je très curieuse à l'égard du contenu de ces contenants qu'aucune épaule ne paraît plus supporter et que l'on doit tracter derrière soi à l'instar de cette famille de paysans non loin de chez mes parents qui n'ont jamais accepté l'électricité et jouent encore du soc et de la houe - je jure sur ma bible que c'est vrai.

Que signifie-ce ? Déperdition musculaire généralisée ou goût immodéré et addiction aux "choses" ? Ces choses que décrivait si bien Georges Perec. Ces choses, quelles qu'elles soient en dehors des livres, que je ne peux considérer personnellement autrement que comme un handicap nécessaire.

Publié par Cosmic Dancer à 19:01:09 dans Inaimables humeurs | Commentaires (6) |

Ces silences assassins | 24 janvier 2007


Si la politique est la vie de la cité, elle est aussi la violence du monde. On peut légitimement lui préférer les surboums ou la plage. En attendant le désespoir comme on attend la mort : sans savoir quand elle frappe, sans jamais y songer.


Je dédie ces quelques mots à nos idéologues, à nos aveugles et à nos sourds.


Publié par Cosmic Dancer à 11:12:39 dans Inaimables humeurs | Commentaires (70) |

Bénèzes dictons | 22 janvier 2007

Le concert de louanges entourant la disparition de l'abbé Pierre a la saveur de toutes les acidités. Du côté de nombre de politiques dont les choix urbanistiques ont montré qu'ils se fichent des problèmes de logement comme de l'an 48. Et du côté de pieux bondieusards, en guise de pénitence.

Mais qu'on se rassure, les meilleures déclarations d'intention seront enterrées aussi rapidement que les bouffonneries électorales.

Oui, je suis de mauvaise humeur. Et d'autant plus qu'entre la rédaction de ce jet de colère et ces mots-ci, l'amie Maquettes a pointé le négationnisme de Roger Garaudy, soutenu dans ses propos par l'abbé Pierre, où la Shoah n'aurait été qu'une invention destinée à assurer la création de l'Etat d'Israël. Misère sur moi de l'avoir ignoré jusqu'alors.

D'autant que, à creuser pour ceux qui auraient le temps, Henri Grouès s'est exprimé ainsi dans le journal Libération (source : atheisme.free.fr) : "Il y a longtemps que je n'avais pas vu autant de personnes venir me dire : Merci, parce que vous avez eu le courage de mettre en cause un tabou."

Sonnez, cloches !

Publié par Cosmic Dancer à 12:41:09 dans Inaimables humeurs | Commentaires (110) |

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