Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice

Impolitesses


Moi :
Virgule, apostrophe.

arianesurunfil@yahoo.fr

Sauf mention contraire,
le contenu de cette page est sous
contrat Creative Commons.

Contrat Creative Commons



Compteur

Depuis le 01-06-2006 :
734240 visiteurs
Depuis le début du mois :
9028 visiteurs
Billets :
467 billets

Délit de fracture (ou Comment survivre à ses paradoxes) | 10 novembre 2006

Non seulement les Le Pen, mais encore De Villiers semblent profiter largement des concessions que la gauche et Sarkozy sont prêts à faire aux revendications particularistes. A l'heure où toutes les voix s'accordent en un strident cri de détresse pour dire l'état désastreux de l'Education nationale, les faillites de l'intégration et les violences urbaines, vilipendant l'ensemble des politiques menées par les divers gouvernements depuis plus de vingt ans, les pires idées contaminent la population, je le redis.

Sur le voile islamique, il m'est particulièrement douloureux de devoir constater que je partage avec le Vendéen sa conception annoncée - et non réelle - de la laïcité, lorsqu'il déplore en ce signe une marque politique. L'enjeu est tellement énorme. Comment combattre tout à la fois le poison communautariste et la tentation de repli nationaliste ? Comment combattre tout à la fois les exigences toujours plus grandes de l'islam en France, et celles non moins affolantes d'un renouveau catholique dur ? Comment combattre tout à la fois le racisme et les injustices sociales dont souffrent les banlieues et la victimisation dont elles sont les porte-parole malgré elles ? Comment désirer un renouveau de l'école républicaine dans la transmission des savoir et l'apprentissage du civisme sans approuver une sorte de militarisation de l'enseignement ayant recours aux méthodes les plus rétrogrades ?

Suite à la discussion ici même sur le voile, récemment, lorsqu'il a été question du financement des mosquées, puis rapidement des écoles religieuses, j'en suis venue à me sentir stalinienne, tout aussi psycho-rigide que les pires athées et les ultra-rationalistes qui ne sauraient tolérer l'existence de la question même du divin, du sacré, de la transcendance. En désirant par-dessus tout voir renaître l'idéal de la République et la force de la laïcité, je me vis comme une jacobine que je ne suis pas.

Publié par Cosmic Dancer à 08:09:15 dans Il n'y a pas que la littérature dans la vie | Commentaires (22) |

Aux larmes, citoyennes | 07 novembre 2006

Tandis qu'en Iran, notamment, on assassine les "mal voilées", tandis que partout dans le monde sous le joug de la domination masculine qu'il représente, le voile sous toutes ses formes - et qu'on ne vienne pas m'emmerder avec les nuances "grille ou sans grille", "noir ou couleur", "court ou long" - est courageusement combattu par des femmes au péril de leur vie, la Grande-Bretagne cède au chantage des ultras. Vu les problèmes récurrents qui se posent dans les hôpitaux de France lorsqu'ils reçoivent des musulmanes et leurs garde-chiourmes, ces maris pour qui l'acte de poser un regard sur elles vaut déclaration de guerre, et après la loi sur le voile à l'école qui a été tellement controversée, va-t-on devoir communautariser les services de santé publique au nom du respect de l'islam ? Déjà, des étudiantes infirmières refusent de retirer cette abjection dont il faudra enfin un jour cesser de proclamer qu'il s'agit d'un signe religieux.

Commençons par la base. Moi, en tant que locuteur, on va dire. De notoriété publique agnostique, certes. Cela m'ôte-t-il le droit de penser les croyances, mœurs et coutumes d'autrui ? Ensuite, non arabophone, à mon grand regret, ce qui me vaut de me manger l'argument selon lequel, et à tout jamais, les subtilités théologiques du Coran me sont inaccessibles. Ma réponse : ainsi en va-t-il de tous les discours cryptés à l'usage de leurs seuls zélateurs. Cela m'ôte-t-il le droit de juger du voile islamique et des conséquences de son port dans les services publics ?

Terminologie, maintenant. Vaste débat qui oppose les exégètes, jouant à coups d'interprétations interminables le devenir bien réel de femmes et de jeunes filles en danger de mort ici, en situation d'être vitriolées, battues et violées là. Qu'il s'agisse du hijab, du khimar, de la milaab, du ridaa, du izar et autres burqhas, le problème est unique. Selon l'historien égyptien Mansour Fahmy, qui a consacré une thèse au sujet, "le voile est l'œuvre des mœurs", non du précepte religieux. Son étude de la mode vestimentaire depuis l'Hégire jusqu'au début du XXe siècle est à cet égard édifiante : la relation entre voile et claustration y est clairement établie, ainsi que ses diverses fonctions sociétales selon les lieux et les époques. Il faut être aussi lamentable que l'universitaire François Burgat dans L'Islamisme en face, pour prôner la tolérance et considérer que le voile est une liberté choisie par celles qui le portent. Oui, on le sait, révolution iranienne, cache-amant, protection vitale sous le règne des caïds... Mais enfin, c'est une "loi" édictée par des hommes, et quels hommes !

Ethocentrisme ? On me l'a reproché mille fois : "Toi, en tant qu'Européenne, évidemment...", blablabla. Même remarque que précédemment : je ne vois pas en quoi le fait d'être Européenne, et Française en l'occurrence, m'ôterait le droit de condamner les violences faites aux femmes. Et qu'on ne vienne pas me dire qu'il n'existe aucun rapport entre le port du voile et la répression sexuée ! Intolérance ? Oui, et je le revendique, au nom de la laïcité, valeur que partagent, au demeurant, bien des humains sur terre, de tous pays et toutes confessions, pour qui le savoir vivre ensemble et en paix, dans la dignité, se situe largement au-dessus des particularismes quels qu'ils soient, religieux ou pas. Et De Villiers peut aller se rhabiller, pour le coup, lorsqu'il exploite le filon pour renforcer ses troupes. Il n'a pas le monopole de l'attachement à la laïcité, ni celui de la défense des opprimées.

Transformer une patiente en pingouin, au prétexte que son mâle attitré est susceptible des couilles, ou au prétexte qu'elle considère son corps comme un sanctuaire que seule une femme, voire seule une musulmane, saurait soigner, est-ce faire preuve de respect envers l'ensemble des femmes, encore une fois, et de toute éternité ? Et que dire de la République, une fois de plus, dont les institutions devraient se soumettre à la loi de la burne ?

Pleurons, citoyennes, car la lâcheté condamne les femmes à n'être que le résidu de leur état civil.

AJOUT tardif. Et bienheureuse de l'avoir découvert, à l'instant. Bonne lecture.

Publié par Cosmic Dancer à 13:52:44 dans Il n'y a pas que la littérature dans la vie | Commentaires (64) |

Victimisation aux enchères | 06 novembre 2006

A défaut d'intellectuels prenant en considération l'ensemble des événements traumatisants et banalisés qui adviennent en France, ou qui, lorsqu'ils l'osent, se voient immédiatement dénoncés comme néo-conservateurs, voire néo-fascistes éventuellement islamophobes (Finkelkraut, Brückner, Brighelli, Redeker...), à défaut d'une volonté politique réelle et homogène de reconstruction républicaine, à force de coups médiatiques et de discours démagos, je deviens plus pessimiste de jour en jour. Les crapules des banlieues se plaignent de maltraitance de la part des forces de l'ordre, et l'information traite outrageusement de leurs exactions, on l'a suffisamment dit, tout en victimisant à outrance une population certes mal lotie. Dans le même temps, j'entends un nombre croissant de personnes s'indigner - à juste titre - que soient passées sous silence d'autres agressions, telle celle de Grenoble récemment, dont on ne trouve écho que dans Le Parisien et... sur le site FN de VoxGalliae. Ceux-là, d'ailleurs, n'iront jamais se plaindre que personne ne s'insurge contre la décision d'un maire breton d'ériger une statue de Jean-Paul II dans sa commune, hormis ses administrés et quelques associations laïques vigilantes.

Ce que j'essaie de dire, c'est qu'aujourd'hui chacun semble guetter et comptabiliser les articles de presse et décisions juridiques ou judiciaires concernant ses souffrances ou exploits déviants, en bon psychopathe collectionnant les comptes rendus de ses crimes. Chacun constate, d'autre part, et certainement chacun avec raison, que les violences policières dont seraient victimes les jeunes des banlieues sont passées sous silence, tout comme le sont nombre de leurs actes criminels. Pour exemple, la focalisation sur les voyous électrocutés l'an dernier, et l'absence de commentaires au sujet du père de famille assassiné dans le même temps. Ou encore le mutisme des politiques au sujet du professeur de philosophie toulousain. Sans compter la connerie de la Ligue des droits de l'homme et du MRAP, dont la bonne nouvelle est quand même que ses militants remettent enfin en question les délires d'Aounit.

Bientôt, si le rapport Machelon entraîne une abrogation de la loi de 1905 selon le vœu de Sarkozy, car c'est bien de cela qu'il s'agit, on entendra les doléances des catholiques, des protestants, des juifs, des témoins de Jéhovah et des scientologues en insurrection contre l'injustice consistant à ne financer que les constructions de mosquées.

La liste serait longue et fastidieuse, mais la conclusion est simple : Le Pen engrange des voix en silence, et il n'a pour ce faire aucun besoin de descendre dans l'arène électoraliste. Manœuvres et lâchetés politiciennes œuvrent pour lui.

Publié par Cosmic Dancer à 10:23:13 dans Il n'y a pas que la littérature dans la vie | Commentaires (45) |

Femmes pièges | 17 octobre 2006

Le dictateur tunisien Zine Ben Ali vient d'interdire aux femmes le port du hijab en public, réprouvant l'engouement qu'il suscite depuis quelques années, et le fait qu'il représente non pas un emblème religieux, mais une marque soit politique - expression d'un désaccord profond avec l'Occident, renforcé par les problèmes du Moyen-Orient, et d'un rejet de son propre gouvernement -, soit sociétale - désir de se démarquer des touristes européennes, quand sur les plages celles qui viennent de pays où le port du voile est encouragé sont respectées par les petits caïds qui ne manquent pas de harceler les autres. C'est au nom de la lutte contre le risque islamique que cette décision a été prise, et des policiers auraient arraché des voiles en pleine rue dans le Sud du pays.

De triste mémoire, nombre d'Iraniennes s'en sont couvertes en 1979 pour signifier leur désaccord avec le régime du shah...

Coincées entre révolte et soumission, entre la violence des glandus qui les menacent et celle des flics qui les maltraitent, les femmes sont, une fois encore, les otages d'un enjeu politique majeur. Les islamistes peuvent se frotter les mains.

A quand le barbier obligatoire ? 

Publié par Cosmic Dancer à 10:47:19 dans Il n'y a pas que la littérature dans la vie | Commentaires (10) |

Sarkozy, un fantasme républicain | 14 octobre 2006

Professionnel du girouettisme discursif et du marketing politique, Nicolas Sarkozy endort peut-être les foules, mais il captive également un certain nombre d'intellectuels en mal de Grand Homme. Pour parer à la crise politique et sociale que traverse la France, sa poudre aux yeux sécuritaire dont l'inefficacité - voire le contre-résultat - a été mise au jour semble séduire aveuglément tous ceux que les violences urbaines, notamment, inquiètent à juste titre.

Il pourrait s'agir d'un quasi détail si ses mesures et projets de loi ne favorisaient le communautarisme qu'il prétend par ailleurs combattre, flattant toutes les sphères de l'identitarisme et du religieux, et ce, jusqu'à l'Eglise de Scientologie. De la même manière, il démantèle la République dont il affirme qu'il la sert. Mais il n'existe pire sourd que celui dont les convictions procèdent d'un rêve d'héroïsme.

La France est en mal de Vision, en mal de Projet, en mal de Valeurs, et Sarkozy l'a fort bien compris, qui se montre aussi populiste que Le Pen lorsqu'il brandit verbes et substantifs (effort, travail, oser, entreprendre...) destinés à embraser les bonnes volontés dans un élan patriotique d'autant plus compréhensible qu'est intense la souffrance économique, sociale et morale d'une grande partie de la population. Et qui, en équilibriste surdoué, se présente dans le même temps comme une main de fer de premier ordre qui saura imposer à ce peuple qu'il entend représenter les mesures draconiennes destinées à rehausser la France au rang d'une grande nation.

Un Le Pen qu'il compte par ailleurs museler en s'alliant, non dans le discours, mais dans les faits, à de Villiers : l'UMP ne présenterait pas de candidat aux législatives dans les deux circonscriptions vendéennes détenues par le MPF. A confirmer, l'échiquier politique subtil sur lequel surfe le présidentiable auto-proclamé étant susceptible de l'amener à réviser ses positions. Rappelons tout de même, au passage, que les pays de la Loire ont connu le candidat Fillon en tête de liste UMP-MPF aux Régionales de 1998.

Et c'est peut-être là que se situe la plus grande erreur de ses nouveaux partisans, probablement animés des meilleures intentions et désireux de l'imaginer comme le seul rempart possible contre la montée des extrêmes et pour une revitalisation des principes républicains. Une géniale pirouette politique : se présenter comme le remède aux maux qu'il encourage est sa force. Faire croire qu'il représente une alternative nouvelle aux problèmes dans lesquels la France s'évanouit en est une autre : les soins qu'il entend prodiguer contre toutes les crises ne sont que vieux sparadrap sur une grande brûlée.

Publié par Cosmic Dancer à 09:40:37 dans Il n'y a pas que la littérature dans la vie | Commentaires (17) |

<< |1| 2| 3| 4| 5| 6| 7| 8| 9| 10| 11| 12| 13| >>