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Cosmic Dancer

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Ordonnances - By WIL | 24 février 2007

WIL ayant encore commis un excellent texte, je profite de son talent et de ma pause pour vous le faire partager.

L'armée israélienne annonce que le Hezbollah n'a jamais été aussi fort. Olmert assure que ça reste une bande de tafioles. Pendant ce temps, le Golan semble être le futur champ de bataille des guerres israélo-arabes. Sans parler de l'Iran qui risquerait d'être bombardé par les Etats-Unis avant la fin du mandat de George Bush. Et au Liban on a inventé une nouvelle expression, "la guerre civile froide", pour décrire le climat exécrable entre les différentes communautés qui ne se mettent pas sur la gueule mais laissent traîner des explosifs de-ci de-là, en attendant une vraie bonne occasion de se retaper dessus.

Mais vous allez vous calmer un peu les gars ?

Cet après-midi, j'ai subi le dernier film de Clint Eastwood, celui où il décrit les dernières heures des troupes japonaises à Iwo Jima durant la deuxième guerre mondiale. Je dis subir, car Eastwood a réalisé des films extraordinaires, que ce soit Bridges of Madison County, Midnight in the Garden of Good and Evil, Million Dollar Baby, la liste est longue mais là, non. Plus de deux heures pour nous expliquer que les Japonais étaient gentils comme les Américains, qu'ils avaient le sens de l'honneur mais simplement qu'ils étaient dans l'autre camp... bref, l'idée qu'il existe un code de chevalerie des guerriers qui permet de les hisser du rang de la brute sauvage à celui de défenseur de la patrie, pitié... On est en 2007, je ne suis pas du tout antimilitariste et je suis heureux de savoir qu'il existe des forces armées qui nous protègent de la barbarie pure. Mais qu'on pense encore qu'il y a de la noblesse dans la guerre, et que cela excite encore les jeunes générations qui rêvent d'en découdre pour prouver leur courage, c'est déprimant.

Je vais être naïf et prétendre que je ne connais pas du tout le Moyen-Orient : est-ce que cela ne profiterait pas à tous qu'il y ait la paix entre les peuples ? Est-ce que le besoin de se réfugier dans la religion et la violence n'est pas motivé par la détresse matérielle qu'on déguise sous de plus nobles motifs ? Le problème c'est que le bonheur sur terre n'est pas l'objectif de tous. L'Europe y a relativement accédé en arrachant la religion du pouvoir temporel. Les religions monothéistes promettent le paradis après la mort, à condition qu'on vive l'enfer sur terre. En refusant de croire à une vie meilleure dans l'au-delà, l'homme a réussi à transformer sa vie pour en faire parfois une quête frustrante de la félicité permanente, mais le plus souvent une prise en main responsable de sa destinée. Mais certains ont fait le choix de ne considérer leur passage sur terre que comme une expérience transitoire destinée à montrer leur loyauté à un dieu hypothétique, ce qui explique qu'ils accordent à leur existence et à celle des autres une importance minime. Même dans un Etat prétendument laïc comme la Syrie, la notion de bonheur est supplantée par l'aliénation des foules qui suivent un leader qui les mène à leur perte, faute de réaliser qu'un autre régime est possible. A force de manger de la propagande expliquant que le régime syrien est un incompris, que le voisin libanais est un ingrat et l'Israélien un cancer à éradiquer, j'imagine sans peine que le citoyen lambda en Syrie, comme dans 1984, ne parvient pas à imaginer autre chose que son quotidien misérable.

On a cru les idéologies mortes avec la chute du mur de Berlin ; elles sont au contraire vivaces comme jamais. Qu'elles s'appellent religions, baasisme ou sionisme dans sa forme de reconquête de terres "historiques", elles continuent de pourrir la vie des peuples qui n'ont pas réussi à parvenir au stade où ils pourraient s'affronter sur des questions consensuelles. Je l'ai déjà dit, je le répète : je me réjouis de l'élection présidentielle française, malgré ses candidats folkloriques d'extrême-gauche, elle met aux prises deux choix de société assez semblables, deux petites options qui jouent à se faire peur avec l'ogre Le Pen. La France est peut-être vieille, usée, fatiguée et sur le déclin ; mais elle n'a plus cette maladie de jeunesse, peut-être parce qu'elle a été vaccinée en 1789 avec une piqûre de rappel en 1848, qui lui ferait résoudre ses problèmes par la violence. Espérons qu'elle aille dans le bon sens, et ne rejoigne pas le Moyen-Orient qui, lui, continue d'avoir la rage.

Encore une preuve de cette fièvre de la punition : le blogueur égyptien Abdel Karim Suleiman a été condamné à trois ans de prison pour avoir insulté l'Islam et un an pour avoir diffamé le "président". Pour avoir subi pareilles menaces jadis, sans qu'elles aient été mises à exécution, je suis marqué par le sort de ce jeune étudiant qui pour avoir cru qu'Internet était un instrument de libération, va croupir dans les geôles du pharaon, avec de vrais criminels, mais aussi avec des homosexuels dont le seul crime est d'aimer différemment. Cette peur de la différence est un symptôme d'une société bien malade. Je ne pense pas qu'en tant que Français je sois finalement si bien placé pour juger un pays comme l'Egypte. J'espère juste qu'Abdel Karim Suleiman ne sera pas oublié, et qu'une prise de conscience mondiale des blogueurs pourra faire fléchir la "justice" égyptienne. Je compte une fois de plus sur vos suggestions.

Allez, une blague pour finir, elle circule de façon virale (quand je vous parlais de vaccins....) : Les chrétiens du Liban ont deux leaders, un médecin qui n'a jamais vu de malade, et un malade qui n'a jamais vu de médecin. Je vous laisse deviner qui est qui, et j'arrête pour aujourd'hui les analogies médicales. Dans quelques années, vous pourrez les retrouver dans mes annales.

Publié par Cosmic Dancer à 15:32:37 dans Il n'y a pas que la littérature dans la vie | Commentaires (0) |

La diagonale des fous | 20 février 2007

Ce dialogue a eu lieu sur Agoravox, suite à un article en dénonçant un autre publié dans Technikart, lequel fait à l'écrivain Maurice G. Dantec un sournois, inadmissible et criminel procès s'amusant à la question, pourtant meurtrière, d'une éventuelle fatwa. Par un hasard que ma ténacité épuisante n'a su renvoyer, j'ai eu l'occasion de partager l'édifiante conversation ci-dessous reproduite. Pour ceux que ça intéresse. Ce n'est pas très exaltant.

MF : - Finalement le progressisme dévoile assez rapidement sa filiation avec le mal. Le masque de la niaiserie moderne à morale branchée tombe plus vite que je ne le pensais et montre la vraie nature idéologique de la modernité nihiliste. La délivrance de la Vérité provoquera donc toujours le crime. Qu'il fasse de Dantec un martyr de la Vérité s'ils le veulent, c'est le piège dans lequel ils s'enferment et révèlent leur projet...

CD : - Pourriez-vous vous exprimer clairement ? C'est bien joli, tout ça, mis bout à bout, "nihilisme", "crétinerie", blablabla, "vérité", "médiocrité", mais que voulez-vous dire, sans vouloir interrompre votre plaisir verbal ?

CD : - Alors, je traduis donc par moi-même. Le progressisme, donc, se manifesterait selon vous dans les commentaires plus que dans l'article. Relisez peut-être l'auteur. Je ne pense pas savoir qu'il serait plus à l'aise dans ce costume que dans celui de réactionnaire. Bon. La niaiserie moderne... Pardon, ce terme n'étant pas un néologisme, on peut supputer sans risquer trop d'erreur qu'être niais et être un niais moderne, tout ça n'est pas très neuf, dans l'histoire des idées. Et voici forcément Philippe Muray indigesté, avec la modernité nihiliste et la morale branchée. Vous avez d'autres dictionnaires que le Portatif, éventuellement ? M. Muray, où êtes-vous ? Vous avez fondé une église, je le crains. Mais non ! C'était une critique éminente, et qui n'avait pas encore été faite, ni par l'auteur ni dans un commentaire, de Technikart, suis-je bête ! Et si ces abrutis veulent faire de Dantec un martyre, révélant ainsi leur profonde admiration pour les islamistes, heu... Non, c'est pas ça. Ce sont d'horribles islamo-traîtres que l'Eglise seule pourrait sauver ! Sinon, heu, encore un petit effort et vous pourrez rejoindre Dantec dans les cîmes inaudibles des circumtragédies métaphysiques. Rha, je confonds tout. C'est ça, la modernité moderne...

MF : - Je voulais simplement vous dire que, comme toujours, la Vérité fait l'unanimité contre elle, rassemblant Technikart avec les islamistes. Si vous voulez parler de la qualité des articles et de l'esthétique des commentaires, je vous laisse seul avec le vote au bout de votre index car la nausée me vient.

CD : - Je vous en sais gré. Mon index me sert à écrire, non à prier en vos églises. Quant au style de l'auteur [de l'article qui dénonce l'article], Monsieur, sans même évoquer le contenu de ses articles, eh bien, il est tout simplement... lisible. L'intelligence, le saviez-vous, ne se porte pas nécessairement au bout d'une mitre.

MF : - C'est donc le seul fait que vous percevez un chrétien en moi, qui vous rend si agressif. Finalement, bien qu'illisible, vous m'avez cerné. Manifestement votre index vous sert aussi à montrer l'ennemi. Je suis illisible et viable ! J'y vois là l'humiliation nécessaire à mon éventuel salut.

CD : - Ne vous érigez pas en martyre autoproclamé d'une intégriste athée que je suis loin d'être. Quant à vous "cerner", il suffit de lire [votre blog] en diagonale - pardonnez ma rapidité - et de viser vos liens pour comprendre. Vous êtes chrétien, moi non. Je n'en éprouve aucun malaise. Par conséquent, vous ne sauriez être mon ennemi qu'en grammaire. Sauf, évidemment, si vous êtes de ces nouveaux Croisés pour qui, lorsqu'ils ne parviennent à être victimes, rejouer les guerres de religion serait, de loin, la plus belle expérience de leur vie. Vous me le direz.

MF : - Dis moi tes liens sur internet et je te dirai qui tu es ! Vous me caricaturez pour mépriser mes trois phrases de commentaires. Ayant identifié par des liens la case dans laquelle il fallait m'enfermer et trouvé les bons petits slogans "prêts à riposter" à appliquer cette fois ci. Cela relève de la gymnastique, bravo ! Vous êtes performante. Mais la meilleure attaque est de me déclarer illisible. C'est que les mots vous servent à échanger (au supermarché Agoravox ?) alors que je les pose comme des symboles.

CD : - Ce n'est pas vous qui allez m'apprendre la puissance symbolique des mots et l'art de la métaphore. Je vous ai honnêtement expliqué de quelle manière j'ai simplement compris que vous êtes chrétien, et en quoi votre conviction religieuse ne trouble pas un quelconque avis que j'aurais sur vous, sauf à lire ce premier commentaire abscons et dédaigneux. Seriez-vous atteint du symptôme douloureux qui frappe aujourd'hui l'islam politique en France dès lors qu'il est question de caricaturer ? Ce que je ne pensais pas avoir fait en vous désignant comme chrétien. En revanche, votre désir de sainteté vous conduisant à vous désigner comme une victime de la médiocrité agoravoxienne, tandis que vous évoluez dans les sphères vaticanes ne m'engage pas à vous porter la moindre estime. J'ai pour amis des catholiques bien plus avertis que vous, Monsieur. Et certainement moins persifleurs. Et à propos de slogans en kit: "dis-moi tes liens", etc. Vous êtes plus doué que moi.

MF : - Je ne vois pas en quoi je suis persifleur en exposant mon avis. En l'occurrence, celui-ci est court. Le livre de Dantec est porteur de vérité, c'est ce qui provoque des alliances amusantes contre lui. Les deux parties de la phrase peuvent être largement débattues. Mais vous vous êtes attachée à reconnaître dans mon vocabulaire l'ennemi que vous avez dans le nez. Votre style n'est pas moins verbeux, dédaigneux, abscons etc. que moi. Je crois que c'est l'agora qui veut ça, il faut bien que le citoyen se distingue... Enfin, soyez certaine que je n'ai aucune intention de vous apprendre quoi que ce soit, vous savez déjà l'essentiel. Mais sachez que lorsque je parle de symbole, je parle déjà de credo. Quant aux métaphores, c'est autre chose et je suis tout à fait disposé à ce que vous m'en fassiez découvrir. Vous qui êtes lisible, cela m'intéresserait de vous lire davantage...

CD : - Tout d'abord, nul mot de notre langue, y inclus ceux qui composent le vocabulaire que vous avez employé jusqu'à présent, ne saurait constituer un dérangement. Ce que je sais de l'essentiel, vous l'ignorez, mais n'en parlons pas, je me réserve la part intime de ma vie intellectuelle et spirituelle. Votre avis, donc, clairement énoncé, cette fois. Que le journal de Dantec soit porteur de vérités, au pluriel, est effectivement discutable, non au sens où cette assertion serait fausse dans un vague absolu, mais au sens où elle devrait être développée. Je vous renvoie pour ce faire chez Stalker, qui connaît parfaitement le sujet, ce qui n'est pas mon cas. Les alliances amusantes que vous évoquez sont communément appelés l'islamogauchisme: on entend par là l'ensemble des extrême-gauchistes, ou de certaines personnes de la gauche dite traditionnelle, qui, par leur souhait de se porter garants à la cause de nouveaux combats qu'ils ne savent plus mener, défendent par naïveté ou par bêtise les manœuvres sournoises des islamistes. Je précise que le fait de le reconnaître et de l'abhorrer ne me distingue en rien comme une femme de droite, ou pire, d'extrême-droite. Je précise également que le fait de reconnaître l'Islam politique, de le combattre, et le fait de critiquer l'Islam en tant que corpus à valeur oppressive ajoutée ne fait pas de moi non plus un hérault de la Chrétienté, ni de quelque autre obédience religieuse ou politique se définissant autour d'un prétendu choc des civilisations, concept à développer infiniment, également. Et que ma position à cet égard tient bien moins à rêver la guerre, ce fantasme de comédon terrorisé par la mort, qu'à l'en empêcher. Enfin, et rapidement sur le sujet, je précise que combattre l'Islam politique est un nécessaire engagement, et qu'il y en a d'autres, notamment, me concernant, relatifs aux femmes, mais encore à l'éducation ou à la préservation de la planète. Que vous me renvoyiez comme un boomerang les compliments d'une écriture dédaigneuse et absconse forgée pour atteindre un piedestal présumé où un intervenant se distinguerait follement d'un autre est un procédé assez peu élégant. Mais je passe. Vous pourrez lire ci-dessous ce à quoi je consacre parfois une trop grande partie de mon temps. Mon blog n'a pas la prétention d'offrir à ses lecteurs les lumières d'une révélation permanente. Lecteurs, par ailleurs, que je convie volontiers à commenter ce qu'ils veulent. Sachant que ma vie ne se résume pas à mon blog, et que je n'y discute qu'exceptionnellement longuement d'un sujet. En effet, je suis de celles qui sont soumises aux aléas de la cantine des salariés, plus ou moins. Ceci pour vous prévenir que si vous avez l'intention de parler de métaphore, de vérité, de révélation, de grâce ou des positions de Dantec avec moi en ce lieu, vous serez déçu, à moins d'être concis. Je n'ai hélas pas - ou plus - l'innocence de considérer votre désir d'en "lire plus" comme l'expression d'une curiosité, mais plutôt comme un défi que vous me lanceriez. Je n'ai pas peur.

MF : - Je ne vous lance aucun défi. J'essaye de voir jusqu'où va votre a priori à mon égard. Tout ce que vous dites sur l'islamo gauchisme est ce que j'ai dénoncé dès mon premier commentaire que j'ai voulu concis. Je vous remercie toutefois des leçons que vous me donnez. Ce que je rajoute juste, c'est que l'Eglise a toujours été la cible des gauchistes (autrement appelés modernes). Ces derniers ne veulent pas se trouver de nouveaux combats mais continuent le même avec d'autres armes (alliances.) Je n'ai pas mis d's à vérité, si mon expression a changé, c'était pour tenter un dialogue avec vous. Mais n'introduisez pas de relativisme dans mon propos. Mon expression 'porteur de vérité' signifie d'un morceau de la Vérité. Par ailleurs, puisque vous m'y invitez, je vais régulièrement sur Stalker car ces critiques de Dantec (dont j'ai tout lu) sont précises. C'est pourquoi je ne m'aventure pas dans la critique des livres de Dantec et me contente d'être un fidèle lecteur. Vous dites que je manque d'élégance depuis que je vous renvoie ce que, en premier vous m'avez offert. Ce n'est pas grave, vous vous relirez plus tard. Sachez que je ne vous lance aucun défi. Vous n'en avez pas besoin, vous vous en lancez toute seule. Je viendrai visiter votre blog mais ne ferai pas de commentaire. Venez voir le mien régulièrement pour garder intacte votre énergie combattive. L'objet de mon blog n'est pas un engagement (pour la planète des femmes éducatrices d'islamistes convertis à la citoyenneté) mais la simple évocation de l'humiliation. Je vous remercie d'avoir permis nos échanges et serai toujours votre homme à abattre.

CD : - Oui, bien sûr, les femmes, ces tafioles qui ne savent pas élever de sales enfants rois sans leur dicter les lois citoyennes à l'origine de toutes les médiocrités, ni sans mollassement éduquer de futurs islamistes... Vous avez décidément des problèmes de lecture. Et ce, d'autant mieux énoncés que vous semblez absolument tenir à devenir "mon" homme à abattre. J'ai le regret de vous annoncer que ma combativité ne se nourrit pas de provocations si risibles. Je ne vous ferai pas l'affront d'user d'une métaphore triviale pour désigner le diabolique courroux que vous souhaiteriez me voir vous porter comme une arme mortelle dans l'évocation de l'humiliation... Je doute que votre sens de l'humour vous amènerait à partager ce rire que je vous remercie d'avoir su provoquer en moi. Décidément, cet échange aura eu bien des vertus... Et à propos de gauchistes, puisque l'Eglise fut leur cible, je crois savoir que le premier d'entre eux, qui n'avait rien demandé, s'appelait Joshua. Bon voyage dans les délices de l'humiliation et le mépris de ceux de vos contemporains ne partageant pas votre foi.

Publié par Cosmic Dancer à 00:42:33 dans Il n'y a pas que la littérature dans la vie | Commentaires (11) |

Blasphème or not blasphème | 07 février 2007


Pauvres armes - © Arawak

Le procès de l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo s'ouvre aujourd'hui au TGI de Paris. Incriminé pour avoir reproduit les douze caricatures publiées initialement par le journal danois Jyllands-Posten, et dans le détail deux d'entre elles, Charlie Hebdo est appelé à se défendre contre une partie adverse constituée par la Mosquée de Paris, l'UOIF et la Ligue islamique mondiale, au nom de l'antiracisme.

Philippe Val, directeur du journal incriminé, s'est exprimé sur le sujet, expliquant que son journal avait fait le choix de "répliquer à la vague de manifestations violentes et au boycott des produits industriels danois provoqués dans le monde musulman par des religieux qui jugeaient les dessins danois blasphématoires ou racistes".

L'islam n'étant pas une race mais une religion, il devient urgent de ne pas considérer toute critique de ses extrêmes - ainsi que l'a rappelé Philippe Val -, voire critique de la religion tout court, pour ce qui me concerne, comme un acte raciste qui serait dirigé contre les musulmans. La mauvaise nouvelle, c'est que selon un sondage Sofres pour Le Pèlerin (hebdomadaire catholique), 79 % des Français estimeraient inacceptable de se moquer publiquement d'une religion.

En matière de censure, les trois religions dites du Livre savent accorder leurs tristes violons, elles qui par ailleurs ne cessent de se combattre...

Allons-nous laisser voiler Charlie ?

Pour en savoir plus.


« L'homme communautariste, l'homme des associations est l'homme du ressentiment sous sa figure contemporaine. Son impuissance à être l'a conduit vers les officines où bout l'esprit de vengeance. Il lui faut sans cesse des combats, des revendications, des pressions pour se sentir être parce qu'il ne peut plus éprouver l'excitation vitale que sous la forme de la persécution : celles dont il se dit menacé justifiant celles dont il demande la mise en œuvre. »

Philippe Muray - Les démons.

Publié par Cosmic Dancer à 11:22:09 dans Il n'y a pas que la littérature dans la vie | Commentaires (53) |

La République au pied du voile ou droit dans le mur ? | 02 février 2007

Le 8 mars prochain, en Iran, les femmes et les jeunes filles qui désirent se libérer de l'oppression du voile islamique vont manifester au péril de leur intégrité physique - malgré le silence de Shirin Ebadi, "féministe musulmane" Prix Nobel de la Paix en 2003, dont je n'ai pas fini de dénoncer le discours pervers -, car, oui, elles risquent d'être arrêtées et torturées (viols dans les cachots des mollahs pour les rendre définitivement "impures"), flagellées en public, défigurées par l'acide.

Shirin Ebadi, en sa qualité de Nobel de la Paix, Iranienne et femme, a eu - et qui s'en est soucié ? - le front, lors de son discours d'investiture à Oslo le 3 décembre 2003, de déclarer qu'il n'existe "nulle contrainte en religion" dans le Coran, dont la majeure partie des textes sont pourtant destinés à réguler la vie du croyant, les prescriptions énoncées ayant pour nom charia. Ebadi, dans un délire historique complet, se réclame de l'empereur Cyrus le Grand, fondateur de l'empire Achéménide qui rétablit le mazdéisme (religion de Zoroastre) préconisant l'égalité des sexes depuis le premier millénaire avant notre ère !

Trop souvent considérée comme l'un des porte-étendards de la libération des femmes en islam, je rappelle qu'elle s'est opposée à la loi contre le voile, arguant du fait que les femmes doivent rester libres de choisir. Un discours que Tarik Ramadan ne renie évidemment pas.

Pendant ce temps, la République française, via deux délibérations de la HALDE - Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité - entérinées par une note ministérielle "rappelle que le principe de neutralité s'impose aux seuls agents du service public et non à ses usagers". Un représentant de l'Etat ayant en effet enjoint à une femme musulmane de retirer son voile pour la cérémonie de sa naturalisation.

Est-ce à dire que la République entend se conformer à la loi des mollahs, qui s'est substituée à celle de l'empire perse lorsqu'il fut envahi par les armées du Prophète ?

En autorisant la différenciation par le voile et en jugeant discriminatoire le refus d'un fonctionnaire d'Etat, la République semble abandonner, encore une fois, le principe de laïcité. En enjoignant les femmes voilées à respecter ce code vestimentaire de toutes les barbaries au sein d'une préfecture, ne s'apprête-t-elle pas à accepter les mesures discriminatoires que les barbus tentent de multiplier, notamment dans les Hôpitaux de France ? (Annick Cojean, Le Monde du 28 janvier 2007 - en archives - article lisible ici.)

Et que dire de son soutien aux forces progressistes iraniennes, quand les enjeux du nucléaire semblent rejoindre les intérêts lucratifs d'investisseurs français au pays du hijab ? Est-ce pour cette raison que le président Chirac a adoubé Mme Ebadi commandeur de la Légion d'Honneur ?

Publié par Cosmic Dancer à 09:46:02 dans Il n'y a pas que la littérature dans la vie | Commentaires (140) |

Des plumes des filles dans le cyberespace | 29 janvier 2007

Interpellée par la question que posait Alain Lafon récemment - "Pourquoi si peu de femmes parmi les rédacteurs d'Agoravox ?" -, et suite à la lecture des commentaires qui ont suivi, plus ou moins éclairants, j'ai décidé de proposer à la rédaction du site ce court billet dont je sais les manques en termes d'arguments.

Je suis très amusée par les remarques sexistes essentialistes ("Les femmes ne sont pas violentes", "Elles ont d'autres centres d'intérêt que la politique"), et par celles concernant le sexe supposé d'Agoravox (masculin, machiste) - qui ne serait donc pas un ange, les bras m'en tombent.

Moins amusée par la déferlante de références à Ségolène Royal. Allons donc, depuis l'investiture de la dame, il serait devenu impossible de parler des femmes sans désigner celle qui, par les fonctions qu'elle exerce aujourd'hui, en serait le miroir lumineux ou déformant, selon qu'on lui apporte ou non son soutien ? Et il faudrait considérer comme une conquête du féminisme d'être systématiquement, au prétexte d'une formule génétique XY, renvoyée aux fourneaux du "ségolénisme" ? Et pourquoi pas à ceux de la "ségolénisation" ? (néologisme avatar de ma lecture du Premier Sexe d'Eric Zemmour).

Lequel serait d'ailleurs fort ennuyé de constater que la féminisation absolue de la société - son fer de lance évidemment fantasmé-, à laquelle il reproche tous les maux, ne se reflète malheureusement pas sur l'espace d'expression démocratique et laïc qu'est Agoravox. Qu'en déduire ?

Mais le pourfendeur de tous les féminismes, et l'ensemble des néo-grincheux à sa suite, se réjouirait peut-être en lisant parmi les réflexions les plus grotesques celles qui invitent les femmes à prouver leur existence en exprimant, depuis des profondeurs certainement insondables, leur passion secrète pour la teuf du sexe. Somme toute, l'exhibition sanitaire de fantasmes que nous partagerions toutes nécessairement et qui nous conduiraient sans coup férir (ou presque) dans le lit désordonné d'une réconciliation entre les genres. A défaut de quoi, nous serions condamnées à être considérées comme de vilaines castratrices toujours embourbées dans une morale puritaine des temps jadis. Entre le point G et le point de croix, que choisir ?

De sages intervenant(e)s ont eu la pertinence, et qu'ils(elles) en soient remercié(e)s d'évoquer cette réalité si banale que les femmes se retrouvent entre elles, pour pouvoir en parler, sur des forums où, effectivement, "elles ne font, ou ne pensent pas refaire, le monde" : l'organisation du quotidien. Qu'elles vivent en couple ou en famille monoparentale, leur emploi du temps indigeste, dévorateur de toute énergie, leur laisse rarement, hélas, l'occasion de s'exprimer. Nul besoin de référer aux pays musulmans où les hommes rêvent en fumant la chicha pendant que leurs soeurs s'usent à la tâche. Si nous, Occidentales, avons acquis des droits et conquis des territoires de liberté, nos compagnons de fortune - ou d'infortune - sont encore un peu à la traîne, semble-t-il.

Incriminée à son tour : la presse féminine. Vaste sujet qui mériterait un article à lui seul. Et dont une intervenante fait judicieusement remarquer qu'elle n'est pas lue par toutes les femmes, que ses pendants - si je puis dire - masculins existent, et qu'elle peut de surcroît développer d'autres sujets que les chiffons, les horoscopes ou les bijoux de famille.

Mais au fond, sur Agoravox comme partout, il reste ce chemin difficile à parcourir autant qu'à désigner : entre les "pro-féminisants" capables de défendre les positions les pires (voile islamique, charia) - la femme hijab - et les pénibles ordinaires incapables de penser autrement que par l'infortune de leur méconnaissance des femmes - la femme string.

Publié par Cosmic Dancer à 11:19:32 dans Il n'y a pas que la littérature dans la vie | Commentaires (35) |

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