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Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice - Stèle avec des soubresauts

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La faire taire | 10 février 2008


Au risque d'entacher le repos dominical bien mérité du téléspectateur chû devant l'écran et parce que vous n'avez peut-être pas acheté le dernier Charlie Hebdo ni ne connaissez Ayaan Hirsi Ali, ci-dessous des extraits (déjà publiés ici même il y a environ un an) d'Insoumise. Un aperçu de ce pourquoi cette femme - scénariste du film qui a valu au cinéaste Theo Van Gogh de mourir égorgé au nom du Coran - qui a subi et fui l'excision, le voile et le mariage forcé, que l'on accuse régulièrement d'"islamophobie" au nom du respect des religions, qui est menacée de mort par les intégristes musulmans et lâchée par les autorités des Pays-Bas, n'a nul endroit où vivre, penser, écrire, témoigner en paix, librement.

Meeting ce soir en sa présence à l'ENS (29, rue d'Ulm), amphi Jules-Ferry à 20 heures. Il sera demandé à not'président, dont l'une des promesses électorales était de dire "à chaque femme martyrisée dans le monde" que "la France offre sa protection en lui donnant la possibilité de devenir Française" de naturaliser Ayaan Hirsi Ali et d'assurer sa protection.

Charlie conseille d'arriver dès 19 heures, compte tenu du dispositif de sécurité.

"Je n'ai aucune aversion pour l'Islam. Je suis pleinement consciente des bons côtés de cette religion, comme la compassion, l'hospitalité et la solidarité envers les pauvres et les faibles. Mais en ce qui concerne les femmes, il est important de bien se rendre compte que la religion musulmane n'est pas que paix et bonté. Au nom de l'Islam sont maintenues des pratiques cruelles et atroces.
(...)
Je vois une relation directe entre, d'une part, la mauvaise position des femmes et, d'autre part, les retards qu'accusent les musulmans dans l'enseignement et sur le marché du travail, leur chiffre élevé de délinquance juvénile et leur forte dépendance vis-à-vis de l'aide sociale. Dans les faits, l'éducation des filles musulmanes nie leur autonomie et leurs responsabilités.
(...)
En excluant la plupart des femmes du monde islamique de l'enseignement, on les maintient à dessein dans un état de bêtise. Or, elles ne se contentent pas de mettre des enfants au monde, elles les éduquent. Leurs connaissances obtuses sont transmises telles quelles à leurs enfants, donc aussi aux hommes. C'est ainsi que naît un cercle vicieux d'ignorance, transmis de génération en génération."


Ayaan Hirsi Ali - Insoumise - © 2002, 2004 - Trad. éd. Robert Laffont, 2005

Publié par Cosmic Dancer à 13:58:03 dans Il n'y a pas que la littérature dans la vie | Commentaires (3) |

La République et le rayon transcendance du supermarché | 24 janvier 2008

Ô joie, enfin un écrit sur le consumérisme spirituel auquel not'président convie les brebis égarées. Salvateur.

"La spiritualité est devenue un bien de consommation. Sarkozy l'a compris.

...

Nicolas Sarkozy est l'homme de l'instant, celui qui sait renifler l'époque. Il est capable de réconcilier “la tendance naturelle de tous les hommes à rechercher une transcendance” et le consumérisme effréné, le culte de marques qui finiront par tenir lieu de tout lien social. Son imaginaire semble être façonné par les dossiers “spécial riches” des hebdomadaires, où le “bonheur” est une jouissance intrinsèquement liée à l'argent."

Par Gil Mihaely.

Publié par Cosmic Dancer à 10:07:35 dans Il n'y a pas que la littérature dans la vie | Commentaires (21) |

Sarcastique | 04 janvier 2008

Vous ne trouvez pas désopilant que les détracteurs de Ségolène Royal pendant sa campagne (dont je fus et demeure, mais pas dans le même esprit), forts de leur droitisme et droiture, qui criaient au scandale ou pouffaient, méprisants, lorsqu'elle évoquait une évaluation des politiques par des "jurys citoyens" - sur les forums et sur les blogs, on les lisait hurlant au retour du satan communiste et son PolitKontrol ou s'exerçant à un très-de-bon-goût cynisme autour de la misère intellectuelle qui pouvait conduire à penser que les fonctionnaires en charge du pays eussent pu devoir lui rendre des comptes - applaudissent aujourd'hui la décision présidentielle de faire auditer les capacités des ministres par le cabinet privé Mars & Co ?

Moi si.

Publié par Cosmic Dancer à 15:48:48 dans Il n'y a pas que la littérature dans la vie | Commentaires (11) |

Relisez Brecht | 28 novembre 2007

Selon rue89.com, les RG avaient anticipé un redéploiement prévisible de violences urbaines au premier prétexte. Ils n'étaient pas les seuls à le supputer. Ils avaient dans le même temps conseillé au gouvernement de prendre des mesures préventives. Au résultat, des fauteurs de troubles surarmés. Pauvres gosses décédés engoncés dans une bêtise crasse, suicidaires sur leur engin bien onéreux et non autorisé, frimeurs de pacotille écervelés. Pauvres flics blessés par balles, dont selon les premières conclusions de l'enquête ceux qui ont percuté l'engin ne sont pas responsables de la collision mortelle. Quel civil, à leur place, se serait fait caillasser ? Ah mais, suis-je bête, ce sont des flics, forcément criminels et forcément menteurs.

Pauvres idiots révolutionnaires prêts à signer pour toutes les causes tant qu'elles servent leur aveuglement, à justifier toutes les violences, à se réjouir d'écoles et de bibliothèques brûlées. Pauvres vous et votre jeunisme qui accusez par une métonymie ignoble toute une frange de la pyramide des âges de ne rêver qu'à tout détruire. Pauvres vous et votre pseudo-socialisme qui désignez par le même procédé infect tout habitant de banlieue comme un ennemi public, terroriste en puissance. Pauvres vous et votre écœurant racialisme qui attisez des voix dont le retour ferait le bonheur du Front National. Je parle encore au conditionnel.

Relisez Brecht (La Mère - 1931):

Apprends ce qui est le plus simple.
Il n'est jamais trop tard
Pour ceux dont le temps est venu !
Apprends l'ABC, cela ne suffit pas, pourtant
Apprends-le ! Ne te laisse pas rebuter,
Commence ! Tu dois tout connaître.
Car tu dois diriger le monde.
Apprends, homme à l'hospice !
Apprends, homme en prison !
Apprends, femme en ta cuisine !
Apprends, femme de soixante ans !
Car tu dois diriger le monde.
Va à l'école, sans-abri !
Procure-toi le savoir, toi qui as froid !
Toi qui as faim, jette-toi sur le livre : c'est une arme.
Car tu dois diriger le monde.
N'aie pas peur de poser des questions, camarade !
Ne te fie à rien de ce qu'on te dit,
Vois par toi-même !
Ce que tu ne sais pas par toi-même,
Tu ne le sais pas.
Vérifie l'addition,
C'est toi qui la paies.
Pose le doigt sur chaque somme,
Demande : que vient-elle faire ici ?
Car tu dois diriger le monde.

Publié par Cosmic Dancer à 08:53:52 dans Il n'y a pas que la littérature dans la vie | Commentaires (28) |

Jusqu'où Iran-t-ils ? | 30 octobre 2007

Pour la première fois, j'ai l'honneur de publier en ces lieux un post du jeune et fougueux M1 dont les vœux de Nouvel An sont un tantinet précoces, mais on ne lui en voudra pas de nous souhaiter à tous la meilleure continuation possible.

 

Menace d'une 3e guerre mondiale. La phrase est lâchée par Bush, dont l'administration durcit au passage les sanctions contre le régime des mollahs en interdisant toute transaction avec le système financier iranien et ses satellites, le but étant d'asphyxier la première multinationale terroriste, à savoir les "Gardiens de la révolution", qui contrôlent directement ou indirectement l'économie de l'Iran. La déclaration de Bush ainsi que les nouvelles sanctions qui peuvent paraître sans effet sur le régime iranien (du moins à court terme) comportent un message important et de responsabilisation, peut-être même un "ultimatum" des Américains à la communauté internationale sur la question iranienne, tant il est vrai que les puissances européennes continuent à nourrir l'ogre iranien par de menus échanges commerciaux. Il est aussi vrai que l'historique des américains avec l'Iran est de nature à rendre dubitatifs quant à une réelle volonté de résoudre la question diplomatiquement. Le jeu de guerre(s) avec les États-Unis n'est pas bien nouveau. Il a commencé en 1953 avec le renversement du premier ministre iranien Moussaddeq par la CIA, un premier ministre populaire dans son pays mais qui avait eu la mauvaise idée de nationaliser le pétrole iranien, ce qui n'était pas du goût de l'administration américaine qui mit à sa place le Shah Reza Pahlavi, dont les atrocités ont définitivement enlevé le goût du Coca-Cola aux Iraniens. Les événements s'emballent en 1979 avec la révolution des mollahs et la prise du pouvoir par l'ayatollah Khomeiny qui profite d'un large ressentiment anti-américain pour en faire l'ennemi juré en prenant en otage une cinquantaine de diplomates américains pendant 444 jours à l'ambassade US à Téhéran. Après, c'est une véritable histoire d'amour qui commence entre les deux pays. Iran-Irak et actes de terrorisme ont finalement valu à l'Iran d'avoir son nom inscrit en lettres "d'or noir" sur la liste des Etats terroristes et d'être l'élément moteur de "l'Axe du mal".
En 2003, un élément nouveau vient faire réfléchir le régime des mollahs sur leur libre entreprise : l'invasion de l'Irak et le renversement de Saddam. Les Iraniens avaient la preuve de la détermination de l'administration Bush et le corps expéditionnaire US est maintenant stationné à leurs portes. Et puisque la foi en Dieu n'exclut pas la peur de l'homme, les mollahs, abrutis mais pas fous, ont alors décidé de reconsidérer leur position par rapport aux États-Unis. C'est ainsi que nous apprenons par Trita Parsi, ancienne collaboratrice du républicain Bob Ney, qu'en mai 2003, soit trois mois après l'invasion de l'Irak, que les Iraniens auraient fait parvenir à Washington par l'intermédiaire de Tim Guldimann, ambassadeur de la Suisse à Téhéran, un mémo dans lequel ils s'engageraient à ne produire ni posséder d'armes de destruction massive, à coopérer totalement avec l'AIEA et à soutenir la démocratie et un Etat non religieux en Irak. Les Iraniens s'engagèrent aussi à coopérer contre Al Qaida, les mouvements terroristes en général, et à lâcher tout soutien au Hezbollah et au Hamas. La contrepartie exigée par les Iraniens consisterait dans le fait de ne plus être black-listé comme Etat terroriste, la levée des sanctions, le soutien des USA concernant les demandes de réparations de guerre exigées par l'Irak, la reconnaissance d'une "influence" religieuse iranienne sur certains endroits en Irak, le droit au nucléaire civil, la traque et la livraison par les Etats-Unis des éléments anti-iraniens des activistes du Khalq. Un mémo somme toute intéressant. Mais on était en 2003. Les Américains avaient la victoire facile, le régime de Saddam s'effondrait et Bush, en combinaison de pilote, faisait son discours de la victoire sur le pont d'un porte-avion sous une grosse banderole "Mission Accomplished". Les Iraniens ont merdé le timing de leurs propositions. L'administration américaine avait en toute logique rejeté le mémo iranien. Occasion ratée ? Pas sûr ! Mais aujourd'hui, le fait que les Américains n'ont pas de chef négociateur avec l'Iran (Christopher Hill par exemple, fin diplomate et maîtrisant le sujet) et le fait que le chef négociateur iranien, le modéré Ali Laridjani, présente sa démission, est annonciateur du pire des scénarios. Espérons au moins que le Paradis existe!

Publié par Cosmic Dancer à 07:48:16 dans Il n'y a pas que la littérature dans la vie | Commentaires (3) |

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