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Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice - Stèle avec des soubresauts

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Apocalypse joyeuse | 18 juillet 2008

Le mercredi 17 juillet, l'échange macabre entre Israël et le Liban a donné lieu à des réjouissances orchestrées et mises en scène par le Parti de Dieu. L'ancien prisonnier Samir Kuntar a été salué comme un héros national, lui dont le fait d'armes est d'avoir fracassé le crâne d'une enfant de quatre ans après avoir abattu son père sous ses yeux. Sur cette mascarade ignominieuse, pas une ligne dans les journaux. Hormis cet article de Robert Fisk dans l'Independant, celui de Gaby Naser dans L'Orient-Le Jour. Et WIL sur son blog.

 

Lorsque Hassan II, défunt despote marocain, affirmait qu'Israël représentait l'aphrodisiaque du monde arabe, il exprimait parfaitement le sentiment que l'on a pu ressentir en contemplant les cérémonies de réception des criminels libanais par le hezbollah. Pratiquement toute la classe politique libanaise, 8 comme 14 mars, a assisté à l'avènement de Hassan Nasrallah comme dictateur du Liban dans une sorte d'extase sexuelle, tous les hommes présents (les femmes sont juste à côté...) apparaissant comme fascinés par la virilité du chef du mouvement terroriste chiite libanais. Walid Joumblaat, hier opposant féroce du hezb, semble aujourd'hui son plus grand héraut, et l'union nationale apparaît enfin complète avec le retour au pays de l'enfant prodigue, Kuntar, qui a eu la délicatesse de fracasser le crâne d'une enfant de 4 ans en Israël. Chacun maintenant collabore à la seule résistance légitime au Moyen-orient : non pas le rejet de l'intolérance, du racisme ou de l'inégalité homme-femme pour faire avancer la civilisation, mais la lutte contre Israël, seule capable de faire jouir les foules et de rassembler autant d'abrutis dans le culte de la criminalité.

Pourquoi ces événements sont-ils si tristes ? Est-on obligatoirement un sioniste pur et dur quand on a des envies de meurtre devant la ferveur populaire libanaise ? Ces célébrations m'ont brisé le coeur, non pas que je plaigne Israël dans l'échange, mais plutôt parce que la pitié m'étreint en découvrant la nouvelle donne du jeu politique libanais. Désormais, le Liban est uni dans sa quête imbécile contre son voisin du sud. Je sais pertinemment que nombreux sont les Libanais opposés au hezbollah, et ils doivent se sentir bien seuls désormais. Les fêtes kitsch du retour des cinq prisonniers libanais, qui brisent symboliquement des barreaux de prison en bois pour arriver sur la scène où on les acclame comme des héros, montrent avec force que le Liban bascule la tête (?) la première dans la continuation de la guerre froide, mettant aux prises non plus démocraties et pays communistes, mais pays développés et dictatures néo-fascistes. C'est donc avec tristesse qu'on imagine la suite des événements pour le Liban, qui a suscité tellement d'espoirs dans la région, avec sa fragile démocratie, sa coexistence communautaire pas toujours heureuse et ses batailles électorales perdues d'avance. Sans compter ses médias qui risquent de connaître des jours peu déontologiques, les patrons de presse étant tous impliqués dans la bataille du pouvoir.

Quand on aime le Liban, on s'inquiète de le voir si mal en point se réjouir avec fougue de sa mauvaise fortune. Il devrait être au lit, fiévreux, à combattre ses virus avec des anticorps, et il préfère danser dans un froid glacial en se réjouissant de la bonne avancée de sa maladie. On se doute qu'Israël saura laver les affronts, et Kuntar vivra le reste de sa vie dans la peur, et non comme il l'affirme en libérant les fermes de Chebaa. Mais tout le monde perdra dans ces affrontements futurs qui ne servent au final qu'à imposer la volonté politique de criminels contre l'humanité à des masses qui portent des œillères. De notre côté, on peut continuer à soutenir le Liban démocratique, en se demandant toutefois avec angoisse qui seront les leaders qui le représenteront. Et espérer fortement que le prochain conflit fasse le moins de victimes possibles, en envoyant les cochons de guerre là où ils peuvent faire l'amour non pas avec 70 vierges, mais avec celui qui les met dans une transe amoureuse qu'on n'avait pas vu depuis Hitler quand il proposait de brûler les juifs. Je sais qu'on retrouve le point Godwin, mais l'histoire se répète pour ceux qui l'ignorent. Souvenez-vous du poème de Martin Niemöller, que je cite souvent dans ce blog, et observez avec vigilance ce qui se passe au Liban.

Quand ils sont venus chercher les communistes,
je n'ai rien dit, je n'étais pas communiste.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
je n'ai rien dit, je n'étais pas syndicaliste.

Quand ils sont venus chercher les juifs,
je n'ai rien dit, je n'étais pas juif.

Quand ils sont venus chercher les catholiques,
je n'ai rien dit, je n'étais pas catholique.

Puis ils sont venus me chercher.
Et il ne restait personne pour protester...

Pasteur Martin Niemoller (1892-1984), Dachau 1942

Publié par Cosmic Dancer à 18:08:34 dans Il n'y a pas que la littérature dans la vie | Commentaires (10) |

La République soulève le voile - Un geste d'amour renouvelé | 11 juillet 2008



Grand jour que ce jour qui aura vu la République, par un arrêt du Conseil d'Etat et au nom du principe d'égalité entre hommes et femmes qui est l'un des siens, reconnaître la burqa pour ce qu'elle est : la manifestation d'une oppression exercée à l'encontre des femmes et véhiculée par l'islam politique, et non un simple symbole de foi.

Une manière de renouveler ce beau geste d'amour qu'Habib Bourguiba avait eu le 13 aout 1966 à Tunis en dévoilant doucement une femme avant de l'embrasser fraternellement, signifiant sans qu'un seul mot soit nécessaire qu'aucune raison en dignité ne saurait jamais ni nulle part exiger des femmes qu'elles fassent acte de contrition en niant leur corps et leur liberté de mouvement, que ce soit devant Allah ou devant des hommes censés n'être que des brutes face à leur corps et ses courbes célestes et démoniaques. Des brutes fondées à les violer, les assassiner si elles dérogent à la règle.

Geste de reconnaissance, geste de libération, réaffirmation de principe. Un grand courage, d'autant plus grand que les pressions islamiques sur les droits de l'homme se précisent dangereusement en ce moment même à l'ONU.

Il reste à espérer qu'un recours dont j'ignore s'il est possible à la Commission européenne des droits de l'homme ne donne gain de cause à la plaignante et que ce bras d'honneur magnifique de la République une, laïque et indivisible au fondamentalisme religieux ne devienne par le fait le dernier soubresaut d'idéaux massacrés au nom de la tolérance.

Aux compatissants qui voudraient s'élever contre cette décision je répondrai rapidement qu'ils semblent en ignorer tout à la fois l'enjeu et le sens. Et je leur poserai cette question :

Seules les princesses saoudiennes ou qatari auraient-elles le droit, posant le pied sur le sol de France, de troquer leur abaya contre un jean ou un tailleur ?

Publié par Cosmic Dancer à 20:46:14 dans Il n'y a pas que la littérature dans la vie | Commentaires (3) |

Durban I - Contre le racisme... | 09 juillet 2008



La conférence internationale contre le racisme qui s'est tenue à Durban en 2001 a vu se développer un certain nombre d'idées qui fleurissent dans les forums et dont une amie m'a judicieusement fait remarquer qu'il est étonnant de ne pas vraiment en lire un décryptage dans la presse. Parmi celles-ci, la dénégation de la Shoah comme tout à la fois particulière et universelle, la relativisation du négationnisme, le refus de considérer les Juifs comme un peuple, la redéfinition de l'antisémitisme, l'assimilation du sionisme au nazisme.

Y circulaient Mein Kampf, le Protocole des Sages de Sion, des caricatures dignes des années 30 et ce tract :

"Qu'est-ce qui se serait passé si j'avais gagné ?
Les bonnes choses
Il n'y aurait pas d'Israël et pas de bain de sang palestinien. A vous de deviner le reste.
Les mauvaises choses
Je n'aurais pas autorisé la fabrication de la nouvelle Coccinelle. A vous de deviner le reste."

Deux mille personnes y auraient, dans un grand élan altermondialiste et droitdelhommiste, clamé "Mort aux juifs" après un discours vibrant de Fidel Castro.

La prochaine conférence internationale contre le racisme, faut-il le rappeler, dite Durban 2, s'annoncerait, selon quelques sources, sous les mêmes funestes auspices.

Publié par Cosmic Dancer à 01:02:39 dans Il n'y a pas que la littérature dans la vie | Commentaires (8) |

Je veux encore dire "Je vous emmerde" | 07 juillet 2008


Cette photographie d'Albert Einstein qui a fait le tour du monde, notamment reproduite dans les années soixante-dix sur des affiches antimilitaristes, aurait été prise lors de son soixante-douzième anniversaire lorsque, exaspéré par l'insistance du photographe à lui demander de sourire, il aurait finalement préféré lui signifier par l'exhibition de la papille à quel point tout ça le concernait.
Je me fais une joie voire un orgasme de la réutiliser ce soir bien que je n'aie ni l'intelligence ni l'âge vénérable du défunt physicien pour dire en quelques lignes à quel point il est urgent de signer une pétition, ça faisait longtemps, sur le site de la LICRA (Ligue internationale contre le racisme).
Comme vous l'ignorez peut-être, je déteste les pétitions et si selon certains il est déjà trop tard, si Sparte a déjà piétiné Athènes, si l'obscurantisme tout à la fois religieux et politique a déjà relégué l'histoire, la République, la démocratie et la laïcité au rang d'une virgule infinitésimale dans le cycle abscons de la présence humaine sur terre, si les préceptes archaïques ont définitivement fait abdiquer l'esprit des Lumières, tant décrié par tout ce que la France exsangue et l'Europe affolée comptent d'intégristes croyants en lutte contre un intégrisme athéiste largement fantasmé, quels qu'en soient les torts, s'il est donc déjà trop tard et si cette invention merveilleuse d'un vivre-ensemble qu'est la laïcité agonise et nous avec elle, puisque nous n'avons aucune arme pour la pleurer, signons.
Dans moins d'une année doit se tenir à Genève une deuxième conférence mondiale contre le racisme à l'initiative de l'ONU où « une "triple alliance" composée de l'Organisation de la Conférence Islamique (OCI) représentée jusqu'à ce jour par le Pakistan, du Mouvement des Non Alignés où Cuba, le Venezuela et l'Iran ont un rôle central, et de la Chine - avec la complaisance cynique de la Russie – œuvre ainsi à la mise en place d'une véritable révolution prétendument multiculturelle. Ainsi, le Rapporteur spécial de l'ONU sur les formes contemporaines de racisme Doudou Diène déclare d'ores et déjà qu'énoncer une critique contre le port de la Burqa constitue une agression raciste, que la laïcité est ancrée dans une culture esclavagiste et colonialiste et que la loi française contre le port des signes religieux à l'école participe du racisme antimusulman, renommé islamophobie occidentale. La confusion des esprits est à son comble quand est dénoncée comme une attitude raciste toute critique de la religion. C'est une menace radicale contre la liberté de penser qui est en train d'être cautionnée par l'ONU. En assimilant au racisme toute critique des dérives de ceux qui parlent au nom de l'islam, parce que supposée relever d'attitudes néo-colonialistes, les porte-paroles de cette nouvelle alliance serrent un peu plus le garrot qu'ils ont passé au cou de leurs propres peuples et sapent les fondements d'une civilité très chèrement acquise en Europe depuis les guerres de religion."
Avant de devoir porter le deuil de la liberté d'expression, de l'irrévérence, de l'humour noir et de la fanfaronnade, chers frères, chers sœurs, une fois encore, une dernière fois

Blasphémons !
 

Publié par Cosmic Dancer à 20:28:10 dans Il n'y a pas que la littérature dans la vie | Commentaires (10) |

Mari à tout prix | 19 juin 2008

© Jean-Baptiste Modino - Libération/Next - 9 juin 2008

Eh bien voilà, c'est fait, tout est mal qui finit bien : l'annulation du mariage de Lille est dorénavant et jusqu'à nouvel ordre (le 22 septembre) sans effet, l'exécution provisoire du jugement ayant été suspendue suite aux cris d'orfraie des gardiens d'une laïcité dont je me désolidarise sur le sujet, comme je l'avais déjà fait à propos de l'affaire Truchelut.

La mariée qui avait souffert d'une déception cruelle et l'époux dont le sens archaïque de l'honneur aurait été bafoué par elle - tandis qu'il n'a jamais évoqué qu'une perte de confiance - sont de nouveau appelés à, juridiquement, convoler en injustes noces que l'on pourrait peut-être qualifier de noces de cendres en ce jour funeste qui succède aux remuements intempestifs d'une opinion publique mieux à même de décider pour eux du Bien de ces deux êtres manifestement pas faits l'un pour l'autre. Pour les noces de coton, on repassera éventuellement plus tard lors d'une procédure de divorce. Sous quel motif, je n'en sais rien. Mais le doigt sur le bon pli, l'honneur des Menteuses est en joue.

Si n'était le drame personnel vécu par cette jeune femme, j'en rirais à gorge déployée. On dirait une bonne blague.
Et je continuerais à en rire si la dépêche de l'AFP que je viens de lire ne portait ce titre éloquent : "La cour d'appel rétablit le mariage d'un couple musulman".

Les lecteurs habitués de ce blog savent toute la sympathie que je porte aux religions et l'amour qui m'étreint pour les mille et une facéties en direction des femmes, des homosexuels, des incroyants, des humoristes et des apostats que l'islam invente en ce bas-monde. Cela dit, le rétablissement de la génuflexion à l'église et les croisades des créationnistes occupent aussi une place de choix au rayon des plaisanteries croustillantes ne représentant, comme on le sait, nul danger ni inconvénient aux plans politique et moral.

Je précise, on ne sait jamais. Prépuce de précution, quand tu nous tiens, pas besoin de barbichette pour s'esclaffer le premier.

Mais puisqu'il paraît inutile de préciser que la virginité des femmes, si elle est exigée dans une tradition musulmane à laquelle se référait tout de même l'époux, n'appartient pas en propre à cette religion. Et puisqu'il paraît inutile de préciser que la décision d'annuler n'a porté ni sur une absence de virginité ni sur une condamnation d'un mensonge. Et enfin, que pointer son nez sous les jupes d'une femme parce qu'elle est vierge ou ne l'est pas reste tout de même pointer son nez sous les jupes d'une femme qui n'avait rien demandé de tel, bien au contraire.

Alors ben vive la République et vive ma liberté de penser que dans les tours hlm de ma vie et les immeubles des beaux quartiers, ainsi que dans ce triste monde que nous foulons un temps, être laïc pour moi ne signifiera jamais juger de ce qui, dans un couple, lui appartient en propre ou qui le désunit.

Le corps est laïque. Et je pense ce soir à celle dont le sien vient de subir un nouvel outrage. Dieu prend, Dieu reprend. Il en est ainsi aujourd'hui de notre République. Amen.

Et pendant ce temps-là, dans le supplément Style de Libération, c'est trop top d'être fashion-victime de la "mode modeste", toute de voile vêtue...

Publié par Cosmic Dancer à 20:55:25 dans Il n'y a pas que la littérature dans la vie | Commentaires (13) |

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