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Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice - Stèle avec des soubresauts

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Un onanisme "révolutionnaire" | 09 mars 2007

Je poursuis donc mes lectures édifiantes, naviguant dans les eaux talentueuses autant que troubles d'Alain Soral, auto-proclamé "agitateur public". Il vient de livrer sur son blog les raisons pour lesquelles, tout naturellement, il est passé du PCF au FN, engageant ses frères politiques à le suivre sur cette voie qu'il estime être véritablement révolutionnaire, considérant que les progressistes ont "une lutte anti-fasciste de retard".

Un voyageur assis à mes côtés hier, dans un train, me demandait pourquoi je lisais "Socrate à Saint-Tropez", considérant que les abécédaires du sieur S. n'ont aucun intérêt ni aucune portée politique. Ce en quoi je le contredisais, lui expliquant que le mouvement "nationaliste socialiste" (eh oui) qu'initie en ce moment même, via la création d'une association, le romantique révolutionnaire petit père de la parole du peuple pouvait enfin se reposer sur un discours très cohérent qui le justifie. Et que sur Amazon, la plupart de ses titres sont épuisés, ce qui, ajouté à son enthousiasme à se savoir lu, me semble légitimer ma démarche.

A l'endroit où je suis de mes différentes lectures, j'ai constaté qu'AS fut probablement, dans le passé, un homme tout à fait respectable, lucide, mais que sa tendance outrageuse à voir du communautarisme partout, jusque chez les femmes, et ça devient parfois fort drôle, l'a malheureusement dangereusement éloigné d'une possible intelligence politique dont, pourtant, il faisait brillamment preuve.

Comment perdre son âme, et en entraîner dans sa chute. Telle est ma question à l'égard de cet écrivain à bonne gueule, charismatique, érudit, à la voix douce et à l'attitude modeste. L'un de ces innombrables "braves gens" dont la voix de douleur et d'emphase est évidemment occultée brutalement - ce qui lui donne toutes les raisons du monde de devenir enfin l'artiste maudit hors système d'un rêve adolescent, et de se mirer dans le reflet du borgne.

Gens du peuple contre gens du peuple. Je partage avec lui des années de galère, des origines modestes, un mode de vie très à l'écart des tendances germanopratines, des difficultés financières, des combats sociaux. A armes égales, donc. A ceci près qu'étant plus jeune et ayant longtemps consacré mes années à élever seule un enfant, je dispose, pour l'instant, de moins de références livresques.

Mais je me targue de savoir lire.

(à suivre)

Publié par Cosmic Dancer à 08:08:35 dans Contre Soral | Commentaires (26) |

Les braves gens parlent aux braves gens | 14 février 2007

Eh oui, c'est ce que j'apprends en lisant la quatrième de couverture de Jusqu'où va-t-on descendre ?. Cet ouvrage est dédié aux "petites gens". Par la taille ? le salaire ? la misère culturelle ? Des deux premières hypothèses, je peux me revendiquer. Cet ouvrage m'est donc adressé. En tant que lectrice, je suis petite gens. Mais j'ai droit à une grande colère.

C'est sur le mode voltairien remis au goût du jour par Philippe Murray avec son Portatif qu'AS a bâti les deux opus qui semblent constituer son petit dictionnaire socio-politique à l'usage des mal-comprenants (l'autre s'appelle Socrate à Saint-Tropez). Il le dédicace "aux petites gens, aux braves gens". Entre bravoure et bonnasserie, j'avoue que mon coeur balance. Dois-je entendre "Mon brave, faites-moi le plaisir de compulser la somme en question" ou dois-je préférer "Toi, courageux lecteur, tu sauras me comprendre et seuls les couards ne le pourront" ? Mystère. Toujours est-il que je comprends une chose : lui et moi sommes faits du même bois, le bois des braves et des petits, le bois des petits braves, des braves petits. C'est toujours bon, de rejoindre une communauté, surtout celle qui entend dénoncer le communautarisme et lui opposer la solution JMPL qui, nous le savons, sait parler aux petits braves de la République en déroute.

"Abécédaire de la bêtise ambiante". C'est le sous-titre. Rien que ça. D'un côté on a notre JT télévisuel quotidien qui en incarne la quintessence, et voici que surgit son double obscur et dénonciateur : la face et l'autre d'un masque vénitien sur une même tête. Celle de la France qui fait grise mine et triste gueule au recto. Et AS au verso, proclamé visionnaire par son directeur de collection pour son Vers la féminisation (que je recherche activement, également), ce Chevalier blanc de l'Hexagone qui tend un doigt accusateur et a choisi le camp qu'il faut, selon lui, je ne le redirai pas. Le Révolutionnaire nouveau est arrivé, et si ce n'est dans toutes les chaumières, c'est dans les pires chaudières, avec une force de conviction dont je n'imaginais pas la puissance dévastatrice. La brûlure se répand comme une poudre. Il est plus que temps de comprendre comment l'écrivain de talent, ancien communiste, à partir de constats objectifs, se déclare aujourd'hui tout au service du FN. Car il a des émules, certainement moins armés verbalement, mais qui reconnaissent en lui "celui qui dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas". Alors disons-le, haut et fort, que tout le monde ne pense pas tout bas ce que proclame cette âme perdue.

Deux citations en exergue attirent l'oeil. La première est un proverbe persan (manière de dire qu'AS est un homme de culture et qu'il n'est pas raciste) : "Même un âne peut donner un coup de pied à un lion mort". Traduction : Même toi, ô plèbe de France victime des élites manipulatrices et passées maîtres dans l'art du mensonge ; même toi, l'âne, dans l'imagerie populaire le plus méprisé des quadrupèdes apprivoisés, toi qui es à l'origine du bonnet des cancres, les bannis de la classe ; même toi, l'âne, que l'on prétend à tort idiot autant qu'obstiné, et que l'on charge de tous les poids en jouant du bâton et de la carotte ; même toi tu peux ruer et frapper. Et pas n'importe qui : le Roi de la jungle - ce pouvoir républicain et démocratique confisqué par les traîtres. Le Roi est mort : l'âne peut enfin saboter.

(à suivre)

Publié par Cosmic Dancer à 19:48:37 dans Contre Soral | Commentaires (7) |

Introuduction | 14 février 2007

Je voulais commencer cette petite apologie de l'horreur en rendant à Soral ce qui est à Soral chez Zemmour, mais après avoir désespéremment cherché l'ouvrage qu'une bonne âme m'avait indiqué comme étant celui du plagiat - Misère du désir, un roman -, j'ai décidé de commencer par ceux que je viens de me procurer ce jour. En l'occurrence, par cet abécédaire intitulé Jusqu'où va-t-on descendre ? publié en 2003 par celui qui, sur la Télé Libre, considère JMPL comme le véritable réformateur d'esprit révolutionnaire désiré par la France en déroute.

Compte tenu du fait que l'éditeur a choisi de n'employer que des initiales par crainte d'un procès, je ferai de même. Je suis insolvable, mais le cachot ne me tente pas.

Je viens à l'instant d'en finir avec les pages liminaires, et y'a déjà du boulot. Bonne lecture.

Publié par Cosmic Dancer à 19:46:22 dans Contre Soral | Commentaires (6) |

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