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Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice - Stèle avec des soubresauts

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Les mots peuvent être comme de minuscules doses d'arsenic | 21 juillet 2008

"Les mots peuvent être comme de minuscules doses d'arsenic : on les avale sans y prendre garde, ils semblent ne faire aucun effet, et voilà qu'après quelque temps l'effet toxique se fait sentir. Si quelqu'un, au lieu d'héroïque et vertueux, dit pendant assez longtemps fanatique, il finira par croire vraiment qu'un fanatique est un héros vertueux et que, sans fanatisme, on ne peut pas être un héros."

Victor Klemperer - LTI, la langue du IIIe Reich.

Publié par Cosmic Dancer à 15:09:05 dans Ce goût des autres | Commentaires (0) |

Tango avec le Che (air connu) | 25 juin 2008

Et alors. Ne pas écrire n'empêche pas de lire. Et versa vice.

 

Je suis abonné à un site de "ventes privées" qui, s'il ne me permet pas forcément de faire des économies, m'offre la possibilité de connaître de nouvelles marques, quelle joie. Quel plaisir aujourd'hui de m'apercevoir que je peux m'offrir, pour la rentrée des classes, une panoplie complète siglée Che Guevara ! Je ne sais pas si je dois me réjouir (le fascisme rouge avalé par le capitalisme, hahaha !) ou m'inquiéter : combien d'enfants ou d'adolescents vont-ils se balader avec le vilain barbu sur leur cartable, trousse ou Nintendo DS sans savoir qu'il s'agit d'un fou dangereux ? D'un autre côté, ça ouvre des perspectives : quelle sera la marque qui, la première, aura le courage de procurer pour les fournitures scolaires de nos chers petits une effigie du Maréchal Aoun, du Docteur Geagea ou du Sayyed ? Je me demande d'ailleurs si ce n'est pas déjà fait, vu les cultes de la personnalité qu'on peut rencontrer partout au Liban.

C'est que je reviens d'une séance de cinéma peu commune où j'ai pu enfin voir "Waltz with Bachir" : l'un des protagonistes israéliens du film émet cette réflexion concernant les Phalangistes en 1982 et leur culte de Bachir Gemayel, apposant son portait partout, "comme David Bowie pour nous". Ce film est non seulement une réussite magistrale d'un point de vue esthétique, mais aussi un élément considérable à ajouter à notre connaissance de la région et de son histoire. L'auteur tente de se rappeler de ses années dans l'armée israélienne lors de l'invasion du Liban/Paix en Galilée. Au travers de témoignages de frères d'armes, on parvient en même temps que le narrateur à recomposer l'image d'une guerre du point de vue des Israéliens qui la dépeignent comme un cauchemar absolu, bien loin de l'armée invincible que peut représenter "Tsahal". Les soldats israéliens vomissent avant la bataille ou rentrent en transe pendant qu'on les canarde, les officiers supérieurs regardent des pornos allemands dans une maison libanaise qu'ils ont occupés, les chiens des Palestiniens sont exécutés pour éviter qu'ils ne donnent l'alerte, les Phalangistes exhibent leur "prince charmant" et des bocaux de formol contenant des morceaux de leurs ennemis comme des talismans magiques, et l'ennemi qui tire sur les jeunes appelés juifs ne montre jamais son visage.

Ce film ne sera jamais montré au Liban pour des raisons évidentes, et c'est bien dommage. Car une fois de plus, Israël montre sa capacité à fournir sa version de l'histoire d'une façon remarquable et d'une grande honnêteté. Il serait bon que les Libanais, ou dans ce cas-là, les Palestiniens racontent leur vision de leur Histoire au monde, plutôt qu'on ne le fasse pour eux. Lors du dernier festival de Cannes, un film libanais se trouvait également dans la sélection, mais pas dans la même catégorie que "... Bachir". Réalisés par des Libanais exilés en France qui n'ont jamais connu ni la guerre de 1976-90, ni le conflit de juillet 2006, il n'a intéressé personne malgré la présence de Catherine Deneuve qui philosophait sur les blessures du pays du cèdre. Qui s'intéresse à la vision de gens qui n'ont rien vu ? Pendant ce temps, ceux qui ont vécu ces traumatismes au Liban ne veulent pas en parler, la situation actuelle n'étant toujours pas résolue. Je plaide pour que les Libanais prennent des caméras, pas des armes, et fassent des films sur leur pays, sans attendre qu'on le fasse pour eux. Prendre son destin en main passe par la maîtrise de son histoire. "Waltz with Bachir" est un formidable documentaire presque onirique. On aimerait son pendant libanais. Et vite.

WIL. Une fenêtre ouverte sur le monde.

Publié par Cosmic Dancer à 22:52:24 dans Ce goût des autres | Commentaires (2) |

Pessoa | 31 mai 2008


Sir Arthur Rackham.


"Nous avons tous deux vies
La vraie, qui est celle que nous avons rêvée dans notre enfance,
Et que nous continuons à rêver, adultes, sur un fond de brouillard.
La fausse qui est celle que nous vivons dans notre rapport avec les autres,
Celle qui est pratique et utile,
Celle où nous finissons dans un cercueil.
Dans l'autre, il n'y a ni cercueil ni morts.
Il n'y a que les images de l'enfance :
De grands albums coloriés à regarder plutôt qu'à lire,
De grandes pages en couleur que l'on se rappelle plus tard."

Fernando Pessoa.

Publié par Cosmic Dancer à 00:41:10 dans Ce goût des autres | Commentaires (8) |

Maldoror | 14 mai 2008



J'ai reçu la vie comme une blessure,

et j'ai défendu au suicide de guérir la cicatrice.



Isidore Ducasse, dit Comte de Lautréamont.

Publié par Cosmic Dancer à 22:13:57 dans Ce goût des autres | Commentaires (8) |

On nous oubliera | 30 avril 2008


Le hasard. Le hasard.

 

J'aime les détails, la dentelle fine. Ce trou dans ton collant, son doigt qui caresse ta peau juste là en dessous.


J'aime le velours.

L'abandon des mots, celui des mains. Tes lèvres qui cherchent les miennes. Et puis plus rien.

Le noir.

Je n'aime pas l'obscurité, cet impératif du soir. J'aime me sentir entourée, bercée par le corps des autres.

J'ai peur tu sais. Si tu savais comme j'ai peur. J'en dors plus la nuit. La peur toute entière m'a envahie.

 

On nous oubliera. Doutez de tous, doutez de tout. Tout est là: on vous oubliera.

Mrs Green.

Publié par Cosmic Dancer à 08:34:40 dans Ce goût des autres | Commentaires (5) |

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