"Je n'ai aucune aversion pour l'Islam. Je suis pleinement consciente des bons côtés de cette religion, comme la compassion, l'hospitalité et la solidarité envers les pauvres et les faibles. Mais en ce qui concerne les femmes, il est important de bien se rendre compte que la religion musulmane n'est pas que paix et bonté. Au nom de l'Islam sont maintenues des pratiques cruelles et atroces.
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Je vois une relation directe entre, d'une part, la mauvaise position des femmes et, d'autre part, les retards qu'accusent les musulmans dans l'enseignement et sur le marché du travail, leur chiffre élevé de délinquance juvénile et leur forte dépendance vis-à-vis de l'aide sociale. Dans les faits, l'éducation des filles musulmanes nie leur autonomie et leurs responsabilités.
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En excluant la plupart des femmes du monde islamique de l'enseignement, on les maintient à dessein dans un état de bêtise. Or, elles ne se contentent pas de mettre des enfants au monde, elles les éduquent. Leurs connaissances obtuses sont transmises telles quelles à leurs enfants, donc aussi aux hommes. C'est ainsi que naît un cercle vicieux d'ignorance, transmis de génération en génération."
Ayaan Irsi Ali - Insoumise - © 2002, 2004 - Trad. éd. Robert Laffont, 2005
Ayaan Irsi Ali vient de publier une autobiographie (Ma vie rebelle). D'origine somalienne, elle a fui un mariage forcé et est devenue femme politique aux Pays-Bas, où elle a travaillé avec le cinéaste Theo Van Gogh, assassiné en 2004. Condamnée à mort par les fondamentalistes, elle s'est exilée aux Etats-Unis, où elle vit sous protection. Elle appelle de tous ses voeux les femmes de l'Islam à conquérir leur liberté, et souhaite que cette culture accède enfin à son "siècle des Lumières".
Oui ?