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Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice - Stèle avec des soubresauts

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Je t'aime comme | 29 mars 2007

Je veux t'écrire
Je ne peux pas dire les mots
Je peux les écrire
Je veux écrire
Je t'écris
Je veux t'écrire ce que ma bouche tait
J'aime ma bouche
J'aime les taies
J'aime les taies d'oreiller
J'aime ta bouche
J'aime ma bouche sur ta bouche
J'aime nos bouches
J'aime les taies d'oreiller
J'aime nos bouches sur les taies
J'aime les bouches sur nos taies
J'aime taire nos bouches
Je n'aime pas me taire
Tu n'aimes pas te taire

Tais-toi

Etends-toi sur nos taies et tais-toi
Tais-moi
Tais-nous
T'es nous
Je suis nous
Nous sommes tu
Nous sommes je
Nous sommes nous
Nous sommes nous-mêmes
Nous m'aime
Nous aime nous
Nous nous aimons
Je nous aime
Tu nous aimes
Il faut taire ce que l'on sait
Il faut jouir ce qu'on ne sait pas
Il faut jouir
Jouir de tout
Jouir
Je veux jouir de ta peau
Peau douce, pigmentée
Peau tendue
Peau de tambour
Peau potin
Potin sous l'oreiller
Popotin lunaire
J'aime ta lune
Ton croissant pâle et chaud
J'aime tes chaleurs interdites
J'aime ton cul
J'aime tes petits bras cotonnés
Tes membres ronds
Tes je t'aime en chair blanche
En chérubin et chérubine
Je t'aime en chair
Chère à mon cœur
J'aime tes vallons
J'aime tes vallons, tes trous et mamelons
Tes tétons têtus que je tâtonne en tâtonnant tes tétins d'une langue
Langue chaude et humide
Je te la dédie ma langue
Elle t'embrasse, te lèche, te gobe
Elle te chuchote, te gueule
Elle te murmure
Elle te porte sur ses flancs
A flanc de lèvre

J'aime tes yeux piscine
J'aime m'y noyer
J'aime ta bouche
Ta bouche fine et mouillée
J'aime tes lèvres
Tes lèvres, j'aime tes lèvres
Tu portes la femme en elle
La femme dans tes quinquets
La femme est sur tes lèvres
J'aime cette femme
Je t'aime
J'aime tes lèvres
Tes lèvres chaudes
Ombragées
Tes lèvres au duvet noirâtre
J'aime ce mystère
J'aime humer cet abîme
Cet entre de tes cuisses
J'aime l'entre de tes cuisses
J'aime tes mots de silence
De ceux que l'on devine
J'aime être aimé de toi
Quand tu m'aimes en dedans
J'aime quand tu m'aimes
Quand tu m'aimes en silence

Plus de conneries
Pas d'évidences
Pas de clichés
Je n'aime pas les têtes
Les têtes intelligentes
Je n'aime pas ta tête

J'aime ton cœur, ton corps
J'aime tes tripes, tripaille
Tu es ma triphasée
Tu es mon petit diable
Je suis ton trident
Nous sommes deux petits diables
Nous nous cherchons des anges
J'aime tout cela en toi
J'aime ce que j'ignore
J'aime ce que j'ignore et tout cela déjà
Je n'ai rien goûté
Tu te niches en ma bouche
Encore
Encore et toujours
Tu te niches
Je te couve
Ma bouche est un cul de poule
Pas en cul de poule
Ma bouche est un cul de poule
Je te couve
Je garde en bouche ces élans enchaînés
Je me sais enchaîné
A toi
A nous
Enchaîné à tout ce qui vit
Vis en toi
Vis en moi
Vis en nous
Je n'aime pas ce qui vit
J'aime ce qui vibre
Je nous sais vibrants
Je te sais vibrante
Je te pense
Je ne te panse pas
Je te rêve
Je te jouis
Je ne veux pas jurer
Tu ne dois pas jurer
Il ne faut jurer de rien
L'eau de la fontaine est fraîche
On peut encore la boire
Ne crachons pas dedans

Un jour peut-être
L'inondation
Je nous veux inondés
Irradiés
Je nous veux irradiés
Je nous sais proches
Je te sais éloignée
Tu te crois éloignée
Je te sais pas
Je te sais plus
Je te sais sans savoir
Tu te sais sans savoir

Je nous aime
Moi non plus
Je nous plus
Toi aussi
Toi toujours
Tu nous aimes
Nous plus
Nous plaît, me plaît
Nous plaît
Replay, replay, replay, ris
Ris, danse , bouge
Bouge-nous
Bouge-toi
Fais moi du bouge-à-bouge
Embrase-moi
Embrase-toi, nous, tout, fou
Foule-moi, folle moi
Fou moi
Pas de moi
Ne te fous pas de moi
Ne te fous pas de toi
Mais fous-moi
Dans ta poche
Sous ta cloche
Sonne-moi
Mon carillon, sonne-moi
Carillons-nous mon amour
Effrayons les oiseaux
Sortons les arbres de terre
Encielons-nous mon amour
Mon amour
Je nous plane mon amour
Nous ne frôlons plus rien
Nous nous frôlons de tout
Frôlons-nous pour un rien
Rembobinez les Revox

Je nous aime
Tu nous aimes
Je t'écris ce que je ne peux pas dire
Je te dis
Je te dis que je t'écris
Pour que mes mots embrassent là où ma bouche est interdite
Je t'écris
Je t'ai écrit
J'ai aimé t'écrire
J'aime t'écrire
Je ne suis pas brouillon
Ce n'est pas un brouillon
Nous nous sommes brouillonnés
Je n'aime pas les brouillons
J'aime les brouillons
Pas les brouillons seuls
J'aime, j'aime les chefs-d'œuvre
Tu es le mien
Je suis le tien
Nous sommes nos rodins
Nous sommes nos claudels
Nous sommes pierre et burin
Tu es friable
Je suis tendre
Tu es tendre et je suis friable
Je suis à toi
Tu es à...

Tu es touchée
Peut-être
Tu n'es pas touchée à la tête
Il ne faut pas
Ne me lis pas avec ta tête
Tu me lis avec ta tête
Dommage
Tu me lis avec ton cœur
Tu me dis je t'aime
Il sonne clair et lointain
Il sonne en écho
Il sonne à jamais
Je te réponds et tu me réponds
Nos corps sont nos oreilles
Nous n'avons plus de tête
Ni toi
Ni moi
Nous n'avons plus de tête
Et nous nous aimons
Et c'est doux
C'est chaud
C'est là, juste là
C'est là
Et je parle à ce là
Je veux parler à ce là en toi

Tu me lis
Tu lis mes mots en là
Mes mots de là en moi
Et je suis ton là
Et tu es mon là
Et nous sommes là
Encore
Encore et toujours
Nous sommes notre là
Notre référence
Tu es mon oreille et je suis ton oreille
Oreille et oreillette
Oreilles du monde
Des mondes démodés, raccommodés
Mondes racoleurs
Je racole
Je te racole
A la devanture de l'âme
De ton âme
Je racole tes mieux-mieux
Je racole ton marc
Ton résidu parfait
Tes graines de tentations
Je te racole en trombe
Trombine malhabile

Mais chut...
Smiling

Pas mot pas mouche
Touche et couche
Couche ta couche là

Pas las
Jamais lasse
Bouche-moi à grosse louche
Je te bouche
Tu me bouches
Je suis en toi et tu es en moi
Je suis toi et tu es moi
Plus de tu
Plus de je
Mais nous


Nous

Une bouche
Notre bouche
La bouche
Alors jouissons
De tout de nous
De nous
Jouissons
Jouissons
Jouissons mon amour
Et l'automne ramasse nos lèvres à la pelle.

Erwann Petit.

Publié par Cosmic Dancer à 00:21:59 dans Ce goût des autres | Commentaires (4) |

Cantique des cantiques | 22 mars 2007


III

L'épouse

1. J'ai cherché dans mon lit, durant les nuits, celui qui aime mon âme ; je l'ai cherché et je ne l'ai point trouvé.

2. Je me lèverai, ai-je dit ensuite, je ferai le tour de la ville, et je chercherai dans les rues et dans les places publiques celui qui est le bien-aimé de mon âme ; je l'ai cherché et je ne l'ai point trouvé.

3. Les sentinelles qui gardent la ville m'ont rencontrée, et je leur ai dit : N'avez-vous point vu celui qu'aime mon âme ?

Publié par Cosmic Dancer à 12:06:55 dans Ce goût des autres | Commentaires (10) |

Corps arrachés à la matière | 19 mars 2007


© Etienne Gros - Appui - Acrylique sur toile.


Ça gronde, un corps. Virulence magmatique, révélation brutale. Impossible jonction. L'érotisme n'est qu'une image où sa peinture crève en présence : équilibriste, le basalte et l'évanescence. Arrachés au livre de la matière. Cette ivresse du grimoire, brut, sauvage, délicatement taiseux, en palimpseste.

Moi aussi j'aime les arbres et la vertébration. Faut avoir du dos, dans la vie. Et du tronc !

Publié par Cosmic Dancer à 10:55:07 dans Ce goût des autres | Commentaires (35) |

Bande de chats du Sheshire | 16 mars 2007

"Je suis dans la merde et je vous emmerde", au fond de la cave tonitruante, des petits mecs réclamaient du r'n'b et moi comme à l'accoutumée totalement inaimable je me permettais de leur dire que ce n'est pas de la musique, je me souvenais de quelques clips entraperçus dans un salon où des gamins bercés depuis l'enfance par les rengaines de MTV avortaient de mots inaudibles. Ces regards effarés d'une génération coite, élevée au creux des rangs d'antennes paraboliques, presque sourds si n'était la tendresse absolue de leur mère, force de la nature qui défie l'audimat quand la solution la plus simple serait de balancer le poste hors temps, comme si la stratosphère incidemment complice allait l'éructer dans le non-être.

C'est une techno virile que décida en toute conscience cet aimant entre tous, comptant au nombre de ses qualités une gentillesse quasi christique, et comme l'homme nu fils du souffle sans fin tonitrue et s'impose au Berbère aux yeux bleus qui me demandait de lui confirmer qu'il est beau gosse, qui s'installait l'haleine tuante à mon côté, élue entre toutes une fois de plus pour supporter ses confidences d'ex-taulard hurlées au bord de mon tympan, les amis veillant du coin de l'œil, et moi telle encore cette foutue sainte lui offrant des clopes que je n'ai pas, pesamment me déchirant l'oreille - pourquoi accepter ce labour -, m'entendre lui répondre doctement, l'appareillage vocal réglé en mode automatique, que récidiver du recel c'est vraiment nul à chier, qu'as-tu fait de ton âme, regarde-toi, tu prétends me parler mais ton oreille gauche disparaît sous l'excroissance technologique monstrueuse qui t'a coûté des mois de peine, tandis que tu accroches fièrement ce mobile à tes doigts et que tu essaies en vain d'attirer mon attention sur cet avatar de ton sexe, tu balaies d'un revers de main les espoirs dont tu sens que je ne les honorerai pas, et j'en appelle à mon chevalier qui s'apprêtait à me secourir, mort de rire, bien plus tolérant que je ne le suis. - Regarde ces essaims de fraîches jeunes filles, et ces types me choisissent toujours moi, qui suis une vieille dame née sans âge. - Ne leur reproche pas leur bon goût, répond-il, et je me tais.

D'un regard qui étreint les fêtards associés je les caresse de loin, dévastée de tendresse, quand l'ange Younmi en robe fleur rouge me présente son amie imprononçable et que nous nommerons Ho. Et je te considère encore, maître de nos soirées vaillantes, émue à flots de contempler en un silence qui s'ajoute aux silences ton visage valeureux, sourire heureux oscillant non exactement entre une ironie impossible et un appétit fou, manifeste d'amour, ces années à m'interroger sur ton cas, illustre emmerdeuse questionnante - Comme nous avions raison en ce dimanche tout de lumière d'insister pour que tu délaisses ton travail et nous rejoignes, partons ensemble, tous quatre, les retrouver, tous deux, débordons de douceur comme le fleuve où le ciel ne connaît plus son nom, légers et gourmands et pleins de noix.

Non, promis, je ne m'agacerai pas quand les petits mecs reviendront me voir pour me demander "ce que j'ai pris", inaptes pour lors à concevoir qu'un organisme féminin de type sapiens opposant à l'apathie sage de tout timide début de soirée l'un de ses mouvements persistants puisse nourrir sa furie de rien qui soit chimique, rien qui soit fumigène. Younmi et moi adaptons un disco progressif à des gestes de danse coréenne, ses yeux barques asiatiques en eaux noires brillent de plaisir et de malice - et les petits mecs interloqués deviennent alors tout sympathiques. Une diode gaie détend l'atmosphère, la formule en est dyonisiaque et je jure qu'elle est sans frontière car Magda me sourit bleu dans les yeux de Younmi et les voûtes maçonnées m'entraînent à Varsovie où par un autre soir et dans une autre langue nous étions même sillage.

Et tandis que je cesse un instant de danser le gosier assoiffé de punch, avide de les embrasser tous parce que je l'aime lui, au-delà de toute raison pensable, et que je n'en choisirai en conséquence aucun, absurde, folle à lier, la langue violemment serpentine désirant tous les honorer à bouche entière, sans doute aucun ce regard persistant du vice, brûlant sans vergogne ceux que je croise, allumeuse sincère amoureuse, cette putain intouchable de moi, immonde vertueuse, détestable refusante, avec l'envie de frapper le sol en feulant pour expier et l'amour virtuel et la faute affolante, ce que je fais, merci Billy Idol, le corps tendu, souple, alarmé, brasier d'autant plus redoutable qu'il fuit en flammèches contagiantes - oh, comme je hais ce sourire d'excuse que je prodigue douloureusement pour que me pardonnent les brûlés quand la vérité de mon cœur voudrait que je sois extatique, livrée en mêlée fauve et dense, chant d'absolu supraphysique, corps offert, amour en partage -, les petits mecs tout d'abord timides juste après égrenant le leur sur une chanson de Brel, sous l'œil bienveillant de la troupe, la cave en un instant irrespirable, chargée de sueurs et d'innommables magnétiques étouffant l'air, le Berbère défoncé apprenant des pas de danse, des amoureux déjà s'enlacent à perdre haleine, les corps s'enflamment, je quitte l'apnée, lâche, pour l'air libre. Qu'est-ce que ces communions, oui, vrai, que mes aimés orchestrent, bande de chats du Sheshire, vos regards ardents défient la Nuit.

Publié par Cosmic Dancer à 19:24:57 dans Ce goût des autres | Commentaires (5) |

La llorana | 09 mars 2007

Lhasa - El pajaro

Ma grand-mère, debout avant mon grand-père, posait devant moi un grand bol de café avec des bouts de pain et me demandait si j'avais bien dormi. Si je lui racontais quelque mauvais rêve né des histoires du grand-père, elle me rassurait toujours : "Ne t'en fais pas, dans les rêves, il n'y a rien de vrai." Je me disais alors que ma grand-mère, même si elle était très savante elle aussi, n'arrivait pas à la cheville de mon grand-père, lui qui, couché sous le figuier, avec, à ses côtés, son petit-fils José, était capable de mettre l'univers en branle juste avec deux mots.

Ce n'est que bien des années plus tard, alors que mon grand-père avait déjà quitté cette terre et que j'étais devenu un homme, que j'ai fini par comprendre qu'en fin de compte ma grand-mère croyait aussi aux rêves. C'est assurément ce que signifiait le fait que, un soir, alors qu'elle était assise devant la porte de son humble maison, où elle vivait désormais toute seule, à regarder les étoiles, grandes et petites, elle ait prononcé ces mots :

"Le monde est si beau, et ça me fait tant de peine de mourir."

Jose Saramago - Comment le personnage fut le maître et l'auteur son apprenti.

Publié par Cosmic Dancer à 23:30:33 dans Ce goût des autres | Commentaires (4) |

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