• Ces types, par trois fois, dans trois arrondissements de Paris, qui me tancent parce que je fume sur le trottoir, au nom du "respect" qui leur est dû en tant que mâles islamiques.

    Ce type dans l'épicerie d'un autre arrondissement qui me récite sa leçon de morale selon laquelle le vin est un péché.

    20 décembre 2009.

    Mon père, qui ne boit ni ne fume, jamais.

    J'ai des envies brutales d'envoyer des commandos en mini-jupes dans le XVIIIe arrondissement le vendredi à l'heure de la prière. Des envies radicales de constituer des commandos de fumeurs et même de crapoteurs sur les trottoirs des villes de France quand bien même je souhaite arrêter de fumer. J'ai des envies de fureurs libertines quand bien même je ne le suis pas.

    Live. And let live. And fuck Islam.

    Et quand je leur parle d'Omar Khayyam, ces cons me répondent que c'est un mauvais muslim qu'il ne faut lire sous aucun prétexte. France, 2009.


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  • Amis je vous aime. Mais c'en est trop. Ben Jelloun raconte n'importe quoi dans Le Monde. L'Obs publie un dossier misérable sur "les musulmans de France", dont l'article principal semble tirer ses sources des forums du Net. Soheib Bencheikh se met à rêver de minarets comme d'un droit de l'homme, tandis qu'en Suède un imam revendique l'appel à la prière comme tel. Freysinger poétise dans un délire alpin son sentiment organique de la nation. Et Finkielkraut est mis en accusation par Badiou.

    Aussi, en ce 20 décembre, je me contenterai de vous souhaiter de joyeuses fêtes et de vous rappeler qu'en cet hiver 1963, John et Michelle Philips se les gelaient à New York dans un pauvre logement et que leur cri nostalgique est devenu un hit mondial des Mamas & the Papas : California Dreamin'.

    (Et je suis toujours incapable d'insérer une vidéo.)


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  • Oui, je le concède, ce blog manque cruellement d'images. Et l'assume, fichtre, quel courage.

    En ces temps obscurs de "retour du religieux", rien ne vaut l'impertinence de Typhon, par exemple, notamment pourfendeur émérite de l'espéranto (que la contradiction se lève et s'exprime ou bien se taise).


    La petite Loli aux allumettes

    La scène est dans une rue passante

    UNE PETITE FILLE –
    Je suis une pauvre fillette
    Je gèle, J'ai vraiment très froid
    Nul ne veut de mes allumettes
    Que va-t-il advenir de moi ?

    LE CHOEUR –
    Sous cette neige tragique,
    Cette pauvre court à sa perte
    Elle est née d'un père alcoolique
    Et sa mère se nommait Berthe.

    LA PETITE FILLE –
    Une idée me vient, dans ce froid :
    Puisqu'elles sont si bien snobées
    Par ces connards de gros bourgeois
    Je vais, afin de réchauffer
    De mes mains, tous les petits doigts
    Bien faire usage du pouvoir
    Calorigène des allumettes !

    Elle frotte une allumette. Un poêle bourré apparaît.

    Le CHOEUR –
    Oh ! Jaillit une lueur d'espoir,
    Des mains glacées de la pauvrette.

    LA PETITE FILLE –
    Mais que vois-je ? Un bon poêle !
    Je ne suis plus dans la ruelle !
    Mais que vois-je ? Il est parti !
    Et je suis à nouveau transie !

    LE CHOEUR –
    Une illusion bienfaisante
    L'a un instant ravie pour mieux
    Lui rappeler que la mort lente
    L'étreint. Mais, bon sang, que fait Dieu ?

    DIEU –
    Je n'existe pas. Et d'ailleurs,
    Cette salope n'est plus vierge.
    Mets-la en veilleuse, le chœur !
    On ne gaspillera pas de cierges
    Pour elle. Si tu veux donner
    Dans le pathos, j'ai un martyr
    Qui par des lions s'est fait bouffer.

    LE CHOEUR –
    Puisque c'est comme ça, je me tire.

    LA PETITE FILLE –
    Recommençons à nous chauffer...

    Elle refrotte une allumette et un ours magique apparaît.

    Tiens donc, cette fois, pas de poêle
    Un ours mignon, sans air cruel.
    Autrement, je serais terrifiée.
    Gentil nounours, je me les pèle
    Mène-moi où je n'aurai plus
    Ni faim, ni froid, desu desu

    Ils sortent.

    UN PASSANT –
    Revenez ! S'il vous plaît ! Asseyez-vous !
    Prenez une chaise.

    Une voix d'Ours, provenant des coulisses :

    Shit, B& and V&

    THE END


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  • Le politico-humoriste Dieudonné et son acolyte du Parti Antisioniste Yahia Gouasmi ont donné une conférence de presse au Théâtre de la Main d’Or, le 28 novembre 2009 afin d’annoncer la production iranienne du film Le Code Noir et de revenir sur leur rencontre avec le président iranien Ahmadinejad.

    Devant un parterre de militants (rires et applaudissements), du micro de la télévision iranienne SAHAR et de quelques journalistes français, Dieudonné a animé une conférence de presse pour annoncer fièrement que l’Iran produirait sa prochaine œuvre artistique, le film Le Code Noir, projet cinématographique de M'Bala M'Bala consacré, c'est louable, à la traite négrière atlantique. Pourquoi pas, ce tragique épisode de notre histoire mérite d'être narré pour ce qu'il est : un crime abject commis à une époque où nul ne se souciait des Droits de l'homme et où nul n'imaginait que les Noirs (et les femmes) étaient dotés d'une âme, usant des uns et des autres au gré de la supériorité ontologique dont ils pensaient être les dépositaires.

    Peut-être une façon de récompenser « l’artiste » pour sa participation comme tête de gondole à la dernière campagne européenne du Parti Antisioniste, dont le programme est d'éradiquer les "sionistes" de la surface de la planète puisqu'ils seraien à l'origine de tous les problèmes rencontrés sur icelle, du 9/11 aux divorces affectant les amours mortes.

    Il est amusant de noter qu’au cours de ce simulacre de conférence de presse, Dieudonné exige de son auditoire professionnel (c'est une conférence de presse, donc, avec un parterre de journalistes professionnels dûment prévenus, invités et contrôlés), lorsque l'un d'entre ses membres se hasarde à poser une question, qu'il décline, comme sous un Hortefeux décomplexé, son identité : "Monsieur... de …", aime-t-il à préciser. Cette technique habituelle a pour but de mettre la pression sur le journaliste en suggérant qu'au moindre faux-pas d'icelui, la répression juridique pourra être sévère. Elle permet en outre de ne jamais répondre aux questions, qualifiant même certaines d'entre elles de malhonnêtes.

    Fermons la parenthèse : ce traitement de faveur n'est évidemment pas réservé aux « journalistes amis », comme Ahmed Moualek par exemple, dont on reconnaît ici la voix (troisième intervention). Ces derniers ne sont pas présentés au public béotien, censé les connaître, d'une part, et censé reconnaître, d'autre part, qu'ils posent des questions honnêtes puisque Dieudonné y répond sans barguigner ni chipoter.

    D’ailleurs, Moualek pose la seule question qui intéresse Dieudonné : quel a été le traitement médiatique de la presse française lors de sa visite en Iran ? (Evénement d'importance nationale, voire internationale s'il en fut dans l'instant donné.)

    En réalité, la presse française n’a accordé que peu d’intérêt au voyage perse de l’ex-humoriste. Dieudonné avait espéré une couverture nationale, peut-être même un JT de 20 heures car tout avait été fait pour que son voyage devienne un coup médiatique.

    La tentative du coup médiatique Clotilde Reiss

    Dans un premier temps, les deux compères affirment que le but de leur visite à l’Ambassade de France de Téhéran avait pour seule vocation de rencontrer Clotilde Reiss en tant que compatriotes. Clotilde Reiss est cette jeune étudiante française accusée d'espionnage et interdite de retour en France par le régime des mollahs. Yahia Gouasmi, ami de Dieudonné et personnage pour le moins ambigü, ajoute même qu’il « voulait porter assistance à cette fille ».

    Et puis rapidement, le discours change : Gouasmi et Dieudonné se transforment en détectives privés. Le président du PAS  (Parti anti-sioniste) déclare qu'il désirait s’apercevoir par lui même si Clotilde Reiss était « une jeune fille tout à fait innocente ou si elle avait été envoyée pour faire ce qu’on lui reproche » (espionnage pour le compte de la France).

    Dieudonné d’ajouter alors dans l'une de ses réflexions simplistes qui sonne comme un avertissement : « Il serait préférable qu’elle montre qu’elle n’a pas une aversion radicale envers le courant antisioniste, au contraire, parce que si elle dit non aux antisionistes, à ce moment-là on peut imaginer que son projet est de servir le sionisme, et donc on peut imaginer aussi qu’elle a sa place en prison en Iran. » Etrange, de la part de quelqu’un qui postulait pour représenter la France au Parlement européen, et qui soudain se sent investi, au nom de la "culture" peut-être (cf. cette conférence de presse), d'une mission discursive pour le moins orientée sur des problèmes géopolitiques brûlants.

    L’objectif de cette visite de « courtoisie » est finalement révélé par Yahia Gouasmi qui affirme qu’il lui « était facile en période de fête religieuse (Aid) de demander au Guide Suprême (Khamenei) une miséricorde pour la fête du sacrifice pour cette fille. Mais ils (l’Ambassade de France) ne voulaient pas qu’elle revienne avec Dieudo et moi : tout simplement ». Cette visite n’était donc pas si désintéressé eque cela, le but était d’apparaître devant la presse avec Clotilde Reiss comme des libérateurs de la jeune otage.

    Rentrant bredouille et comprenant que son voyage n’aura suscité que très peu d’intérêt en France, le Tragicomique tente une dernière cartouche lors de sa conférence de presse en évoquant le cas du terroriste « Carlos ».

    Libération de Carlos

    Dans un lapsus évocateur, le comique antisioniste évoquait la demande du président vénézuélien Chavez « de libérer, quoi, enfin de le libérer… de l’extrader  ». Dieudonné juge que la place du terroriste Carlos, auteur de plusieurs attentats sur le sol français qui ont blessé des dizaines de personnes et qui ont coûté la vie à deux policiers de la DST, « est dans son pays d’origine, bien évidemment ».

    Peu importe à Dieudonné les crimes reprochés et la sentence d’une Cour d’Assises. Son soutien Carlos, lors des élections européennes, a « été kidnappé dans un pays étranger et il est étranger lui même… j’espère que Carlos sera extradé dans son pays très vite », affirme-t-il, en tant qu'artiste ne se mêlant pas de politique.

    Est-ce une communauté de pensée (haine d’Israël ou islam révolutionnaire) qui pousse Dieudonné à exiger la libération de l’auteur de plusieurs tentatives d’abattre des avions de ligne de la compagnie EL AL remplis de civils ? Est-ce parce que la compagne de Carlos se trouve être l’avocate de Dieudonné ou encore pour complaire au chef d’Etat vénézuélien (l’espoir d’une aide supplémentaire pour son film) que l’"humoriste" campe sur une position qui va à l’encontre de la justice de son pays, la France ?

    Par cette prise de position, Dieudonné nous donne un éclairage sur la notion de justice telle qu’il l’entend…

    L’antisionisme paravent de l’antisémitisme

    « Il y a une industrie du cinéma qui va se développer à partir de la France dans un axe qui est l’antisionisme »,  annonce Dieudonné. Or le film en projet sur l’esclavagisme (Le Code Noir) n’a aucun lien avec le sionisme. En effet, la traite négrière française s’est étendue à peu près sur deux cents ans, de 1641 à 1848. Et le sionisme a été créé en 1897 soit plus de 49 ans après l’abolition de l’esclavage en France !

    On ne voit vraiment pas comment Dieudonné va pouvoir lier le sionisme à l’esclavagisme  sauf à faire un amalgame entre sionisme et juif, comme lors d’un interview en 2004 dans le Journal du Dimanche, il donnait une piste « Ce sont tous ces négriers reconvertis dans la banque, le spectacle et aujourd’hui l’action terroristeCeux qui m’attaquent ont fondé des empires et des fortunes sur la traite des Noirs et l’esclavage  », ou au cours de la présente conférence de presse : « l’axe du mal pour nous qui sommes ici et en Iran, c’est cet axe américano sioniste qui organise des guerres, qui pille le monde depuis trop longtemps, qui a organisé l’esclavagisme sur cette planète » ou encore lors d’une émission en direct de Méditerranée FM, le 28 mars 2005 : « Il y a eu des Juifs négriers, mais ça, il s’en sont foutu mais plein les fouilles avec le commerce des Noirs. » Et d’ajouter que la « communauté juive, notamment aux Etats-Unis avait quasiment le monopole sur les armateurs, les bateaux ».

    Le mythe des « Juifs négriers » figure dans l’arsenal idéologique de quelques mouvements sectaires noirs et groupes d’extrême droite. Les uns et les autres puisent indistinctement leurs « preuves » dans les pamphlets de Nation of Islam et des néo-nazis américains. On retrouve ainsi l’assertion que « le vaste trafic d’esclaves noirs fut un monopole juif », dans un écrit d’un antisémite obsessionnel nommé Jacques Daudon, avec en guise de référence trois livres : La pieuvre mondialiste attestée par les Protocoles des Sages de Sion, de Sulkos, Les responsables de la seconde guerre mondiale, de Rassinier, et Les mythes fondateurs de la politique israélienne, de Garaudy.

    Or une simple lecture de l’article 1er du Code Noir permet de comprendre que ce texte régissant la vie des esclaves dans les colonies françaises demandait également l’expulsion de tous les juifs des colonies :

    « Enjoignons à tous nos officiers de chasser hors de nos îles tous les Juifs qui y ont établi leur résidence, auxquels, comme ennemis déclarés du nom chrétien, nous commandons d’en sortir dans trois mois, à compter du jour de la publication des présentes, à peine de confiscation de corps et de biens »

    En matière de falsification historique Dieudonné atteint le comble de l’ignominie lorsqu’il explique toujours sur Méditerranée FM : « Le premier article du Code Noir, c’est : » Nous interdisons le commerce aux Juifs ». Mais pourquoi ? Parce que les Juifs avaient ce commerce-là, avaient le monopole de ce commerce depuis longtemps et qu’il fallait introduire une dimension chrétienne, c’est à dire qu’il fallait arrêter de castrer les mâles, il fallait arrêter de jeter les enfants à l’eau, donc à un moment donné la volonté du Code noir, c’est ça »

    En réalité, le Code Noir n’interdit pas ‘le commerce’ aux Juifs. Louis XIV réitère l’édit d’expulsion des Juifs de France qui avait été signé par Louis XIII en 1615 et l’expulsion des Juifs par Louis XIV avait pour objet « d’introduire une dimension chrétienne » dans les pratiques esclavagistes, les Juifs ayant, selon Dieudonné, pour habitude (à la différence des chrétiens) « de castrer les mâles », et « de jeter les enfants à l’eau ».

    Il ne faut jamais présumer de l’avenir mais avec les thèses déjà abordées sur le sujet par Dieudonné je ne doute pas que les Juifs soient présentés comme les organisateurs et les principaux bénéficiaires de la traite triangulaire comme ils sont aujourd’hui les supplicateurs des palestiniens. Les noirs et les musulmans unis dans la souffrance causée par ces juifs d’hier et d ‘aujourd’hui que l’on nomme sionistes !

    Dieudonné annonçait dans la conférence de presse « le film abordera le sujet de la traite des Noirs comme vous ne l’avez pas lu dans les livres d’histoire  » c’est normal, ce n’est pas l’Histoire…


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  • C'est sous la plume sublime de l'écrivain et critique littéraire Pierre Jourde que le débat controversé sur l'identité nationale m'intéresse. Sensible, posé et nuancé. Offrant autant de douceur que de liberté à penser. Echappant aux déclarations éreintantes et aux parfums de scandale qu'il faut subir à ce sujet. Un extrait :

    Reste l'éternel argument : «ça fait le jeu du Front national», ou «c'est un piège électoraliste tendu par la droite».  Moyennant quoi, on ne débat jamais de rien, d'autant plus que, dans une démocratie, il y a toujours une élection en vue. Il faut s'emparer d'un problème, ne pas avoir peur d'en discuter, voilà tout. Quelles que soient les intentions supposées, les calculs politiques, c'est la recherche du sens qui importe. Un débat échappe en général aux intentions de qui voudrait le contrôler. Ce n'est jamais le débat qui fait le lit des extrémismes, mais bien l'absence de débat. On n'a jamais vu le fascisme s'enraciner dans la discussion. Si vous discutez de truc, vous faites le jeu de machin, c'est au contraire le raisonnement typique du terrorisme intellectuel (et du totalitarisme).


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