• Ils sont gentils. On leur dit de défiler le 9 mars contre l'oppression du marché, ils défilent. On leur dit que Bison Futé déconseille les routes rouges le week-end du 8 mai, ils partent en week-end, organisés en conséquence. On leur dit que c'est la Coupe de France de football, ils s'installent devant les écrans. Au fond, c'est à croire que le goût des cérémonies grandioses n'appartient pas qu'à Sarkozy.

    Mais Roselyne Bachelot, la fantasque Angevine, face à tous les problèmes, dont elle sait qu'ils appellent panem et circensum, propose une solution. Le Grenelle ultime. Le brain-storming équitable. Le rassemblement sans clivages. Le Grenelle du cul. Un excellent article de Lilian Massoulier ici.

    NB : S'il existe un pays sans football, sans cérémonies de football, sans stars de football et sans soirées de football, sans Grenelles et sans festivals culturels, merci de prévenir. J'émigre de suite.


    votre commentaire
  • Ce qui tient lieu de programme au Parti antisioniste offre, pour le bien de l'humanité, rien de moins, de débarrasser la France des sionistes, l'Europe des sionistes, Israël des sionistes, le monde des sionistes.

    Petite question aux antisionistes : vous comptez "les" envoyer où ?


    3 commentaires
  • Quels trouble-fête, ces porcs.

    La rumeur, grande spécialité de tous les téléphones arabes dont Internet, demandez à la Halde si j'y suis en usant de cette image populaire, indique que - grand malheur - le festival de Glastonbury serait en voie d'être annulé parce qu'il est trop acrobatique de se déhancher sur Bruce Springsteen, Blur, White Lies, Lily Allen et Neil Young avec un masque antiseptique.

    J'en profite pour partager les nouvelles rares de l'Amiral, marin toujours devant l'Eternel, ami caustique et parole rare. Et je tronque l'interpersonnalité :

    "Je survis à tout et même aux fins du monde : Hadopi, équipe de France de football, pirates en Somalie, pandémies de grippes variées, croissance zéro, Kerviel et Madoff, Livret A à 1,75%, plus d’un million de chômeurs supplémentaires cette année, Nicolas, l’astéroïde géant - j’ai relu Tintin -, la peste noire, que sais-je encore ?… Ces temps-ci, les apocalypses ne manquent pas. Sans compter que 33 millions de doses de Tamiflu et 700 millions de masques à écouler, ça ne va pas servir à nous faire avaler la crise, alors il va bien falloir qu’on nous trouve un tas de chaos pour liquider le stock… et vite !

    L’offre d’agonies excède terriblement la demande. C’est un constat bien pénible. Rien qu’en virus mutants, en grippes… L’aviaire m’avait déjà obligé à renoncer au Canard WC sous peine de contamination par cuvette. La mexico-porcine sonne le glas des Mariachis et de mes parties de pétanque estivales - sans cochonnet quel intérêt ?

    Et puis, je me pose des questions, je taraude. Est-ce que cette maladie touche tous les cochons ? J’en frémis ! Parce qu’épier des mies, j’avoue que ça m’est arrivé, de temps à autre, mais sans aller jusqu’à les pendre… tout de même !

    Tiens ! À quand la grippe du couillon ? Une véritable pandémie celle-ci, à coup sûr, dégâts énormes... l’atroce champignon... millions de morts... pandémonium... Tamiflu mon amour, pensez... Mais quelle joie pour les rescapés !"


    4 commentaires
  • Quand je lis dans Le Nouvel Observateur un article à la gloire d'Elie Domota dont l'observatrice du LKP (dont il est le leader emblématique) à Genève, lors de la conférence dite Durban II, explique doctement que ça suffit le «salopard de béké qui nous suce la moelle», le «Chinois sournois» ou le «juif qui se croit tout permis». Au sein même de la conférence internationale dédiée à l'antiracisme - gageure - où les effets de manche de Mahmoud Ahmadinejad ont tant plu à ce que mon pays compte d'alters et d'égos dégoûtés d'eux-mêmes.

    Quand je lis dans le même article que ce même Domota a été sollicité par Dieudonné pour le rejoindre dans sa "liste antisioniste" dont le programme on ne peut plus réaliste a été brillamment analysé par Cyril Bennasar sur Causeur - qu'il en soit remercié. Quand je lis ce programme dont le but, sous l'impulsion politique d'un Alain Soral décidément obnubilé par "la question sioniste" chère aux pamphlets les plus célèbres du docteur Destouches, alias Céline, est de débarrasser la France du "lobby" qui la pourrit, et Israël de ses citoyens patriotes - car que je sache, les Israéliens n'ont pas, dans leur grande majorité, exigé que leur Etat, foyer national juif, disparaisse de la carte du monde - et que cette France, vivante aussi sous les Tropiques, aurait pour visages diaboliques le "béké qui nous suce la moelle", le "Chinois sournois", le "juif qui se croit tout permis" et le "sioniste" inhumain auquel s'oppose l'humanité républicaine de Yahia Gouasmi (pour ceux qui l'ignorent, président du Centre chiite Zahra France et du Parti antisioniste), Dieudonné et Soral, têtes de liste du PAS (Parti antisioniste). Cette Guadeloupe à laquelle Domota en ses Antilles promet la préférence ethnique au nom de l'esclavagisme passé en occultant la compexité de l'histoire (préférence régionale et ethnique que même Le Pen n'aurait jamais osé défendre). Comme Dieudonné, d'ailleurs, dont les ancêtres moitié black et moitié bretons ont peut-être - vite, un certificat de vertu ! - contribué à l'économie de la traite. Que Ségolène s'en excuse et qu'elle ne parle surtout pas des 17 millions d'esclaves noirs anéantis par l'Islam.

    Quand je lis sous les plumes de ces démocrates autoproclamés - populistes à vrai dire, au sens poujadiste du terme, mais un poujadisme relooké, adapté à la couleur du public pour les uns, et à ses supposés ennemis invisibles pour les autres -. Quand je lis sous la plume de ces victimistes professionnels - chacun y allant de la surenchère en la matière - qu'il serait préférable de se défaire des békés, des Chinois, des "sionistes" et des Juifs, je me dis que la révolution qu'ils espèrent sent le fagot. Je me dis que c'est beau, leur internationalisme. Beau comme mon cauchemar familier.


    votre commentaire
  • Entre le NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) et le PAS (Parti antisioniste), les rebelles balancent. L'antisionisme, au goût du jour, en appelle aux institutions qu'il entend mettre à bas au nom de la liberté de penser et d'être humaniste.

    Et tandis que Claude Guéant réfléchit à la possibilité d'interdire le PAS, en appelant à l'Etat, le facteur du NPA - quand il ne s'engage pour Gaza - caresse celle de faire annuler la visite de Lieberman, ministre israélien des Affaires étrangères, en France. "Dieudonné est antisémite tout le temps", argue Guéant, pendant que Besancenot en appelle à la lutte contre le sionisto-fasciste ultra-nationaliste israélien. Car au NPA comme au PAS ne s'opposent que les ultras. Le nationalisme, le libéralisme, le sionisme ne se suffisent plus. Ils se préfixent.

    Hélas, la vidéo qui circule sur le Net désignant Richard Prasquier, président du Crif, comme maître de cérémonie de l'esclandre européenne à Genève jette sur le feu des intérêts de l'OCI (Organisation de la Conférence Islamique) une huile de coude dont tout le monde se serait bien passé. De même Claude Guéant quand, au nom de la République, il choisit de diffuser son annonce sur Radio J. Rien de tel pour que s'enflamment les "je vous l'avais bien dit, la France est dirigée en sous-main". Soral aura beau jeu, ensuite, de se déclarer représentant légal de la lutte contre le communautarisme. Et que le communautarisme en question soit étrangement sélectif, nul ne le remarque. Dieudonné et Soral ont la cote. C'est qu'ils les ont conquis, leurs galons d'antiracistes anticommunautaristes. On peut bien tout leur pardonner, à ces défenseurs de la République et de la liberté qui, au fil des ans, représentent à eux seuls l'information bafouée, censurée, et une figure presque christique de la victime des forces de l'ombre. Essayez de critiquer Soral, on vous brandit la réaction minable de Sciences-Po Paris l'invitant puis le désinvitant dans la disgrâce ; on vous giffle avec l'agression qu'il a subie ainsi que la librairie qui le recevait, bastonné par la LDJ ou du Bêtar ; on vous achève avec la défection de Besancenot invité sur le même plateau que lui ; et on vous le rend intelligent parce que Naulleau lui a donné la sainte parole lors d'un débat bas de gamme sur l'art contemporain. Dites que "Dieudo" ne vous amuse guère, on vous rappelle ses shows interdits, ses procès gagnés, ses provocations-qui-font-mouche.

    Soral, Dieudonné et Yahia Gouasmi - président du Centre Zahra France et du PAS - avaient-ils besoin que le secrétaire général de l'Elysée joue avec eux le jeu que François Mitterrand a joué, vingt ans plus tôt, avec leur ami Jean-Marie Le Pen, l'Ostracisé Infiniment, la Voix du Silence du peuple, celui qui "dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas", dans le seul but de diviser l'ennemi idéologique ? En l'occurrence, la gauche. Si la gauche existe encore.

    Seulement voilà. Il était somme toute assez simple de crier haro sur le baudet borgne, dont le passé en Algérie et les propos oubliés depuis sur les étrangers qui dénaturent notre nation régalaient les héraults de la morale politique dont, je l'avoue, je fus dans ma jeunesse idéaliste en lutte contre les injustices - en solitaire, à ma décharge.

    Il l'est beaucoup moins de décrypter ce qui se joue aujourd'hui en France quand la haine séculaire du Juif - mais non, bien sûr, Dieudonné n'est pas antisémite, la preuve, il a des copains Neturei Karta -, le Juif comme figure mythique, ce Juif imaginaire que racontait Alain Finkielkraut dans les années quatre-vingts, à l'époque où je lisais Céline en pensant que ces temps historiques ne demeuraient comme trace monstrueuse que dans le monstre littéraire, quand cette haine qui refuse aux Juifs de vivre dans un Etat, Israël, contenue par la loi s'appliquant aux appels à la haine raciste et, donc, antisémite, se pare des atours de la liberté démocratique, de la vigueur républicaine et de la "réconciliation nationale".


    votre commentaire