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Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice - Stèle avec des soubresauts

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Ca te regarde ? | 14 mars 2008


Tiens
donc.


C'est bête, hier j'avais encore de l'humour.

Il n'y a peut-être rien à comprendre, après tout.
J'ai l'air de bouder comme ça

Quelqu'un a peut-être une codéine ?

Publié par Cosmic Dancer à 17:59:26 dans Instantané | Commentaires (5) |

Memento Mori | 13 mars 2008

Rappelons à toutes fins utiles que not'président a été élu à 53 % non des voix des Français inscrits ni de celles qui ont voté mais des bulletins de vote considérés viables, ce qui selon certains calculs correspond à un peu moins de 51 % des votants, que l'on me corrige si ma mémoire défaille.

- Ce que je veux te dire, c'est que not'président n'est qu'un symptôme.
- Un symptôme agissant !
- Non. Un symptôme d'agitation. La quintessence géographiquement circonscrite d'un symptôme de confusion absolue.
- Les Français sont quand même des veaux, De Gaulle y voyait clair.
- Les mots d'esprits me fatiguent inutilement. Et cette forme de racisme nationalisant m'arrache un son qui grince.
- Un symptôme de quoi ?
- Un pur produit de l'époque, l'éloge du vide dépassé par l'absurde, une tragédie en action.
- Explique-toi.
- Plus tard, je n'ai pas le temps, peut-être.

René s'est engouffré dans le métro sans se retourner tandis que le vent nous fouettait les mèches. Je rêvais d'une main qui s'étend comme un baume et une promesse d'ascension de pic enneigé sur celui qui mourra dans deux ou trois ans au plus sans possibilité de négocier un rab, sous le soleil de tes yeux de 85 voilés du dégoût de l'injustice. Tu étais pâle et belle sous ta frange rousse avec ton nez à la retroussette, on t'aurait bien peinte si on s'était appelées Manet avec une jolie petite nappe délicatement posée sur un brin de pelouse hypothétique avec l'odeur de l'herbe fraîchement coupée comme une violence vitale dans les narines. Le temps. Il faisait froid ce soir encore pendant qu'on fumait improbables en contemplant ces solitudes sur le trottoir. Tu as toujours ce regard de gosse émerveillé, ceci réconfortant cela. J'ignorais que tu vivais du côté du Gardon, j'aime Générargues en particulier. Strasbourg est une ville accueillante. Tu sais, avec les filles je n'ai le temps de rien, je ne fais rien, je ne vis rien, je tiens, je m'accroche. Pour le serrurier, je te rappelle. Ton visage est celui de celui que j'aime, je ne le répéterai plus ou bien. Ton professeur a entièrement raison pour ce qui concerne l'emploi du point-virgule. Il pratique l'art de vivre d'Aristote. Ce temps. Elle a l'air d'aller bien, elle écrit. Ce bracelet rouge est le premier qu'on m'offre depuis jamais, tu ne le sais pas. Tu es si bouleversante, je n'arrive pas à t'écrire. Vcheprochem, demain. Appelle dès que tu as une minute. Le mail fonctionne. J'arrête, je n'ai plus la possibilité d'y écrire comme je veux, je monte mon propre magazine ou tant pis. Je t'ai rapporté le ticket de la vendeuse qui appelle tout le monde chérie. Attends que je récupère une connexion et tu vas voir. Mes propos sont plus pragmatiques en trois points que les tiens. Le 21 ce serait parfait. Je t'aime, quoi, toi. Je t'ai parlé en allemand ? Après ce sera impossible, je monte le stand. Vous devriez vous abonner. Hop hop hop. On a des airs de provinciales, sans doute. Je t'appelle parce que je suis sur la lunette des chiottes avec la petite sur les bras, tout va trop vite sinon. J'ai perdu cette femme qui m'aimait, c'est dur de retrouver la perle, je ne sais pas si c'est possible. Quel temps. Si tu veux je passe t'aider entre midi et deux. C'est une politique nazi ! Mesure tes termes. Il doit être parti pour une de ces retraites dont il a le secret. Certains comptent leurs amis sur le doigt d'une main, moi c'est sur mes phalanges. Il est de ceux qui s'engagent et s'épuisent. Ça ne se produira pas. Pas le temps. Nous avions tous les deux cinq ans, j'ai réparé la chaîne de son vélo. Evidemment je préfère la moutarde au ketchup sucré. Tu ne m'aimes plus, habibi ? C'est si sérieux, détendu, intelligent, cultivé, équilibré, élégant, chiant. Je comprends bien l'histoire que tu me racontes. Si ça continue, je vais passer par le bon vieux courrier, je ne veux pas la déranger. J'ai oublié de te dire que que c'est beau, ce que tu fais sur tes petits carrés de tissu. René, notre temps est toujours trop court. L'avocat de mes glaouïes veut un chèque supplémentaire, eh oui. Je raconte toujours n'importe quoi et je ris sans raison, le vent me giffle je me sens idiote. Tes tableaux, tu sais de quelle solitude intime ils me parlent. Les vacances au Maroc, va et rêve tant que tu t'aveugles. A demain, alors. Je vais regarder, maintenant, je vis par procuration sauf le dimanche à partir de quinze heures. Embrasse-moi au lieu de dire des bêtises. Hors de question que tu rentres seule à pied dans la nuit froide. On signe samedi. Je les appelle de ta part, d'accord. Le futon tiendra le temps qu'il faut, je m'en balance. Ça y est j'ai rencontré un mec. Déjà ? Je ne suis pas bavard, tu sais. Je sais, AA. Plutôt dimanche ? Le 21 ce serait parfait. Si c'est possible. Demain, sans doute.

Publié par Cosmic Dancer à 02:06:56 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (4) |

Comment ? On réhabilite ! Hein ? Quoi ? | 10 mars 2008


Vive la politique sociale de réhabilitation de ma tour. C'est au doux son du marteau-piqueur que ma cafetière glousse en tressautant sur la table. Le brise-béton vous tonifie le cerveau aux aurores, un, deux, trois, et un, deux, trois, et les enfants hurlent parce qu'ils sont incapables d'apprécier la symphonie subtile des pilonneuses et des perforateurs. Les chiens ne sont guère plus mélomanes, ils n'entendent rien aux accents de la découpeuse que rythment les coups de masses et les vibratos des foreuses.

Ça va durer six mois au moins, logement après logement. Une nouvelle intimité entre voisins.
- Alors, ça casse ? - Super !
Et dedans ce sera rigolo : on va jouer tour à tour à "mets tout dans une pièce et respire la poussière". On sera reconnaissables avec nos masques à oxygène, c'est chouette, ça vous solidarise même les plus timorés.

C'est merveilleux parce qu'ensuite la tour sera comme neuve, les loyers augmenteront enfin, on se sentira riches. Il faudra bien en profiter : dans quatre ans elle sera rasée ainsi que les bâtiments autour, et la parcelle revendue à des promoteurs immobiliers. Le quartier a pris du galon. Heureusement que la direction du logement social a pris cette sage décision après 37 ans d'inertie, dis donc. Mais dans quatre ans, c'est la présidentielle. Et ça ne votait pas beaucoup par ici lors des municipales, d'habitude.

- Si tu veux me téléphoner, préviens en envoyant un mail, je décrocherai plutôt dehors dans la tempête parce que là, les rafales de vent s'acharnent sur les volets que j'ai dû laisser fermés pour ne pas exploser les vitres.
- Et puis arrête de te plaindre. Pour se faire pardonner, ils vous réservent des offres de logements saisis revendus à un prix symbolique.

Publié par Cosmic Dancer à 08:46:51 dans Infos à peine pratiques | Commentaires (1) |

Tu attends ? | 07 mars 2008

T'attends quoi toi, qui chaque matin consciencieusement parcours les dénommés "titres de l'actualité" où tu apprends en un regard qu'en Irak plus de cinquante quidams ont encore succombé, qu'en Israël un attentat met fin aux espoirs de négociations entamés récemment, qu'ici les chiffres édulcorés du chômage variant d'un instant l'autre suggèrent une parodie de politique en ces temps où la politique est morte, ces coups tous ces coups, ces palabres où l'on te raconte que les retraités sont injustes de manifester et que la Gauche incarnée par le Parti socialiste va déferler la gueule de la Justice en bandoulière se vengeant lors des municipales de la gifle infligée à la présidentielle, alors que tu te demandes quand seront les prochaines soldes et surtout quand ce cirque prendra fin qui t'oblige à trimer en te priant d'y croire. T'attends quoi dans tes plaintes d'enfant chéri du siècle la bouche en cœur à tergiverser sur tes cotisations et tes investissements sur un rapport futur dans le futur improbable où les cartes du monde resteraient immobiles, celles-là même que tes parents te reprochent de ne pas être suffisamment dignes et que tu leur reproches d'être suffisamment solidaires compte tenu de l'aspect dérisoire de ton salaire net, génération contre génération repliées sur le grill que dénoncent les ultra-libéraux ces pieuses enflures qui baisent avec un métronome réglé mode CAC40, ton môme bientôt te suggérant de mourir vite qu'il puisse acheter un nid d'amour et perpétuer ton engagement, rengaine que dans les dédales de tes nuits tu psalmodies à l'attention discrète de ta propre ascendance dans les draps où tu jouis avec lui.

T'attends quoi, toi.

- Je n'attends rien, je ne peux.

T'attends quoi en poussant poussif ton chariot chez Carrefour ou Leclerc où signe du temps les foules s'étonnent qu'un basané ait objectivement le droit de commander avant toi selon les règles de préséance au rayon "poisson frais", tandis que rue Doudeauville tu poirotes et t'agaces parce que tu n'as pas de couilles et que tu n'es pas d'ici pendant que des femmes charnelles te poussent du bout des seins et que des hommes secs se marrent jouant de leurs coudes suprêmes pour - misère - te devancer de la bourse. T'attends quoi de la journée internationale de la femme demain où personnellement je me cacherai honteuse - quoique - de ne pas participer mais connaissant mes lois et n'ayant aucunement l'intention de te rappeler à l'ordre, de rappeler à ton bon souvenir les courbes des statistiques principalement dans le monde, éventuellement ici.

T'attends quoi, toi.

- Je rêve, je n'attends pas. Oublie et respire.
- Oxygène. Et détachez-moi ces neurones, ça sent le roussi.

T'attends quoi de tes rêves impuissants et si tu n'attends rien, meurs en silence.

- T'es fun.
- Faut bien.

Publié par Cosmic Dancer à 23:46:57 dans Infos à peine pratiques | Commentaires (2) |

Lui, lui, lui, elle et Vous | 29 février 2008


- Je dis qu'il est élitiste de considérer que les candidats de la Starac et de la Nouvelle Star ne sont pas des artistes. Ils savent chanter, ils ont du talent, ils ont travaillé dur pour se faire connaître.
- Travaillé dur pour quoi ?
- Se faire connaître. Réussir.
- Réussir quoi ?
- A se faire connaître.
- Ah.
- Tu es jaloux parce que tu ne passes pas à la télé.
- Tu commences à parler comme ma mère et mes tantes.
- Je suis du peuple, je ne suis pas élitiste. Je ne prends pas les autres pour des cons. Il y a des gens très bien.
- Oui sans doute. Mais à partir du moment où ils rentrent dans ce circuit qui fait d'eux des produits de consommation...
- Discours d'intellectuel. Je te demande de respecter les gens individuellement, ils le méritent. Ils ont réussi.
- Mais réussi quoi ?
- A se faire connaître ! Où est le problème ?
- Le problème c'est que c'est de la merde. On leur demande de faire de la merde et ils le font parce que comme le nom l'indique, ils veulent devenir des "stars".
- Et alors ? Les Stones sont des stars ! Je m'en fous, du système, c'est une idée abstraite. Je te parle des gens, des artistes individuellement.
- Ce ne sont pas des artistes.
- De quel droit ? Ils savent chanter. Amel Bent, par exemple, ne me dis pas qu'elle ne sait pas chanter !
- Qu'est-ce qu'elle a à dire avec son r'n'b de base de merde ?
- Je te parle de devenir populaire, pas élitiste.
- Mais Hendricks était populaire !
- Je te parle de respecter les gens. Je ne me laisse pas embrigader, je suis lucide. J'exige simplement que tu les respectes en tant qu'artistes parce que eux aussi ont fait des concerts.
- Mais ce sont des produits fabriqués de toutes pièces.
- C'est ton avis, je ne le partage pas.
- ...
- C'est toujours pareil avec vous, les intellectuels. Vous ne faites jamais aucun effort. Vous ne savez que critiquer parce que vous êtes frustrés de ne pas être connus.

Andy Wharol est demandé à l'accueil de l'asile. Un quart d'heure ne sera pas tout à fait suffisant.
On demande Mr. Wharol à l'accueil. Mr. Wharol est demandé à l'accueil. Y a-t-il un Mr. Wharol dans la salle ?

Publié par Cosmic Dancer à 23:56:47 dans Inaimables humeurs | Commentaires (22) |

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