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Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice

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Ma fille, puisque tu m'interroges | 03 août 2008

"Ma fille, puisque tu m'interroges je vais tenter de te répondre et je ne le peux pas. Je ne peux pas supporter le souvenir de la guerre d'Algérie [où mon père, troufion de base, a été appelé comme toute sa génération], où j'ai vu des amis les couilles coupées sanguinolentes au fond de leur gorge [cette image monstrueuse dont tant partagent le souvenir impossible et qui s'éteint comme un feu de cheminée après une longue veille où l'on aurait conté n'importe quoi aux enfants, les flammèches odorantes crépitant, venant lécher les orteils, pourvu que ce soit dicible], où je sais les crimes de l'OAS torturant les contrevenants [mon père honnit les brutes de l'oas], où je comprends le désir du FLN de se débarrasser de l'occupant [mon père se souvient de son père pendant la seconde guerre mondiale, grand-père, communiste avant que de savoir les crimes du stalinisme, très tôt, après jamais plus, cégétiste encore à l'époque, de la confrérie des métallurgistes, après jamais plus, trahi en sa conviction, entaulé à la Gestapo, évadé en tuant un gardien, et la suite, et la suite, longue histoire d'un espion à gueule de star hollywoodienne vouant à jamais une détestation incompréhensible pour moi aux Anglais, pendant que grand-oncle d'adoption qui avait refusé d'effectuer le STO tentait de survivre dans le camp de concentration d'Orianenburg, bouffant du rat, se carrant dans les latrines et détournant son regard tendre des morts qui gisaient dessus et dessous lui, lui, mort jeune encore il y a moins de vingt ans, le cœur abimé, le cœur souffrant, jamais guéri], où je sais les crimes du FLN assassinant les contrevenants [mon père ne peut supporter les crimes, d'où qu'ils proviennent, bien qu'il eut dû endosser un uniforme et faire la guerre, à peine sorti de l'adolescence], tu connais le nom du survivant à ces massacres qu'il a organisés lui-même, ma fille, n'est-ce pas [Bouteflika, papa], où je vois les crimes des islamistes égorgeant les contrevenants [père, cette langue, cette culture, ces hommes, ces paysages que tu respectes et estimes tant, arpentant le désert avec eux comme un gosse émerveillé amoureux de la terre entière]. Je n'ai pas de réponse, ma fille. L'être humain prouve ses capacités barbares au long de l'histoire [merci, je ne peux pas m'arrêter à ça]. Tu devrais profiter des plaisirs de la vie et nous pardonner pour le reste. [Je sais que tu n'as tué personne, que tu as porté l'arme et vomi, non comme un lâche mais comme un homme se portant au secours des siens, écœuré, hanté dans tes nuits, dans tes jours, par des visions insurmontables si n'était l'amour de maman, qu'il te fut difficile de survivre à ce dont, muet encore, muet toujours, tu fus témoin et ce dont personne aujourd'hui encore ne parvient à parler, ou peut-être as-tu tué, je ne le saurais pas, quand bien même.]"

Les plaisirs de la vie, père ?

Publié par Cosmic Dancer à 23:00:13 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (5) |

Grand frère is watching me | 27 juillet 2008



La société totalitariste d'Orwell est souvent invoquée par la société citoyenniste s'exprimant sur Internet pour décrire l'ensemble des mesures liberticides considérées comme nocives (le passeport biométrique, l'empreinte génétique), tandis que d'autres sont réclamées à grands cris, de l'ordre de ce que le regretté Philippe Murray nommait "l'envie du pénal", et alors même qu'elles procèdent d'une logique de contrôle identique (je pense ici à l'interdiction de "diffamer une religion"), mais également, selon l'analyse répandue de ce chef-d'œuvre d'anticipation, pour décrire une coercition mentale infligée par un pouvoir politique suprême aux membres qui composent son Etat. Le processus totalitaire décrit par le romancier s'inspire directement des systèmes nazi et stalinien et l'on pourrait, en ce sens, être fondé à penser d'une part que ces temps historiques sont révolus mais que d'autre part aussi la mondialisation des échanges économiques représente ce nouveau totalitarisme contre lequel s'érige principalement l'altermondialisme. Ou "autre mondialisation", sorte d'Eden des échanges entre populations que rien ne distinguerait plus les unes des autres dans leur approche de l'amour universel devant présider à son avènement. Cette autre mondialisation, Homo Forumus la met en œuvre sous l'aile de la défiance et de l'anticipation car tacitement, tout ce qui n'est pas dit est aujourd'hui nécessairement "rampant" ou "rentré". Autrement dit à débusquer avant que d'être, sous la forme d'un serpent fabuleux ou d'une arme sous le manteau.
Ainsi, avant même que soit énoncée une parole, le soupçon pèse déjà sur son énonciateur quant à l'-isme, au -phile, -phobe, -âtre, voire -mane à venir. C'est à l'occasion de l'anodine mais désastreuse "affaire Siné" que j'ai pu découvrir, par exemple, élaboré sur la thèse de Jean Robin relative à la "judéomanie" le superlatif "judéolâtrie", tandis qu'un auteur catholique se voyait qualifié sans la moindre ironie de "religiomane". Mais l'induction nécessite preuve. Homo Internetus pratique donc fiévreusement le googling, utilisation intempestive de l'archiviste mondial qu'il combat par ailleurs courageusement pour son caractère intrusif, débusquant un "post" au détour d'un forum ou d'un blog avec un zèle que l'Inquisition elle-même n'aurait certainement pas renié pour disqualifier son frère en citoyenneté certes, mais néanmoins adversaire à abattre d'un seul clic. Un peu comme un accusateur public rivé au balai d'une sorcière qu'il pourchasse en volant au motif qu'elle lui reproche de lui dérober ses poudres d'accusatrice publique. Faut suivre...

Il me semble donc pour ma part que dans l'œil nouveau de Big Brother gît la poutre dont le citoyen voit la paille dans celui de l'Etat et des puissances occultes d'un Mal inqualifiable qui ne saurait en conséquence être autrement circonscrit dans l'Enfer où il fourbit sa "haine" de la liberté et de la fraternité que par des formules aussi nébuleuses que magiques ("le pouvoir", "les médias dominants"). L'époque est à tous les soupçons, et le florilège d'expressions pour le dire révèle une confusion emprunte d'une paranoïa aussi intense que le besoin corollaire d'expliquer l'inexplicable, en l'occurrence un point de vue différent.

La confiance accordée aux médias traditionnels (plus précisément à la presse écrite non magazine) a souffert, semble-t-il, en France, du grand schisme national autour de la Constitution européenne et il semble que, depuis, le Soupçon soit devenu le mot maître, avec ses armées de gourous et d'adeptes. Si des forces politiques s'opposent, généralement déterminées par une droite et une gauche et leurs extrêmes, le lexique de ce que l'on pourrait, pourquoi se priver, appeler "la soupçonnomanie" est partagé par le citoyen "vigilant" pour qui une pensée adverse constitue au mieux "un odieux amalgame", au pire "une collaboration au Système", et entre les deux le "politiquement correct" de "la bien-pensance", formule testée, approuvée et adoptée de tous côtés à tel point qu'on ne sait plus très bien qui est le politiquement correct de l'autre et versa vice. Ce que l'on sait, c'est que la maladie, c'est l'autre qui l'a.

Ce que l'on sait, c'est que cet anathème brandi tel une gousse d'ail des temps modernes clôt toute tentative de dialogue, si tant est que ce mot désuet ait encore un sens dans le cybermonde où il s'agit bien plus souvent de traquer "le dérapage" de l'ennemi et "le mot qu'il ne fallait pas dire" que de lui opposer des arguments construits après avoir éventuellement entendu les siens. L'effort du raisonnement se traduit généralement par le copier-coller d'un article quelconque ou l'insertion d'un lien hypertextuel, comme si la Preuve de l'existence d'un Avis identique suffisait à asseoir la majesté du sien. Les liens hypertextuels en guise d'expression d'une idée me dérangent au sens où, censés, lors de la naissance du réseau mondial, enrichir un esprit curieux et ouvert par l'apport d'informations transversales ou d'approfondissements, ils s'apparentent plutôt à ce que Régis Debray (Sur le pont d'Avignon) déplore d'absence de lien, précisément, au sens d'une série de strates de lectures dont le sédiment enchante l'esprit comme aussi bien il le torture. L'immédiateté de cet Actuel de l'hyperlien érigé en argument ultime et en fin de non-recevoir s'oppose précisément à la lenteur de temps que réclame la pensée et au bonheur qu'il y a à se livrer aux livres.

C'est ici qu'intervient un autre paradoxe dont souffre Homo Forumus. On l'entend décrier le bougisme et le sens de l'insulte présidentiels, tandis que dans le même temps il rôde sur les forums, le doigt sur le clavier, prêt à lancer ses foudres sur le premier mal-pensant. Or comme il est toujours le mal-pensant d'un autre lui-même dont l'argumentation repose aussi sur les liens bleus et le googling, l'exercice se résume à dégainer le premier et finit par rendre ce Sisyphe des temps modernes quelque peu schizophrène. Il ne sait plus qui a offensé qui, ni si Dieu ce ne serait pas lui et lui l'ordonnateur de son châtiment propre.

La torture est cruelle, mais le Soupçon l'abrège.

Publié par Cosmic Dancer à 21:33:46 dans Inaimables humeurs | Commentaires (0) |

Alerte : hécatombe d'humoristes en France | 22 juillet 2008


Charlie Chaplin - Les Temps modernes.

Attaqués de toutes parts, les meilleurs humoristes français subissent depuis quelques années une ostracisation croissante. Principalement ceux qui, tels des La Fayette des Temps modernes, font de leur corps martyr un rempart contre une pensée liberticide qui ne les trouve pas toujours très drôles.

La France, célèbre dans le monde entier pour la finesse de ses humoristes contemporains que jalousent les Kazakhs n'ayant que Borat et les Américains que Woody Allen et Aron Kader à leur opposer, la France relève enfin fièrement la tête de la grisaille putride où l'entraîne la censure des libertomanes. Vous savez, ceux qui seraient prêts à agonir d'insultes anonymes le premier soupçon de pensée déviante. Suivez mon regard. (Enfin, tout dépend de vos lectures mais certaines valent mieux que d'autres. Que dis-je. Certaines devraient être proscrites. Ainsi, il est tout à fait malsain de lire tout à la fois Finkelkraut et Soral, par exemple, surtout si vous cachez une Bible sous votre matelas. Comme d'écouter Bach et Mozart, en gros.)

Oui, la France crée aussi. Sur ce formidable outil citoyen que sont les forums, véritable agora sur laquelle chantent toutes les libertés enfin retrouvées, elle conceptualise dès l'aurore. L'on voit ainsi fleurir une invention par jour, il suffit de se promener: de "judéomane" et "judéolâtre", le lexique n'est guère long qui conduit cette semaine jusqu'à l'amoureux "sinéphile". Non, pas l'amoureux du septième art, celui-ci s'écrit avec un "c". Ni non plus le passionné de race canine, qu'on appelle cinophile. Le défenseur du droit de la France à rire. Que dis-je, l'ordonnateur du devoir de la France à rire.

On ne vous a rien dit ? Alors je transmets l'information.
Dans cette France aujourd'hui l'on tente de bâillonner l'irrésistible besoin de rire qui serait le propre de l'homme. On se souvient avec émotion de la manière dont Bigard, à l'aise dans son slip, décomplexé, a été violemment conspué lors de son Vatican Tour. On n'ignore pas non plus au prix de quelles contorsions révolutionnaires Dieudonné, héroïque, emplit chaque soir la jauge de la Main d'Or, son théâtre privé. Et combien il est périlleux pour un Christian Clavier, pire encore pour un Guy Bedos, de s'exprimer en public.
C'est qu'on ne nous la fait pas à nous, citoyens vigilants.
La bataille qui se livre aujourd'hui, c'est la lutte finale de l'humour. Sinéphiles contre Charliphiles. David contre Goliath. Néo contre Smith. L'infiniment petit contre l'infiniment grand. Un combat homérique dont le Citoyen sort grandi, armé chacun de sa juste Cause.

Dans le brouhaha de cette farce sinistre et désastreuse, où Claude Askolovitch et BHL auraient pu s'abstenir de commenter aussi gravement, et Philippe Val, en tant que rédacteur en chef, lire une chronique de son journal avant qu'elle ne soit publiée, deux voix heureuses se font entendre. Celle d'Elisabeth Lévy en son salon du Causeur et celle de Philippe Cohen sur Marianne2 .
Remarquez, les forumeurs perspicaces ont déjà promptement noté qu'ils ont des noms à peine Français. Mais ce n'est sûrement pas Pierre Desproges qui les sortira de la salle.

Publié par Cosmic Dancer à 16:34:13 dans Inaimables humeurs | Commentaires (13) |

Les mots peuvent être comme de minuscules doses d'arsenic | 21 juillet 2008

"Les mots peuvent être comme de minuscules doses d'arsenic : on les avale sans y prendre garde, ils semblent ne faire aucun effet, et voilà qu'après quelque temps l'effet toxique se fait sentir. Si quelqu'un, au lieu d'héroïque et vertueux, dit pendant assez longtemps fanatique, il finira par croire vraiment qu'un fanatique est un héros vertueux et que, sans fanatisme, on ne peut pas être un héros."

Victor Klemperer - LTI, la langue du IIIe Reich.

Publié par Cosmic Dancer à 15:09:05 dans Ce goût des autres | Commentaires (2) |

Apocalypse joyeuse | 18 juillet 2008

Le mercredi 17 juillet, l'échange macabre entre Israël et le Liban a donné lieu à des réjouissances orchestrées et mises en scène par le Parti de Dieu. L'ancien prisonnier Samir Kuntar a été salué comme un héros national, lui dont le fait d'armes est d'avoir fracassé le crâne d'une enfant de quatre ans après avoir abattu son père sous ses yeux. Sur cette mascarade ignominieuse, pas une ligne dans les journaux. Hormis cet article de Robert Fisk dans l'Independant, celui de Gaby Naser dans L'Orient-Le Jour. Et WIL sur son blog.

 

Lorsque Hassan II, défunt despote marocain, affirmait qu'Israël représentait l'aphrodisiaque du monde arabe, il exprimait parfaitement le sentiment que l'on a pu ressentir en contemplant les cérémonies de réception des criminels libanais par le hezbollah. Pratiquement toute la classe politique libanaise, 8 comme 14 mars, a assisté à l'avènement de Hassan Nasrallah comme dictateur du Liban dans une sorte d'extase sexuelle, tous les hommes présents (les femmes sont juste à côté...) apparaissant comme fascinés par la virilité du chef du mouvement terroriste chiite libanais. Walid Joumblaat, hier opposant féroce du hezb, semble aujourd'hui son plus grand héraut, et l'union nationale apparaît enfin complète avec le retour au pays de l'enfant prodigue, Kuntar, qui a eu la délicatesse de fracasser le crâne d'une enfant de 4 ans en Israël. Chacun maintenant collabore à la seule résistance légitime au Moyen-orient : non pas le rejet de l'intolérance, du racisme ou de l'inégalité homme-femme pour faire avancer la civilisation, mais la lutte contre Israël, seule capable de faire jouir les foules et de rassembler autant d'abrutis dans le culte de la criminalité.

Pourquoi ces événements sont-ils si tristes ? Est-on obligatoirement un sioniste pur et dur quand on a des envies de meurtre devant la ferveur populaire libanaise ? Ces célébrations m'ont brisé le coeur, non pas que je plaigne Israël dans l'échange, mais plutôt parce que la pitié m'étreint en découvrant la nouvelle donne du jeu politique libanais. Désormais, le Liban est uni dans sa quête imbécile contre son voisin du sud. Je sais pertinemment que nombreux sont les Libanais opposés au hezbollah, et ils doivent se sentir bien seuls désormais. Les fêtes kitsch du retour des cinq prisonniers libanais, qui brisent symboliquement des barreaux de prison en bois pour arriver sur la scène où on les acclame comme des héros, montrent avec force que le Liban bascule la tête (?) la première dans la continuation de la guerre froide, mettant aux prises non plus démocraties et pays communistes, mais pays développés et dictatures néo-fascistes. C'est donc avec tristesse qu'on imagine la suite des événements pour le Liban, qui a suscité tellement d'espoirs dans la région, avec sa fragile démocratie, sa coexistence communautaire pas toujours heureuse et ses batailles électorales perdues d'avance. Sans compter ses médias qui risquent de connaître des jours peu déontologiques, les patrons de presse étant tous impliqués dans la bataille du pouvoir.

Quand on aime le Liban, on s'inquiète de le voir si mal en point se réjouir avec fougue de sa mauvaise fortune. Il devrait être au lit, fiévreux, à combattre ses virus avec des anticorps, et il préfère danser dans un froid glacial en se réjouissant de la bonne avancée de sa maladie. On se doute qu'Israël saura laver les affronts, et Kuntar vivra le reste de sa vie dans la peur, et non comme il l'affirme en libérant les fermes de Chebaa. Mais tout le monde perdra dans ces affrontements futurs qui ne servent au final qu'à imposer la volonté politique de criminels contre l'humanité à des masses qui portent des œillères. De notre côté, on peut continuer à soutenir le Liban démocratique, en se demandant toutefois avec angoisse qui seront les leaders qui le représenteront. Et espérer fortement que le prochain conflit fasse le moins de victimes possibles, en envoyant les cochons de guerre là où ils peuvent faire l'amour non pas avec 70 vierges, mais avec celui qui les met dans une transe amoureuse qu'on n'avait pas vu depuis Hitler quand il proposait de brûler les juifs. Je sais qu'on retrouve le point Godwin, mais l'histoire se répète pour ceux qui l'ignorent. Souvenez-vous du poème de Martin Niemöller, que je cite souvent dans ce blog, et observez avec vigilance ce qui se passe au Liban.

Quand ils sont venus chercher les communistes,
je n'ai rien dit, je n'étais pas communiste.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
je n'ai rien dit, je n'étais pas syndicaliste.

Quand ils sont venus chercher les juifs,
je n'ai rien dit, je n'étais pas juif.

Quand ils sont venus chercher les catholiques,
je n'ai rien dit, je n'étais pas catholique.

Puis ils sont venus me chercher.
Et il ne restait personne pour protester...

Pasteur Martin Niemoller (1892-1984), Dachau 1942

Publié par Cosmic Dancer à 18:08:34 dans Il n'y a pas que la littérature dans la vie | Commentaires (7) |

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