Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice - Stèle avec des soubresauts

Impolitesses


Moi :
Virgule, apostrophe.

arianesurunfil@yahoo.fr

Sauf mention contraire,
le contenu de cette page est sous
contrat Creative Commons.

Contrat Creative Commons



Juillet

DiLuMaMeJeVeSa
  12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
2728293031  

Radioblog

Loading

Compteur

Depuis le 01-06-2006 :
294291 visiteurs
Depuis le début du mois :
15348 visiteurs
Billets :
520 billets

Rideau, de grâce ! | 22 avril 2008

Le démocrate nouveau est arrivé. Lui aussi colle à la vie. Ouvert(e). Sympa. Blessé(e). Chantant les feuilles mortes à la télé ou roulant en rollers sur le macadam parisien. Blouson de cuir et santiags. Crédible parce qu'authentique. Décoiffant. Tel qu'en lui-même enfin. Le bureau donne sur la chambre. Sans hypocrisie. Traduisons en bon latin : obscène.

Ob-scenus : ce qu'il reste d'un homme quand il ne se met plus en scène (ob : à la place, en échange de). Quand s'exhibe ce que l'on doit cacher ou éviter. Tel est le premier sens du mot, dont le second fut conséquemment sinistre ou de mauvais augure. Le pluriel neutre, obscena, désignait les excréments. Appelons donc obscène, sans esprit polémique et au sens étymologique, une société qui, parce qu'elle ne supporte plus la coupure scénique, confond le surmoi et le moi, le nous et le je, l'ambition collective et l'ambitieux tout court. Qui fait passer la personne de l'écrivain avant son écriture, l'homme d'action avant son action et le musicien devant la musique. Obscène, en termes techniques, est le forum dont la dramaturgie se met à obéir à la télécratie. Ou qui passe, plus précisément, du plan large au gros plan qui vient fouiller le visage, la larme au coin de l'œil, le baiser sur la bouche et le petit dernier - au cours d'un cérémonial officiel. Et qui fera bientôt de chaque "moment fort" de la vie publique quelque chose d'intermédiaire entre la Roue de la fortune et le Loft.

Régis Debray - L'obscénité démocratique - Flammarion, 2007.

Publié par Cosmic Dancer à 20:51:09 dans Ce goût des autres | Commentaires (4) |

Ta Sainteté m'emmerde | 07 avril 2008

Entre les marches "blanches" pour Ingrid Betancourt, les Sa Sainteté par-ci, Sa Sainteté par-là des bisounours, z'avez qu'à lire en page d'accueil c'est répugnant, ça dégoûline, et l'appel au scandale multiconfessionnel c'est-à-dire réservé aux croyants, les indignations de circonstance finiraient par me rendre cynique. Heureusement que j'ai pas le temps de pleurer.

Publié par Cosmic Dancer à 11:04:12 dans Inaimables humeurs | Commentaires (8) |

Un voilier, ça navigue | 06 avril 2008

- Alors tu es allée au bout du monde pour me rapporter ce bateau ?
- Oui.
- Et où est le bout du monde ?
- Pas loin. Ce bateau a traversé les océans et il a connu des tempêtes, mais regarde, en dehors des cordages qu'il faudra réparer un peu, en principe il navigue.
- Un bateau, ça coule toujours.
- Regarde, il a une quille. C'est ce qui lui permet de tenir en équilibre. Il a des voiles. Avec le vent, c'est ce qui lui permet d'avancer.
- Un bateau, ça coule.
- Un bateau, ça navigue.
- Alors je pourrai le faire aller au parc ?
- Oui. Essaie demain dans ton bain et s'il y a le moindre problème, dis-le moi.
- D'accord.
- Oui. Parce qu'un problème, ça se règle.
- Je ne veux pas aller te voir avec les grands.
- Alors ce sera entre quatre yeux.
- Lis-moi une histoire.
- Il est tard pour lire une histoire à un enfant de cinq ans.
- Non, j'ai six ans.
- Tu es né en 2002.
- Oui.
- Alors je viendrai demain soir à une heure où il est possible de lire une histoire à un petit garçon de six ans. Ta maman me dira quelle heure c'est.
- Tu m'as dit comment rêver comme je veux mais aussi il y a des mauvaises choses.
- Quelles mauvaises choses.
- Les grands.
- ...
- Mon bateau, son nom c'est Maxime Bateau.
- Tope-là, Maxime.

Publié par Cosmic Dancer à 00:43:11 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (1) |

Il est né, le divin enfant | 04 avril 2008

En bons anthropophages ils s'étaient réunis autour du berceau commandé six mois à l'avance sur le catalogue des layettes bienheureusement, quel doux miracle, soldées et par bel enchantement assorties à la future chambre et décorées à la couleur du sexe qui était à produire logiquement - rose pour une fille, bleu pour le garçon :
- C'est si mignon quand c'est tout petit.
- C'est si potelé, on en mangerait.
Avenants, la bite rassénérée et le vagin justifié dans le silence pudique qui sied aux circonstances concernant les palpitations improbables de cet encombrant passager, ils se branlaient le compte bancaire, les futurs cadeaux de Noël et le notaire à qui il allait falloir faire réécrire le testament, se prenant maladroitement la main pour l'occasion attendris. Une larme aux couleurs de l'amour et de la reconnaissance pourrait finir d'enterrer le superflu, le cas échéant.
- Il faut être monstrueux pour ne pas désirer ça.
- Qui parle de désir. Il suffit de.
- Qu'il est bon de s'immortaliser.
- Je dirais même plus, de s'occuper.
- De dépenser.
- De se disséminer.
- De se but-dans-l'existence-trouver.
- De s'achats-compulsifs-justifier.
- De ce-qui-nous-pend-au-nez-se-foutriser.
- De ce-qui-lui-pend-au-dé-se-dédouaner.
- De ce-miroir-modulable-s'enamourer.
- De ce-ma-vie-a-un-sens-se-féliciter.
- C'est jouissif. Poursuivons. C'est à moi qu'il ressemblera.
- A moi, non.
- C'est le mien.
- Non, le mien.
- Disons le nôtre.
- Petit chouchou, tu nous appartiens, nous vivons.
- Après nous le déluge, en effet. Telle est la loi.
Ils avaient fait de grandes prières pour que le coït soit productif, œuvrant en lame de fond fondante, sucrés sourires la bouche en cœur, à défaut de bois-bandé disponible en pharmacie hexagonale suçant en berceuse affective le corps caverneux élu entre tous pour la noble et pieuse tâche, posant sur ledit dubitatif le regard d'une mère sur la fontanelle de son fils :
- Couvrons-le d'attention jusqu'au moment crucial.
- Choyons-le, il est méritant.
- Proposons-lui un séjour tout compris en cure thermale.
- Offrons-lui des mets inoubliables.
- Des calices.
- Des repas complets.
- Des délices.
- Des épices.
- Serons-nous assurés du succès ?
- Tout vient à point à qui sait attendre.
Du sérieux, une affaire qui exige réunions plénières, planning et budget prévisionnel, en grappe ardente guettant le drap où béante la matrice béate se distendrait enfin dans un sourire ultimement humide pour une dernière consécration, juste une fois, juste une fois pour toutes afin d'oublier ces foutaises sexuelles, ces sensations de peau à peau, ce chant vibrant, cette fin mortelle, ce firmament. Ne parle pas d'amour, c'est littéraire, la vie c'est du donnant-malant. Accueil sublime voire olympique de la chatte contrainte à la solde avant fermeture définitive, l'orgasme du devoir accompli et à naître, rudes tâches journalières qui finiront d'annihiler cette perversion insupportable qu'est l'esprit dans un corps en flamme. Il faudrait être monstrueux pour ne pas être ému par ça.
- Voyez comme il fait beau. Tout est normal.
- Il semblerait. La température est de saison, en effet.
- Encourageons ce bel effort. Prions et assistons.
- Un de plus, un de moins sur cette terre...
- Un baptême et fini le blasphème.
- Dieu a dit "croîs et multiplie-toi". Quoi qu'il en soit.
Il faut vraiment être monstrueux pour ne pas être ému par ça.

Publié par Cosmic Dancer à 22:41:43 dans Inaimables humeurs | Commentaires (4) |

Jeux de Pékin, jeux de vilains | 02 avril 2008

D'abord je n'ai jamais compris - ou alors il faut accepter définitivement ce cynisme économique qui dirige les décisions politiques - pourquoi le Comité olympique international a fait semblant de penser que le gouvernement chinois ferait amende honorable, alors même que, peut-être me trompé-je dans les dates, je n'ai pas le temps de vérifier, les intérêts de la Chine au Darfour et plus généralement sur le continent africain ne s'embarrassent pas d'histoires d'écologie, de génocides, de massacres et de droits de l'homme et que vraiment la candeur occidentale est risible à cet égard, si tant est qu'elle croit un tantinet en ses pseudo-causes, car personnellement plus je regarde ce chaos moins je conserve un semblant d'espoir - par quelle invraisemblable gageure Pékin avait été élue pour les Jeux olympiques que j'adorais à l'époque où j'étais gymnaste à cause de Nadia Comaneci que j'avais vue à la télé. Alors boycotter me paraît une pure tartufferie. Ou alors ne vendons ni tégévés ni centrales nucléaires, et surtout cessons d'acheter ces produits "made in China" pour lesquels la population de l'Empire communisto-libéral - fallait le faire - sue et saigne au cœur d'une machinerie définitivement inhumaine, car si les Tibétains en voie d'éradication, horreur encore, versent des larmes de sang et sont exécutés en masse depuis un demi-siècle, toute dissidence dans cette Chine tellement populaire fantasmée par d'anciens intellectuels reconvertis se termine une balle dans la nuque et un trafic d'organes en prime. Et ces caméras et leurs vingt secondes de décalage. Et le peuple de Chine qui souffrirait d'une déconsidération de l'honneur. Nationalismes, je vous hais.

- Mais tu es sûre que même s'ils font appel, c'est gagné ?
- Ils étaient des centaines à attendre, peut-être des milliers. On ferme notre gueule pendant un mois. Puis on l'explose.
- Tu penses vraiment que c'est verrouillé ?
- Ce ne sont pas des amateurs. Quoi qu'il arrive ensuite, ce jugement a été prononcé.
- Bon. Je vais me servir un verre.

Papa avec ses beaux cheveux blancs indomptables et son caractère renfrogné et maman avec son air gamin et ses blagues de petite fille reviennent vendredi m'aider à finaliser le départ. Tout est en vrac, en ordre. Et une musique me fait swinguer.

Publié par Cosmic Dancer à 20:39:55 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (9) |

<< |1| 2| 3| 4| 5| 6| 7| 8| 9| 10| 11| 12| 13| 14| 15| 16| 17| 18| 19| 20| 21| 22| 23| 24| 25| 26| 27| 28| 29| 30| 31| 32| 33| 34| 35| 36| 37| 38| 39| 40| 41| 42| 43| 44| 45| 46| 47| 48| 49| 50| 51| 52| 53| 54| 55| 56| 57| 58| 59| 60| 61| 62| 63| 64| 65| 66| 67| 68| 69| 70| 71| 72| 73| 74| 75| 76| 77| 78| 79| 80| 81| 82| 83| 84| 85| 86| 87| 88| 89| 90| 91| 92| 93| 94| 95| 96| 97| 98| 99| >>