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Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice - Stèle avec des soubresauts

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B15A | 27 avril 2008


J'ai mes histoires d'amour et de cul et mes achats chez H&M au pire, ma vie chère à remplir, ma gueule à soigner dans le miroir et une réputation à tenir, mon bureau, mes factures, ma cantine qu'est trop dure, ma région qu'est trop con, ma collègue qu'est trop dèg, ma maman qu'est trop naaan, mes voisins trop bouzins, mes éretétés et mes vacances à organiser et ma feuille d'impôts à remplir c'est trop pire, mon humour qu'est trop lourd, mes cotisations bandes de cons, ma morale sans décale, mes tristesses sur mes fesses, mon assurance à rance et mes B.A. en direction de l'Afrique et des orphelins asiatiques c'est trop chic, mes lingettes c'est trop net, mes nuisettes c'est trop j'pète, ma culture c'est trop pur, mes photos c'est trop ho !, mes crèmes anti-gras c'est trop haaa ! et mes livres c'est bien vivre, mes mags hype top girly, mes caresses à confesse et internet minette, mes émois et mon moi, l'été et mes régimes, mes p'tits pieds trop yéyés, mon cerveau à lisser, mes nichons à choyer, ma maison à payer, mes petits doigts dans l'émoi, mon sensible qu'est trop vib', mon quotidien trop bien, mes chagrins top ricin, mon passé top youkoulélé, mes traumas top l'émoi.

Publié par Cosmic Dancer à 01:03:09 dans Déversoir à gros mots | Commentaires (2) |

Tu crois | 27 avril 2008

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Need any translation ?

Publié par Cosmic Dancer à 00:28:57 dans Déversoir à gros mots | Commentaires (3) |

Who will forgive this sense of emergency | 26 avril 2008


Au soir venu tous les murs peuvent paraître éternels et la douceur envahissante des pierres un peu ocres, taillées avec soin mais dans la hâte, s'offrir comme une peau.

Nous nous sommes fatiguées un temps des traces de sang ici sous la terre et des cris de stridence où nous nous sommes avoué que rien devant l'humanité ne l'attend plus qu'un courant d'air mortel, nous nous sommes réchauffées brièvement dans la faiblesse fébrile de qui agonise et fait signe d'une main transparente où les veines désespérément bleuissent, un adieu non au monde, un adieu tel ce soleil se couche immuable, vent tendre sur nos épidermes éblouis, oublieux de la tyrannie de l'actuel, douleur infinie innommable, je ne peux, tu ne peux, nous ne pouvons plus d'impuissance et nos sanglots nous déshonorent tandis que la projection monochrome d'un bleu mer nous inonde virtuellement.

J'ai même racheté enfin ces sandales rouges ressemblant aux anciennes, rouges vif à talon haut et bride à cheville, de celles qui t'habilleront toujours quoi qu'il advienne, celles qui claquent sur le sol impénétrable, te juchant la féminité sur un socle luisant, la palette positivement estivale, plus qu'une joie de consommatrice infantile, l'affirmation d'un talon entêté à être, petite musique persistante sur le bitume, les yeux cachés sous les lunettes solaires. Tant aimé.

Mon rut grisé notre frénésie de nos souffles nos adorations de nos râles, ton regard, ta voix et ta bite et ton âme, en exil au lointain au plus proche oublier, explosifs abandons où tes râles han han han où mes râles han han han colmatent l'absence bien avant nous et tout le vide qui nous aimante et où nous maquillerons nos jours, aiguisés qui broutent en mille volts nos révélations virginales, sensuellement nerfs à vif, le rire abandonné au forfait, rudesses en boucle, des vrais pendus. Immorale, animale, laisse-moi ne quêter rien qu'un souffle qui me fera tenir la bougie de quelques jours que l'on se souhaite heureux, mendiants humbles, malhabiles, tous mes vœux.

Vœux. En plein soleil la tête idiote ne pensant à rien. Les mouettes, variantes et sans doute aussi pénibles que les pigeons à la longue. Aussi touchantes pourtant, je suis prête à embrasser une mouette ou pigeon, même un rat ou une puce sur un poil dru de rat. Mécaniquement j'ai acheté cet hebdomadaire. Studieusement j'ai traduit un texte. Péniblement je m'apprête à redéployer mon corps blessé au métatarse. Que demande le peuple, non non non non, je suis en phase de soustraction. Change de sujet, d'ailleurs.

Nuque penchée comme nuques toutes des icônes et celle des condamnés, fourbues d'images et réclamant une aire de paix, poissons suffocants suppliant qu'on les jette à l'eau, paupières lourdes, je me suis enivrée du filament fragile de ton sourire et de ta paume en feu sur un parking, de tes dents dans ta bouche qui m'ont brûlé l'épaule et de ta pupille dilatée dans un instant de grâce sur des draps qui ne furent jamais nôtres et que nous n'ouvrîmes pas, goûtant de toutes lèvres, s'assurant de tous doigts que si les miracles existent, nous le contemplerions assis comme un vieux couple au spectacle affligeant du monde.

Je sais pas moi, allume la télé, regarde la Une ou Plus belle la vie.

Publié par Cosmic Dancer à 21:31:26 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (0) |

Vieux salopard | 25 avril 2008

Et toi quand tu étais petit, n'as-tu jamais pleuré en écoutant le récit des Esquimaux, les Inuits, dont les ancêtres fatigués partaient seuls sur un bout d'iceberg se déchirer lentement dans le silence boréal. Je me disais ça, rapidement. Je me disais que dans nos sociétés seules le pire des devanciers, ce père qui ne le fut jamais, ce grand-père indigne, ces présences puantes ne restant en place que pour détruire et frapper, cette chose informe par le simple fait de vieillir en sa rebutante carcasse a un droit légal et inscrit à revendiquer, à exiger de sa progéniture survivante, l'autre s'étant suicidé à l'âge tendre, d'entretenir sa crapulerie aux yeux de la bienpensance admissible parce qu'elle tremble à l'idée de mourir, cette carcasse qui jamais ne prit d'autre soin que sa peau molle sur ses os de jouisseur ambiant. Le social. La morale. La justice. La dignité de l'ordure. Ce crevard ni grand-père et ni père qui te réclame aujourd'hui ton salaire misérable pour entretenir sa cirrhose à un âge où d'aucuns triment encore, pas même la soixantaine, ce devoir qui t'incombe d'arroser ce naufrage récalcitrant à disparaître tout autant qu'il le fut à vivre et qui te survivra sans doute, entretenu dans sa nasse égotiste et largué des amarres, jouissant de son vide et de sa certitude d'être pris en charge par toi quelles que furent ses absences. "Tu es mon père non parce que je suis issu de ta réserve de spermatozoïdes, non parce que tu as joué le semblant du géniteur accollé à la génitrice dans une sarabande intenable, mais parce que tu m'as tenu la main, de près en jours ou de loin en loin."

Comme si les ans gravaient le sceau du vénérable en cette époque où le bon ton exige de durer, impeccablement bien portants, où le talent se juge à l'aune du refus à saluer l'assemblée avant qu'elle n'estime que le temps de baisser le rideau est venu et peu importent les vers qui s'agitent son ton pauvre crâne exclusivement empreint de ton identité de vieillard n'ayant jamais rien dit, rien donné, rien aimé. On a beau jeu ensuite de juger les fascistes emportés par l'histoire dont le chibre vibrant n'exaltait que cette hargne entêtée à survivre. Et de vénérer ces troubles vermoulus des sans-guerres.

- Je pense tellement à ta mère ces temps-ci.
- Ah bon.
- Oui. Elle qui ne pesait rien hormis la pesanteur de l'amour et qui s'est jetée dans le canal pour ne pas vous peser, Alzheimer pathétique non encore advenu. Je veux la rencontrer.
- Elle est morte. Elle s'est suicidée à 72 ans. Encore belle. Encore affreusement gaie malgré le mal qui la rongeait et sa vision du monde et ses démons intimes.
- Je sais. Je veux la rencontrer, qui se roulait dans les algues en se gaussant de toutes les précautions solaires, dont tous me disent à quel point elle les a claqués, et qui vous a tellement aimés.

Publié par Cosmic Dancer à 01:06:20 dans Au musée des horreurs | Commentaires (0) |

Droit devant | 22 avril 2008


© Yves Grosdidier (Université de Montréal et Observatoire de Strasbourg), Anthony Moffat (Université de Montréal), Gilles Joncas (Université Laval), Agnes Acker (Observatoire de Strasbourg), et NASA.


What else.

Laisse-moi t'oublier pour un temps ou plus exactement oublier nos prières et marcher comme une teigne agrippée à des pores inconnues ou comme un pou égaré sur un crâne chauve et lisse, de ceux que je n'ai jamais voulu caresser étant née telle, le dard frais et pénétrant dans l'âme, la sucrette printanière, jouant le candide aux yeux vastes tout en sachant très bien qu'il faudra pardonner cet élan de cynisme qui relègue mon romantisme culturel au rang de précieuses chinoiseries. L'instinct de survie aura eu raison de nous ou des naufrages, verbe, musique, et ce n'est peut-être pas un tort. Laisse-moi trafiquer ce qui tremble, l'orner d'infâmes délicatesses telles que celle qui consiste à chausser des lunettes imaginaires pour par exemple sagement s'instruire en se disant que bah, c'est l'essentiel et que le reste est superfétatoire - n'ayant pas même le moindre espoir d'absolution de celui qui, par exemple, humant la netteté de l'iode les pieds crochés sur la falaise, déciderait qu'à mourir pour mourir il écrirait ce roman d'Huguenin, ni non plus avec la nuque excusable de celui qui, fort d'observer le monde, choisirait de lui dire adieu avant l'embrasement qui s'annonce puisque jusqu'à présent les millénaristes ont eu tort -, ou alors en patinant la cheville moulue sur un parquet censé faire chavirer les filles de cheville, de pompes, de cire, de lattes et tresser pour des sexes inconnus ces toiles arachnéennes où luit faible lueur un reliquat d'enfance au sourire scélérat.
Laisse-moi t'oublier pour un temps chaque fois qu'on étreint nos silences en braille. Et t'endors pas sur le canapé ce soir.


- Aimons les généreux, les vaillants, les boiteux, les bouseux, les taiseux, les pas-dedans ! Crachons malpoliment sur l'injonction à jouir et l'idée du bonheur.
- Rions et pleurottons en chœur.
- Je n'ai pourtant pas le goût du malheur.

- Tant que rien ne bouge vraiment, il n'est pas en danger de mort. Mais si un jour sa petite voix insistante prenait de l'ampleur, cette voix qui ne réclame que justice, dignité, ces idées laminées dans l'époque et que l'on croit retrouver, par le jeu d'une contemplation active, juste réveillé, encore engourdi par la nuit et surpris par la clarté hésitante du ciel malgré la pluie, sur les marchés aux puces au milieu d'achats généraux. Ces histoires qu'on s'invente à n'en plus finir, l'œil fétichiste, goûtant des vies secrètes imaginaires qui officient en douceur, sacrements solitaires, caresses fictives sur une peau tendue sur terre, lèvres ouvertes sur le vide. Tu sais, quand les brocanteurs rachètent toute une vie tandis que ses enfants harassés ont décidé de laisser mourir la vieille dans la maison de retraite sans la prévenir. Sous les amas de verre, de porcelaine, de ferraille et de bois dort cet amour d'antan dont le souvenir s'éteint, usure de l'encre et ces graphes devenus illisibles, fébriles comme la main qui les écrivit, soigneusement exilé dans un double-tiroir, adjugé et payé en liquide avec le guéridon, la commode, les assiettes de l'arrière-tante, les albums familiaux et la bague de fiancée. Il sait ce qu'il risque. Je l'aime parce qu'il n'éprouve aucune colère, pourtant.
- Les fesses au chaud, nous sommes ainsi les indignes descendants de Toumaï et de Lucie.
- J'ai mal aux alvéoles. Mal à la peau.

Publié par Cosmic Dancer à 21:57:09 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (2) |

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