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Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice - Stèle avec des soubresauts

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Pourquoi j'aime Donna Summer | 03 mai 2008

Regarde-la, elle célèbre l'amour avec la seule puissance de sa voix et de ses bras, et autour d'elle ces danses et ces sourires miraculeusement détendus, assumés, gais.

Comme nous en mixtures urbaines festives, oublieux du pire, riant sur les trottoirs à se décharner les bulbes en fin de soirée passée à aligner les mots, les verres, je n'en dirai rien, je te choque ?, je ne m'en désole plus, animée par la danse.

Grande dame, immense, à la source, plus tard ou non.

Donna je vous aime telle sans jeu sans fard dans le bonheur inverse de celui qu'on me tend en image, en musique, soyeux de soi en sa peine photographique immobile, en sa peine verbale vaine, plaintes éternelles le temps de mourir. Je vous aime dans le chant et la musique, dans tout ce qui de vous aujourd'hui me signale un révolu, le plaisir pur, la joie intacte sans besoin de jouer - Je Suis Un Dinosaure De Cette Espèce Disparue (et je m'étrangle de ce que tu dis prendre pour ce que c'est). Dans tout ce qu'à ces femmes que je défends autant que j'exècre quand elles jouent le jeu du joug inversé. Je te choque ? Pas même. Je ne fais que passer (merci pour les roses et soigne-les Second Life).

Publié par Cosmic Dancer à 02:22:58 dans Infos à peine pratiques | Commentaires (5) |

Il est frais, mon muguet | 30 avril 2008

N'est-il pas remarquable qu'à quelques heures du 1er Mai - on l'écrit avec une capitale, une majuscule pour les néophytes - not'président salue "la France qui travaille". 1er Mai que l'on soigne même d'un trait d'union dans le calendrier des correcteurs pour signifier qu'il s'agit d'un jour particulier, d'un jour en soi, d'une date d'exception, comme on orthographie les noms de ceux dont on estime qu'ils sont devenus des monuments publics dignes d'orner les avenues ou les ZEP : place André-Malraux, boulevard Saint-Michel, lycée Blaise-Pascal, par exemple.

Président, je vais te dire un truc à toi qui t'adresses si familièrement à moi que le tutoiement s'impose dorénavant. Là je travaille, mais avant je travaillais aussi. Et desfois je ne travaillais pas. Quand je ne travaillais pas, je ne mangeais pas toujours à tous les repas et j'écrivais plus souvent, éventuellement, je veux dire, quand je n'avais pas cette faim au ventre, relativise si tu préfères, ce "petit creux" qui enchante les magazines "générationnels" ou "sexuellement orientés", de ceux qui t'atomisent - mal du siècle - et cette angoisse insondable au cœur à se demander comment négocier le paiement du loyer, celui des charges.

Maintenant que je travaille, pour de vrai si je puis dire, avec un contrat en bonne et due forme, je mange un peu plus que lorsque je travaillais, lorsque je travaillais sous-payée et sur-plannifiée je veux dire, enfin je précise, sept jours sur sept de 9 heures à 20-24 heures, soyons clair, et que je vivais sans la sécurité sociale qui permet de s'affoler pour une toux, une dent de travers, un œil tordu ou un doigt gourd. Quand je ne travaillais pas, je cherchais du travail non par goût de l'esclavage mais par revendication de l'estomac, de l'intestin grêle, du gros intestin, du foie, de la vésicule biliaire, des reins et autres mignardises. D'un vulgaire, franchement. Pfff. Indigne d'une nana, qui plus est.

Quand je ne travaillais pas, je veux dire pas vraiment, c'est-à-dire dans les règles que je caressais en pensée, élevée à la prolo dans l'amour de la République, l'Etat c'est toi, c'est moi, il existe une communauté dont nous sommes les garants solidaires, tu vois, Président, ce genre de fadaises que tes comportements d'égotiste à la traîne - ton modèle social en déroute chez les conservateurs américains lorgnant sur le nôtre que tu réduis en poudre - jugent has-been, je travaillais quand même.

A rester debout et digne, à espérer au monde, à éduquer une gosse.

Je n'ai nonobstant pas pour autant l'album familial nostalgique de combats qui dans une autre vie auraient été menés par, par exemple, des parents militants communistes alors que les miens ne l'étaient pas, tu vois, pas d'enracinement expliquant sociologiquement l'état de mes lieux aujourd'hui, tu vois, dans ces célébrations du pour-ou-contre Mai-68 (relis plus haut), par exemple, ces pets dans la poussière qui te justifient à tes yeux et à ceux de tes détracteurs pathétiques. Bon article dans Marianne, à propos. Ce n'est pas systématique.

Mais vois-tu, Président, moi qui n'avais jamais de la vie connu les jours fériés et les semaines où tu penses le dimanche, le samedi, le vendredi éventuellement, à autre chose que te coller le cerveau sur tes impératifs professionnels, ce petit moi qui devrait finalement se fondre dans ton grand projet d'une France qui en bave et pas suffisamment, ce petit moi dont les frontières sont étroites par choix non névrotiques, Président, mais philosophiques, métaphysiques (pouah, on ne l'a pas vu à la télé, ça) et politiques (heing ?), ce petit moi t'offre une fleur de muguet, elles t'offrent une fleur parce que tu le vaux bien, toi dont les rêves d'enfant du siècle aussi, plus âgé que moi, ne rencontreront jamais les miens et jamais ceux de ceux que j'aime parce que tes discours spirituels, mon'président, meurent comme vagues à marée basse au regard d'une littérature que tu n'aimes que best way-best selling, une fleur disais-je, de celles qu'on assemble en usine quand on est étudiant salarié à la chaîne en intérimaire et qu'on en remercie le Bon Dieu de pas l'être à vie, de celles qu'on enrubanne quand on fait des heures supplémentaires depuis bien avant la querelle des 35, de celles qu'on vend dans la rue en ravalant ce qu'on est. Un has-been d'être humain, au fronton des droits de l'homme.

Publié par Cosmic Dancer à 21:38:33 dans Il n'y a pas que la littérature dans la vie | Commentaires (1) |

On nous oubliera | 30 avril 2008


Le hasard. Le hasard.

 

J'aime les détails, la dentelle fine. Ce trou dans ton collant, son doigt qui caresse ta peau juste là en dessous.


J'aime le velours.

L'abandon des mots, celui des mains. Tes lèvres qui cherchent les miennes. Et puis plus rien.

Le noir.

Je n'aime pas l'obscurité, cet impératif du soir. J'aime me sentir entourée, bercée par le corps des autres.

J'ai peur tu sais. Si tu savais comme j'ai peur. J'en dors plus la nuit. La peur toute entière m'a envahie.

 

On nous oubliera. Doutez de tous, doutez de tout. Tout est là: on vous oubliera.

Mrs Green.

Publié par Cosmic Dancer à 08:34:40 dans Ce goût des autres | Commentaires (5) |

Mêle tes larmes à la mer | 29 avril 2008


Publié par Cosmic Dancer à 20:14:35 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (2) |

Se réveiller demain, tout à l'heure | 28 avril 2008


Il nous faut partir pendant qu'il fait grand jour.

Serons-nous en sécurité ?

Cette réplique de peu suivie de "Je veux te toucher, pourquoi tu ne veux pas me toucher, tu ne m'aimes pas ?" fait écho à un soir de naufrage - pardon, Correspondant ; pardon Jeanflipe ; pardon JC-HL, je suis encore un peu muette - à une vie qui ne m'appartient pas et dans laquelle je pose des pieds en sandales rouges en été, en docks et chaussures de cuir noir à talon en hiver, parce que je suis issue d'un monde où l'on achète des chaussures selon son goût et qui me rappelle toujours Magda, née en 1976, avant la chute du Mur - qui allait dans les magasins de Pologne enfant se trouver chaussure à sa taille si possible et partager pour les soirs de fête une banane pour six - ou de Jelel se prostituant avec les touristes italiens pour nourrir sa mère et ses sœurs en 1999 dans une Tunisie dont des reportages m'assurent que c'est trop cool ou de José Pacifico en 1995 bâtissant de bric et broc sa baraque au Bélize pour y accueillir les junkies d'Amérique centrale ou d'elle en 1997 à New York au Village, Black Magic Woman romancière n'ayant plus d'argent que pour pleurer, qu'est-ce que tu veux que je te dise, minimaliste empatouillé dans l'adoration de soi, avant ce plaidoyer pour la mondialisation heureuse que des économistes fous, ardents défenseurs d'un bonheur dont j'ignore encore aujourd'hui d'où ils extraient la source malgré les maigres études que j'en fis, où ces économistes tandis que je braille en masse et en aveugle, seule comme une mite alimentaire perdue dans le rayon frais de nos supermarchés, pris dans le bonheur de leurs chiffres, assurent à celui des féals des temps modernes, ce monde de la concurrence dont je ne suis ni ne fus qu'elle soit socialétale ou sexuelle, que le bonheur, cette prétention sanitaire, demeure à portée de main alors que je ne vois devant moi et malgré toute ma volonté et ma colère qu'apocalypse, quelle qu'en soit la révélation.


- Tu peux aller partout avec tes jambes et le reste.
- Penses-tu sincèrement qu'une paire de pompes toujours abolirait le cauchemard.

Publié par Cosmic Dancer à 22:49:21 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (4) |

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