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Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice

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J'ai mal à la France, mal à ma République | 07 mai 2009

Quand je lis dans Le Nouvel Observateur un article à la gloire d'Elie Domota dont l'observatrice du LKP (dont il est le leader emblématique) à Genève, lors de la conférence dite Durban II, explique doctement que ça suffit le «salopard de béké qui nous suce la moelle», le «Chinois sournois» ou le «juif qui se croit tout permis». Au sein même de la conférence internationale dédiée à l'antiracisme - gageure - où les effets de manche de Mahmoud Ahmadinejad ont tant plu à ce que mon pays compte d'alters et d'égos dégoûtés d'eux-mêmes.

Quand je lis dans le même article que ce même Domota a été sollicité par Dieudonné pour le rejoindre dans sa "liste antisioniste" dont le programme on ne peut plus réaliste a été brillamment analysé par Cyril Bennasar sur Causeur - qu'il en soit remercié. Quand je lis ce programme dont le but, sous l'impulsion politique d'un Alain Soral décidément obnubilé par "la question sioniste" chère aux pamphlets les plus célèbres du docteur Destouches, alias Céline, est de débarrasser la France du "lobby" qui la pourrit, et Israël de ses citoyens patriotes - car que je sache, les Israéliens n'ont pas, dans leur grande majorité, exigé que leur Etat, foyer national juif, disparaisse de la carte du monde - et que cette France, vivante aussi sous les Tropiques, aurait pour visages diaboliques le "béké qui nous suce la moelle", le "Chinois sournois", le "juif qui se croit tout permis" et le "sioniste" inhumain auquel s'oppose l'humanité républicaine de Yahia Gouasmi (pour ceux qui l'ignorent, président du Centre chiite Zahra France et du Parti antisioniste), Dieudonné et Soral, têtes de liste du PAS (Parti antisioniste). Cette Guadeloupe à laquelle Domota en ses Antilles promet la préférence ethnique au nom de l'esclavagisme passé en occultant la compexité de l'histoire (préférence régionale et ethnique que même Le Pen n'aurait jamais osé défendre). Comme Dieudonné, d'ailleurs, dont les ancêtres moitié black et moitié bretons ont peut-être - vite, un certificat de vertu ! - contribué à l'économie de la traite. Que Ségolène s'en excuse et qu'elle ne parle surtout pas des 17 millions d'esclaves noirs anéantis par l'Islam.

Quand je lis sous les plumes de ces démocrates autoproclamés - populistes à vrai dire, au sens poujadiste du terme, mais un poujadisme relooké, adapté à la couleur du public pour les uns, et à ses supposés ennemis invisibles pour les autres -. Quand je lis sous la plume de ces victimistes professionnels - chacun y allant de la surenchère en la matière - qu'il serait préférable de se défaire des békés, des Chinois, des "sionistes" et des Juifs, je me dis que la révolution qu'ils espèrent sent le fagot. Je me dis que c'est beau, leur internationalisme. Beau comme mon cauchemar familier.

Publié par Cosmic Dancer à 21:25:08 dans Il n'y a pas que la littérature dans la vie | Commentaires (0) |

Et je dis Non, non, non, non, non | 04 mai 2009

Entre le NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) et le PAS (Parti antisioniste), les rebelles balancent. L'antisionisme, au goût du jour, en appelle aux institutions qu'il entend mettre à bas au nom de la liberté de penser et d'être humaniste.

Et tandis que Claude Guéant réfléchit à la possibilité d'interdire le PAS, en appelant à l'Etat, le facteur du NPA - quand il ne s'engage pour Gaza - caresse celle de faire annuler la visite de Lieberman, ministre israélien des Affaires étrangères, en France. "Dieudonné est antisémite tout le temps", argue Guéant, pendant que Besancenot en appelle à la lutte contre le sionisto-fasciste ultra-nationaliste israélien. Car au NPA comme au PAS ne s'opposent que les ultras. Le nationalisme, le libéralisme, le sionisme ne se suffisent plus. Ils se préfixent.

Hélas, la vidéo qui circule sur le Net désignant Richard Prasquier, président du Crif, comme maître de cérémonie de l'esclandre européenne à Genève jette sur le feu des intérêts de l'OCI (Organisation de la Conférence Islamique) une huile de coude dont tout le monde se serait bien passé. De même Claude Guéant quand, au nom de la République, il choisit de diffuser son annonce sur Radio J. Rien de tel pour que s'enflamment les "je vous l'avais bien dit, la France est dirigée en sous-main". Soral aura beau jeu, ensuite, de se déclarer représentant légal de la lutte contre le communautarisme. Et que le communautarisme en question soit étrangement sélectif, nul ne le remarque. Dieudonné et Soral ont la cote. C'est qu'ils les ont conquis, leurs galons d'antiracistes anticommunautaristes. On peut bien tout leur pardonner, à ces défenseurs de la République et de la liberté qui, au fil des ans, représentent à eux seuls l'information bafouée, censurée, et une figure presque christique de la victime des forces de l'ombre. Essayez de critiquer Soral, on vous brandit la réaction minable de Sciences-Po Paris l'invitant puis le désinvitant dans la disgrâce ; on vous giffle avec l'agression qu'il a subie ainsi que la librairie qui le recevait, bastonné par la LDJ ou du Bêtar ; on vous achève avec la défection de Besancenot invité sur le même plateau que lui ; et on vous le rend intelligent parce que Naulleau lui a donné la sainte parole lors d'un débat bas de gamme sur l'art contemporain. Dites que "Dieudo" ne vous amuse guère, on vous rappelle ses shows interdits, ses procès gagnés, ses provocations-qui-font-mouche.

Soral, Dieudonné et Yahia Gouasmi - président du Centre Zahra France et du PAS - avaient-ils besoin que le secrétaire général de l'Elysée joue avec eux le jeu que François Mitterrand a joué, vingt ans plus tôt, avec leur ami Jean-Marie Le Pen, l'Ostracisé Infiniment, la Voix du Silence du peuple, celui qui "dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas", dans le seul but de diviser l'ennemi idéologique ? En l'occurrence, la gauche. Si la gauche existe encore.

Seulement voilà. Il était somme toute assez simple de crier haro sur le baudet borgne, dont le passé en Algérie et les propos oubliés depuis sur les étrangers qui dénaturent notre nation régalaient les héraults de la morale politique dont, je l'avoue, je fus dans ma jeunesse idéaliste en lutte contre les injustices - en solitaire, à ma décharge.

Il l'est beaucoup moins de décrypter ce qui se joue aujourd'hui en France quand la haine séculaire du Juif - mais non, bien sûr, Dieudonné n'est pas antisémite, la preuve, il a des copains Neturei Karta -, le Juif comme figure mythique, ce Juif imaginaire que racontait Alain Finkielkraut dans les années quatre-vingts, à l'époque où je lisais Céline en pensant que ces temps historiques ne demeuraient comme trace monstrueuse que dans le monstre littéraire, quand cette haine qui refuse aux Juifs de vivre dans un Etat, Israël, contenue par la loi s'appliquant aux appels à la haine raciste et, donc, antisémite, se pare des atours de la liberté démocratique, de la vigueur républicaine et de la "réconciliation nationale".

Publié par Cosmic Dancer à 19:47:21 dans Contre Soral | Commentaires (0) |

Le PS et l'Internationale | 02 mai 2009

Sur tes avisés conseils, j'ai expérimenté la terrasse chic.

Le soleil descendant s'improvisait telle une caresse, me souvenant de tous les printemps - délicatesse de nos contrées et nostalgie sous les Tropiques. Les garçons m'y ont accueillie comme seuls ceux d'ici savent le faire, l'œil brillant et la bouche en cerise. J'aime tant les cafés de quartier. Ce vent connu comme une promesse, apéritive posée sur dalles, plante silencieuse dans l'air du temps, je constate que je n'ai rien oublié, ni porte-monnaie ni briquet, comme à l'accoutumée en fait - bien que toute mémoire est un supplice.
Le roman de Sarah Vajda, le verre de bordeaux à côté, et ce goût des soirées de province dont le charme sur moi est certitude.
Je serais restée assise longtemps, plante silencieuse parmi les dalles, si ces professeurs de Culture n'avaient réveillé mes démons. "Le dernier Tavernier pêche par le scénario et les personnages secondaires, mais les acteurs principaux sont formidââââbles." Mais le pire était à venir lorsque, s'amusant du français trop pauvre de l'étudiante américaine dont ils commentaient les appâts cachés sous un manteau de laine avec ce que la bière consentait à laisser de langue à leur talent de ventriloque, s'étant à gorge déployée plaints du silence des journalistes sur leurs lumières de 68, ils informèrent la cantonnade, tract à la main : "We are ancient France".

Je t'assure que j'aurais pu m'abstraire si je n'avais vu, dans le défilé du 1er Mai, le rang PS chanter l'Internationale.

Publié par Cosmic Dancer à 22:06:06 dans Inaimables humeurs | Commentaires (1) |

Mésusages A | 29 avril 2009

Théodore Géricault - Le Radeau de la Méduse.



Nous ne serons pas de belles naufragées.


(Et voilà bien longtemps que ce blog n'avait eu pour usage le transport de messages personnels, ce qui nous éloigne considérablement de la question de savoir en quelle année exactement nous nous baignâmes en Charentes-Maritimes et quels livres nous avions emportés.)

Publié par Cosmic Dancer à 17:28:32 dans Infos à peine pratiques | Commentaires (0) |

Chiennes | 29 avril 2009




"C'est parce qu'elles mordent qu'on leur met une muselière ?"

Publié par Cosmic Dancer à 13:51:16 dans Instantané | Commentaires (0) |

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