• Mon cher journal Libération


    J'apprends avec stupeur et quelques heures de retard ce matin que l'interdiction de la burqa par le gouvernement symboliserait un "cap à droite" selon toi, cher Libé. Le même, sans doute, que celui effectué sous le gouvernement Chirac sur le voile islamique à l'école si j'en crois tes merveilleux arguments. Toi, Libé, soucieux du populo qui piaille tel un oisillon en quête de subsides du Saint Etat et la Sainte Madone dont il ne s'est doté en 2007, souffle sur la future proposition de loi comme si - au pied du volcan - elle était une ignoble poussière étouffant le nuage de cendres.

    Remarque, cher Libé, tu n'es pas le seul à les comparer. Le nouvelobs.com rapportait vendredi dernier les explications de l'ayatollah Kazem Sedighi selon lesquelles "l'augmentation des relations sexuelles illicites fait accroître le nombre des tremblements de terre". Pour le saint homme, "beaucoup de femmes mal habillées corrompent les jeunes".
    Pour toi, Libé, quelques femmes bien voilées corrompent les priorités politiques ?

    Cher Libé, Jean-François Copé a reçu des menaces. Le voilà placé sous protection policière. Ca lui apprendra à ignorer les priorités et à stigmatiser l'islam. Et puis, ce n'est qu'un mec de droite.
    Les créateurs de South Park aussi sont d'immondes mecs de droite peu préoccupés de priorités. S'ils avaient l'impertinence suprême de Stéphane Guillon, son sens des priorités, sa pertinence dans les dénonciations, la chaîne de télévision Comedy Central qui diffuse leurs créations n'aurait pas été contrainte de censurer mercredi toutes les références au prophète Mohammed pour leur éviter de connaître le sort - mérité - du provocateur Téo Van Gogh. Encore un qui n'avait pas le sens des priorités.

    Mais t'as raison, Libé. Le pauvre populo décérébré qui ne pense qu'à ingurgiter sa soupe au potiron de chez Lidl, qui ne songe qu'à ses points retraite foireux et à sa taxe d'habitation, incapable, en somme, de s'intéresser aux questions de dignité et de liberté, te suit jusque dans tes tirages. Il préfère regarder les nuages.


  • Commentaires

    1
    Arthur Mage
    Mardi 27 Avril 2010 à 13:54
    Encore et toujours, quelques critiques...
    A force de bien-pensance, Libé a toujours été démago. Pour le reste, vous le savez sans doute : je préfèrerais vous voir militer pour la nudité intégrale plutôt que contre le voile intégral. La mise à mort d'un semblable, qui peut être une nécessité, ce qui n'était aucunement le cas de celle de Téo Van Gogh, n'est sinon jamais, à proprement parler, "méritée".
    2
    Arthur Mage
    Mardi 27 Avril 2010 à 14:01
    Au plaisir
    Ah ! Je viens de faire ici un petit tour en arrière. C'est pas le Bourget mais Evry. Le quartier Latin peut faire intermédiaire. Vous fais signe avant de monter dans le Nord.
    3
    Waldgänger
    Lundi 10 Mai 2010 à 01:28
    De Charybde en Scylla
    Salut Cosmic. Le triste parcours de ce journal à bout de souffle depuis des années est connu, tu le sais mieux que moi. Libé n'en est pas à une contradiction près quand il s'agit de défendre un certain discours. Quand il serait gênant de parler de la politique sociale et économique, le journal garde des audaces très calculées et préfère parler des joueurs de djembe ou des "performances" d'art contemporain. C'est ce qu'ils ont fait à l'époque Jospin. Par contre, quand on porte la discussion sur le terrain des idées de société, il n'y a plus personne, et eux qui étaient si acharnés à reconnaître le combat des minorités ou la légitimité de la dépénalisation du cannabis, clament que l'économie est le seul sujet digne d'intérêt. Ca a toujours été pareil dès que les sujets gênants sur la sécurité ou l'islam apparaissent, on dit que c'est la faute à la misère économique, mais quand il faudrait aborder des thématiques dérangeantes pour leur lectorat yuppie, tout à coup on redécouvre que l'homme n'est plus ce vil consommateur, mais un être fait pour la culture (enfin, la culture selon libé). Proclamer alternativement la suprématie de l'économie ou de la culture et des idéologies en fonction des circonstances, c'est le pain quotidien de ce journal, tu en as exposé un nouvel exemple qui s'ajoute à la liste. Libé ou l'inconsistance et l'inconséquence régnant en maîtres. Hélas pour eux, s'ils ne se rendent pas forcément compte de ce qu'ils sont devenus, le lectorat l'a on ne peut mieux compris. Mieux vaut donc en rire, enfin je dis ça mais dieu sait combien de fois ce journal m'aura exaspéré, j'ai en tête les éditoriaux de July en 2002, après la défaite de Jospin, et en 2005 après le référendum. En gros, les vues éclairées des hommes de raison avec un grand R trahies par les émotions de la populace qui s'est crue le droit de voter comme elle l'entendait. On ne se méfie jamais assez des gueux... Libé ou faites ce que je dis plus que ce que je fais. Fondé dans une ligne maoïste et dont July aura été un inamovible directeur pendant 32 ans, lui qui se voulait l'incarnation du pouvoir du peuple et de la spontanéité démocratique.
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