• Le dernier peplum iranien : Dieudonné (depuis Zélote)

    Le politico-humoriste Dieudonné et son acolyte du Parti Antisioniste Yahia Gouasmi ont donné une conférence de presse au Théâtre de la Main d’Or, le 28 novembre 2009 afin d’annoncer la production iranienne du film Le Code Noir et de revenir sur leur rencontre avec le président iranien Ahmadinejad.

    Devant un parterre de militants (rires et applaudissements), du micro de la télévision iranienne SAHAR et de quelques journalistes français, Dieudonné a animé une conférence de presse pour annoncer fièrement que l’Iran produirait sa prochaine œuvre artistique, le film Le Code Noir, projet cinématographique de M'Bala M'Bala consacré, c'est louable, à la traite négrière atlantique. Pourquoi pas, ce tragique épisode de notre histoire mérite d'être narré pour ce qu'il est : un crime abject commis à une époque où nul ne se souciait des Droits de l'homme et où nul n'imaginait que les Noirs (et les femmes) étaient dotés d'une âme, usant des uns et des autres au gré de la supériorité ontologique dont ils pensaient être les dépositaires.

    Peut-être une façon de récompenser « l’artiste » pour sa participation comme tête de gondole à la dernière campagne européenne du Parti Antisioniste, dont le programme est d'éradiquer les "sionistes" de la surface de la planète puisqu'ils seraien à l'origine de tous les problèmes rencontrés sur icelle, du 9/11 aux divorces affectant les amours mortes.

    Il est amusant de noter qu’au cours de ce simulacre de conférence de presse, Dieudonné exige de son auditoire professionnel (c'est une conférence de presse, donc, avec un parterre de journalistes professionnels dûment prévenus, invités et contrôlés), lorsque l'un d'entre ses membres se hasarde à poser une question, qu'il décline, comme sous un Hortefeux décomplexé, son identité : "Monsieur... de …", aime-t-il à préciser. Cette technique habituelle a pour but de mettre la pression sur le journaliste en suggérant qu'au moindre faux-pas d'icelui, la répression juridique pourra être sévère. Elle permet en outre de ne jamais répondre aux questions, qualifiant même certaines d'entre elles de malhonnêtes.

    Fermons la parenthèse : ce traitement de faveur n'est évidemment pas réservé aux « journalistes amis », comme Ahmed Moualek par exemple, dont on reconnaît ici la voix (troisième intervention). Ces derniers ne sont pas présentés au public béotien, censé les connaître, d'une part, et censé reconnaître, d'autre part, qu'ils posent des questions honnêtes puisque Dieudonné y répond sans barguigner ni chipoter.

    D’ailleurs, Moualek pose la seule question qui intéresse Dieudonné : quel a été le traitement médiatique de la presse française lors de sa visite en Iran ? (Evénement d'importance nationale, voire internationale s'il en fut dans l'instant donné.)

    En réalité, la presse française n’a accordé que peu d’intérêt au voyage perse de l’ex-humoriste. Dieudonné avait espéré une couverture nationale, peut-être même un JT de 20 heures car tout avait été fait pour que son voyage devienne un coup médiatique.

    La tentative du coup médiatique Clotilde Reiss

    Dans un premier temps, les deux compères affirment que le but de leur visite à l’Ambassade de France de Téhéran avait pour seule vocation de rencontrer Clotilde Reiss en tant que compatriotes. Clotilde Reiss est cette jeune étudiante française accusée d'espionnage et interdite de retour en France par le régime des mollahs. Yahia Gouasmi, ami de Dieudonné et personnage pour le moins ambigü, ajoute même qu’il « voulait porter assistance à cette fille ».

    Et puis rapidement, le discours change : Gouasmi et Dieudonné se transforment en détectives privés. Le président du PAS  (Parti anti-sioniste) déclare qu'il désirait s’apercevoir par lui même si Clotilde Reiss était « une jeune fille tout à fait innocente ou si elle avait été envoyée pour faire ce qu’on lui reproche » (espionnage pour le compte de la France).

    Dieudonné d’ajouter alors dans l'une de ses réflexions simplistes qui sonne comme un avertissement : « Il serait préférable qu’elle montre qu’elle n’a pas une aversion radicale envers le courant antisioniste, au contraire, parce que si elle dit non aux antisionistes, à ce moment-là on peut imaginer que son projet est de servir le sionisme, et donc on peut imaginer aussi qu’elle a sa place en prison en Iran. » Etrange, de la part de quelqu’un qui postulait pour représenter la France au Parlement européen, et qui soudain se sent investi, au nom de la "culture" peut-être (cf. cette conférence de presse), d'une mission discursive pour le moins orientée sur des problèmes géopolitiques brûlants.

    L’objectif de cette visite de « courtoisie » est finalement révélé par Yahia Gouasmi qui affirme qu’il lui « était facile en période de fête religieuse (Aid) de demander au Guide Suprême (Khamenei) une miséricorde pour la fête du sacrifice pour cette fille. Mais ils (l’Ambassade de France) ne voulaient pas qu’elle revienne avec Dieudo et moi : tout simplement ». Cette visite n’était donc pas si désintéressé eque cela, le but était d’apparaître devant la presse avec Clotilde Reiss comme des libérateurs de la jeune otage.

    Rentrant bredouille et comprenant que son voyage n’aura suscité que très peu d’intérêt en France, le Tragicomique tente une dernière cartouche lors de sa conférence de presse en évoquant le cas du terroriste « Carlos ».

    Libération de Carlos

    Dans un lapsus évocateur, le comique antisioniste évoquait la demande du président vénézuélien Chavez « de libérer, quoi, enfin de le libérer… de l’extrader  ». Dieudonné juge que la place du terroriste Carlos, auteur de plusieurs attentats sur le sol français qui ont blessé des dizaines de personnes et qui ont coûté la vie à deux policiers de la DST, « est dans son pays d’origine, bien évidemment ».

    Peu importe à Dieudonné les crimes reprochés et la sentence d’une Cour d’Assises. Son soutien Carlos, lors des élections européennes, a « été kidnappé dans un pays étranger et il est étranger lui même… j’espère que Carlos sera extradé dans son pays très vite », affirme-t-il, en tant qu'artiste ne se mêlant pas de politique.

    Est-ce une communauté de pensée (haine d’Israël ou islam révolutionnaire) qui pousse Dieudonné à exiger la libération de l’auteur de plusieurs tentatives d’abattre des avions de ligne de la compagnie EL AL remplis de civils ? Est-ce parce que la compagne de Carlos se trouve être l’avocate de Dieudonné ou encore pour complaire au chef d’Etat vénézuélien (l’espoir d’une aide supplémentaire pour son film) que l’"humoriste" campe sur une position qui va à l’encontre de la justice de son pays, la France ?

    Par cette prise de position, Dieudonné nous donne un éclairage sur la notion de justice telle qu’il l’entend…

    L’antisionisme paravent de l’antisémitisme

    « Il y a une industrie du cinéma qui va se développer à partir de la France dans un axe qui est l’antisionisme »,  annonce Dieudonné. Or le film en projet sur l’esclavagisme (Le Code Noir) n’a aucun lien avec le sionisme. En effet, la traite négrière française s’est étendue à peu près sur deux cents ans, de 1641 à 1848. Et le sionisme a été créé en 1897 soit plus de 49 ans après l’abolition de l’esclavage en France !

    On ne voit vraiment pas comment Dieudonné va pouvoir lier le sionisme à l’esclavagisme  sauf à faire un amalgame entre sionisme et juif, comme lors d’un interview en 2004 dans le Journal du Dimanche, il donnait une piste « Ce sont tous ces négriers reconvertis dans la banque, le spectacle et aujourd’hui l’action terroristeCeux qui m’attaquent ont fondé des empires et des fortunes sur la traite des Noirs et l’esclavage  », ou au cours de la présente conférence de presse : « l’axe du mal pour nous qui sommes ici et en Iran, c’est cet axe américano sioniste qui organise des guerres, qui pille le monde depuis trop longtemps, qui a organisé l’esclavagisme sur cette planète » ou encore lors d’une émission en direct de Méditerranée FM, le 28 mars 2005 : « Il y a eu des Juifs négriers, mais ça, il s’en sont foutu mais plein les fouilles avec le commerce des Noirs. » Et d’ajouter que la « communauté juive, notamment aux Etats-Unis avait quasiment le monopole sur les armateurs, les bateaux ».

    Le mythe des « Juifs négriers » figure dans l’arsenal idéologique de quelques mouvements sectaires noirs et groupes d’extrême droite. Les uns et les autres puisent indistinctement leurs « preuves » dans les pamphlets de Nation of Islam et des néo-nazis américains. On retrouve ainsi l’assertion que « le vaste trafic d’esclaves noirs fut un monopole juif », dans un écrit d’un antisémite obsessionnel nommé Jacques Daudon, avec en guise de référence trois livres : La pieuvre mondialiste attestée par les Protocoles des Sages de Sion, de Sulkos, Les responsables de la seconde guerre mondiale, de Rassinier, et Les mythes fondateurs de la politique israélienne, de Garaudy.

    Or une simple lecture de l’article 1er du Code Noir permet de comprendre que ce texte régissant la vie des esclaves dans les colonies françaises demandait également l’expulsion de tous les juifs des colonies :

    « Enjoignons à tous nos officiers de chasser hors de nos îles tous les Juifs qui y ont établi leur résidence, auxquels, comme ennemis déclarés du nom chrétien, nous commandons d’en sortir dans trois mois, à compter du jour de la publication des présentes, à peine de confiscation de corps et de biens »

    En matière de falsification historique Dieudonné atteint le comble de l’ignominie lorsqu’il explique toujours sur Méditerranée FM : « Le premier article du Code Noir, c’est : » Nous interdisons le commerce aux Juifs ». Mais pourquoi ? Parce que les Juifs avaient ce commerce-là, avaient le monopole de ce commerce depuis longtemps et qu’il fallait introduire une dimension chrétienne, c’est à dire qu’il fallait arrêter de castrer les mâles, il fallait arrêter de jeter les enfants à l’eau, donc à un moment donné la volonté du Code noir, c’est ça »

    En réalité, le Code Noir n’interdit pas ‘le commerce’ aux Juifs. Louis XIV réitère l’édit d’expulsion des Juifs de France qui avait été signé par Louis XIII en 1615 et l’expulsion des Juifs par Louis XIV avait pour objet « d’introduire une dimension chrétienne » dans les pratiques esclavagistes, les Juifs ayant, selon Dieudonné, pour habitude (à la différence des chrétiens) « de castrer les mâles », et « de jeter les enfants à l’eau ».

    Il ne faut jamais présumer de l’avenir mais avec les thèses déjà abordées sur le sujet par Dieudonné je ne doute pas que les Juifs soient présentés comme les organisateurs et les principaux bénéficiaires de la traite triangulaire comme ils sont aujourd’hui les supplicateurs des palestiniens. Les noirs et les musulmans unis dans la souffrance causée par ces juifs d’hier et d ‘aujourd’hui que l’on nomme sionistes !

    Dieudonné annonçait dans la conférence de presse « le film abordera le sujet de la traite des Noirs comme vous ne l’avez pas lu dans les livres d’histoire  » c’est normal, ce n’est pas l’Histoire…


  • Commentaires

    1
    Jeudi 17 Décembre 2009 à 17:50
    1er article
    Salut l'artiste :) Code Noir, 1er article : Article premier Voulons et entendons que l’édit du feu roi de glorieuse mémoire notre très honoré seigneur et père, du 23 avril 1615, soit exécuté dans nos îles. Ce faisant, enjoignons à tous nos officiers de chasser hors de nos îles tous les juifs qui y ont établi leur résidence, auxquels, comme aux ennemis déclarés du nom chrétien, nous commandons d’en sortir dans trois mois, à compter du jour de la publication des présentes, à peine de confiscation de corps et de biens. ;c) Bigbiz !
    2
    Dimanche 20 Décembre 2009 à 20:47
    Bigbiz, Pascal
    Pyrée, tu es savant sous tes airs de guitare ;o)
    3
    Miles
    Mercredi 4 Janvier à 19:03

    essay

    Это условие вызывает негативное впечатление. На мой взгляд, такое объединение интересов имеет довольно неожиданные последствия в борьбе за общую цель.

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