• "En vérité, je vous le dis : rien ne s'oppose à ce que Richard Williamson revienne à l'Eglise, contrit, la tête basse et le visage éteint de tout enfant prodigue. Il dit des conneries, beaucoup plus qu'un évêque pourrait en bénir : ce n'est pas là l'essentiel, vu qu'en vingt siècles d'histoire qui ne furent pas de tout repos, l'Eglise a eu son content d'imbéciles autant que de prêtres qui peuplent aujourd'hui l'Enfer. Seulement, ce qui ne sera pas pardonné à M. Williamson c'est d'être un con glorieux. Le pape, qui n'est plus trop avare d'indulgences plénières depuis leur gratuité, peut tout : même pardonner la bêtise d'un homme. Mais là où s'arrête son pouvoir spirituel, c'est lorsque se présente à lui un homme dont la principale occupation n'est pas la justification par les œuvres ni par la grâce, mais la justification par la bêtise la plus crasse. À peine Williamson avait-il nié l'existence des chambres à gaz qu'on le retrouve en train de nier l'attentat du 11 septembre 2001. Il y a un peu de l'Aragon du Traité du style chez cet homme-là : “Je conchie le Vatican dans sa totalité.” Conchie, mon frère, conchie, mais ne nous fait plus ch..."

    François Miclo : Mgr Williamson n'a jamais existé. Sur Causeur. Evidemment.

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  • Depuis le début de l'offensive israélienne à Gaza, je pleure. Mais je ne pleure pas correctement. Pressée par des internautes de "condamner" fermement et publiquement l'Etat d'Israël, photos d'enfants déchiquetés à l'appui et de leurs mères en larmes, j'ai refusé de maudire Tsahal et de me déclarer solidaire des victimes civiles en participant aux manifestations où des drapeaux ont été piétinés et brûlés, où des slogans dignes des années trente ont été scandés par des femmes couvertes de tchadors qui brandissaient leurs enfants comme des victimes potentielles en hurlant "Israël assassin", "Mort à Israël", "Mort aux Juifs". Où des barbus proclamaient "Allah Akhbar" au côté de mouvements marxistes pour lesquels je pensais pourtant que "la religion est l'opium du peuple"...
    Je refuse de soutenir le Hamas et sa branche armée, dont le but ultime autoproclamé dans sa charte d'anéantir l'Etat hébreu prévoyait dans un premier temps d'islamiser Gaza de peur - quelle parfaite imbécillité - que la "Palestine" ne se "judaïse".
    Il y a loin, pourtant, de Sderot et Gaza à Paris, Lyon, Lille ou Marseille. Il y a loin mais chacun est sommé de se prononcer sur cette guerre. Se prononcer correctement. En récitant la doxa dont il semble qu'elle date de la guerre des Six-Jours selon laquelle Israël serait un Etat fasciste et (donc) raciste, "dominateur et belliqueux", "créé sur l'exploitation de la Shoah", souhaiterait opérer un "nettoyage ethnique" et serait coupable par mimétisme d'avoir créé un "ghetto tel que celui de Varsovie" pour y commettre un "holocauste". Inspirée par rien moins que les Naturei Karta, foncièrement antisionistes et bien pratiques - Dieudonné et Kemi Seba aiment à célébrer leurs "bons Juifs" afin de prouver qu'ils ne sont pas antisémites - et le Protocole des Sages de Sion, cette antienne espère convaincre une population toujours plus nombreuse que l'alliance révolutionnaire entre une forme de néo-marxisme, l'alter-mondialisme et l'Islam opprimé par les forces obscures "américano-sionistes", "impérialistes" conduira à l'avènement d'un ordre nouveau et angélique.
    La novlangue va bon train, s'employant à rendre Israël et tous ceux - surtout Juifs - qui ne la haïssent pas, coupable des actes antisémites constatés depuis fin décembre. "Ils" l'ont bien cherché. Les "bons Juifs" ne sont pas sionistes, ils sont humains... Le choix des termes de "ghetto" et d'"holocauste" renvoie bien évidemment à ce prétendu mimétisme selon lequel "les victimes d'hier sont les bourreaux d'aujourd'hui". En déniant l'unicité de la Shoah, en refusant de considérer qu'elle appartient aux Juifs et à l'humanité entière, dont elle symbolise à jamais l'infinie cruauté, nombre de belles âmes écrasent sous leur botte l'histoire du monde et celle des hommes. En cherchant à redéfinir le terme antisémitisme (j'y reviendrai), nombre de belles âmes espèrent en nier l'existence jusqu'au sein de l'ONU.
    Et avec la novlangue, le flicage intégral. Il est en effet conseillé de décliner sa nationalité, son "origine ethnique" et ses convictions religieuses avant de parler. C'est donc en tant que Française d'origine bretonne et tzigane, et agnostique, que je m'exprime.
    D'aucuns brûlent leurs passeports. D'autres ce drapeau. Je brûle quant à moi mon certificat de vertu. Cette injonction à s'indigner pour que me soit reconnu le statut d'être humain, et non celui de "monstre", de "complice de crime contre l'humanité", voire de "génocidaire par procuration".
    Et si je pleure, c'est d'assister à ces déferlements de haine, c'est de constater avec quelle obscénité les cadavres d'enfants gazaouis sont exploités par de sombres idéologues criant à la mort et non à la paix. Et si je pleure, c'est en espérant que les accords qui semblent se dessiner aujourd'hui mettent un terme à cette guerre. Israël, ce grand pays, a pour devoir, une fois encore, de tendre la main.

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  • Deux événements majeurs donnent à penser ces derniers jours. Tout d'abord, la découverte à Berlin de plans originaux du camp d'extermination d'Auschwitz dont il est à espérer qu'ils feront définitivement taire les négationnistes. Leurs thèses innommables sur l'inexistence des chambres à gaz ont donné lieu à tous les déferlements de haine dont, par intérêt politique ou troubles que l'on peut qualifier de métaphysico-psychiques, trop nombreux se revendiquent pour asseoir leur détestation d'Israël quand ce n'est pas purement et simplement celle des Juifs.

    En parallèle, l'inauguration à Toulouse d'un nouveau Mémorial de la Shoah. Une initiative dont je ne partage pas l'idée qu'elle se fait de la mémoire. Le gouvernement a pourtant déjà été mis en garde sur les effets pervers de son projet de la faire endosser aux scolaires. Le Mémorial de Paris et celui de Berlin, stèles symboliques et définitives, portent à mon avis suffisamment de sens et de larmes.

    Le rapport Kaspi sur les dangers de la concurrence mémorielle me paraît à cet égard essentiel, et le gouvernement ferait bien d'en suivre la recommandation de porter à trois jours (8 mai, 14 juillet, 11 novembre) les célébrations nationales. Un excellent article ici.

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  • © non mentionné

    David Martin-Castelnau
    a écrit l'article le plus synthétique et le plus intelligent que j'ai pu lire suite à cette magnifique nouvelle qu'est l'accession de Barack Obama à la fonction présidentielle :
    "Un peu partout dans le monde, les contempteurs de l'Occident se réjouissent ce matin de l'élection de Barack Obama. Altermondialistes, islamo-gauchistes, néo-guévaristes, révolutionnaires et autres non-alignés ont fiévreusement espéré cette victoire dont ils attendent un bouleversement majeur. Laissons-les à leur rêve éveillé : ils réaliseront bien assez tôt que le succès d'Obama pourrait marquer leur complète défaite idéologique."

    Lecture à compléter avec l'excellente analyse de Florentin Piffard : "Il faut sauver le soldat raciste".


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  • Le mercredi 17 juillet, l'échange macabre entre Israël et le Liban a donné lieu à des réjouissances orchestrées et mises en scène par le Parti de Dieu. L'ancien prisonnier Samir Kuntar a été salué comme un héros national, lui dont le fait d'armes est d'avoir fracassé le crâne d'une enfant de quatre ans après avoir abattu son père sous ses yeux. Sur cette mascarade ignominieuse, pas une ligne dans les journaux. Hormis cet article de Robert Fisk dans l'Independant, celui de Gaby Naser dans L'Orient-Le Jour. Et WIL sur son blog.

     

    Lorsque Hassan II, défunt despote marocain, affirmait qu'Israël représentait l'aphrodisiaque du monde arabe, il exprimait parfaitement le sentiment que l'on a pu ressentir en contemplant les cérémonies de réception des criminels libanais par le hezbollah. Pratiquement toute la classe politique libanaise, 8 comme 14 mars, a assisté à l'avènement de Hassan Nasrallah comme dictateur du Liban dans une sorte d'extase sexuelle, tous les hommes présents (les femmes sont juste à côté...) apparaissant comme fascinés par la virilité du chef du mouvement terroriste chiite libanais. Walid Joumblaat, hier opposant féroce du hezb, semble aujourd'hui son plus grand héraut, et l'union nationale apparaît enfin complète avec le retour au pays de l'enfant prodigue, Kuntar, qui a eu la délicatesse de fracasser le crâne d'une enfant de 4 ans en Israël. Chacun maintenant collabore à la seule résistance légitime au Moyen-orient : non pas le rejet de l'intolérance, du racisme ou de l'inégalité homme-femme pour faire avancer la civilisation, mais la lutte contre Israël, seule capable de faire jouir les foules et de rassembler autant d'abrutis dans le culte de la criminalité.

    Pourquoi ces événements sont-ils si tristes ? Est-on obligatoirement un sioniste pur et dur quand on a des envies de meurtre devant la ferveur populaire libanaise ? Ces célébrations m'ont brisé le coeur, non pas que je plaigne Israël dans l'échange, mais plutôt parce que la pitié m'étreint en découvrant la nouvelle donne du jeu politique libanais. Désormais, le Liban est uni dans sa quête imbécile contre son voisin du sud. Je sais pertinemment que nombreux sont les Libanais opposés au hezbollah, et ils doivent se sentir bien seuls désormais. Les fêtes kitsch du retour des cinq prisonniers libanais, qui brisent symboliquement des barreaux de prison en bois pour arriver sur la scène où on les acclame comme des héros, montrent avec force que le Liban bascule la tête (?) la première dans la continuation de la guerre froide, mettant aux prises non plus démocraties et pays communistes, mais pays développés et dictatures néo-fascistes. C'est donc avec tristesse qu'on imagine la suite des événements pour le Liban, qui a suscité tellement d'espoirs dans la région, avec sa fragile démocratie, sa coexistence communautaire pas toujours heureuse et ses batailles électorales perdues d'avance. Sans compter ses médias qui risquent de connaître des jours peu déontologiques, les patrons de presse étant tous impliqués dans la bataille du pouvoir.

    Quand on aime le Liban, on s'inquiète de le voir si mal en point se réjouir avec fougue de sa mauvaise fortune. Il devrait être au lit, fiévreux, à combattre ses virus avec des anticorps, et il préfère danser dans un froid glacial en se réjouissant de la bonne avancée de sa maladie. On se doute qu'Israël saura laver les affronts, et Kuntar vivra le reste de sa vie dans la peur, et non comme il l'affirme en libérant les fermes de Chebaa. Mais tout le monde perdra dans ces affrontements futurs qui ne servent au final qu'à imposer la volonté politique de criminels contre l'humanité à des masses qui portent des œillères. De notre côté, on peut continuer à soutenir le Liban démocratique, en se demandant toutefois avec angoisse qui seront les leaders qui le représenteront. Et espérer fortement que le prochain conflit fasse le moins de victimes possibles, en envoyant les cochons de guerre là où ils peuvent faire l'amour non pas avec 70 vierges, mais avec celui qui les met dans une transe amoureuse qu'on n'avait pas vu depuis Hitler quand il proposait de brûler les juifs. Je sais qu'on retrouve le point Godwin, mais l'histoire se répète pour ceux qui l'ignorent. Souvenez-vous du poème de Martin Niemöller, que je cite souvent dans ce blog, et observez avec vigilance ce qui se passe au Liban.

    Quand ils sont venus chercher les communistes,
    je n'ai rien dit, je n'étais pas communiste.

    Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
    je n'ai rien dit, je n'étais pas syndicaliste.

    Quand ils sont venus chercher les juifs,
    je n'ai rien dit, je n'étais pas juif.

    Quand ils sont venus chercher les catholiques,
    je n'ai rien dit, je n'étais pas catholique.

    Puis ils sont venus me chercher.
    Et il ne restait personne pour protester...

    Pasteur Martin Niemoller (1892-1984), Dachau 1942


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