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Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice - Stèle avec des soubresauts

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Le Crépuscule des pensées | 05 mai 2008

C'est étrange et bénéfique, je n'ai jamais lu ce livre de Cioran, me nourrissant au hasard de relectures aussi avides qu'amnésiques de Précis de décomposition et surtout De l'Inconvénient d'être né.
Etrange et volubile de partager des verres entre silencieux dans la vie, éruptifs dans la vie mais ailleurs - "Voler, rêver, oui." Pourquoi décider de lui céder deux cigarettes et non trois, à cet homme à l'accent québécois qui a de suite occulté nos visages et dont la présence en triangle avec le serveur charmant en outre et orné d'un fil de téléphone dans l'oreille sur le pan de trottoir déclenchait en moi au départ l'alarme du claustrophobe. Nous avons changé de table comme on danse en habit noir, invisibles, sans un mot, ou peut-être Richard Strauss et System of a Down. Je ne saurais être plus précise.
Etrange et émouvant ton visage exactement deux fois moins âgé que le mien sous le cri des mouettes qui nous enchante. Vois comme il est improbable et pourtant possible de faire silence en toute quiétude.
Douce vie qu'une rencontre entre voyageurs incertains.
Ces méandres de la pensée, frêles galères, une claque de vain sonore comme une Vesta rugissante rouge carmin verni, des visages insensés juchés sur des corps torves qui se déplacent comme on rumine, inconsciemment, des corps heurtés que le médecin diagnostique sans faillir quelques heures auparavant, heurtés d'absurde.

"L'ennui : être prisonnier du temps inexpressif, émancipé de la vie, qu'il évacue même, pour créer une rencontre autonome. Que reste-t-il alors ? Le vide de l'homme et celui du temps ; on souhaiterait plonger dans l'immédiat et l'on ne peut que se dessécher dans l'air épuré d'un devenir abstrait. Que faire contre l'ennui ? Quel est l'ennemi à abattre, ou du moins à oublier ? Certainement le temps - et lui seulement."

C'est un extrait de l'extrait que tu avais choisi dans le tram.

"La vie : prétexte suprême pour qui est plus près de l'éloignement de Dieu que de sa proximité."

C'est celui que j'avais extrait de ton livre.

Emil, Pierre, William, Sarah, Milan, à la rescousse, vite ! Un courant d'air dans les moustaches m'alerte que j'me gavaldanise.

Publié par Cosmic Dancer à 22:18:55 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (1) |

A demain si vous le voulez bien | 05 mai 2008

Lucien Jeunesse est mort et avec lui disparaît un pan de réalité déjà embrumée dans les limbes des souvenirs. C'était joli, le Jeu des mille francs, c'était joli de ne gagner que 150 euros si le candidat répondait juste, les auditeurs attentifs au mémorable tic-tac du sablier radiophonique. C'était joli de suspendre son souffle avec Madame Michu et Monsieur Michel quelque part au creux d'une vallée et sur une place de ville. C'était joli, cette voix venue d'un autre âge aux accents d'un autre monde.
J'aimais qu'il n'eût pas de visage pour moi pendant ces déjeuners d'enfance où notre arrière-grand-père cheminot racontait dans un français aux R roulants, parfois en occitan s'il parlait trop vite, la mutinerie de 1917. Un silence sacré régnait à midi pile, nos esgourdes enfantines tendues nous nous pâmions d'admiration quand il connaissait les réponses. Qu'il était doux de se dire alors que grandir serait connaître. Le poste grésillait sur le haut du frigo, son antenne déformée par les chutes ou les ans.
J'aimais bien ces défis bon enfant tout emprunts d'élégance.
Banco.

Publié par Cosmic Dancer à 08:28:03 dans Infos à peine pratiques | Commentaires (1) |