Il nous faut partir pendant qu'il fait grand jour.
Serons-nous en sécurité ?
Cette réplique de peu suivie de "Je veux te toucher, pourquoi tu ne veux pas me toucher, tu ne m'aimes pas ?" fait écho à un soir de naufrage - pardon, Correspondant ; pardon Jeanflipe ; pardon JC-HL, je suis encore un peu muette - à une vie qui ne m'appartient pas et dans laquelle je pose des pieds en sandales rouges en été, en docks et chaussures de cuir noir à talon en hiver, parce que je suis issue d'un monde où l'on achète des chaussures selon son goût et qui me rappelle toujours Magda, née en 1976, avant la chute du Mur - qui allait dans les magasins de Pologne enfant se trouver chaussure à sa taille si possible et partager pour les soirs de fête une banane pour six - ou de Jelel se prostituant avec les touristes italiens pour nourrir sa mère et ses sœurs en 1999 dans une Tunisie dont des reportages m'assurent que c'est trop cool ou de José Pacifico en 1995 bâtissant de bric et broc sa baraque au Bélize pour y accueillir les junkies d'Amérique centrale ou d'elle en 1997 à New York au Village, Black Magic Woman romancière n'ayant plus d'argent que pour pleurer, qu'est-ce que tu veux que je te dise, minimaliste empatouillé dans l'adoration de soi, avant ce plaidoyer pour la mondialisation heureuse que des économistes fous, ardents défenseurs d'un bonheur dont j'ignore encore aujourd'hui d'où ils extraient la source malgré les maigres études que j'en fis, où ces économistes tandis que je braille en masse et en aveugle, seule comme une mite alimentaire perdue dans le rayon frais de nos supermarchés, pris dans le bonheur de leurs chiffres, assurent à celui des féals des temps modernes, ce monde de la concurrence dont je ne suis ni ne fus qu'elle soit socialétale ou sexuelle, que le bonheur, cette prétention sanitaire, demeure à portée de main alors que je ne vois devant moi et malgré toute ma volonté et ma colère qu'apocalypse, quelle qu'en soit la révélation.
- Tu peux aller partout avec tes jambes et le reste.
- Penses-tu sincèrement qu'une paire de pompes toujours abolirait le cauchemard.
Oui ?