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Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice - Stèle avec des soubresauts

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Who will forgive this sense of emergency | 26 avril 2008


Au soir venu tous les murs peuvent paraître éternels et la douceur envahissante des pierres un peu ocres, taillées avec soin mais dans la hâte, s'offrir comme une peau.

Nous nous sommes fatiguées un temps des traces de sang ici sous la terre et des cris de stridence où nous nous sommes avoué que rien devant l'humanité ne l'attend plus qu'un courant d'air mortel, nous nous sommes réchauffées brièvement dans la faiblesse fébrile de qui agonise et fait signe d'une main transparente où les veines désespérément bleuissent, un adieu non au monde, un adieu tel ce soleil se couche immuable, vent tendre sur nos épidermes éblouis, oublieux de la tyrannie de l'actuel, douleur infinie innommable, je ne peux, tu ne peux, nous ne pouvons plus d'impuissance et nos sanglots nous déshonorent tandis que la projection monochrome d'un bleu mer nous inonde virtuellement.

J'ai même racheté enfin ces sandales rouges ressemblant aux anciennes, rouges vif à talon haut et bride à cheville, de celles qui t'habilleront toujours quoi qu'il advienne, celles qui claquent sur le sol impénétrable, te juchant la féminité sur un socle luisant, la palette positivement estivale, plus qu'une joie de consommatrice infantile, l'affirmation d'un talon entêté à être, petite musique persistante sur le bitume, les yeux cachés sous les lunettes solaires. Tant aimé.

Mon rut grisé notre frénésie de nos souffles nos adorations de nos râles, ton regard, ta voix et ta bite et ton âme, en exil au lointain au plus proche oublier, explosifs abandons où tes râles han han han où mes râles han han han colmatent l'absence bien avant nous et tout le vide qui nous aimante et où nous maquillerons nos jours, aiguisés qui broutent en mille volts nos révélations virginales, sensuellement nerfs à vif, le rire abandonné au forfait, rudesses en boucle, des vrais pendus. Immorale, animale, laisse-moi ne quêter rien qu'un souffle qui me fera tenir la bougie de quelques jours que l'on se souhaite heureux, mendiants humbles, malhabiles, tous mes vœux.

Vœux. En plein soleil la tête idiote ne pensant à rien. Les mouettes, variantes et sans doute aussi pénibles que les pigeons à la longue. Aussi touchantes pourtant, je suis prête à embrasser une mouette ou pigeon, même un rat ou une puce sur un poil dru de rat. Mécaniquement j'ai acheté cet hebdomadaire. Studieusement j'ai traduit un texte. Péniblement je m'apprête à redéployer mon corps blessé au métatarse. Que demande le peuple, non non non non, je suis en phase de soustraction. Change de sujet, d'ailleurs.

Nuque penchée comme nuques toutes des icônes et celle des condamnés, fourbues d'images et réclamant une aire de paix, poissons suffocants suppliant qu'on les jette à l'eau, paupières lourdes, je me suis enivrée du filament fragile de ton sourire et de ta paume en feu sur un parking, de tes dents dans ta bouche qui m'ont brûlé l'épaule et de ta pupille dilatée dans un instant de grâce sur des draps qui ne furent jamais nôtres et que nous n'ouvrîmes pas, goûtant de toutes lèvres, s'assurant de tous doigts que si les miracles existent, nous le contemplerions assis comme un vieux couple au spectacle affligeant du monde.

Je sais pas moi, allume la télé, regarde la Une ou Plus belle la vie.

Publié par Cosmic Dancer à 21:31:26 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (0) |

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