la confiance, l'intime, l'abandon
le chaud de l'amour
comme disait ma cafetière hier encore à six heures du soir.
On parlait le même langage et si les photos étaient floues c'était d'un regard encore ému.
(J'ai révisé sagement le manuel de la photo ratée, faut dire.)
Aujourd'hui c'est printemps, il va pleuvoir sur le pare-brise ; gouttes de pluie sur la route, petit chant sans parole sur le bruit du clavier mondial, celui tu sais de l'inodore où chacun ressemble à tout le monde et personne ne connaît personne, la confusion entre les mots que l'on énonce et ceux que l'on est en train d'écrire - Je suis brut (de coffrage ? - fille de maçon tu resteras). Quand le froid ressemble à une caresse, autant s'installer à l'arrière et contempler le paysage, voire baisser les paupières humblement devant la candeur des regards bovins et les dos d'âne le ventre vide. Candy va s'occuper de la cave, les souvenirs se débrouilleront sans moi dans leurs cartons de la dernière fois.
Si je suis un peu en retard maman, c'est que j'étais heureuse, bien que les fraises ne soient pas de saison et que malgré les apparences j'ai les doigts de gourde : je fais des photos d'astygmate hypermétrope divergente quand j'aime, j'en oublie mon autofocus. - Tu es plus belle en vrai qu'en film. - Je ne rêve pas d'une carrière d'actrice.
J'ai mis une jolie robe ce matin quand même, la noire que je t'avais montrée au bureau.
Oui ?