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Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice - Stèle avec des soubresauts

Non, n'entends pas | 26 novembre 2007

- Tu n'entends pas, il y a tellement de bruit autour de toi, celui de tes valves cardiaques est peut-être le plus bruyant.
- Marche. Tais-toi. Je te l'ai déjà dit, tais-toi.
- Tu ne sais pas, tu ne sais plus, peut-être n'as-tu jamais su que le souvenir lancinant d'une arme.
- Quelle arme, quel souvenir, tais-toi, marche et tais-toi.
- Tu ne veux pas, tu refuses de franchir la porte.
- Pas de porte. Commerce. Ressaisis-toi, lucide.
- Tu ne veux pas, tu ne veux pas te supporter saignant, aimant, tu penses que c'est incompatible. Le goût de ton sang est mirage. Sa composition ne l'est pas.
- Je ne suis pas toi. Je ne suis pas.
- L'arme te fit la peau fragile à l'heure où elle t'assassina. Nous ne sommes qu'un temps.
- Femelle !
- Ces souvenirs que tu n'aurais pas, invente-les. Fouille. Et souviens-toi.
- Détache-moi ces neurones. Ça sent le roussi. Femelle !
- Femelle ? Qu'en sais-tu. Que sais-tu de ma voix.
- Elle me rappelle une voix de femme.
- Travaille. Travaille et n'oublie pas. Les odeurs dans ton âme de l'enfance, cette imbécillité en toi que tu fuis et que tu pourchasses. Je me rappelle, moi, la silhouette gracile de mon frère alors minuscule, cheveux en vrac, qui venait embrasser ses sœurs dans la chambre où elles étaient trois, en contre-jour, indécis sur ses petites jambes. D'autres se souviennent et le disent mieux que moi.
- J'aime le mur blanc.
- L'impureté est un grand courage. De vie absolue, il n'est pas. Abandonne-toi. Souffre s'il le faut. Traverse.
- Ne me dérange pas. Je ne veux pas de ces naufrages. Je ne peux pas.

A J., en souvenir des premiers temps. Rebonds.

Publié par Cosmic Dancer à 22:19:21 dans Ce goût des autres | Commentaires (0) |

Flagellez-moi | 26 novembre 2007

Etripez-moi car je suis une "Occidentale", je suis née à l'Ouest, j'en suis coupable. Saignez-moi, vérifiez dans mon ADN depuis combien de générations j'ai du sang de cow-boy dans les veines. Ecorchez-moi car j'ai péché selon les normes du Credo révolutionnaire dont la préoccupation la plus grande est de gémir sur ses entrailles comme on va le faire à confesse, j'ai pas dit mon Mea Culpa. Foutez-moi en camp de redressement, ça m'apprendra à considérer que l'esclavage n'est pas l'invention de mes ancêtres, que la grande Union Soviétique a niqué la nature comme la Chine détruit aujourd'hui l'Afrique, comme le Japon vide les mers de leur poiscaille. Explosez-moi la face car les islamistes me révulsent et que rien ne les excusera. Flinguez-moi car je ne rêve pas de régime totalitaire où je devrais réciter ma leçon comme il est de bon ton de le faire. Jugez-moi, pendez-moi haut et court, débarrassez la terre de moi, je suis le Grand Satan, je suis l'Antéchrist, je suis Le Criminel de Guerre. Echarpez-moi car je ne fais aucune distinction entre les assassins dans le monde et dans l'histoire. Egorgez-moi car je n'éprouve aucune haine. Mon dégoût est universel.

Publié par Cosmic Dancer à 12:35:33 dans Déversoir à gros mots | Commentaires (8) |