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Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice - Stèle avec des soubresauts

Parle à la nuit | 01 novembre 2007


- Tu parles seule ?
- Je parle à la nuit.
- Elle te répond, pauvre folle ?
- Elle m'entend, elle est vaste.
- Pauvre folle.
- Tais-toi. La nuit t'écoute.

Publié par Cosmic Dancer à 23:20:51 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (0) |

Comment faire la fête des morts | 01 novembre 2007

Le 2 novembre n'étant pas un jour très marrant, mais férié que vous le vouliez ou non dans la mesure où, le plus souvent, il coïncide avec le lendemain du 1er, la vacance appelant la glandouille et un vice en cachant un autre, il va vous falloir l'occuper judicieusement.
Ah, il est loin le temps où l'on se rendait en processions conviviales, le chrysanthème au cœur et le ruban noir à la boutonnière, dans les allées rafraîchies des cimetières.

En effet, la coutume voulut longtemps que l'on se laissasse inhumer, poussière rejoignant la poussière, mais au rythme des temps anciens, lentement et avec certitude, acceptant brave le pourrissoir et la compagnie de divers coléoptères, diptères et acariens dans leur ballet aussi véloce que précis. Les enfants tremblaient mieux qu'en ces soirs d'Halloween à l'évocation de feu follets, ces pets de défunt à faire sursauter les légistes.

Aujourd'hui, que voulez-vous, la surpopulation le disputant au tarif des concessions et au bon goût, les plus humbles joueront les filles de l'air au crématorium et les plus branchés le principe de plastination, voire la cryogénisation.

Que faire alors si le gothisme, le satanisme, le vampirisme et le tourisme vous laissent aussi froid que vos ancêtres ? Surtout, pensons à ceux qui n'en ont pas ici, d'ancêtres. La vie n'est pas toujours très simple, alors la fête des morts !
Que faire ? Pleurer !

Je ne sais pas, moi, regardez un peu autour de vous ! Pour les plus cyclothymiques, un petit coup d'œil au baromètre suffira : en général, les 2 novembre s'adaptent bien aux circonstances, s'habillant d'une brume bien poisseuse et d'une température grippante. Les philanthropes se référeront avec attention à l'actualité (Iran, Darfour, Afghanistan, criminalité, femmes battues, pédophiles, pollution, not' président, choisissez avec soin, vous finirez bien par trouver). Impossible de lui échapper, elle vient à vous bonne comme une sainte. Il sera conseillé aux sensibles d'explorer mentalement la dégénérescence que chaque seconde de vie inflige à leurs intestins et aux coquettes de s'imaginer dans trente ans. Les durs à cuire pourront toujours rater leur œuf mollet du petit déj ou se brûler les doigts au café.

Sinon y'a toujours mes voisins et l'intégrale de Daniel Guichard.

Publié par Cosmic Dancer à 19:31:34 dans Inaimables humeurs | Commentaires (3) |

Qu'est-ce que je fiche là | 01 novembre 2007

Je n'aime pas vraiment les week-ends. Encore moins ceux comme celui-là. Qu'est-ce que je fiche là, papillon qu'illuminent les jours hormis ceux-là. Tout va bien pourtant, c'est de la veine, la grisaille te ressemble pas.

Publié par Cosmic Dancer à 16:19:46 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (7) |

Normaux | 01 novembre 2007

Oui c'est ça la normalité, c'est tripal, c'est tribal, ça se fait dessous, ça s'empale en famille, ça se met à cru, à nu, ça exige la défloraison, c'est snifeur, c'est voyeur, ça tient le secret en horreur, ça pue la chatte, ça pue la bite, c'est normal, ça t'embauche si tu cèdes, ça te débauche si ça t'as pas voulu, ça se frotte, ça se pique, ça chante "les uns contre les autres, les uns avec les autres", ça se vomit dessus, ça consomme et ça surconsomme au rayon de la grande plaisanterie, ça se frénétise, ça se badigeonne, ça s'achète des crèmes en dollars, des nichons en réals, ça aime la scène, la mise en scène, le magazine, ah s'y reconnaître, jusqu'aux tréfonds de ça ne sait plus, ça ne veut pas, ça ne veut surtout pas se dire que ça n'appartient pas au cloaque, Jérôme Bosch emboîtés, solidaires, ça se rassure en rang fixe, c'est terrorisé par la mort, la mort c'est déjà le regard de l'autre, le pas normal, le non normé, l'outrecuidant, celui d'à côté, ça veut le serrer, le souiller, le faire morfler, dégringoler d'un piedestal imaginaire, le piétiner, le faire avouer - avoue ! avoue que tu es comme nous ! que tu veux juste te faire liquéfier, métasucer, disparaître dans le grand tout, le sensationnel empartouzé, avoue ! - ça traque en meute, ça chasse en rut, dépoitraillé, le pif sur le cul, ça a de l'instinct et c'est normal.

Publié par Cosmic Dancer à 15:22:26 dans Déversoir à gros mots | Commentaires (4) |