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Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice - Stèle avec des soubresauts

Jusqu'où Iran-t-ils ? | 30 octobre 2007

Pour la première fois, j'ai l'honneur de publier en ces lieux un post du jeune et fougueux M1 dont les vœux de Nouvel An sont un tantinet précoces, mais on ne lui en voudra pas de nous souhaiter à tous la meilleure continuation possible.

 

Menace d'une 3e guerre mondiale. La phrase est lâchée par Bush, dont l'administration durcit au passage les sanctions contre le régime des mollahs en interdisant toute transaction avec le système financier iranien et ses satellites, le but étant d'asphyxier la première multinationale terroriste, à savoir les "Gardiens de la révolution", qui contrôlent directement ou indirectement l'économie de l'Iran. La déclaration de Bush ainsi que les nouvelles sanctions qui peuvent paraître sans effet sur le régime iranien (du moins à court terme) comportent un message important et de responsabilisation, peut-être même un "ultimatum" des Américains à la communauté internationale sur la question iranienne, tant il est vrai que les puissances européennes continuent à nourrir l'ogre iranien par de menus échanges commerciaux. Il est aussi vrai que l'historique des américains avec l'Iran est de nature à rendre dubitatifs quant à une réelle volonté de résoudre la question diplomatiquement. Le jeu de guerre(s) avec les États-Unis n'est pas bien nouveau. Il a commencé en 1953 avec le renversement du premier ministre iranien Moussaddeq par la CIA, un premier ministre populaire dans son pays mais qui avait eu la mauvaise idée de nationaliser le pétrole iranien, ce qui n'était pas du goût de l'administration américaine qui mit à sa place le Shah Reza Pahlavi, dont les atrocités ont définitivement enlevé le goût du Coca-Cola aux Iraniens. Les événements s'emballent en 1979 avec la révolution des mollahs et la prise du pouvoir par l'ayatollah Khomeiny qui profite d'un large ressentiment anti-américain pour en faire l'ennemi juré en prenant en otage une cinquantaine de diplomates américains pendant 444 jours à l'ambassade US à Téhéran. Après, c'est une véritable histoire d'amour qui commence entre les deux pays. Iran-Irak et actes de terrorisme ont finalement valu à l'Iran d'avoir son nom inscrit en lettres "d'or noir" sur la liste des Etats terroristes et d'être l'élément moteur de "l'Axe du mal".
En 2003, un élément nouveau vient faire réfléchir le régime des mollahs sur leur libre entreprise : l'invasion de l'Irak et le renversement de Saddam. Les Iraniens avaient la preuve de la détermination de l'administration Bush et le corps expéditionnaire US est maintenant stationné à leurs portes. Et puisque la foi en Dieu n'exclut pas la peur de l'homme, les mollahs, abrutis mais pas fous, ont alors décidé de reconsidérer leur position par rapport aux États-Unis. C'est ainsi que nous apprenons par Trita Parsi, ancienne collaboratrice du républicain Bob Ney, qu'en mai 2003, soit trois mois après l'invasion de l'Irak, que les Iraniens auraient fait parvenir à Washington par l'intermédiaire de Tim Guldimann, ambassadeur de la Suisse à Téhéran, un mémo dans lequel ils s'engageraient à ne produire ni posséder d'armes de destruction massive, à coopérer totalement avec l'AIEA et à soutenir la démocratie et un Etat non religieux en Irak. Les Iraniens s'engagèrent aussi à coopérer contre Al Qaida, les mouvements terroristes en général, et à lâcher tout soutien au Hezbollah et au Hamas. La contrepartie exigée par les Iraniens consisterait dans le fait de ne plus être black-listé comme Etat terroriste, la levée des sanctions, le soutien des USA concernant les demandes de réparations de guerre exigées par l'Irak, la reconnaissance d'une "influence" religieuse iranienne sur certains endroits en Irak, le droit au nucléaire civil, la traque et la livraison par les Etats-Unis des éléments anti-iraniens des activistes du Khalq. Un mémo somme toute intéressant. Mais on était en 2003. Les Américains avaient la victoire facile, le régime de Saddam s'effondrait et Bush, en combinaison de pilote, faisait son discours de la victoire sur le pont d'un porte-avion sous une grosse banderole "Mission Accomplished". Les Iraniens ont merdé le timing de leurs propositions. L'administration américaine avait en toute logique rejeté le mémo iranien. Occasion ratée ? Pas sûr ! Mais aujourd'hui, le fait que les Américains n'ont pas de chef négociateur avec l'Iran (Christopher Hill par exemple, fin diplomate et maîtrisant le sujet) et le fait que le chef négociateur iranien, le modéré Ali Laridjani, présente sa démission, est annonciateur du pire des scénarios. Espérons au moins que le Paradis existe!

Publié par Cosmic Dancer à 07:48:16 dans Il n'y a pas que la littérature dans la vie | Commentaires (3) |

Correspondance | 29 octobre 2007

- On écrit toujours pour quelqu'un. Du moins, pour ce qui me concerne, c'est indéniable. Hey oh, c'est à mon tour de te montrer un truc sur Youtube.
- Oui, c'est une lettre quand on le fait vraiment. A qui. Mystère. Ou pas. Ah non, c'est mon tour, t'exagères.
- Bon OK, mange avant que ça soit froid.
- Lui il disait déjà à l'époque que s'il n'y avait qu'une seule personne, il était heureux.
- Il avait raison.
- Ben ouais, c'est un peu pénible, il a souvent toujours raison. Sauf qu'à l'époque, il ne savait pas encore qui était cette personne, c'était un être abstrait, un prototype, une fulgurance projetée dans les salles de merde où il jouait.
- J'arrive plus à écrire.
- Je comprends ça.
- Faut qu'on se serre les coudes, on n'est plus guère nombreux.
- Bon ap'.
- C'est vrai. Quand t'écris pour personne, c'est de la merde. Bon ap'.

Publié par Cosmic Dancer à 22:20:48 dans Ce goût des autres | Commentaires (13) |

Summer Evening | 29 octobre 2007


Edward Hopper - Summer Evening, 1947.


En guise de salutations à Perhaps, dont je vous conseille la lecture du post consacré à L'Origine du monde de Gustave Courbet, actuellement exposé à Paris, et à l'intéressante question du regard, cette solitude. Quoi, quel rapport avec Hopper ? Devinez.

Publié par Cosmic Dancer à 18:30:05 dans Ce goût des autres | Commentaires (16) |

Demande à la poussière | 29 octobre 2007

Sur toute cette désolation régnait une suprême indifférence, juste une nuit qui prenait fin et un jour de plus qui commençait, et pourtant l'intimité secrète de ces collines, leur merveilleux silence consolateur, faisaient de la mort une chose de peu d'importance. Vous pouviez toujours mourir, le désert demeurerait là pour cacher le secret de votre mort, resterait là après vous pour recouvrir votre mémoire de vents sans âge, de chaleur et de froid.

John Fante - Demande à la poussière.

Publié par Cosmic Dancer à 08:10:50 dans Ce goût des autres | Commentaires (7) |

Plombons l'atmosphère | 28 octobre 2007

Je suis Iana et je suis double. On me croit simple quand on me rencontre parce que je décide que je suis à peu près présentable. On rencontre Iana la Belle, qui est belle parce qu'on la rencontre. Iana la Laide n'existe pas à ce moment-là, et c'est comme si elle n'avait jamais existé. en tout cas, si son souvenir se fait une place dans le présent de Iana la Belle, c'est un souvenir, c'est révolu.

Iana la Belle, vive et charmante, une pure connasse quoi, sait se faire aimer puisqu'elle est belle. Sûre de son existence. Comme un œuf chaud sous le cul d'une poule. Le monde lui sourit, les jours sont simples et agréables, avec leur lot de joies et de tracas, peu importe le quantifiable. Tout ce qu'il y a de plus vivable, une pure pétasse lisse comme une lame. On dit même de Iana la Belle qu'elle a un sourire à faire sourire les planètes. Et le monde lui sourit, alors elle sourit niaise, alors on lui dit con quel beau sourire et on lui sourit et elle sourit ça en devient franchement immoral, impudique et pénible, et elle sourit jusqu'à ce que l'autre se réveille, lui cogne les flancs.

Iana la Laide se réveille vite, insomniaque et nerveuse, anxieuse et aux aguêts, tout pour plaire enjeu névrotique. Elle se réveille au premier doute. Mais la Belle se débat, pauv' p'incesse, elle lutte de toutes ses faibles forces car elle connaît le jeu de la Laide. Elle sait comment elle va lui dammer le pion si elle lui laisse la moindre place.

Pour éviter le désastre, elle se lève et s'étire, se réfère aux bons conseils de tous les thérapeutes de la terre et hop là hop là se détend l'âme dans des respirations cosmiques voire calmes.

Ça marche un temps. Le sourire n'est plus le même, déjà, il rétrécit. Cul de poule, je vous dis.

Une ride effroyable se creuse entre les deux sourcils, des cernes crachent leur noirceur sur les joues. Iana la Laide tambourine à la porte. Avec ses griffes. Elle fait du bruit en outre, elle hurle à vous déchirer les tympans, les voisins ont ça en horreur, il faut agir. Et vite.

Alors la Belle doute encore plus. Elle va devoir se rassurer, s'assurer de son existence, autrement dit il est déjà trop tard.

Elle va se mettre à chercher des signes comme quoi elle est toujours Iana la Belle et pas l'autre. A-t-on déjà connu la Belle inquiète ? Jamais. Alors on pense que la Belle change et devient moins belle. On lui dit "Tu es moins belle ou je me trompe ?" Alors elle se trouve moche et on la trouve pas belle et elle devient encore plus moche.

Et c'est l'heure de Iana la Laide, qui pleure et fait pleurer la Belle. Qui se hait et voue une haine impitoyable à l'autre car elle pense que la Belle est un mensonge, que la vérité, c'est elle, et que c'est pas beau à voir.

Plus personne ne voit Iana. Personne.

Alors j'me cache, j'ose plus me montrer, je comprends qu'il vaut mieux ne pas me voir.

Ce serait au risque de réveiller les autres, les autres Laids et les autres Laides qui dorment encore et qui n'attendent qu'un signe pour se lever.

Publié par Cosmic Dancer à 21:26:31 dans Inaimables humeurs | Commentaires (1) |

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