(100 % naturelle, cette photo n'a nécessité aucune paire de lunettes - 100 % éthique, elle n'a maltraité aucune astygmate mal élevée - 100 % copyleft, elle réveille le Breton qui est en vous.)C'est vrai, quoi ! Qu'est-ce que ce président qui ne déclare pas son amour à tous les Français, sans oublier les Bretons (dont certains mêmes s'affirment Breizhois et nullement Hexagonaux, faut dire que la Bretagne ressemble plus à un nez gascon humant la saine brise océane qu'à une figure géométrique), et attention à ceux dont on parle parce que la frontière est si ténue entre les Loire-Atlantiquais et les Vannetais que ça a décoiffé les Morbihanaises, donc il reste à délimiter les contours culturels de Son Odieuse Insensibilité, ce que je ne me sens personnellement pas appelée à faire car mon destin à moi est de me lever très tôt demain matin.
Un présidentiable, ça dit tout le temps "je vous aime", "vous êtes vraiment intéressants", "je compatis", "je vais créer une loi pour votre cas", "je ne vous oublie pas pour les vœux", "comment vont les quenottes ?", "je m'occupe de tout", "je vous borde mardi, lundi je suis de baby-sitting avec les syndicats", "on a bien digéré ?", "le câlin, c'est après le brossage de dents", "bisou, mon petit chapeau rond".
C'est affectueux comme une maman.
Ou comme une député de l'UMP qui
nous aime, elle, nous, citoyens et citoyennes, dans les meetings, mais pas seulement, dans les réunions aussi, nous aime, donc, nous le signifie et nous rassure : elle sera toujours là, avec nous, près de nous.
Et pour en revenir aux Bretons, quitte à désoler une partie de mes ancêtres, ce qu'Il en pense à l'idée de gober de l'iode, les yeux noyés sur un radar alors que le moment s'y prête mal - faut comprendre, un présidentiable, c'est nerveux, c'est tendu par le sentiment d'une grande destinée qu'un écrivain nécessairement excellent s'emploie passionnément à écrire intelligemment à mesure qu'elle prend merveilleusement forme -, je m'en balance.
Oui ?