La pratique est tellement courante qu'elle ne semble plus choquer grand-monde, qui consiste à pointer un doigt accusateur sur toute critique de l'islam, en opérant l'équation selon laquelle ne pas adhérer aux préceptes de cette religion serait
stigmatiser ses croyants, et être raciste anti-maghrébin.
Il semble donc urgent de rappeler quelques évidences en guise d'amuse-bouche, parmi lesquelles : l'islam n'étant pas un groupe humain ethnique, on ne peut racialiser la question ; sans oublier que le premier pays musulman au monde est l'Indonésie.
Tristesse et stupéfactionPour tout dire, je suis lassée de la vindicte systématique à laquelle je suis régulièrement confrontée dès lors que, par exemple, j'évoque ces musulmanes dissidentes condamnées à mort et à vivre en exil que sont notamment
Ayaan Irsi Ali ou
Talisma Nasreen, considérées comme d'abominables renégates ayant trahi les leurs, pour la simple raison qu'elles dénoncent les dérives de l'islam.
Il en est de même pour ce qui concerne
Fadela Amara,
Caroline Fourest ou encore
Anne-Marie Delcambre qui, quels que soient leurs combats, leurs désaccords même entre elles, et quels que soient les
reproches qu'on peut leur adresser, sont largement considérées comme des va-t-en-guerre xénophobes et d'insupportables provocatrices. Cependant toujours et étrangement largement plus critiquables qu'un prédicateur salafiste comme, par exemple,
Youssef al-Qaradawi ou que la
Charte du Hamas.
Par un étrange jeu d'inversion, ceux-là mêmes qui condamnent ces plumes brillantes prenant fait et cause pour les femmes et contre la barbarie des intégristes se gardent bien de dénoncer les fondamentalistes religieux et les groupuscules terroristes islamistes commettant chaque jour des crimes innommables.
Tout au mieux me rétorque-t-on que les Etats-Unis, Israël et plus généralement l'Occident en sont responsables. Voire que l'Occident même a radicalisé l'islam. Un discours qu'affectionne toute une partie de la
gauche et de l'extrême-gauche française (ainsi qu'une part de l'extrême-droite) en mal de nouveaux damnés de la terre. N'adhérez pas à ce point de vue, vous êtes un affreux "sioniste", un "bushiste" assoiffé de pétro-dollars, un "sarkozyste" manipulateur, un "fasciste" en puissance.
Mais vous devez supporter le plus stoïquement du monde ces aimables allégations, sous peine de heurter les sensibilités.
"Quand t'es dans le désert depuis trop longtemps"Fort heureusement, quelques musulmans n'ayant pas même apostasié - ces derniers étaient voués aux gémonies et n'ayant aucune chance de se faire entendre - ont le courage - et il en faut - de s'élever contre ces théories, appelant l'islam à faire son aggiornamento et à juger ses propres turpitudes. Voir
Mohamed Pascal Hilout,
Mohamed Sifaoui ou
Abdelwahab Meddeb.
Leurs voix semblent pourtant se perdre dans le désert des barbares qui, s'accrochant avec rage à la pureté et à la bonté de leur religion dont il est hors de question d'interroger et/ou de critiquer le corpus, dont ils ont la plupart du temps une méconnaissance absolue, réfutent jusqu'au fait que les premières et les plus nombreuses victimes des exactions des
terroristes islamistes sont... les musulmans eux-mêmes.
Malheureusement, en faire état appelle tous les griefs et déclenche toutes les foudres. Ainsi, être horrifié par le sort des victimes algériennes (FIS, GIA, GRPC), marocaines (cellules proches d'Al-Qaïda), palestiniennes (Fatah, Hamas), irakiennes (chiites contre sunnites), iraniennes, afghanes (talibans contre gouvernement), somaliennes, libanaises (Hezbollah), c'est être soupçonné de s'émouvoir hypocritement dans le seul but de "critiquer l'islam". Etre soupçonné de dissimuler une pensée nauséabonde assimilant chaque musulman à un terroriste en puissance.
Quant à dénoncer le sort réservé aux femmes dans les
républiques islamiques, voire en Europe, on n'a pas même fini sa phrase que les accusations pleuvent et comptabilisent les victimes des violences conjugales ou les aberrations sexistes des évangélistes, des juifs orthodoxes ou des chrétiens traditionnalistes dans l'espoir de démontrer qu'une équivalence existe entre celles-ci et celles qui érigent en loi commune, tacite ou non, l'excision, le mariage forcé, la lapidation et les crimes d'honneur.
Le pas, enfin, est toujours allègrement franchi pour, une fois les présentations faites, sommer l'interlocuteur de retirer son masque : en effet, critiquer l'islam équivaudrait également à être un faux laïc et un vrai raciste usant de sa liberté d'expression pour
stigmatiser l'Oumma.
Un argument très en vogue aujourd'hui et auquel succombent malheureusement nombre de nos concitoyens musulmans ou non, dont on espère pourtant toujours qu'ils se rangeront au côté de ceux qui les appellent pour que cesse la folie islamiste.