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Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice - Stèle avec des soubresauts

Aux amis de Tariq Ramadan - Petite leçon de lapidation | 15 avril 2007

En 2004, le corps de Ghofrane Haddaoui, 23 ans, était découvert à Marseille. La jeune femme avait été tuée à coups de pierre, en d'autres termes lapidée pour avoir refusé les avances de l'un de ses assassins. La justice vient de rendre son verdict : 23 ans de réclusion criminelle, bien mérités.

Ci-dessous et à l'intention de nos chers islamo-gauchistes qui aiment tellement Tariq Ramadan l'ineffable progressiste, un extrait d'une interview donnée en 2006 par la mère de Ghofrane, Monia, à Jocelyne Clarke, pour la Revue Laïque et Féministe.

RLF : L'instruction a-t-elle avancé sur les mobiles et sur l'hypothèse de lapidation ?

Monia H. : Cette hypothèse est systématiquement repoussée depuis la mort de Ghofrane. Depuis la découverte du corps, les « imams » de la ville ont tenu une conférence pour décréter qu'il ne s'agissait pas de lapidation. La Justice et des associations que j'ai alors contactées ont semblé redouter cette explication. Pourtant, les preuves sont là.

RLF : Vous êtes musulmane ?

Monia H. : Oui, musulmane, mais trop de jeunes sont embrigadés par des imams qui ne sont pas dignes de ce titre. Ils achètent la jeunesse sans repères, ils manipulent la religion. A Marseille, il y a une salle qui sert de mosquée dans chaque immeuble et quel est l'enseignement qui y est donné ? Je voulais que Ghofrane vive épanouie et libre. Je suis en colère contre ces obscurantistes, comme Tariq Ramadan qui a osé demander un moratoire sur la lapidation.

RLF : Vous l'avez rencontré ?

Monia H. : Oui, je l'ai rencontré à une conférence où il était invité. Quand j'ai pris la parole et que je lui ai mis sous le nez la déclaration d'un des tortionnaires de ma fille où il affirme qu'il l'a lapidée, Tariq Ramadan m'a totalement ignorée : pas un mot, il a tourné les talons !

Publié par Cosmic Dancer à 13:35:11 dans Il n'y a pas que la littérature dans la vie | Commentaires (75) |

Le nouveau visage du Front National | 13 avril 2007

L'envahissement des idées portées depuis sa création en 1972 par le Front National - fondé dans le but de rassembler sous une bannière unique les différentes factions de l'extrême-droite française, en dehors, peut-être, de celle qui reconnaît mieux ses valeurs chrétiennes chez Philippe De Villiers - au sein de la population doit être l'une des préoccupations majeures des républicains d'aujourd'hui, qu'ils soient de droite ou de gauche.

La sympathie quasi inconsciente de nombre de nos concitoyens pour les idées de ce parti a grandi ces dix dernières années, en proliférant sur deux terreaux favorables. D'une part, le cynisme de François Mitterrand qui, dans les années quatre-vingts, a su instrumentaliser le FN pour qu'il concurrence la droite républicaine, et l'abandon par le PS d'une classe ouvrière relayée par des armées de précaires, au profit des revendications de confort de ceux que l'on appelle les bourgeois-bohèmes. A noter cependant l'attrait qu'il exerce également sur des classes moyennes dont le pouvoir d'achat a pris du plomb dans l'aile, et sur une jeunesse qui rêve de "casser le système". D'autre part, la déliquescence accrue, aux plans économique, social et moral, dont souffrent sept millions de pauvres, après qu'une dénonciation légitime des dérives de l'Etat-Providence ait abouti au démantèlement des fondements de la solidarité nationale (éducation, santé).

Un constat de vacuité qui permet au FN de dénoncer tout à la fois l'impuissance de la gauche à vaincre la pauvreté et l'arrogance de la droite néo-libérale à la favoriser. Et de gagner ainsi de nouveaux votes protestataires, ceux des "ni-ni", soit "non" à ce que JMLP a défini, avec sa propension aux raccourcis, comme l'UMPS, incarnation bicéphale d'un fantasmatique "Etablissement" des "tous pourris".

C'est pourquoi il m'a semblé essentiel d'aborder ce thème au travers du prisme de cette figure que l'on pourrait comparer à celle d'un ange en chute libre vers l'enfer (Chute ! Eloge de la disgrâce. Editions Blanche, 2006) : Alain Soral, plumitif mineur mais doué, romantique de gauche désabusé cherchant sa cause et sa révolution depuis trente ans et ayant développé, dans plusieurs écrits pamphlétaires, un système de pensée dialectique redoutable qui lui a valu de devenir le conseiller de campagne du Front National nouvelle version. Et de lui offrir non seulement les arguments qui lui manquaient pour asseoir sa réputation de visionnaire mal aimé, mais une couleur d'autant plus séduisante qu'elle se pare d'un volet social en contradiction absolue avec ses bases idéologiques en cas d'accession au pouvoir. Un volet social dont il ne faut pas négliger les retombées. Voir exemples ici et .

Alain Soral ne représente pas un danger au sens où ses livres se vendent à peu près aussi mal que tous les essais dignes de ce nom, mais au sens où il offre à l'appareil idéologique frontiste les moyens de conquérir toujours plus de déçus, toutes sensibilités confondues. Son ralliement au FN, dont il estime que la figure historique JMLP est le seul véritable révolutionnaire d'aujourd'hui, tombe à point nommé dans une campagne où, à quinze jours du premier tour, 42 % des Français se déclaraient encore indécis. Et ceci, alors même que la faction droitiste du parti s'encolère de sa présence.

Après, donc, avoir mis en œuvre une refondation complète de la sémantique de son discours (Mégret déclarait en 1996 : "Nous entendons mener et gagner la bataille du vocabulaire") et formé les cadres de son état-major à une respectabilité nouvelle, notamment en créant un prétendu "conseil scientifique" (dont est issu le fumeux Rapport Millon), il ne manquait plus au FN qu'à se gauchiser et à se républicaniser, lui qui hait tant la République. C'est chose faite.


Une histoire d'amour mode victime : la figure du martyr

Alain Soral partage avec JMLP des origines modestes, une langue râpeuse, terrienne, labile et roublarde, prisant l'insulte déguisée et les formules lapidaires. Avec lui, il a également en commun une posture crucifixionnelle (il fut en effet victime de plusieurs agressions physiques, et malmené récemment à Sciences-Po Paris où il était invité avant que d'être exclu ; enfin, Olivier Besancenot a refusé qu'il participe à un débat télévisuel qui les souhaitait tous deux sur le plateau) que Dieudonné, deuxième larron de ce relookage non raciste et social, affectionne également, qu'il soit confronté à l'ostracisme ou à la diabolisation, ces deux types d'offensives n'ayant eu pour effet que de consolider leur image de prophètes maudits.

Du pain béni pour le FN, dans la mesure où ce victimisme jouissif et rémunérateur alimente à merveille le feu paranoïde de la fumeuse théorie du complot. Une complotite aiguë revendiquée comme une confiscation démocratique qui lui permet de considérer tout procès perdu comme une victoire des Comploteurs et tout procès gagné comme une victoire contre ceux-ci.

Outre qu'il représente un moyen de parer toute critique, le Complot a aussi l'avantage de diffuser une vision manichéenne du monde, ciment de toute idéologie extrémiste. Mais quel est ce complot ?

Il est d'ordre spiritualiste, quasiment. Ce en quoi il séduit ceux qui cherchent désespérément ce que notre république a bien pu faire de ses valeurs fondatrices humanistes et universalistes. Il est spiritualiste au sens où il propose une vision magique d'un monde où s'affronteraient le Bien et le Mal, et où les cadres du FN détiendraient une vérité dûment cachée par leurs ennemis.

En quoi consiste-t-il ? Pour le Front National, la France serait gouvernée en sous-main par une coalition politico-médiatique issue d'un lobby... juif : « Les grandes internationales, comme l'internationale juive, jouent un rôle non négligeable dans la construction de l'esprit antinational » (Le Pen, Présent, 1989).

Pour Alain Soral, de formation intellectuelle marxiste, la confrontation de classes et l'articulation exploités-exploitants s'arrange tout autant de la prétendue superpuissance de forces... juives.

Au plan de la politique internationale, une certaine part de l'ultra-droite et une certaine part de l'ultra-gauche se rejoignent en conséquence pour désigner d'une même voix l'ordonnateur supposé du Crime : l'axe imaginaire judéo-américain inflitré partout. Brièvement, ceci explique pourquoi Alain Soral et Dieudonné, ainsi qu'Ahmed Moualek (président de "La banlieue s'exprime"), se sont retrouvés au Liban en août 2006 en compagnie de Thierry Meyssan, Meyssan dont le délirant L'Effroyable Imposture est devenu un best-seller mondial au même titre que les Protocoles des Sages de Sion, bible de la paranoïa antisémite. (Sur les motivations et les méthodes de Thierry Meyssan, lire le remarquable essai de Fiammetta Venner, L'Effroyable Imposteur - Editions Grasset, 2005.)


La République nous appelle...

Au plan national, le racisme avéré de JMLP ("Oui, je crois à l'inégalité des races, c'est évident", a-t-il déclaré lors de l'Université d'été du FN, 1996) se couvre de doux euphémismes et courtise les beurs des banlieues, dont une jolie représentante a orné récemment une affiche de campagne.

Encore une fois, Alain Soral, qui préfère les femmes voilées aux femmes en string, peut s'enorgueillir de faire résonner un propos où l'ancien "envahisseur" - maghrébin, arabe, musulman - est devenu, par le miracle de la transubstanciation gauchisante, le hérault d'un nouveau Lumpenproletariat.

Pour s'en convaincre encore, il suffisait jusque récemment d'effectuer une promenade sur le site de labanlieuesexprime.org, qui a curieusement disparu. Mais dont Ahmed Moualek avait accordé une interview dont il était fier à un web-magazine d'extrême-droite, lui qui soutient sans faillir l'ex-comique Dieudonné dans ses nouvelles croisades.

Ainsi, par une alchimie de l'absurde, les anciennes victimes d'une prétendue haine xénophobe franchouillarde largement fantasmée (par les élites de droite, principalement), élevées au sein de la nurserie d'un antiracisme® contre-productif et aliénant (lire à ce sujet l'excellente analyse de JC Moreau sur Agoravox) risquent-elles aujourd'hui de se lancer à l'assaut de la social-démocratie que le FN ne cesse de combattre depuis ses origines et que Soral exècre.

Notamment parce qu'elle a nourri en son sein le fléau du communautarisme dans lequel les combats républicains (laïcité, égalité, solidarité, justice), et même, le patriotisme républicain, ont été évincés au profit de revendications particularistes et abandonnés à l'extrême-droite.

C'est tout le sens du discours de Valmy lors duquel, sous l'inspiration d'Alain Soral, JMLP a pu tout à la fois jouer sur la fibre chrétienne chère à son idéologie et se faire enfin valoir comme possible fédérateur d'une France réunifiée.

Une France qui, blessée dans ses traditions par la construction laborieuse et non concertée de l'Europe, et par la violence de la mondialisation sauvage et de la déconstruction insécurisante de la dignité des classes moyennes et pauvres, risque bien de le célébrer comme ultime refuge.

Publié par Cosmic Dancer à 13:21:01 dans Il n'y a pas que la littérature dans la vie | Commentaires (45) |

L'ange ne portait pas de pantalon | 12 avril 2007

Méfiez-vous, ailes frêles et cœurs galants
Cœurs battants et cœurs clairs
Méfiez-vous.
Je suis un naufrage arrangé
Par mes soins. Et ma folie est sage
Où tu te laisses aller, toi l'extrême dupe.
Oui. Je sais. Et j'avoue dans des larmes tuantes
Que je hais cette armure.
– L'offrande était, cruelle tentation
Si belle.
J'ai besoin de mourir
Mort, doux oubli, ça, je te le jure.
Prends mon cerveau trop dur
Et mon cœur trop mouillé.
Je te donne
Toutes mes peaux et tous mes traits, oui, tous.
Mort, en es-tu capable ?
Après tout, peut-être que toi aussi
Tu m'aimes et rêves de mes bras
Peut-être veux-tu
Que je t'enlève
Et te fouette sur mon manège...
Mon nom est grandiose, improbable
Mon nom de baptême est Défi
Et j'en suis
L'unique coupable.
Par les champs égarés de ta subtile colère
Quand je fuis ton iris ciel et mer, affolée, piètre nonne
Comme la douceur ardente
De mon tueur m'étonne – Il est vrai que ce tueur
A des lèvres étranges
Et que ma mort sourit
Comme jouissent les anges.

Publié par Cosmic Dancer à 16:46:50 dans Une semaine érotique | Commentaires (17) |

Notre île, ton île, mon île | 08 avril 2007


Eruption de La Fournaise, 2005 - © Reagan Pannell


La Réunion est une île en conflit avec les éléments. C'est un volcan qui plonge dans les abysses. J'y vivais, baigné dans le sacré. Une île, c'est à la fois un monde clos et ouvert. Rien n'y est banal. Les faits divers y sont le début de mythes. Je pourrais vous parler des heures d'Agamemnon Casanova, un fugitif assassin qui fit couler beaucoup d'encre, mais aussi de Sitarane, de Calendrin, de Tchang, des histoires de grand-mère Kal, du sacrifice du taureau Adam, ou encore de monseigneur Aubry, un évêque qui s'était fait une canne téléscopique pour mieux conduire une décapotable. La Réunion est théâtrale, chacun y est acteur et spectateur. Enfant, les histoires passaient d'une bouche à l'autre et la terre écoutait.

La terre écoutait, elle parlait aussi. J'ai passé beaucoup de temps à courir pieds nus dans les champs ou à creuser des petits trous dans la terre pour lui confier des secrets. Je suis pétri par cette terre qui m'a vu naître. Je vous parle et pourtant je ne sais pas comment vous parler. Ici, mes mots sont fragiles. Si je vous dis que ma bouche est pleine de cette terre ; si je vous dis qu'elle chante et crie en moi ; si je vous dis qu'enfant, je voulais m'unir à elle, qu'elle fut à l'origine de mes premiers émois érotiques, que pouvez-vous entendre ? Si je vous dis que la terre en métropole est si triste qu'elle est muette, que je dois m'enfoncer profondément dans les bois pour l'entendre murmurer ; si je vous dis que dans une ville comme Paris ou Lyon ou Marseille, dans ces cités hautaines, je suis perdu et tourmenté, agressé par le vide, agressé par le plein, que je suis obligé de me réfugier dans les cathédrales pour poser ma tête contre une colonne et respirer un peu. Que pouvez-vous entendre ? Je marche le ventre vide loin de ma maison et pour me consoler du silence de la terre, je suce des pierres. Les gardiens volcans i oublient pas son carré de terre.

Jean Lambert-wild - Se tenir debout - Ed. Les Solitaires Intempestifs, 2005.

"P'tite fleur fânée, p'tite fleur aimée, dis à moin toujours kouk cek l'amour..."

Publié par Cosmic Dancer à 20:13:42 dans Ce goût des autres | Commentaires (18) |

La farce vitoyenne | 07 avril 2007

Ralleytand de Bas-Merdeux bandait mou depuis longtemps. En son improbable et navrante jeunesse ayant réchappé par miracle aux rêts d'une camisole chimique, peut-être bénéficia-t-il d'une remise de peine consentie par la Nature qu'accablait l'inélégance d'un chapiot dont il usait dans l'espoir de masquer la vacuité de ses attributs crânes.
- Je suis Râle le Gland, annonça-t-il en Commencie.

Les esprits les plus fous subissant comme les autres les lois universelles de l'attraction mutuelle, il croisa lors d'un pas de motet empêtré dans sa soie l'International Blue. Flaptiste autovendu au buzz électronique commettant comme on pisse l'exécrable Novlangue, l'autrement nommé Moij' flattait la gueuse connement dans l'espoir de lever d'impossibles suffrages.
- Glantes Drames, chevrotait-il, "Jésus était un homme à femmes" et "je vous rappelle que Britney Spears s'est entièrement rasé le crâne, ce dont personne n'a parlé sur l'AgoraVox. Alors que l'événement fut mondial, en tous les cas bien plus que ces poussées d'adrénaline près de la machine à café de France 3, France quoi ?"

Mondial il l'était en effet, polluant de son atrabilaire semence les champs radieux de quelques résistants à l'Onaniste et Gnomique Merdiquerie dont il enviait le charme tranquille et le verbe à vit.

Jaloux soufflant par voie buccale ce que d'autres offrent dans un lit, Moij' s'allia en ces termes au fruste enchapeauté :
- Je suis Bleu, comme Gland.

Sous un chêne isolé pleurant sa débandade, un bandit de la boulange au dépit condamné vint lui lécher les burnes. Las, fors la bave désastreuse de ses canines saillies nul n'entendait, en Commencie.

Tapinant depuis lors pour allier à leur cause les plus puants débris, ces tristes de la verge ravagent la Terminie, harcelant sans rougir, agressant sans répit.

Publié par Cosmic Dancer à 18:15:06 dans Déversoir à gros mots | Commentaires (41) |

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