Comme vous le savez peut-être, je traîne mes guêtres du côté d'AgoraVox depuis quelques semaines, média dit citoyen et noble initiative visant à donner la parole à toute personne capable de rédiger un article selon les termes d'une charte déterminée, claire et précise. Chaque publication fait l'objet de commentaires, plus ou moins pertinents, et plus ou moins relatifs au sujet. Disons qu'en principe, c'est un Café du Commerce virtuel parfois agrémenté de visiteurs singuliers, sages, sympathiques, voire savants, qui éclairent de leurs connaissances les points discutables soulevés par l'auteur ou par les lecteurs.
Il arrive même que l'humour s'y fraie un chemin, et ce n'est pas moi qui vais m'en plaindre.
Or depuis quelques jours, le "cinquième pouvoir" voulu par les créateurs du site comme un contrepoids au quatrième dont on ne cesse de dénoncer, à raison, hélas, la plupart du temps, les turpitudes, se mue en un éloge non dissimulé de la plus pure connerie. Certes, les propos sournois d'islamo-gauchos, de fondamentalistes chrétiens, de judéophobes complotistes, d'extrême-droitistes nazis peuvent y ferrailler avec leurs détracteurs, dont je suis. Mais comment venir à bout de cette folie ordinaire qui donne aux plus obsessionnels des cloportes, par la publication jamais censurée de leurs errances psychiques sans fond, le sentiment de vaincre toute forme d'intelligence et de terrasser l'ennemi imaginaire que leur pauvre cerveau nécrosé croit déceler en tout contradicteur ?
Après m'être emportée contre l'inanité du bleuâtre, je constate avec horreur que sa meute d'étrons plus orgueilleux les uns que les autres continue non seulement à polluer tous les articles et à salir tous les auteurs et commentateurs qui leur font obstacle en leur opposant la raison minimale - il faut parler simple, avec ces gens-là -, poursuit ses menaces et crache ses propos diffamatoires sur tous les fils, mais assure en outre que le centre décisionnaire les soutient. De quoi cauchemarder, vraiment.
Si une critique de la "médiacratie" finit par prôner la médiocratie, je vais pas être démocrate toute ma vie.
Oui ?