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Salut, Valentin,
Souviens-toi. L'an dernier à la même époque, je t'ai raillé. J'ai moqué tes façons sordides d'ordonner l'embrassement, ton imagerie pénible, tes oeillades de marchand, Valentin, que rêveraient tant les Valentines, toutes roses envahissant les vases, bagues brillantes ornant les écrins, chandeliers dînatoires en prime. Le clergé taquine le païen, et les échoppes le sacralisent.
Souviens-toi. Je te disais : "Je ne sais pas qui tu es, Valentin." Nous ne nous sommes pas rencontrés, jamais souri un jour quelconque, jamais aimés le temps d'un souffle. De direction, nous ne connûmes.
Un homme transi, aveugle dans son pardessus, porte gravement un ban d'orchidées, long comme son bras ; un autre un assortiment rare. Beaucoup patientent, emmitouflés.
Je suis une trop grande mécréante, Valentin. Je ne crois pas aux baisers d'un jour, et ta liesse accroît leur chagrin.
(Quelle rabat-fête et trouble-joie, satanicouilles de la fourche-queue... Pour me faire pardonner, je roule une pelle à tous mes Valentins, présents, futurs, passés.)
Publié par Cosmic Dancer à 19:28:52 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (10) | Permaliens
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