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Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice - Stèle avec des soubresauts

Ces silences assassins | 24 janvier 2007


Si la politique est la vie de la cité, elle est aussi la violence du monde. On peut légitimement lui préférer les surboums ou la plage. En attendant le désespoir comme on attend la mort : sans savoir quand elle frappe, sans jamais y songer.


Je dédie ces quelques mots à nos idéologues, à nos aveugles et à nos sourds.


Publié par Cosmic Dancer à 11:12:39 dans Inaimables humeurs | Commentaires (70) |

AB pour BMW | 23 janvier 2007




La bonté, c'est le choix de l'intelligence.


Et comme le disait un homme sage, "il ne faut pas confondre gentillesse et faiblesse".


Publié par Cosmic Dancer à 19:44:08 dans Ce goût des autres | Commentaires (12) |

Ouvrir les yeux sur la situation au Liban | 23 janvier 2007

Je copie ci-dessous l'écrit qu'a publié le remarquable Wil - Window In Lebanon - ce matin. Qu'il en soit ici encore remercié.

"Pourquoi je ne suis pas allé travailler"
ou "pendez les gauchos qui vous racontent en France
que les insurgés libanais sont des forces de progrès"

Ce matin, j'ai quand même pris ma voiture pour aller au travail, malgré un SMS vers 7h30 prévenant que les routes étaient bloquées et que chacun était invité par la Grosse Boîte à rester à la maison. J'ai voulu me rendre compte de ce que c'est, un Liban en grève, pour voir si c'est aussi festif qu'en France où finalement les gens s'amusent beaucoup dans les manifs.

Hé bien non. Mon expérience reste toutefois moins directe que Bee, mais j'ai aussi eu droit aux pneus qui brûlent sur l'autoroute, ainsi qu'à des jets de pierre qui ne m'étaient peut-être pas destinés, mais qui m'ont vite fait comprendre qu'il y avait des choses très intéressantes à la télé aujourd'hui. Me voici donc rentré à la maison, toute velléité de me rendre au travail aujourd'hui s'évanouissant devant la détermination des insurgés.

Si vous venez sur ce blog, c'est aussi pour avoir une image plus personnelle de ce qui se passe au Liban. Je peux donc vous le dire : ces insurgés sont des voyous, des fachos, des criminels. On ne peut pas leur pardonner car ils savent ce qu'ils font. Ils détruisent le Liban en donnant un vernis de forces de progrès, comme en 75, appuyé en cela par un parti communiste et une CGT imbéciles qui voient là une occasion de se pousser du col en fournissant un pseudo-programme économique. Mais derrière la naïveté politique d'Aoun, soutenu par ses SA, se protège le fascisme politique du hezbollah, dont l'objectif reste toujours d'instaurer une république islamique au Liban en détruisant Israël s'il en a l'occasion.

N'écoutez pas les bonnes âmes qui vous diront, en voyant les images des émeutes, que la police réprime sauvagement l'expression de la liberté. La police protège les faibles, comme c'est son rôle, et maintient un semblant de civilisation dans un pays au bord du gouffre. Moi aussi sur ce blog j'ai vilipendé la corruption et le féodalisme de ce pays, et je me suis moqué des dadames d'Achrafieh, ce quartier riche et chrétien, qui préfèrent parler français pour qu'on ne les prenne pas pour des Arabes. Mais jeter le bébé avec l'eau du bain ? Tout détruire sous prétexte que ce n'est pas parfait ? Donner les clés aux fascistes associés, comme au temps du pacte germano-soviétique, aux derniers communistes en activité, qui s'ébrouent après avoir hiberné depuis la chute du mur de Berlin ? Abandonner l'idée que le Liban puisse rester la seule démocratie du monde arabe pour en faire un Iran bis ou pire une fédération religieuse ? Très peu pour le Liban. La force ne doit pas passer. La majorité, l'immense majorité des Libanais en est convaincue. Les casseurs doivent être traités comme tels. Paris III redonnera une légimité au gouvernement Siniora, et le confortera dans ses projets salvateurs.

Occidentaux qui lisez ce blog, ne cédez pas à la tentation de voir dans les insurgés les courageux réformistes qui luttent contre un pouvoir inique. Les fachos sont dans la rue, et après la Marche sur Rome, ils montrent leur vrai visage de violence pour s'approprier le pouvoir. Il faut soutenir le gouvernement, qui reste ce qui nous sépare de la barbarie.

Rappelez-vous du Liban, s'il vous plaît.

Publié par Cosmic Dancer à 12:16:47 dans Il n'y a pas que la littérature dans la vie | Commentaires (6) |

Bénèzes dictons | 22 janvier 2007

Le concert de louanges entourant la disparition de l'abbé Pierre a la saveur de toutes les acidités. Du côté de nombre de politiques dont les choix urbanistiques ont montré qu'ils se fichent des problèmes de logement comme de l'an 48. Et du côté de pieux bondieusards, en guise de pénitence.

Mais qu'on se rassure, les meilleures déclarations d'intention seront enterrées aussi rapidement que les bouffonneries électorales.

Oui, je suis de mauvaise humeur. Et d'autant plus qu'entre la rédaction de ce jet de colère et ces mots-ci, l'amie Maquettes a pointé le négationnisme de Roger Garaudy, soutenu dans ses propos par l'abbé Pierre, où la Shoah n'aurait été qu'une invention destinée à assurer la création de l'Etat d'Israël. Misère sur moi de l'avoir ignoré jusqu'alors.

D'autant que, à creuser pour ceux qui auraient le temps, Henri Grouès s'est exprimé ainsi dans le journal Libération (source : atheisme.free.fr) : "Il y a longtemps que je n'avais pas vu autant de personnes venir me dire : Merci, parce que vous avez eu le courage de mettre en cause un tabou."

Sonnez, cloches !

Publié par Cosmic Dancer à 12:41:09 dans Inaimables humeurs | Commentaires (110) |

Ça ne rigole plus - Confession avant massacre | 20 janvier 2007

Une jeune femme me faisait remarquer hier que j'étais manifestement, ces temps-ci, obsédée par la question du voile islamique. Etre interpellée sur ses obsessions a toujours ceci de passionnant que cela oblige - un peu comme les professeurs sont amenés à reconsidérer leurs savoirs lorsque des élèves curieux et motivés exigent un approfondissement qui nécessite des révisions et des relectures pour désenfouir des souvenirs - à réfléchir doublement.

Retrouver, dans l'histoire personnelle - car toute passion d'ordre intellectuel trouve ses sources, parfois sinueuses, dans un passé factuel ou songeur -, l'image du chemin broussailleux qui conduit à s'intéresser de plus en plus profondément à une question. Pour ce qui me concerne, une abhorration viscérale des injustices, dont j'ignore en revanche les racines enfantines en dehors des lectures qui me forgeaient. A moins qu'elle ne se soit ancrée à savoir mon père sur des chantiers lointains, week-end compris, sous la cagna, la tempête, la neige, jour et nuit. A le voir s'épuiser pour gagner des misères en édifiant des longueurs de béton à longueur de vie. Les ouvriers maçons subissaient en ce temps-là, lorsqu'ils étaient honnêtes - et ce fut sa malédiction -, outre un mépris souverain pour n'avoir pas pris l'ascenseur des Trente Glorieuses, des salaires parmi les plus bas. A sentir sur ses mains ravagées par la chaux l'odeur de la chair cuite. Les mains de mon père, immenses et meurtries, en sont peut-être pour moi le symbole.

Du père à la mère, de la condition des hommes à celle des femmes. De ma propre extraction hors d'un futur incontournable - au mieux, devenir fonctionnaire, au pire, mariée - dans une France ouvrière qui existe toujours pareillement, où l'étude demeure un miracle et les livres, une étrangeté.

La liberté, pour moi, n'a jamais eu lieu que par la littérature, les livres et la musique. Un monde hors monde capable de déverouiller le mien. L'arme absolue qui façonnerait une vie rêvée : une vie de femme. M'offrant le poison du désir, ils désignaient une voie de résistance. Se soumettre, jamais.

Réfléchir doublement. Tâchant de discerner, au-delà des formules de bonnes intentions, au-delà des discours rassurants, au-delà de la bien-pensance qui, chez la plupart de mes professeurs gauchistes, créait en moi un malaise profond comme l'intuition d'une ombre. Le plomb dans la tête de la Toute-Tolérance. Une génuflexion comme une autre.

De la condition des femmes à l'actualité, de l'islamisme à l'extrême-droite, les préoccupations ont fini par trouver leur lien. L'oppression a de nombreux visages, et ses bras sont tentaculaires.

Publié par Cosmic Dancer à 12:33:45 dans Il n'y a pas que la littérature dans la vie | Commentaires (21) |

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