Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice - Stèle avec des soubresauts

Impolitesses


Moi :
Virgule, apostrophe.

arianesurunfil@yahoo.fr

Sauf mention contraire,
le contenu de cette page est sous
contrat Creative Commons.

Contrat Creative Commons



Décembre

DiLuMaMeJeVeSa
     12
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930
31      

Radioblog

Loading

Compteur

Depuis le 01-06-2006 :
316152 visiteurs
Depuis le début du mois :
1823 visiteurs
Billets :
523 billets

Corentin Nostalgie | 11 décembre 2006

Corentin s'habillait toujours en rouge et il fumait des Craven A à tout bout de champ. Alors je l'appelais Mon Diable Rouge. Il avait un corps de centaure aux cheveux d'ange, son sourire était carnivore, son nez plus transcendant que les pics et les caps de la terre les plus vindicatifs direction ciel et mer, et il brûlait le monde autour de lui. C'était un Grand Chavirateur.

Quand on ne regardait pas invariablement Les Enfants du Paradis sur son petit poste de télévision, tantôt serrés sur son canapé noir,
tantôt pelotonnés à terre, on se vautrait dans son lit à tout-va, sous les étoiles brillantes du plastique à motifs ornant les murs et le plafond de sa chambre, et on mangeait de la poudre d'amandes délayée dans du lait, sinon, ça sert à quoi, les protéines ? On mangeait quand on avait pris le temps de courir à l'épicerie du coin, affamés mais très détendus, noyés dans le souvenir immédiat de nos émois, moi en outre et aussi dans celui de ses yeux mauves où une clarté violente appelait toujours ma faim. Il était terriblement beau. Comme un démon de midi à son âge avancé relativement au mien. On courait pour un rien.

Comme dans les couloirs du métro pour faire semblant de ne pas vouloir le
rater. Corentin courait derrière moi, parce que, étant plus jeune, j'allais plus vite, en criant aux passants « Arrêtez-la ! Arrêtez-la ! » Quand il me rattrapait, il m'enlaçait, me roulait une pelle magistrale, et criait à la cantonade « Non, surtout pas ! Que rien ne l'arrête ! » Les gens souriaient, hochant bravement la tête. Ils devaient se dire, peut-être, « Ils sont mignons, ceux-là, mais ça leur passera avant l'heure. » C'était une belle époque et les nuits vibraient pour nous seuls, comètes écartelées hurlant le bonheur violent de leur trajectoire folle.

Mais t'es
où, Corentin ?

Je t'ai
cherché, longtemps. Personne ne se souvient de toi. Pas même tes anciens employeurs à l'Université de Paris VIII : « Nous avons informatisé l'ensemble de notre réseau, il y a quelques années, et nous n'avons pas conservé les archives antérieures, je suis désolée. » Pas même la loge de ta concierge au 17 de la rue Legendre : « Madame Ruiz a pris sa retraite depuis un bon moment. Elle est rentrée au Portugal. Depuis la réfection de l'immeuble, nous n'avons que des propriétaires dont je doute qu'ils aient jamais connu cette personne. Il était locataire, dites-vous ? Non, ça ne me dit rien. » Pas même le péaimu du coin, place de Lévis : « Les clients, vous savez, ça va, ça vient. Et avec le temps... On ne peut pas se rappeler tout le monde ! » Pas même les pages blanches nationales : « Il n'y a aucune réponse pour la recherche que vous avez effectuée. Veuillez vérifier l'orthographe du nom, ou poursuivre la recherche sans le prénom ni l'adresse. »

Personne
ne se souvient de toi. Tu n'aurais jamais existé. Je n'aurais jamais caressé ce visage aujourd'hui perdu sous les rides. Rides et cendres de mon amour chantent encore au vent joli Mon Diable Rouge. Mon trio seul t'a en mémoire. Mon dieu aimait ta démesure. Mon diable t'implorait souvent. Mon ermite pleure, parce qu'il faut bien que quelqu'un le fasse.

On s'était
connus dans le métro. Je relisais Cent Ans de solitude. Tu m'avais enflammée du regard au point de me faire lever les yeux du livre où j'étais absorbée et de les enferrer direct, pile dans les tiens.

Publié par Cosmic Dancer à 14:52:59 dans Petites histoires | Commentaires (81) |

Contre-nature ? | 09 décembre 2006


Contre toute attente, j'ai énormément ri en lisant Le Premier Sexe d'Eric Zemmour. Ce type a un humour secret assez jubilatoire. Son pamphlet, puisqu'il s'agit bien de ça, soulève sans aucune logique et avec des références parfois aussi douteuses que celles de ses contradictrices les questions dans lesquelles les féministes se débattent, et j'ai adoré ses saillies polémiques, au point que finalement, chapitre après chapitre, je vais reprendre l'ensemble de ses idées pour les confronter aux miennes - car il m'arrive d'en avoir quelques-unes, quand même. Ce qui m'épate le plus, c'est que ce petit ouvrage sans envergure aucune ait fait autant de bruit. A considérer, donc, comme le signe d'une interrogation générale, relayée malencontreusement, la plupart du temps, par une presse féminine qui personnellement me fait honte.

Merci à Roots pour m'avoir interloquée au point de lire cet opuscule. (Ceci est un teaser.)

Publié par Cosmic Dancer à 13:11:35 dans Infos à peine pratiques | Commentaires (4) |

L'abstinence, ça rend folle | 06 décembre 2006



J'ai un problème de taille : je fantasme sur Arnaud Klarsfeld. La nuit.
Pire encore, devant la télé hier tard, que je ne regarde que très rarement, il était là.
C'est qui, ce mec, sarkhozyste, en plus ?

Il est temps que je me reprenne en main.

Publié par Cosmic Dancer à 14:09:53 dans Sublimations forcées | Commentaires (26) |

Bombes en vrac | 04 décembre 2006





Syriana, un film de Stephen Gaghan, avec (et coproduit par) George Clooney. 2005 - © Warner Bros. D'après La chute de la CIA - Les mémoires d'un guerrier de l'ombre sur les fronts de l'islamisme de Robert Baer (Gallimard Folio Documents).

J'ai visionné le film pour la troisième fois. Je lis ce livre une seconde fois. Quelqu'un parmi vous les connaît-il ?

"Liban, Libye, Soudan, Asie centrale, Irak... Pendant vingt ans, Robert Baer, de la division des opérations clandestines, a combattu sur tous les fronts de l'islamisme. Pendant vingt ans, surtout, il a lutté contre les hésitations de la Maison Blanche, les errances des politiques, les rivalités des technocrates, les manipulations du lobby du pétrole et le règne du politiquement correct.
Aujourd'hui, racontant son engagement, c'est l'essor du terrorisme planétaire et l'échec des premiers services secrets du monde qu'il décrit, de l'intérieur, mission après mission.
Des otages occidentaux de Beyrouth aux révoltes kurdes après la guerre du Golfe, des mafias ex-soviétiques au scandale de l'Irangate, des réseaux islamistes en Europe à l'internationale des pétrodollars, Baer dévoile la part secrète des relations entre l'Occident et l'Orient, dont Al Qaïda n'est que la face émergée (...)"


Très racoleuse, cette quatrième de couverture résume malgré tout simplement le propos de l'auteur, dont un deuxième ouvrage doit paraître en janvier. J'avoue que je me prends la tête une fois de plus sur ce que cet ex-agent de la CIA décrit. Et que Syriana m'a scotchée trois fois de suite à tel point que je n'arrive plus à m'intéresser à aucun film depuis.

Publié par Cosmic Dancer à 12:23:06 dans Infos à peine pratiques | Commentaires (26) |

<< |1| 2| 3|