Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice - Stèle avec des soubresauts

Délit de fracture (ou Comment survivre à ses paradoxes) | 10 novembre 2006

Non seulement les Le Pen, mais encore De Villiers semblent profiter largement des concessions que la gauche et Sarkozy sont prêts à faire aux revendications particularistes. A l'heure où toutes les voix s'accordent en un strident cri de détresse pour dire l'état désastreux de l'Education nationale, les faillites de l'intégration et les violences urbaines, vilipendant l'ensemble des politiques menées par les divers gouvernements depuis plus de vingt ans, les pires idées contaminent la population, je le redis.

Sur le voile islamique, il m'est particulièrement douloureux de devoir constater que je partage avec le Vendéen sa conception annoncée - et non réelle - de la laïcité, lorsqu'il déplore en ce signe une marque politique. L'enjeu est tellement énorme. Comment combattre tout à la fois le poison communautariste et la tentation de repli nationaliste ? Comment combattre tout à la fois les exigences toujours plus grandes de l'islam en France, et celles non moins affolantes d'un renouveau catholique dur ? Comment combattre tout à la fois le racisme et les injustices sociales dont souffrent les banlieues et la victimisation dont elles sont les porte-parole malgré elles ? Comment désirer un renouveau de l'école républicaine dans la transmission des savoir et l'apprentissage du civisme sans approuver une sorte de militarisation de l'enseignement ayant recours aux méthodes les plus rétrogrades ?

Suite à la discussion ici même sur le voile, récemment, lorsqu'il a été question du financement des mosquées, puis rapidement des écoles religieuses, j'en suis venue à me sentir stalinienne, tout aussi psycho-rigide que les pires athées et les ultra-rationalistes qui ne sauraient tolérer l'existence de la question même du divin, du sacré, de la transcendance. En désirant par-dessus tout voir renaître l'idéal de la République et la force de la laïcité, je me vis comme une jacobine que je ne suis pas.

Publié par Cosmic Dancer à 08:09:15 dans Il n'y a pas que la littérature dans la vie | Commentaires (22) |

Osmose - By Jeanflipe | 09 novembre 2006

http://www.dailymotion.com/video/xhudn_marc-osmose

Une œuvre d'une puissance inégalée pour signifier le lien profond qu'entretient le génial artiste plasticien performer Marc qui sait se reposer quand il faut avec les bases classiques de la peinture, rappelant au néophyte que les avancées technologiques ont produit l'impressionnisme et que celles des tacots permettent de révéler la délicate position d'équilibriste inhérente à la création, quand il ne découvre pas dans les toboggans rouges l'essentialité du signe de l'enfance et même encore plein de choses complexes que je ne saurais pas analyser. Marc opère in situ, bravant tous les dangers pour montrer encore et toujours que l'art, c'est pas coton. Le tout avec, comme le rappelle le réalisateur, un enthousiasme confondant d'énergie qui ne se dément jamais.

Le cinéaste Jeanflipe, qui vient de faire des vues pour les Assedics de chez lui, en sait quelque chose. Il témoigne de notre époque avec un sens aigu de la symbolique métonymique, au rythme tantôt alangui d'une pudique tendresse, tantôt virevoltant, employant lui aussi l'art de l'ellipse et de la fine suggestion, avec la crucialité d'un Welles, que dis-je, d'un Jacques Tati revisité par les Tables du rock.

Et que je suis au regret sans nom de ne pas parvenir à afficher sous vos yeux ébahis.

Publié par Cosmic Dancer à 19:55:54 dans Ce goût des autres | Commentaires (6) |

Au diable le rire ! | 09 novembre 2006

Dans la droite ligne du Parti de la Morositude et selon les termes de ses décisions suite au dernier Congrès des Flapis en Déroute, j'ai l'indigne et dépressif déshonneur de sangloter dans le Désert des Vissicitudes avec les maigres forces que me daigne octroyer miteusement un erzatz de poubelle physiologique ravagée par la pratique assidue de la Sainte Maltraitance.

Cessant de rire dans la seconde, cette pornocrate activité ne méritant que la peine capitale, je sollicite de toutes les malveillances la sale gloriole de bien vouloir ramper jusqu'au bas de cette merdifique pétition pour que l'Etat, ce maquereau infâme qui nous doit tout et qu'on a copieusement le devoir de conchier, ainsi que tous les citoyens qui le composent de désoler de notre hargneuse présence, tout comme cette douloureuse étoile de mes deux sbires nommée Terre et les excrémentielles espèces qui la pourrissent insuffisamment, se pâment de malaise et s'étranglent de tristesse, et je bave de puantissime impuissance pour engager les troufions les plus vils à se manifester dans l'humilité atrophiante ci-dessus rappelée.

Halte à la joie ! Mort à l'humour !

Publié par Cosmic Dancer à 12:28:00 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (33) |

Trust Me | 08 novembre 2006


- Why do you want to marry me ?
- Because I respect and admire you.
- Doesn't it equal love ?
- No, it's respect and admiration. It's better than love.
- Why ?
- Because when people are in love, they do crazy things : they get jaleous, they lie, they cheat, they kill themselves, they kill each other.
- It doesn't have to be that way.
- Maybe.
- Do you trust me ?
- If you trust me first.
- I trust you.
- Sure ?
- Yes.
- Then marry me.
- I'll marry you if you admit that respect, admiration and trust equal love.


Hal Hartley.

"On trouve dans les films de Hal Hartley une direction d'acteurs assez déroutante. Ses interprètes affichent le plus généralement une physionomie neutre, dénuée d'expressions, quasi-robotique, et les dialogues sont dits sur le ton d'une conversation banale, y compris lorsque les personnages se trouvent dans des situations émotionnellement intenses. Rien ne laisse présager de leur conduite ultérieure ou de leurs sentiments. Pourtant les failles surgissent, et l'intrigue se noue miraculeusement. C'est que l'auteur compte sur le propre vécu du spectateur, interpelle son expérience personnelle pour leur prêter ses émotions et débats intérieurs.
Cette froideur apparente est couchée sur une intelligence et une sincérité surprenantes des personnages. Ils ont en effet une conscience aiguë et mature de leur situation, à l'instar du recul du spectateur. Les relations entre eux sont aussi spontanées (et touchantes) qu'elles semblent couler de source. Elles se tissent sur une franchise réciproque qui de temps à autre dérape à force d'être trop crue. (...)
Le découpage utilise l'ellipse à de nombreuses reprises. (...) Le procédé joue sur un cadrage précis et appuyé qui permet une compréhension immédiate du contexte (...).
L'ellipse permet aussi à l'auteur de dédramatiser certaines situations, d'éviter le pathos, en donnant à ses films un aspect humoristique. Le genre de ses œuvres oscille d'ailleurs ainsi entre comédie et drame, sans jamais vraiment bien se positionner." (Wikipedia)

Publié par Cosmic Dancer à 13:33:56 dans Ce goût des autres | Commentaires (9) |

Eros polygraphe | 08 novembre 2006

Tu sommeilles, joli brun
Un poil d'aine qui frémit, et je souffle
en rêvant de ton rêve - la poésie est vaine ce soir
Même si je farfouille en mes babioles, le cerveau se tait.
Lui sans repos, la nuit fulmine encore
Et le jour, cet orgueilleux veut cerner le monde !
et farouche il objurgue - non mais !

Soudain près de ton corps défait
dans mon grand tabernacle
fissent monèmes, phonèmes et trésors de grammaire
en un torrent vocal épouvantable
Je suis à la pêche au festin.

Tu connais mes chevauchées d'azur
et mes petits projets
et ma première personne, mon petit sujet.

Ce soir je ne veux rien. Je ne sais rien d'autre que ça.
Je me sens un ketch piteux coincé à l'ancre, la vase au port
Et je me désire ferlée par tes mains coutumières
acheminée très volontaire
vers les typhons sauvages et les lagons dorés.

En voyage, les visages, vrai manège intérieur, bafouillent leurs mots
Allemands à Fribourg, créoles à Hellbourg...
Les bourgs du monde entier se lèvent
et proclament leur raison
Je suis à la pêche aux passions.

Tu sommeilles, beau brun, ton duvet brille
- délicatesse et ingénue provocation, le bras tendu sur la cheville
flatte l'ischion... et je babille :
"A la pêche au poème, j'ai tracassé les lois
Et ta licence m'aime
Aussitôt qu'elle me voit"

Tu sommeilles, doux brun
Ton poil chatouille mes narines et te parle soudain :
- Qui va là ?
- La sirène en sourdine, assoiffée.

Je suis à la pêche au lutin.

Publié par Cosmic Dancer à 09:03:46 dans Une semaine érotique | Commentaires (7) |

<< |1| 2| 3| 4| >>