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Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice - Stèle avec des soubresauts

Trust Me | 08 novembre 2006


- Why do you want to marry me ?
- Because I respect and admire you.
- Doesn't it equal love ?
- No, it's respect and admiration. It's better than love.
- Why ?
- Because when people are in love, they do crazy things : they get jaleous, they lie, they cheat, they kill themselves, they kill each other.
- It doesn't have to be that way.
- Maybe.
- Do you trust me ?
- If you trust me first.
- I trust you.
- Sure ?
- Yes.
- Then marry me.
- I'll marry you if you admit that respect, admiration and trust equal love.


Hal Hartley.

"On trouve dans les films de Hal Hartley une direction d'acteurs assez déroutante. Ses interprètes affichent le plus généralement une physionomie neutre, dénuée d'expressions, quasi-robotique, et les dialogues sont dits sur le ton d'une conversation banale, y compris lorsque les personnages se trouvent dans des situations émotionnellement intenses. Rien ne laisse présager de leur conduite ultérieure ou de leurs sentiments. Pourtant les failles surgissent, et l'intrigue se noue miraculeusement. C'est que l'auteur compte sur le propre vécu du spectateur, interpelle son expérience personnelle pour leur prêter ses émotions et débats intérieurs.
Cette froideur apparente est couchée sur une intelligence et une sincérité surprenantes des personnages. Ils ont en effet une conscience aiguë et mature de leur situation, à l'instar du recul du spectateur. Les relations entre eux sont aussi spontanées (et touchantes) qu'elles semblent couler de source. Elles se tissent sur une franchise réciproque qui de temps à autre dérape à force d'être trop crue. (...)
Le découpage utilise l'ellipse à de nombreuses reprises. (...) Le procédé joue sur un cadrage précis et appuyé qui permet une compréhension immédiate du contexte (...).
L'ellipse permet aussi à l'auteur de dédramatiser certaines situations, d'éviter le pathos, en donnant à ses films un aspect humoristique. Le genre de ses œuvres oscille d'ailleurs ainsi entre comédie et drame, sans jamais vraiment bien se positionner." (Wikipedia)

Publié par Cosmic Dancer à 13:33:56 dans Ce goût des autres | Commentaires (9) |

Eros polygraphe | 08 novembre 2006

Tu sommeilles, joli brun
Un poil d'aine qui frémit, et je souffle
en rêvant de ton rêve - la poésie est vaine ce soir
Même si je farfouille en mes babioles, le cerveau se tait.
Lui sans repos, la nuit fulmine encore
Et le jour, cet orgueilleux veut cerner le monde !
et farouche il objurgue - non mais !

Soudain près de ton corps défait
dans mon grand tabernacle
fissent monèmes, phonèmes et trésors de grammaire
en un torrent vocal épouvantable
Je suis à la pêche au festin.

Tu connais mes chevauchées d'azur
et mes petits projets
et ma première personne, mon petit sujet.

Ce soir je ne veux rien. Je ne sais rien d'autre que ça.
Je me sens un ketch piteux coincé à l'ancre, la vase au port
Et je me désire ferlée par tes mains coutumières
acheminée très volontaire
vers les typhons sauvages et les lagons dorés.

En voyage, les visages, vrai manège intérieur, bafouillent leurs mots
Allemands à Fribourg, créoles à Hellbourg...
Les bourgs du monde entier se lèvent
et proclament leur raison
Je suis à la pêche aux passions.

Tu sommeilles, beau brun, ton duvet brille
- délicatesse et ingénue provocation, le bras tendu sur la cheville
flatte l'ischion... et je babille :
"A la pêche au poème, j'ai tracassé les lois
Et ta licence m'aime
Aussitôt qu'elle me voit"

Tu sommeilles, doux brun
Ton poil chatouille mes narines et te parle soudain :
- Qui va là ?
- La sirène en sourdine, assoiffée.

Je suis à la pêche au lutin.

Publié par Cosmic Dancer à 09:03:46 dans Une semaine érotique | Commentaires (7) |