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Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice - Stèle avec des soubresauts

Triste planète ! | 29 septembre 2006

Bon.

Peut-être serait-il plus sage et proportionné de se taire et de filer dans les étoiles. Si j'avais des couilles, je dirais que ça me les brise.

Et je reviendrai quand je veux dire ce que je veux.

Si je n'étais pas désespérée de naissance, je commencerais volontiers à pleurer, mais que voulez-vous, j'ai le gène du rire.

Et j'ai pas l'intention d'être plus explicite.

Publié par Cosmic Dancer à 15:18:03 dans Infos à peine pratiques | Commentaires (28) |

Profitons des derniers rayons de soleil | 27 septembre 2006

Villiers manquerait de signatures pour espérer se présenter à la présidentielle. Qu'en pensez-vous ?

Sinon, je fais une pause café, pour ceux que ça intéresse. Et vous ne trouvez pas que c'est un peu moribond, en ce moment, sur la plateforme ? Enfin, si je questionne, c'est uniquement pour monter dans le Blog-Pop, qu'on se le dise !

Et à part ça, string ou caleçon ?

Publié par Cosmic Dancer à 16:58:08 dans Infos à peine pratiques | Commentaires (24) |

Mouvements | 27 septembre 2006



« Nuit sans sommeil, je pense à toi. Train de nuit pour Tozeur via Metlaoui. La nuit est noire et j'ai juste entrevu quelques lieues ocres et traversé plusieurs villes éclairées, dont Kairouan. Je te dirai que le voyage vaut la peine d'être vécu et que tout mouvement est un apprentissage. Je laisse la fatigue monter en moi avec une sorte de petit plaisir et je me réjouis de pouvoir me baigner demain, ce qui était impossible à Tunis car les piscines municipales ne reçoivent que sur abonnement. Je fume dans le couloir, les fesses sur les mégots, tassée dans le coin face aux toilettes. Me voilà donc comme à veiller le passage des noctambules en route pour la cuvette. Enfin seule car l'homme qui dormait par terre vient de repartir dans le wagon. Ouf, il a laissé la porte ouverte après usage. C'est mon seul éclairage. Plusieurs fumeurs défilent maintenant que je suis installée là, m'observent. Je contrôle la longueur de ma jupe sous les genoux repliés et m'assure de la hauteur du col. La porte se ferme au virage ; une bonne âme la rouvre pour moi. D'où il faut en déduire qu'à toute porte qui se ferme correspond un geste simple qui la rouvre. »

Publié par Cosmic Dancer à 06:54:37 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (6) |

L'Epopée du savant (histoire idiote) | 27 septembre 2006

- Abscisse ! Abscisse !
La mère, en larmes et essoufflée, eut beau crier, le vent dévorait ses paroles. Quand bien même il les aurait portées jusqu'au blond jeune homme qui filait, celui-ci, d'un mouvement preste de l'oreille, les aurait flanquées par terre et aurait roulé dessus. Abscisse fonçait droit devant lui. Sa mobylette pétaradait. Elle tonnait comme cent mouches autour d'un cadavre géant.
La mère considéra longtemps le bolide dont son fils maîtrisait de son mieux les cabrures. Lorsque Abscisse et son destrier eurent finalement disparu à l'horizon, il lui sembla que le vent avait cessé de louvoyer entre les branches et les ramilles du chêne. Il lui sembla que l'arbre tricentenaire retenait sa respiration. Il lui sembla que le village s'était raidi, que les murs des vieilles fermes y emprisonnaient l'air. Le soleil hâta sa course vers un nuage lourd de vapeur. Le jour se voila d'une épaisse couche de brume. Les oiseaux firent silence. Les mulots s'immobilisèrent. Les couleuvres se faufilèrent dans les caves. Les araignées se fixèrent au point x de leur travail de tissage. La mère elle-même semblait avoir été déposée là par un peintre inquiétant. Un sifflement aigu la ramena à la surface de sa conscience, enroulée sur elle-même dans la contemplation du départ. - Mes poireaux !
Elle sursauta et courut à la cuisine où la Cocotte-Minute menaçait d'exploser. Lorsqu'elle pénétra dans ce sanctuaire culinaire où si souvent elle avait préparé avec amour les biberons du petit, ses purées de petits pois, ses escalopes de dinde, ses tomates farcies, ses gâteaux de semoule, ses punchs maison, elle fut suffoquée par la quantité de vapeur que projetait comme des missiles aveuglants la rageuse soupière. Elle eut un petit cri, s'appuya sur le coin de table le plus proche, se frotta les yeux avec l'autre main et mourut dans un fracas épouvantable de vaisselle cassée, et dans l'odeur ignominieuse des poireaux trop cuits.

Abscisse roulait, plus véloce que Pégase sous Bellérophon. Au moment de quitter la route départementale il freina pour contempler les panneaux directionnels énumérant les villages où il avait rôdé si souvent. - Adieu, Pernefluse !, ricana-t-il. Pas de regrets ! Adieu, Gibotte ! Adieu, Tirne-sur-Lac et Ventrepalle ! Je fonce, je fuse !
Il s'engagea, enhardi, sur la nationale où vrombissaient des camions transporteurs de bovins effarés. - Pauvres bêtes, songea-t-il. Que l'homme est cruel ! Que la cruauté est fatale ! Que va penser maman ? Trop tard, je dois savoir.
Les promeneurs dans les prés, les campeurs sur les bernes, assaillis par le bruit infernal de la mécanique d'Abscisse, racontèrent à leurs pères et leurs mères, leurs oncles et leurs tantes, leurs collègues et amis, avoir vu passer un diable tant l'immense corps de l'homme, échevelé et maigre, la hure en feu et le tronc cassé sur le guidon, à la vitesse où il passa, avait l'air disloqué, et tant ce que l'on discernait de son visage à travers les gaz étouffants était hideux à voir. C'était le sourire d'Abscisse. Son énorme bouche sans lèvres, largement édentée et scintillant de l'éclat du plomb là où elle ne l'était pas encore, s'ouvrait sur une glotte carmine et vibrante, aussi impressionnante que la porte de l'Enfer.

Le premier homme à qui s'adressa le voyageur fut Alfred Zimedare, pompiste de son état, philosophe de son avis, sis sur l'autoroute menant d'Auxerre à Paris. Considérant la mine désordonnée de son client, il questionna :
- Où foncez-vous ainsi, jeune curieux à roulettes ? Vers les rousseurs amères de l'amour ? Pas si vite, en ce cas ! Ou filez-vous vers les dogmes à l'Université ? Ou vous élancez-vous vers les ruades intempestives de l'aventure ?
- Monsieur, je me hâte et vais de cette rotation pneumatique en la capitale de France, y jouir des chefs-d'œuvre de l'art et des grises intelligences. Si d'aventure une affaire me retarde, je le saurai comprendre. Néanmoins je poursuivrai ma route et j'écrirai à ma mère, qui faisait cuire ses poireaux quand l'heure fut venue pour moi de m'élancer.
- Lui narrez-vous les axiomes d'Alfred Zimedare, j'ai l'honneur ?
- Probablement, s'il me les découvre.
- J'ai bien l'honneur. Premièrement : « La prétention de la lumière du jour / est indécente / La bougie éclairant mes jours / est plus savante. »
- Ce qui signifie, Monsieur ?
- Jeune homme, vous êtes bien pressé ! Attendez la suite !
- J'ai l'honneur.
- J'ai l'honneur. Deuxièmement : « Cours, petit, avec ton piston / Tu ignores tout du vrai moteur à explosion. »
- Et alors, Monsieur, est-ce la tristesse de l'âge ?
- Saine vilenie que l'impertinence. Qu'à cela ne tienne ! J'ai l'honneur ?
- J'ai l'honneur.
- Troisièmement : « Si tu connais de la vraie vie la mécanique / De tes outils tu obtiendras les meilleurs tics. »
- Eh bien, Monsieur, j'ai le plaisir de vous annoncer que nous en resterons là. J'écrirai ceci à ma mère : « Ma chère maman, j'ai ce jour fait la connaissance, et mes adieux aussi prompts, de et à un vieil homme amer qui m'a beaucoup ennuyé avec ses phrases décrépites dont je préfère te cacher les termes tant les rimes y sont pauvres, le sens idiot et le style médiocre. » Voilà, Monsieur, ce que je ferai. J'ai l'honneur.
Ayant dit, Abscisse frappa violemment la pédale et démarra dans un fracas de gaz carbonique, laissant coi Alfred Zimedare, lequel regagna rageusement sa cahute, menaçant le ciel taciturne de son unique poing (il avait perdu l'autre en réparant le moteur d'une Harley Davidson que gouvernait une blonde explosive).

Abscisse allait atteindre la capitale en cinq heures quarante-deux minutes sept secondes quinze dixièmes quand il visa une silhouette sur le bord du périphérique. Elle agitait frénétiquement les bras. Abscisse fit vrombir le moteur et freina devant la jeune femme avec une telle détermination qu'elle rit.
S'étant prestement défait de son armure occipitale, il s'immobilisa, il rêva, il souriait, puis il faillit articuler mais déjà elle avait bondi sur le porte-bagages et henni « À l'aéroport ! ». Abscisse, plongé dans un délice précoce, se propulsa tel un obus dans l'aérogare 1.
Il n'avait pas stoppé le véhicule que la radieuse lui scotcha un baiser délicat sur la bouche et, d'une détente farouche, se retrouva assise derrière un hublot.
Communication en code morse à l'issue de laquelle Abscisse, en total désarroi, étreignit très fort le frein de sa fidèle compagne et décida qu'il ne comprenait rien aux femmes. Il écrirait à sa mère que celle de sa vie avait des vues mondiales et des élans funestes dont il ne comprenait pas l'origine.
Pensif il fut emporté, cheveux aux vents, sur sa vertueuse complice, et rebondit prestement sur le parvis de la Sorbonne, dans un brouhaha ferrugineux qui frappa de stupeur les gentils étudiants pérorant alentour.
Il s'enferma pendant de longues années dans l'étude la plus stricte, s'abîma dans la perplexité des savants, se rida le front de marques d'intelligence, et noircit avec componction des feuilles innombrables qui, innombrablement, furent imprimées et distribuées à un bon rythme. Ses commentaires les plus secrets, il les réservait à sa mère, qu'il pardonnait de ne pas lui répondre. Lorsqu'il eut atteint l'âge auquel les plus vaillantes des mobylettes rendent l'âme, il se fit transporter au village.
En passant devant la station Zimedare, il put lire une énorme épitaphe : « Ci gît Alfred Zimedare / Moins seul de ce côté-ci / Que de l'autre ». Il fut ému.
Au village, à l'endroit de l'ancienne demeure s'élevait une pyramide de lettres dont la base était pourrissante. Il pleura et fit une nouvelle maison. Il poussa la vieille mécanique dans un garage ouvert, où un jeune garçon qu'il recueillit bien plus tard la lui déroba un jour, vers midi, et toute rouillée qu'elle était, elle fonçait à vive allure sur la route communale, semblant grincer de remontrances aux oreilles d'un Abscisse éperdu, qui se précipita enfin à la cuisine où des poireaux cuisaient dans une Cocotte-Minute sifflante.

Publié par Cosmic Dancer à 06:32:52 dans Petites histoires | Commentaires (4) |

Universal Time | 27 septembre 2006


Quand la coutume de regarder les choses en face tourne à la manie,

on pleure le fou qu'on a été et qu'on n'est plus.



Emil Michel Cioran - De l'inconvénient d'être né.

Publié par Cosmic Dancer à 06:27:51 dans Ce goût des autres | Commentaires (1) |

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