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Cosmic Dancer

Noir sur blanc et versa vice - Stèle avec des soubresauts

J'aime les artistes | 12 septembre 2006

J'adoooorrrrreee les vernissages et les surexposés !

- Or donc, vous êtes artiste. Et ce jeté d'aquarelle jaune pisse sur fond blanc est une oeuvre majeure. Soit. C'est pas moche. Or donc ? Que pensez-vous du monde ? Des gens ? De la vie ? De la littérature ?
- Je suis artiste. C'est à vous de penser.
- Ben voyons. Le boulot, c'est toujours pour les mêmes.
- Moi, j'intermitte.
- De la pensée aussi ? Et ça rapporte ?
- Moi je crée sur moi, mon idée de moi, mon monde de moi, mon mystère de moi.
- Fascinant.

Mais toujours la table à langer la tristesse. Bruno, Raphaël, Andy, Bernard, Sophie, Stéphane, Yann t'es rentré de Madrid !, mes beaux, mes chéris, mes drôles, je nage dans le bonheur.
L'autre bonne nouvelle, c'est que les merdes en pot commencent à suinter de partout. Ah, les artistes, je les aime !

Publié par Cosmic Dancer à 20:49:39 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (9) |

Comment un jour j'ai perdu mon crapaud | 12 septembre 2006

Comme si je m'adressais au fantôme de la plus vivante des femmes. Je sonne à la porte. Inlassable.
Ses larmes qu'elle boit en ricanant, je les connais.

La beauté qu'elle frappe et piétine, je l'ai brûlée de mes mains.


Inutiles, ces mains qui tremblent entre caresse et claque.

Vains, ces mots arrachés au silence où chacun croit vomir le monde.

Il tourne et s'en bat le coquillard.

Soleil, étoiles lointaines, la nuit s'étend, je devine un rictus.


De ce cœur elle voudrait faire offrande au boucher. Et cracher sur l'étal.

Lui, encrassé par son tablier, refuse. La force, il la connaît.

Crever les ventricules, c'est lui qui sait. Poignardé, il palpite encore.

La douceur qu'elle combat et maltraite, le boucher l'abrite dans sa chambre.

Le soir venu, il la déplie, la baise, elle crie sa joie.


Je sonne à la porte, inlassable. Elle met au défi l'assassin.

Tue-moi, vas-y ! Puisque tu es silence.

Capable d'aller seule sous la pierre de la tombe. Belle fierté !

Les pas qu'elle fait dans le cimetière, je les connais.

Les hardes qu'elle lacère et déchire, je les ai jetées dans le désert.


De cette mort elle voudrait faire offrande au boucher. Ecartelée comme une vieille pute.

Lui, souillé par son appétit, refuse. Le courage, il le connaît.

Les rêves qu'elle griffe et décapite, il les abrite dans sa chambre.

Le soir venu, il les caresse, leur parle, leur roule des pelles intenses, profondes. Il les fait jouir.


Je sonne à la porte, inlassable.

Ces mots qu'elle détruit dans les livres, je les connais.
Je les ai étranglés de mes mains.
Soleil, étoiles lointaines, la nuit s'étend, je devine un rictus.


« Pourquoi faire le crapaud, alors que tu es une princesse ? »

- Parce que j'ai mal au foie. Je crôa.

Publié par Cosmic Dancer à 18:13:04 dans Pirouettes et trémolos | Commentaires (7) |