S'il y a une chose dont je suis sûre. Le tout magique de l'étreinte.
La veille, dans la semi-clarté de la nuit tropicale, elle avait juste entendu son rire égrener une partie de volley-ball et contemplé l'ombre de sa silhouette féline. Allongée dans un hamac, elle l'avait deviné venir vers elle, souple sur le sable. Très vite, il fut convenu qu'elle serait là le lendemain, à l'heure précise où l'obscurité habille les pontons d'un mystère quasi effrayant. Marchant à sa rencontre, aveugle et sans repère, elle savait, mais ne savait pas comment. Il l'attendait, installé à une grande table devant un cahier ouvert, un stylo à la main. En silence, ils se sont servi du vin. Puis il a posé sa question : - Dis-moi ce qu'est l'amour pour toi. - C'est la révolution.
Révolution : XIIIe siècle, de revolutio, « retour du temps, cycle », et, comme terme d'astronomie, dérivé du latin revolvere, « ramener en arrière, imprimer un mouvement circulaire ». Le sens courant de « changement brusque et profond » se développe à partir du XVIe siècle. On notera aussi que le substantif anglais revolver, créé par son inventeur Samuel Colt en 1835, est également dérivé du latin revolvere.
Doit-on ici comprendre que la levrette et la sodomie sont la véritable essence du rapport amoureux ? Ou que celui-ci, dans l'addiction au bonheur qu'il est prompt à déclencher chez certains tempéraments passionnels totalement inconséquents et allumés comme la Gaby de Bashung, correspond à une régression, au sens où il déséquilibre toutes les constructions mentales, laborieuses, fastidieuses, patiemment mises au point pour passer son temps à jouir seul ou presque, en intégriste apeuré, plutôt qu'à souffrir d'un désir d'étreinte ? En tout cas, pas cons, les Beatles, lorsqu'ils chantent « Happiness is a warm gun ». Encore une allusion phallique.
Oui ?