Oui, je m'énerve. Et je vais acheter
Charlie Hebdo.
La religiosité n'en finit pas d'envahir l'espace en principe réservé à l'imaginaire, à la création, à l'esprit critique, à la liberté d'expression. Après la sombre et édifiante affaire des caricatures de Mahomet, dont les horrifiantes conséquences pleuvent sur les esprits les plus éclairés et l'avenir du monde, voilà que les musulmans du Mallawi et les chrétiens du Kenya et de Zambie appellent à boycotter le très mauvais
Da Vinci Code, ce qui n'est pas sans rappeler les manifestations de 1988, lors de la sortie de
La Dernière Tentation du Christ de Martin Scorsese. D'autres croyants se sont contentés de prier devant le cinéma de Millau, dimanche dernier. Pour le salut de Dan Brown ? Mieux vaudrait peut-être croiser les doigts devant l'autel de la farce éditoriale : ce ramassis de non-littérature, calibré pour exploser le box-office mondial des ventes de livres, parvient de surcroît, doué de son absence de pensée, à déclencher les foudres bigotes ordonnées par le Vatican.
Evidemment, le pur chef-d'œuvre de fanatisme religieux de Mel Gibson, censé, lui, "respecter" l'Evangile avec un Christ ultra gore et par ailleurs inventeur de la table à quatre pieds (je n'oublierai jamais ce détail frappant, seul moment d'hilarité dans ce mélodrame infect), ne risquait pas, hélas, de subir de tels opprobres, et bien au contraire : en matière de propagande et d'incitation à la haine, tout est permis.
Où allons-nous, bien chers frères, bien chères soeurs, étouffés entre la rage des ultras chrétiens et celle des ultras musulmans ?
Peu en verve ces temps-ci, je vous invite à lire ici ce
texte d'OussamaBenLiquid.
Oui ?