• Jean Peters dans La Flibustière des Antilles, Jacques Tourneur 1951.

    Je suis actuellement en proie aux affres de la Révélation. Non, ce n'est pas Obamagic. Le Maître de la Sainte Eglise du Monstre en Spaghetti Volant m'ayant accordé la faveur de Sa Parole pastafarienne, je prédis une ruée sans précédent sur les prochaines collections automne-hiver ostensiblement pirates et terriblement glamour. Contrairement au keffieh qui, paraît-il, ferait fureur ces jours-ci, cette tenue religieuse n'offre aucune résistance à celui qui la (dé)croise (l'illustration ci-dessus, extraite d'un film de propagande impérialiste tourné à Hollywood grâce aux finances de la flibusterie mondiale pour subvertir les âmes de la vraie religion, loués en soient les prophètes, est un ignoble faux d'infidèle) - et pourtant, c'est de la bombe.

    N'allez pas, ô amis mécréants, imaginer que je serais en passe de me convertir sur un long chemin de Bologne, Carbonara, Arrabbiata ou Marinara illuminé par la conversion du vin en sangria, celle de la bière en picon ou celle du rhum en punch. La Grâce de l'Appendice Nouilleux a cependant su toucher en moi quelques zones en chaque homme et femme de bonne volonté, quelques zones, disais-je, dites sensibles ou al dente, usant de Preuves irréfutables (vues en vraies photographies) de Son existence, Ses dogmes et Sa célébration. Ce au nez, et surtout à la barbe, des santone en mal de péchés mignons, voire en pleine crise de foi.

    Que le Volcan sacré de la Sainte Trinité des extases soit sur vous.

    NOTA : Ce culte, selon les dires du Grand Prêtre, ne provoquerait aucune réaction phobique connue. Mais quelques explosions de joie.

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  • Depuis le début de l'offensive israélienne à Gaza, je pleure. Mais je ne pleure pas correctement. Pressée par des internautes de "condamner" fermement et publiquement l'Etat d'Israël, photos d'enfants déchiquetés à l'appui et de leurs mères en larmes, j'ai refusé de maudire Tsahal et de me déclarer solidaire des victimes civiles en participant aux manifestations où des drapeaux ont été piétinés et brûlés, où des slogans dignes des années trente ont été scandés par des femmes couvertes de tchadors qui brandissaient leurs enfants comme des victimes potentielles en hurlant "Israël assassin", "Mort à Israël", "Mort aux Juifs". Où des barbus proclamaient "Allah Akhbar" au côté de mouvements marxistes pour lesquels je pensais pourtant que "la religion est l'opium du peuple"...
    Je refuse de soutenir le Hamas et sa branche armée, dont le but ultime autoproclamé dans sa charte d'anéantir l'Etat hébreu prévoyait dans un premier temps d'islamiser Gaza de peur - quelle parfaite imbécillité - que la "Palestine" ne se "judaïse".
    Il y a loin, pourtant, de Sderot et Gaza à Paris, Lyon, Lille ou Marseille. Il y a loin mais chacun est sommé de se prononcer sur cette guerre. Se prononcer correctement. En récitant la doxa dont il semble qu'elle date de la guerre des Six-Jours selon laquelle Israël serait un Etat fasciste et (donc) raciste, "dominateur et belliqueux", "créé sur l'exploitation de la Shoah", souhaiterait opérer un "nettoyage ethnique" et serait coupable par mimétisme d'avoir créé un "ghetto tel que celui de Varsovie" pour y commettre un "holocauste". Inspirée par rien moins que les Naturei Karta, foncièrement antisionistes et bien pratiques - Dieudonné et Kemi Seba aiment à célébrer leurs "bons Juifs" afin de prouver qu'ils ne sont pas antisémites - et le Protocole des Sages de Sion, cette antienne espère convaincre une population toujours plus nombreuse que l'alliance révolutionnaire entre une forme de néo-marxisme, l'alter-mondialisme et l'Islam opprimé par les forces obscures "américano-sionistes", "impérialistes" conduira à l'avènement d'un ordre nouveau et angélique.
    La novlangue va bon train, s'employant à rendre Israël et tous ceux - surtout Juifs - qui ne la haïssent pas, coupable des actes antisémites constatés depuis fin décembre. "Ils" l'ont bien cherché. Les "bons Juifs" ne sont pas sionistes, ils sont humains... Le choix des termes de "ghetto" et d'"holocauste" renvoie bien évidemment à ce prétendu mimétisme selon lequel "les victimes d'hier sont les bourreaux d'aujourd'hui". En déniant l'unicité de la Shoah, en refusant de considérer qu'elle appartient aux Juifs et à l'humanité entière, dont elle symbolise à jamais l'infinie cruauté, nombre de belles âmes écrasent sous leur botte l'histoire du monde et celle des hommes. En cherchant à redéfinir le terme antisémitisme (j'y reviendrai), nombre de belles âmes espèrent en nier l'existence jusqu'au sein de l'ONU.
    Et avec la novlangue, le flicage intégral. Il est en effet conseillé de décliner sa nationalité, son "origine ethnique" et ses convictions religieuses avant de parler. C'est donc en tant que Française d'origine bretonne et tzigane, et agnostique, que je m'exprime.
    D'aucuns brûlent leurs passeports. D'autres ce drapeau. Je brûle quant à moi mon certificat de vertu. Cette injonction à s'indigner pour que me soit reconnu le statut d'être humain, et non celui de "monstre", de "complice de crime contre l'humanité", voire de "génocidaire par procuration".
    Et si je pleure, c'est d'assister à ces déferlements de haine, c'est de constater avec quelle obscénité les cadavres d'enfants gazaouis sont exploités par de sombres idéologues criant à la mort et non à la paix. Et si je pleure, c'est en espérant que les accords qui semblent se dessiner aujourd'hui mettent un terme à cette guerre. Israël, ce grand pays, a pour devoir, une fois encore, de tendre la main.

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  • La consœur aux bons soins de laquelle une partie inconnue de mon dossier a été confiée par mon avocat invisible et nonobstant muet a un sens de l'humour involontaire que sa spécialisation professionnelle préserve de l'effet baffe dans la figure : "DEA en sciences criminelles".

    Son confrère aurait-il craint que j'en vienne à d'étranges extrémités ou que je m'étrangle de rire en découvrant la requête qu'elle a préparée ?

    Je peux tout à fait concevoir l'intérêt des sciences criminelles, mais beaucoup moins celui d'un préalable qui ne relève pas de la juridiction prudhommale (ce qui m'aurait donc valu de me faire renvoyer dans mes cordes, piteuse comme un boxeur le nez coulant au coin du ring) et oublie singulièrement de réclamer à la partie adverse quatre ans de salaire sans omettre de dactylographier un magnifique 10 000 euros d'indemnités de licenciement.
    Pourquoi pas 5 700 ou 46 352 ? Elle ne sait pas. Pourquoi pas, en effet, puisqu'on ne réclame aucun salaire. Autant calculer la perte d'icelui comme on lance la roue de la fortune. La question se résume finalement à l'essentiel : pourquoi réclamer un salaire ?

    La réponse à cette question vaut, allez, 15 000 balles.

    Une partie de l'aventure était relatée ici.

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